Peut-on se faire une idée de l’état de santé d’un pays en examinant les statistiques ? Le cas des USA

Capture d’écran 2019-09-17 à 12.32.05.png

Je me suis amusé à étudier les dix premiers médicaments par ordre de nombre de prescriptions aux USA datant de 2016. Ces statistiques sont disponibles sur le lien https://clincalc.com/DrugStats/Top300Drugs.aspx et elles sont très démonstratives de l’état de santé en général de la population nord-américaine.

La palme revient au Levothyrox, hormone thyroïdienne appellée T4 synthétique aussi dénommé thyroxine. On peut douter que des pans entiers de la population américaine souffrent de problèmes de thyroïde. Cependant l’administration quotidienne de thyroxine provoque un amaigrissement et c’est probablement pour cette raison que le Levothyrox est si abondamment prescrit malgré le fait qu’il peut induire des problèmes cardiovasculaires.

Le deuxième médicament est le Lisinopril. Il s’agit d’un inhibiteur de conversion de l’angiotensine et donc son utilisation première est de diminuer la tension artérielle et ainsi de réduire les risques d’accidents cardiaques. Le troisième médicament est l’Atorvastatin un médicament qui réduit le taux de « mauvais » cholestérol sanguin, il s’agit d’une « statine » que les médecins prescrivent à tort dès que le taux de cholestérol dépasse un certain seuil fixé par le lobby pharmaceutique en accord avec les autorités sanitaires nationales. Je n’en dirai pas plus.

Le quatrième médicament est la Metformine. On est toujours dans le même domaine. Il s’agit d’une molécule de la classe des biguanides qui inhibent, heureusement partiellement le complexe I de la chaine respiratoire mitochondriale provoquant ce que les spécialistes dans ce domaine particulier de la biologie appellent un découplage. Outre cette action les biguanides inhibent très fortement la gluconéogenèse, c’est bon pour le diabète non insulino-dépendant, et le découplage mitochondrial partiel provoque un amaigrissement. Lorsque je travaillais sur les mitochondries nous avions une très mauvaise opinion au sujet des biguanides que l’on considérait comme des poisons dangereux.

Le produit suivant est l’Amlodipine aussi appellé Norvasc. Il s’agit d’un médicament anti-hypertension dont le mode d’action est différent de celui du Lisinopril car il agit sur les flux de calcium dans les muscles et en particulier le muscle cardiaque sans toutefois provoquer de diminution du rythme cardiaque. Il s’agit aussi d’un médicament dangereux provoquant une vasodilatation généralisée à tout le corps. Passons au médicament suivant, le sixième de la liste. il s’agit du Metoprolol, encore une drogue pour combattre l’hypertension en bloquant les récepteurs beta-adrénergiques des cellules cardiaques, on a coûtume d’appeler ce produit un beta-bloquant qui est classé sur la liste noire du dopage sportif dans les disciplines de précision comme le tir à l’arc car il diminue le rythme cardiaque. Sans autre commentaire désobligeant de ma part.

Le septième produit est l’Omeprazole, un inhibiteurs de la sécrétion d’acide chlorhydrique dans l’estomac. Son utilisation est de combattre les ulcères de l’estomac. Il faut se rendre à l’évidence des millions d’Américains souffrent d’aigreurs d’estomac, peut-être boivent-ils trop de sodas …

Le huitième produit, la Simvastatine est aussi une « statine », ce qui renforce le fait que des millions d’Américains souffrent de problèmes de cholestérol. Le Losartan, le neuvième de la liste, est aussi classé dans la catégorie des produits abaissant la pression artérielle en inhibant le récepteur de l’angiotensine. Et enfin le dixième produit de cette sélection longue de 300 produits est l’Albuterol, aussi connu sous les noms de Salbutamol et Ventoline, qui n’entre pas dans les catégories listées plus haut puisqu’il s’agit d’un anti-asthmatique, un agoniste des récepteurs adrénergiques à l’inverse des beta-bloquants mentionnés plus haut, pour faire court. Il y a donc beaucoup d’asthmatiques aux USA.

Ce petit tour d’horizon fait ressortir que les Américains souffrent de surpoids pathologique et tous les moyens sont bons à prendre pour perdre du poids y compris en se faisant prescrire de la thyroxine, un non-sens déontologique médicalement parlant. Les Américains souffrent aussi de problèmes cardiovasculaires et c’est facile à comprendre. Imaginez que tous les jours vous portiez un pack de 10 bouteilles d’un litre et demi d’eau minérale dans chaque main que vous ne posez que quand vous allez dormir. À l’évidence le coeur se fatigue et avec un surplus de cholestérol provoqué par une dégradation des fonctions hépatiques en raison de ce surpoids et de la malbouffe industrielle alors il faut s’intoxiquer avec toutes sortes de produits tous aussi dangereux les uns que les autres. Quant aux anti-asthmatiques peut-être que la pathologie contre laquelle est dirigée l’Albuterol provient aussi d’une conséquence indirecte de l’obésité qui touche 60 % des Américains tous âges confondus. On touche du doigt le déclin sanitaire alarmant d’un peuple qui se targue d’être toujours le maître du monde.

Capture d’écran 2019-09-17 à 15.27.42.png

Note. En treizième position du classement cité se trouve l’hydrocodone associée à l’acetaminophene (paracetamol). L’hydrocodone est un opioïde dérivé de la thébaïne, un très proche parent de la morphine. Depuis 2014 la prescription d’hydrocodone est très étroitement rêglementée ce qui n’empêche pas des médecins complaisants de prescrire ce produit. Un autre dérivé de la thébaïne, l’Oxycodone, connue aussi sous le nom d’Oxycontin, fut jusque dans un passé récent le produit phare des Laboratoires Purdue Pharma qui organisèrent une publicité aggressive pour vendre ce produit à grande échelle dès 1990. Or il s’agit d’un opioïde encore plus puissant que la morphine dont la prescription a largement débordé les indications arrêtées par le législateur, c’est-à-dire le traitement des douleurs provoquées par des cancers en phase terminale. Progressivement l’Oxycontin est presque devenue accessible « over-the-counter » provoquant une aggravation de la crise des opioïdes aux USA, pays où environ 140 personnes meurent chaque jour de surdosage médicamenteux, en particulier d’opioïdes. La thébaïne est une molécule extrêmement difficile à synthétiser mais elle est très abondante dans le pavot. La culture du pavot en Afghanistan sous le contrôle de milices privées elles-mêmes contrôlées par la CIA est la principale source d’approvisionnement en thébaïne des laboratoires pharmaceutiques américains. Purdue Pharma est en faillite, croulant sous les plaintes de particuliers et des Etats mais le business du pavot se porte très bien …

Le paradoxe français

Capture d’écran 2018-01-22 à 12.28.45.png

Durant de nombreuses années et dès le début des années 1970 la population occidentale a été soumise à une propagande organisée par le lobby de l’industrie agro-alimentaire essentiellement nord-américain qui consistait à créer et maintenir la peur des graisses animales. Sans vraiment de preuves scientifiques avérées les graisses animales furent déclarées nocives car elles provoquaient des accidentes cardio-vasculaires. Il était en effet de toute première importance d’assurer de confortables revenus aux producteurs d’huiles végétales. L’industrie sucrière promut dans le même temps les bienfaits du sucre. Les progrès concomitants de l’industrie permirent d’élaborer des sirops enrichis en fructose provenant du traitement de l’amidon de maïs, une matière première très peu coûteuse qui ne demandait qu’à être valorisée pour réaliser des profits monstrueux. De même apparurent les huiles partiellement hydrogénées qui constituent un non-sens physiologique de par leur dangerosité.

Il en résulta l’épidémie maintenant presque planétaire – du moins dans les pays développés, y compris la Chine – de l’obésité et de toutes les pathologies qui y sont liées. Et pourtant l’industrie agro-alimentaire ignora sciemment des études antérieures qui avaient montré sans la moindre contestation possible que les graisses animales n’étaient pas mauvaises pour la santé. Des travaux présentés le 5 avril 1957 à un meeting de l’American Epidemiological Society à Albany dans l’Etat de New-York indiquaient clairement que l’incidence de maladies cardio-vasculaires était proportionnelle à la richesse en graisses animales de l’alimentation étudié par pays mais que la France était une exception : l’ « exception française » qui fut par la suite attribuée au resveratrol présent dans le vin rouge. Nous allons y revenir.

Les graisses animales comprennent le saindoux, la graisse de porc et également le beurre, le fromage et les oeufs qui sont classés dans cette catégorie par la FAO, organisme onusien basé, je crois, à Rome. Pour justifier l’exception française partagée par plusieurs pays du nord de l’Europe le lobby de l’agro-alimentaire organisa des études sur le resveratrol pour expliquer, au moins, l’exception française. Il est rapidement apparu, au cours d’études subséquentes, que pour qu’un effet significatif du resveratrol sur les artères coronaires soit identifié il fallait boire au minimum 6 litres de vin rouge par jour ! Cette simple constatation révéla la supercherie organisée par le lobby de l’industrie agro-alimentaire.

Aujourd’hui la santé des populations se dégrade avec l’ingestion massive de sucres et de graisses végétales partiellement hydrogénées dont la toxicité pour le métabolisme est pourtant reconnue, faut-il le répéter : la margarine est tout simplement toxique pour la santé. Revenir en arrière et faire amende honorable semble être une démarche impossible tant pour les organismes internationaux que pour les gouvernements. Et pourtant quoi de meilleur que des pommes de terre coupées en cubes et cuites dans du beurre, du saindoux ou de la graisse de porc comme ma mère avait coutume de le faire presque chaque jour dans une coquelle de fonte. O tempora, O mores.

Source et illustration : J. Yerushalmy et H. E. Hilleboe (Université de Berkeley), New-York State Journal of Medicine, 1957, pp. 2343-2352 via le blog de Donna Laframboise

La controverse du gluten terminée ?

Capture d’écran 2017-05-05 à 07.28.54.png

C’est une étude parue dans le British Medical Journal qui l’affirme la mode des aliments sans gluten est néfaste pour la santé ! Les aliments sans gluten ne sont préconisés que pour les personnes diagnostiquées sans équivoque comme souffrant de maladie coeliaque, une « allergie » au gluten se traduisant par une inflammation de l’intestin, c’est-à-dire environ 1 à 2 % de la population. Tous les consommateurs qui se sont, par précaution, soumis à une alimentation sans gluten augmentent significativement leur exposition à des maladies cardiovasculaires. L’étude en question (voir le lien) a duré 26 ans et comportait un examen minutieux de l’alimentation de 64714 femmes et 45303 hommes ainsi que l’évolution de leur état de santé durant cette période. Il est apparu que l’alimentation contenant du gluten dans divers aliments – 131 aliments différents furent examinés – conduisait à une réduction des risques cardiovasculaires. Toutes les études antérieures de ce type s’étaient focalisées sur les personnes souffrant de maladies coeliaques et ne consommant ni de céréales entières (non raffinées pour ne plus contenir de gluten), ni d’autres aliments préparés à partir de blé, de seigle ou d’orge. Or la corrélation entre fréquence des maladies cardiovasculaires et absence de gluten dans l’alimentation n’a pas pu être établie.

Il ressort donc que les céréales (orge, seigle et blé) raffinées afin de ne plus contenir de gluten sont plutôt mauvaises pour la santé des personnes ne souffrant pas de maladie coeliaque : encore une rumeur infondée que cette étude a parfaitement bien mise en doute.

Source BMJ, doi : 10.1136/bmj.j1892

Un sombre histoire de sucre

Il y a 50 ans presque jour pour jour une équipe de médecins biologistes de l’Université d’Harvard aux USA publia une revue bibliographique mettant en cause les acides gras et le cholestérol dans les maladies cardiovasculaires et dédouanant les sucres, en particulier le sucre de betterave ou de canne. Cette étude fut commandée par la très puissante Fondation pour la Recherche sur le Sucre (Sugar Research Association, SRA) basée comme par hasard à Washington. Il s’agit aux USA d’un des plus puissants lobbys, après naturellement celui de l’armement, et qui a ses entrées directement au Congrès et la porte de la Maison-Blanche lui est ouverte. Alors qu’en 1965 une équipe de biologistes avait clairement montré que le fructose, l’un des éléments constituant le sucre de table (la structure cyclique à 5 atomes), qu’il provienne de betteraves ou de canne, favorisait l’élévation des taux de cholestérol et de triglycérides dans le sang en provoquant dès lors des accidents cardiovasculaires, la SRA finança ces biologistes d’Harvard pour réfuter fermement les résultats émanant de l’Université du Minnesota.

Capture d’écran 2016-09-21 à 07.25.43.png

Les biologistes de l’Université du Minnesota avaient comparé l’état de santé des personnes ne mangeant que très rarement du sucre de table et se contentant de pommes de terre ou de pain pour leur apport en carbohydrates avec ceux qui abusaient de sucreries en tous genres. Ils se rendirent compte très rapidement et sans équivoque que le fructose était la source de tous ces maux.

Le principe de cette action anti-scientifique par nature de la Sugar Research Association était que les corps gras, le cholestérol et les acides gras insaturés avec les oeufs, la viande grasse et le beurre, étaient nocifs pour la santé et que réduire l’apport en corps gras pouvait parfaitement être pallié par une consommation plus élevée de sucre de table afin de remédier au déficit calorique d’un régime alimentaire pauvre en graisses. Les calculs prospectifs de la SRA mentionnaient une augmentation possible de 30 % de la consommation de sucre. Les travaux de Peter Kuo et David Bassett qui incriminaient le fructose, parus dans les Annals of Internal Medicine en 1965, furent mis promptement sous le tapis dans la revue commandée et financée par la SRA. Un autre article parut pourtant au début de l’année 1966 dans la revue Clinical Nutrition, des travaux dirigés par le Professeur Willard Krehl, qui confirmaient que le sucre de table est nocif car il induit une augmentation du taux de cholestérol dans le sang en raison encore une fois de la présence de fructose. La SRA demanda aux coauteurs de la revue bibliographique qu’ils finançaient de modifier in extremis leur texte afin qu’il paraisse dans les temps pour pouvoir influer sur les décisions de la FDA relatives aux directives nutritionnelles qui devaient être rendues publiques à brève échéance. La revue parut en deux parties dans le New England Journal of Medicine (NEJM) au tout début de l’année 1967 et rassemblait un tissu éhonté d’affirmations mensongères qui constituèrent rapidement la doxa tant auprès du corps médical, nutritionnistes compris, que dans les sphères gouvernementales et médiatiques, surtout médiatiques, sous la pression incessante de la SRA.

L’avenir du sucre était assuré. Aucun pays dans le monde n’osa remettre en cause l’article paru dans le NEJM qui faisait et fait toujours autorité en matière de santé et de médecine. La plupart des pays développés n’osèrent même pas contester les décisions de la FDA relatives aux « directives nutritionnelles » largement inspirées de documents issus de la Sugar Research Association !

Bien que le fructose ait été reconnu comme néfaste pour la santé dès l’année 1965 la Sugar Research Association, en étroite collaboration avec, cela va de soi, les compagnies Coca-Cola, Pepsi et General Food, promut dans les années 1990 les avantages du sirop de sucre enrichi en fructose en raison de son pouvoir sucrant comme s’il fallait aggraver la situation sanitaire de centaines de millions de personnes de par le monde … puisqu’ils savaient que le fructose est nocif comme les cigarettiers savaient que la fumée était cancérigène. L’histoire du fructose est révélatrice des pratiques scandaleuses de la Sugar Research Association. Le sucre obtenu à partir du maïs échappe aux conditions fiscales contraignantes relatives au sucre de betterave ou de canne. De ce fait les producteurs de sirops sucrés réalisent encore plus de profits sans se soucier un instant de la santé des consommateurs. Il s’agit d’un des plus grands scandales sanitaires de ces 50 dernières années et dont les conséquences se feront sentir pendant encore de nombreuses années avec une épidémie d’obésité, de maladies cardiovasculaires et de diabète … On ne change pas les habitudes alimentaires de peuples entiers en un clic, il faut deux générations pour que la prise de conscience soit suivie d’effet.

Source : JAMA Network et STAT

Note 1 : Le lièvre, si l’on peut dire, fut levé par une ex-dentiste, le Dr Cristin Kearns, qui alla fouiner dans les archives de l’Université d’Harvard, inquiète de l’état de santé dentaire de ses patients qui consommaient tous trop de sucre. Un grand nombre d’entre eux souffraient également de problèmes cardiaques et d’obésité …

Note 2 : Ayant écrit ce billet le 18 septembre, j’ai eu la surprise de constater que le site Contrepoints que je lis chaque jour et qui republie parfois certains de mes billets avait mis en ligne le 20 septembre (hier) un article intitulé « L’industrie du sucre sape notre santé » sous la plume d’une certain Charles Boyer. Je pense que cet auteur a eu accès aux même sources d’information et n’a même pas pris la peine de relater le détail des intrigues menées par la SRA. J’ajoute que citer le Daily Mail au sujet des statines ou encore de faire référence à un reportage de LCI démontrent la médiocre qualité de cet article. Il est bien connu que ce quotidien anglais fait partie de la presse de caniveau et que les programmes de LCI sont scrutés par les représentants des intérêts financiers américains actionnaires de TF1 !

Note 3 : Enfin, pour les curieux le fructose aboutit inexorablement dans la voie de dégradation des sucres vers l’acétyl-coenzyme A qui ne peut être utilisé que pour produire de l’énergie sous forme d’ATP ou synthétiser des acides gras et du cholestérol quand les besoins en énergie réorientent le métabolisme vers cette voie. C’est la raison pour laquelle ce sucre est toxique quand il est ingéré à hautes doses comme avec les sodas et autres pâtisseries industrielles et que l’on ne se livre pas à des exercices physiques quotidiens suffisants. C’est aussi simple à comprendre que cela, pour un (ancien) biologiste, naturellement.

Les régimes « sans sel » remis en question

Salt_shaker_on_white_background.jpg

C’est une étude parue dans The Lancet de ce vendredi 20 mai qui jète un véritable pavé dans la mare en ce qui concerne les bienfaits des régimes sans sel (ou pauvres en sel) pour la santé cardiovasculaire. Cent trente mille personnes réparties dans 49 pays différents ont été suivies par une équipe de médecins de l’Université McMaster dans l’Etat de l’Ontario au Canada. Le but de l’étude était de déterminer s’il y avait une relation de cause à effet entre la quantité globale de sel ingéré quotidiennement et les pathologies cardiovasculaires y compris les accidents vasculaires cérébraux. L’étude a scindé les sujets souffrant d’hypertension de ceux ne souffrant pas de cet état susceptible de favoriser des accidents vasculaires.

Il est apparu que des régimes sans sel ou ne comportant que des quantités de sel réduites n’étaient bénéfiques que pour les hypertendus. De telles restrictions chez les sujets normaux ou légèrement hypertendus augmentent les risques d’accidents cardiovasculaires. Les autorités sanitaires de la plupart des pays occidentaux préconisent de ne pas dépasser 2,3 grammes de sel ajouté aux aliments quotidiennement, soit une cuillère à soupe rase. Fort heureusement moins de 5 % de la population se plie à ce genre de restriction car un régime pauvre en sel favorise, toujours selon cette étude, l’apparition de maladies cardiovasculaires. Les régimes alimentaires pauvres en sodium entrainent un dérèglement du métabolisme et à l’évidence les régimes pauvres en sel ou « sans sel » sont au contraire nocifs pour la santé en dehors des personnes hypertendues qui ne contrôlent pas étroitement leur régime alimentaire.

Cette étude remet donc en question l’aspect préventif des régimes sans sel – 2,3 grammes et moins par jour – qui semble donc appuyé sur des résultats erronés.

Source : The Lancet via McMaster University News desk

Le fructose : danger, c’est un poison !

Capture d’écran 2016-04-25 à 18.13.13.png

Depuis plusieurs décennies le fructose, très facilement obtenu à partir de sirop sucré provenant de l’amidon de maïs, est utilisé « à toutes les sauces » par les grands groupes de l’industrie alimentaire qui ont clamé que ce sucre était totalement anodin pour la santé. De nombreux travaux émanant d’une multitude de laboratoires de biologie de par le monde indiquent maintenant clairement qu’il n’en est rien. Le fructose, utilisé en grandes quantités dans les sirops enrichis en ce sucre particulier, les HFCS, est toxique pour la santé pour plusieurs raisons que l’on peut expliquer dans le détail. Le fructose est considéré comme la cause majeure des désordres métaboliques tels que l’obésité et le diabète de type 2. De plus ce sucre favorise le développement de pathologies neurologiques et psychiatriques. L’augmentation des désordres métaboliques est liée à la consommation d’HFCS et son augmentation n’a jamais cessé depuis la fin des années 70. Aujourd’hui 15 % des enfants de moins de 15 ans en Chine souffrent de surpoids.

En étudiant la santé physique et cérébrale de rats et de souris, on s’est aperçu que les acides gras dits omega-3 avaient tendance à atténuer les effets délétères du fructose sur le métabolisme général et par exemple les troubles de la mémoire dépendante de l’hippocampe. Le but d’une étude pilotée par une équipe de biologistes de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) était de mettre en évidence les effets du fructose sur le métabolisme général commandé par l’hypothalamus et les troubles des facultés cognitives relevant de l’hippocampe et également de préciser l’effet « antidote » d’un acide gras omega-3, l’acide docosahexaènoique (DHA) avec des rats obligés de boire de l’eau sucrée avec du fructose correspondant à environ 2 litres de soda par jour pour une personne pesant 60 kg.

La figure ci-dessous illustre la stratégie expérimentale adoptée au cours de cette étude.

Capture d’écran 2016-04-25 à 11.13.19.png

Le fructose perturbe l’expression des gènes, perturbe également certaines interactions entre protéines cellulaires dont celles impliquées directement dans le transport des métabolites essentiels à la survie des cellules et altère la transcription de l’ADN en ARN messager. Outre le fait que le fructose n’est utilisé par les cellules que pour produire des acides gras qui vont aller s’accumuler dans les tissus adipeux, une sorte de cul-de-sac métabolique, ce sucre produit industriellement pour, à l’origine, échapper à la taxe sur le vulgaire sucre de table issu des betteraves ou de la canne à sucre, est complètement toxique pour l’ensemble de l’organisme tout entier y compris le cerveau ! C’est d’ailleurs ce dernier point qui est le plus terrifiant car les gènes perturbés par le fructose sont directement impliqués dans des pathologies comme la schizophrénie, la maladie de Parkinson et des modifications du comportement telles que la dégradation de la vigilance ou de la mémorisation. Enfin, la régénération des neurones est également impactée.

Si les modèles murins utilisés dans cette étude ne peuvent pas être totalement transposés aux humains, celle-ci indique très clairement le danger que représente le fructose non seulement en ce qui concerne l’apparition des désordres métaboliques (obésité, diabète de type 2) mais également en provoquant un vieillissement prématuré du cerveau. À l’évidence les industriels vont continuer à commercialiser leur poison pour des raisons fiscales en se moquant totalement de la santé de centaines de millions de personnes et du coût que représente pour la société les perturbations métaboliques et les maladies neurodégénératives. L’industrie agro-alimentaire dans son ensemble est donc coupable de crime contre l’humanité et cette étude est là pour le prouver. Quand les gouvernements à qui on a confié aveuglément notre santé vont-ils réagir et ne plus se laisser rouler dans la farine par le puissant lobby des producteurs d’additifs alimentaires et de malbouffe ?

Source (en accès libre) et illustration : http://dx.doi.org/10.1016/j.ebiom.2016.04.008

Note. DNA methylome : modification épigénétiques de l’ADN, Transcriptome : ARNs messagers présents après transcription de l’ADN, GWAS : acronyme de genome-wide association studies ou étude globale de la dynamique de l’expression des gènes, DHA acide docosahexaènoique, Fmod et Bgn : gènes codant pour des transporteurs de la matrice extracellulaire. Ces gènes sont impliqués entre autres fonctions dans la régulation de la teneur sanguine en cholestérol et en triglycérides. Les souris dont ces gènes ont été supprimés (knockout) présentent des pathologies cérébrales liées à ces deux composés. HFCS est l’acronyme de High Fructose Corn Sirup, un additif alimentaire qui devrait être interdit d’urgence.

La fin prochaine de la malbouffe industrielle ?

Capture d’écran 2015-08-03 à 15.46.53

La FDA américaine a finalement admis que les « trans-fat » ou acides gras « trans » apparaissant lors de l’hydrogénation des graisses végétales pour fabriquer par exemple de la margarine qui ne rancit pas sont mauvaises pour la santé. Dans trois ans ces produits industriels contre nature seront définitivement interdits, du moins sur le territoire américain. L’Europe traine encore les pieds car les écologistes dont le rôle devrait pourtant être de se pencher sur ce grave problème s’occupent plus de politique et d’autres sornettes que de la santé des consommateurs. L’EFSA (European Food Safety Authority) publie des documents, certes, mais il semble que la santé des consommateurs ne soit pas sa préoccupation première. Ce sont les OGMs et l’étiquetage des denrées alimentaires qui préoccupe ces fonctionnaires qui au final ne servent pas à grand-chose. On est d’ailleurs étonné de l’inertie de cette administration comprenant une multitude de comités et de « task-forces » dédiées à des problèmes secondaires alors que les vrais sujets sont mis de côté. Et ce n’est pas un hasard car comme la plupart des institutions européennes l’EFSA est soumise au lobbying incessant des géants du secteur agroalimentaire. Aller obliger par une directive administrative un producteur industriel de beurre de cacahuète à ne plus commercialiser que le produit non hydrogéné, il répondra que c’est impossible car en 48 heures son produit sentira tellement mauvais qu’il sera devenu immangeable et il rétorquera au législateur que c’est pour cette raison que le beurre de cacahuète est hydrogéné, peu importe la santé du consommateur.

L’industrie agro-alimentaire entre les mains de gigantesques multinationales a fait en sorte que le consommateur soit satisfait par un produit quel qu’il soit comme les doughnuts par exemple. Si cette pâtisserie était fabriquée avec des graisses non hydrogénées, beurre ou graisses animales, il faudrait la vendre le jour de sa fabrication or c’est tout simplement impossible ! Des milliers d’aliments industriels préparés avec des acides gras « trans » peuvent séjourner plusieurs jours sur les linéaires des supermarchés et effectuer un retour en arrière pour préserver la santé des consommateurs semble irréaliste tant les habitudes des industriels mais aussi des consommateurs ont rendu ces produits irremplaçables … et il y en a des milliers !

Et il n’y a pas que les acides gras trans, le cas du sirop de maïs enrichi en fructose est presque caricatural car ce produit est infiniment moins coûteux que le sucre de betterave ou de canne et à l’abri de la fluctuation des cours de ces deux cultures car le maïs est la première céréale en volume produite dans le monde. La production industrielle à grande échelle de sirop de maïs consiste à effectuer des traitements enzymatiques du sucre après hydrolyse acide de l’amidon et il existe deux qualités de sirop, le grade 42 et le grade 55 correspondant aux pourcentages de fructose effectivement présent dans le mélange. Les raisons justifiant cette production industrielle contre nature sont de deux ordres : manipuler un sucre liquide plutôt que cristallisé est plus simple industriellement et le pouvoir sucrant du mélange est 1,5 fois plus élevé que celui du sucre de canne ou de betterave. Or comme pour les acides gras trans qui sont l’une des causes premières d’inflammations en particulier des artères, le fructose est un puissant perturbateur de la régulation de la glycémie, d’une part, et du métabolisme des graisses d’autre part car le fructose ne peut être avantageusement métabolisé que pour la synthèse d’acides gras.

On est devant un cocktail mortel quand une préparation industrielle contient ces deux vrais poisons que constituent les acides gras « trans » et le sirop de maïs pour la plus grande satisfaction des papilles gustatives mais pas du tout pour la santé de l’organisme. L’émergence industrielle des huiles hydrogénées fut favorisée par une campagne publicitaire à la limite de l’honnêteté qui prétendait que les acides gras insaturés étaient nocifs pour les artères, or l’effet des acides gras trans est exactement le contraire de celui dont on incriminait les acides gras insaturés : augmentation des triglycérides et du « mauvais » cholestérol dans le sang ! Il aura fallu exactement 12 ans pour que la FDA et l’EFSA lancent une alerte qui ne sera effectivement respectée qu’en 2018. Combien de personnes sont mortes d’accidents coronariens depuis la fin des années 50 et l’apparition des premières margarines, substituts bon marché du beurre ? C’est une bonne question à laquelle personne n’osera répondre.

Ce que l’on peut dire de cette histoire est que la science louvoie et oscille entre ce qui semble être deux extrêmes : tout est bon ou tout est mauvais. La science bio-médicale n’est pas une discipline figée mais elle évolue avec la sophistication des moyens modernes d’investigation. La nutrition est devenue une discipline scientifique à part entière et il est donc nécessaire de faire évoluer les (mauvaises) habitudes prises par le consommateur sous l’impulsion implacable du marketing organisé par les industriels de la malbouffe. Le corps médical insiste sur le fait que pour préserver sa santé il faut varier la nourriture et se nourrir modérément mais aussi et surtout revenir à une nourriture plus saine qu’on prépare à la maison avec des ingrédients traditionnels. Bon appétit !

Capture d’écran 2015-08-03 à 23.53.04

Note : depuis le début des années 2000 la consommation de sirop de maïs a légèrement diminué aux USA et celle de sucre de table (betterave ou canne) augmenté. Pour ce qui concerne les sirops de maïs (HFCS) cette diminution n’est pas un effet direct des régulations de la FDA mais une utilisation du maïs pour produire de l’éthanol qui est incorporé à raison de 10 % dans de nombreux véhicules automobiles selon les régulations mises en place :

Source : Science News