Au Rwanda, le plaisir féminin est le ciment du couple

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Dans ce petit pays d’Afrique de l’Est, le plaisir féminin est considéré comme la garantie de l’union des foyers. Le kunyaza et le gukuna, deux traditions érotiques, sont transmises de génération en génération … 

Il y a très longtemps au Rwanda, une reine se languissait de son époux retenu loin d’elle par la guerre. Eperdue de désir, elle ordonne à un esclave de la rejoindre dans sa chambre. L’homme s’exécute, mais il est tétanisé à l’idée du sort qui l’attend, si le roi ne venait à découvrir l’affaire à son retour. Tremblant de tout son corps, il ne parvient pas à pénétrer la souveraine. Mais son sexe, en frottant contre les lèvres et le clitoris de la dame, provoque un jaillissement de plaisir.

Cette histoire qui se raconte de père en fils et de mère en fille au Rwanda, est à l’origine d’un véritable culte de la femme fontaine, popularisé hors des frontières du pays par le documentaire « L’Eau Sacrée » du Belge Olivier Jourdain (2016). C’est sur cette légende que repose la pratique du kunyaza, un acte sexuel voulant que l’homme caresse le sexe de la femme à l’aide de son pénis pour «faire jaillir l’eau», et qui s’enseigne comme l’un des piliers du mariage.

«Nous aidons les couples à améliorer leur sexualité»

C’est du moins ainsi que Fanny, 32 ans, infirmière et animatrice de radio, le présente: «Le kunyaza unit les familles et chasse le désordre dans les foyers.» Sur les ondes de Flash FM, la jeune femme contribue à l’émission de sa sœur Vestine Dusabe, Zirara Zubakwa, que l’on peut traduire par «construire les ménages pendant la nuit». Un show devenu, en l’espace d’une quinzaine d’années, un rendez-vous très populaire au Rwanda. «La semaine, nous parlons de relations, de mariage et luttons contre la violence faite aux femmes. Et, tous les vendredis à 1h du matin, lorsque les enfants sont couchés, nous aidons les couples à améliorer leur sexualité. Nous leur expliquons, par exemple, comment avoir de bons préliminaires», explique la jeune femme enceinte de son sixième enfant, à un mois du terme.

« Tout le Rwanda écoute notre émission. Et, pendant que nous parlons de théorie, les couples pratiquent dans leur chambre à coucher ».

– Fanny, infirmière et animatrice de radio

Installée dans son fauteuil, elle affirme sans ciller: «Tout le Rwanda écoute notre émission. Et, pendant que nous parlons de théorie, les couples pratiquent dans leur chambre à coucher.» Pas question cependant de prôner une sexualité libérée du mariage: «Ce n’est pas conforme à notre culture. Nous perpétuons la tradition du kunyaza pour éviter les infidélités et préserver le couple. Car, sans entente sexuelle, pas d’harmonie.»


Au départ, ce programme radio n’était pas du goût des autorités. Les animatrices ont été priées de parler un peu moins de sexualité. «Mais, à la longue, lorsqu’ils ont constaté notre succès, ils ont changé d’avis. Depuis, l’émission a reçu des prix», affirme Fanny. Sa sœur Vestine Dusabe parcourt aussi les campagnes pour animer des ateliers sur la sexualité. A cette occasion, elle préconise une autre pratique, corollaire du kunyaza, auprès des jeunes Rwandaises: le gukuna, présenté comme une technique pour accéder au plaisir féminin.


Forme de rite de passage à l’âge adulte, cette coutume consiste à tirer sur les petites lèvres pour les agrandir. Ses adeptes lui attribuent une fonction érotique et hygiénique: en recouvrant l’entrée du vagin, la peau formerait un «rideau» censé le protéger. Les jeunes filles sont initiées au gukuna peu avant la puberté par des femmes plus âgées de la famille, souvent une tante paternelle. Longtemps obligatoire, cette pratique pouvait conduire à la rupture d’un mariage, si l’homme découvrait que son épouse n’avait pas un sexe «conforme».

Une tradition paradoxale

Le gukuna est considéré par des militants féministes et ONG internationales comme une mutilation sexuelle. «On pousse les filles à transformer leur sexe pour correspondre à une norme. Et on leur inculque plus tard que si elles n’éjaculent pas, elles sont de mauvaises femmes. Celles qui ne sécrètent pas suffisamment de liquide durant l’acte sexuel sont surnommées «roches», souligne Peace Tumwesigire, installée dans le canapé de son salon. Elle-même a été marquée par une expérience initiatique qui lui a laissé un amer souvenir: «J’avais 10 ans, ma sœur 9. Ma cousine de 26 ans nous a montré comment tirer sur nos lèvres, comme on trait une vache. C’était très douloureux. En rentrant, j’ai raconté cela à mes parents. Mon père s’est mis en colère et ma mère m’a sermonnée, m’expliquant que c’était un secret.»


D’autres femmes affirment au contraire que le gukuna possède un pouvoir libérateur, en permettant aux jeunes filles de mieux connaître leur corps et de développer leur sensualité. C’est ce que souligne l’anthropologue italienne Michela Fusaschi dans un essai sur cette tradition. Le gukuna a résisté à la colonisation et sa diabolisation par l’église catholique, qui l’assimilait à la masturbation et à la dépravation. Il tend à perdre son importance aujourd’hui. Beaucoup de jeunes femmes la perçoivent comme une coutume désuète. Mais l’émission très populaire Zirara Zubakwa suscite un nouvel engouement autour du plaisir féminin.

Article paru sur Le Temps (Genève). Autres liens :

https://en.wikipedia.org/wiki/Kunyaza

https://en.wikipedia.org/wiki/Labia_stretching

https://youtu.be/51PYJIcNQzg

Histoire de voiture et autres loisirs …

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La Triumph Spitfire (ici le modèle Mark IV) avait la particularité d’être équipée sur le levier de vitesse d’un bouton permettant d’actionner l’ « overdrive », une sorte de coup de fouet donné à la transmission, et on se sentait emporté dans une sorte de plaisir de conduire qui était assez plaisant, on avait apparemment « mis les pleins gaz » avec ce bouton magique … De plus la carrosserie aux formes très féminines dessinée par un Italien était une réussite totale.

Dire quelques mots de la Spitfire qu’il m’est arrivé de conduire il y a quelques années sur les routes sinueuses de Tenerife est une excellente entrée en matière pour le sujet de ce billet. Ma prose ci-après est inspirée d’un article paru dans le très respecté quotidien Le Temps paraissant dans la non moins très respectée ville natale de Calvin, je veux parler de Genève, qui relate en cette période estivale les expériences sexuelles de quelques Suissesses de la contrée romande. Je cite donc un passage de cet article dans lequel se confie une quinquagénaire à la recherche du plaisir et elle n’utilise pas la langue de bois, c’est le moins qu’on puisse dire !

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Puisque « Barbara » mentionne l’orgasme simultané et qu’elle avoue appuyer sur le bouton de l’ « overdrive » quand elle fait l’amour, j’avoue rechercher depuis quelques semaines avec ma fiancée (« novia » en espagnol) le même type de situation bien difficile à atteindre. Faire l’expérience d’un orgasme simultané est en effet un genre de prouesse qui demande des efforts et une attention soutenus et pour nous c’est une sorte de jeu du chat et de la souris, sans aucun jeu de mots, en d’autres termes attendre sinon découvrir le moment propice pour passer à la vitesse supérieure et négocier le virage de la route sans dérapage non contrôlé, le point critique de la situation. Que mes lecteurs ne se méprennent pas, je ne compare aucunement ma « fiancée » à une voiture (cf. Patricia Kaas) mais jouer à la recherche de l’orgasme simultané est une immense satisfaction que je souhaite à toutes mes lectrices et lecteurs. J’ajouterai que quand ma « fiancée » a déjà passé la 4e je suis encore en seconde et j’ai oublié de desserrer le frein à main, c’est-à-dire la situation radicalement inverse de celle narrée par la Suissesse. De plus le garagiste m’a débranché deux durites et il faut beaucoup de temps pour faire chauffer mon moteur … Vous comprendrez dès lors que ma fiancée a déjà quelques lacets d’avance sur la route tortueuse du plaisir mais que le jeu que nous nous sommes fixé consiste pour elle à me laisser un peu de loisir pour la rattraper sans faire cliqueter les soupapes, cela va de soi, pour rouler enfin à la même vitesse et admirer de concert le paysage.

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Patricia Kaas : https://www.youtube.com/watch?v=IpWcSEaEyR8

Illustration : position d’Andromaque (Édouard-Henri Avril, fin XIXe siècle)

Source d’inspiration : Le Temps de Genève daté du 9 août 2017 (capture d’écran)