USA : Zika et avortement

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Dans la très puritaine Amérique l’avortement ou pudiquement interruption volontaire de grossesse est interdit en dehors de quelques nuances insignifiantes. Dans 13 Etats sur 50 l’avortement est toléré pour des raisons médicales avant 20 semaines de gestation et dans les autres Etats, la majorité, il est tout simplement interdit car il est en contradiction avec la Bible ! Or, comme certains Etats du sud des USA sont exposés à la progression du virus Zika qui – et c’est maintenant prouvé – provoque des malformations du foetus dont la microcéphalie, la question de la légalisation de l’avortement se pose maintenant avec une certaine urgence. L’éradication des moustiques, un problème dont j’ai longuement parlé dans un précédent billet, ne semble être pour les Américains que la solution adaptée, tant pis pour les enfants mal formés et tant pis aussi pour les abeilles ! En Caroline du Sud des millions d’abeilles ont été récemment purement et simplement massacrées à la suite d’épandages massifs d’insecticides organophosphorés pour éliminer les moustiques.

En Floride, la psychose atteint des sommets depuis qu’une certaine Maria Mendoza a mis au monde il y a quelques jours à Miami un enfant microcéphale après avoir contracté le virus Zika au début de sa grossesse. En Floride l’IVG est interdite au delà de 24 semaines de gestation sauf si la vie de la mère est en danger mais les malformations foetales ne sont pas des raisons valables. Là où se situe le problème du virus Zika est que le praticien est certain que le foetus est atteint de microcéphalie justement après 24 semaines de gestation. Et les malformations foetales peuvent encore apparaître au delà de 24 semaines, c’est-à-dire au cours du troisième trimestre de gestation. Le virus a déjà atteint près de 500 personnes en Floride selon les derniers relevés du CDC (Center for Disease Control) et il est sexuellement transmissible et traverse la barrière placentaire.

Au Texas comme en Caroline du Nord, l’IVG est interdite au delà de 20 semaines de gestation alors que le nombre de personnes atteintes augmente chaque jour. Ce qui est encore plus paradoxal est que le motif d’avortement volontaire pour malformation foetale n’est retenu que si cette malformation est létale pour le foetus ! Que vont faire les femmes enceintes qui ont souffert de fièvres provoquées par le virus Zika au début de leur grossesse et qui ont des doutes sur la santé de leur enfant à naître. Il leur suffira d’aller trouver un médecin complaisant par exemple à Washington (DC, district de Columbia) où l’avortement volontaire est autorisé à n’importe quel stade de la grossesse. Les tests sanguins de recherche du virus sont maintenant opérationnels et 521 femmes enceintes ont été diagnostiquées comme porteuses du virus. Cette statistique date du 7 juillet dernier, autant dire tout de suite que la situation, deux mois plus tard, s’est sérieusement détériorée.

Que vont décider les législateurs et surtout les congrégations religieuses qui considèrent qu’elles ont leur mot à dire dans cette histoire qui ne les concerne pourtant pas ? Etrange Amérique …

Sources : Dailybeast et Time magazine, illustration CDC. Le lien ci-après conduit à la carte interactive : time.com/4394141/zika-abortion-usa/