OGM en Europe, n’en parlons plus !

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L’Europe a donc choisi la voie de l’interdiction optionnelle de la culture des plantes transgéniques. A chaque Etat d’en décider, après tout la Commission Européenne se désolidarise des états d’âme des divers ministres de l’agriculture, car il s’agit bien d’états d’âme. Je cite Le Foll qui porte bien son patronyme (lepoint.fr) : « Le Foll ouvert aux OGM de seconde génération :« Avec ce nouveau cadre, les débats peuvent avoir lieu », a promis Stéphane Le Foll rappelant toutefois qu’il restait farouchement opposé aux OGM résistants aux herbicides ou aux ravageurs comme le Mon810 parce qu’ils « posent d’énormes problèmes« . Si ce n’est pas un « état d’âme » il faut qu’on me décrypte la déclaration de Le Foll. Quand il mentionne les « énormes problèmes » que « posent » les plantes transgéniques comme les maïs Bt ou RoundUp Ready, qu’il ait la délicatesse d’avouer qu’il est farouchement opposé à l’intrusion sur le territoire français des semenciers américains comme Pioneer ou Monsanto, point à la ligne.

Les agriculteurs français ne peuvent pas de passer de ces semenciers car ils leurs achètent déjà des semences hybrides F1 à haut rendement puisque Limagrain n’a pas l’envergure technique et commerciale pour satisfaire l’ensemble de la demande domestique. Est-ce que ce ministre sait au moins de quoi il parle quand il déclare que les plantes transgéniques posent d’ « énormes problèmes ». Plutôt que d’utiliser un langage sibyllin il pourrait préciser sa pensée ou plutôt, pardon, son état d’âme. Mais ses « états d’âme » ne sont pas exclusifs, ça rassure, car il se déclare franchement partisan des « OGM de deuxième génération » en mentionnant le riz doré. De quoi peut-il bien parler en déclarant que le riz doré est un « OGM » de deuxième génération ? Visiblement il ne sait pas de quoi il parle, CQFD. J’ai disserté à plusieurs reprises au sujet du riz doré sur ce blog et objectivement et scientifiquement on ne peut pas attribuer le qualificatif de deuxième génération à ce riz si ce n’est qu’il est dans le domaine public et que ni Monsanto, ni Pioneer (DuPont) ne sont impliqués dans la commercialisation des semences. On comprend donc le raisonnement tant du ministre français de l’agriculture que de la Commission Européenne, les politiciens européens sont non pas opposés aux plantes transgéniques mais à l’intrusion dans l’industrie agricole de l’Union des firmes américaines. C’est on ne peut plus clair ! Et comme les arguments scientifiques et techniques font cruellement défaut, le même Le Foll a obtenu des instances de Bruxelles de stipuler au sujet des plantes transgéniques que chaque Etat de l’Union pourra à discrétion interdire sur son territoire, en quelque sorte à la carte, la culture de plantes transgéniques en provenance des USA pour des raisons « autres que la santé et l’environnement, comme l’ordre public, l’aménagement du territoire ou la lutte contre la dissémination ». Je cite ici un article paru dans lepoints.fr. On ne peut pas faire mieux comme dissémination de la connerie !

Ce que ce monsieur n’a pas vraiment compris c’est qu’en réalité les Américains ont gagné la partie : leur maïs, leur soja, leurs pommes de terre, leurs tomates, leur coton et bien d’autres grandes cultures transgéniques, une quinzaine environ, reviennent beaucoup moins cher à produire quand elles ont été modifiées génétiquement non pas pour arrondir les profits des semenciers mais en permettant de réduire les intrants au niveau des agriculteurs et en particulier des pesticides. Le travail de sape des écologistes, encore une fois, au niveau tant des gouvernements des Etats de l’Union Européenne que des instances dirigeantes de Bruxelles a finalement payé, à terme l’agriculture européenne sera globalement perdante et l’industrie agro-alimentaire et l’élevage européens deviendront de plus en plus dépendants des USA.

Voilà donc où on en est et c’est tellement caricatural qu’on a presque envie d’en rire !

Photo du Ministre pêchée sur lepoint.fr

Le gouvernement français marche sur des œufs !

Il aura suffi que quelques centaines de milliers d’oeufs déversées dans les rues en Bretagne pour que Le Foll prenne conscience, enfin, du marasme dans lequel se trouvent les agriculteurs de la France profonde. Après avoir trimé toute une vie sans réussir à rembourser toutes leurs dettes, bon nombre d’agriculteurs retraités sont dans la misère, arnaqués par la MSA (ne pas confondre avec NSA) leur mutuelle de retraite, au bord d’un immense gouffre financier car il y n’y a plus assez d’actifs pour financer toutes les retraites, sans parler de la gestion calamiteuse de cet organisme, mais c’est un autre problème qu’on retrouve chaque fois qu’un organisme social est géré par un syndicat, représentatif ou non. Aux incuries à répétition des politiques agricoles des gouvernements successifs se sont surajoutées les directives européennes du genre « il faut plus d’espace vital aux poules pondeuses car elles souffrent de problèmes psychologiques ». Certes les gallinacés ne brillent pas par leur intelligence mais ce sont plutôt les fonctionnaires de Bruxelles et les députés de Strasbourg qui souffrent de graves problèmes psychologiques ! Leurs décisions stupides et anti-économiques ont conduit les producteurs d’oeufs à la faillite après avoir été contraints de réaménager leurs élevages à grands renforts de nouvelles dettes pour finalement vendre leurs œufs à perte et sans aucun espoir de voir leur train de vie déjà médiocre s’améliorer. Les révoltes paysannes françaises finissent toujours dans la violence, Le Foll, à n’en pas douter, va créer un impôt « oeufs » car cette histoire d’oeufs risque de sentir rapidement très mauvais …