Les poux aident les paléo-anthropologues !

C’est en étudiant la génétique des poux des vêtements qu’on a pu déterminer à partir de quelle date nos ancêtres venus d’Afrique commencèrent à se confectionner des tenues vestimentaires pour améliorer leur survie dans des conditions climatiques moins favorables que celles de l’Afrique de l’est considérée maintenant comme le berceau de l’humanité. On sait que l’homme, divergeant du singe à partir de nos ancêtres communs, était déjà presque totalement dépourvu de poils contrairement au singe il y a environ 1 million d’années, d’après des études relatives à la génétique de la pigmentation de la peau. Or d’après l’étude réalisée sur les poux de vêtements, l’homme a commencé à se confectionner des toilettes faites de peaux de bêtes cousues ensembles avec des lanières de cuir il y aurait un peu moins de deux cent mille ans. On peut en déduire que nos ancêtres ont survécu de nombreux millénaires nus et sans protection. Mais la date approximative de l’apparition des premiers vêtements correspond avec le début de la dernière glaciation, entre 130 et 180 mille ans. On parle ici des hommes modernes qui auraient émigré d’Afrique il y aurait au moins 200 000 ans. C’est un peu confus parce que l’émigration hors d’Afrique de l’est semble avoir eu lieu par vagues successives permettant la cohabitation, si l’on peut dire, de trois variétés de nos ancêtres, les Néandertaliens, les Dénisoviens et nos ancêtres directs. Les Dénisoviens, du nom d’une grotte situé dans les montagnes de l’Altaï, seraient les ancêtres des Mélanésiens, alors que les Néandertaliens auraient laissé quelques caractéristiques génétiques que l’on rencontre encore chez l’homme moderne comme par exemple les cheveux roux et c’est facile à comprendre. Ces groupes d’humains vivaient relativement isolés et quand deux groupes se rencontraient, il y avait naturellement des rencontres plus intimes entre mâles et femelles car ces trois « races ou plutôt espèces» humaines étaient inter-fécondes. Il n’y a qu’à se souvenir du remarquable film de Jean-Jacques Annaud « La guerre du feu » (1981) qui met en scène la rencontre de groupes humains différents, et c’est ainsi que les choses se sont passées. L’art de la confection de vêtements s’est également transmise entre ces groupes et tout a pu être reconstitué en étudiant la génétique des poux des vêtements. Ces différents groupes dont on est tous issus puisque nos gènes se sont mêlés à un moment ou à un autre à la faveur de migrations sur de très longues distances dont on ignore encore les détails mais on sait de façon certaine qu’il existait une sorte de commerce de parures, qu’on appellerait aujourd’hui des bijoux, des bracelets et des colliers rudimentaires et très probablement des vêtements faits de peaux de bêtes mais pas seulement puisqu’on a retrouvé des tissus rudimentaires faits de fibres végétales. Ce qui est le plus extraordinaire est l’échelle de temps de cette évolution, plus de cent mille ans, pour arriver à l’homme moderne, une sorte d’hybride entre les Néandertaliens, les Dénisoviens et nous-mêmes. Mais la question que l’on peut se poser est en quoi étions-nous si différents de ces deux groupes ou races aujourd’hui disparus même si les Dénisoviens sont considérés comme les ancêtres les plus proches des Mélanésiens comme je l’ai déjà mentionné.

Sources : Guardian et Livescience.com

 

Note : le poux de vêtements est strictement identique au poux commun des cheveux dit poux de tête selon des critères génétiques.