Les chiens des villes, les politiciens et les simples citoyens

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Dimanche dernier était le jour de la pleine lune et au matin des chiens, promenés par leurs maîtres allaient et venaient pour lever la patte ou déposer leurs étrons tout en s’échangeant des aboiements pas très cordiaux. Peut-être que ce jour de pleine lune rendait ces bêtes polluantes et malodorantes plus bruyantes. Depuis la fenêtre de mon modeste logement j’observais avec admiration avec quel dévouement à la limite de la servilité la plus totale les maîtres de ces quadrupèdes se pliaient pour ramasser les déjections nauséabondes de leurs animaux de compagnie chéris. Et si on remplaçait les politiciens par des chiens ? À observer à quel point des êtres humains se plient aux volontés de leur chien de compagnie ils pourraient tout aussi bien obéir à des chiens premiers-ministres ou présidents, ça ne changerait rien.

Les aboiements me dérangeaient mais ils ressemblaient étrangement aux débats entre députés qui crient sans entendre les cris des autres députés, de même que les chiens se moquent des autres chiens, ils aboient pour bien signifier qu’ils ont pris le pouvoir dans la rue et ont asservi leur maître. Dans le sud de l’île nous sommes allé rendre visite à des amis qui ont un chien, un petit chien. Il resta étrangement silencieux à notre arrivée. Normalement plus un chien est petit – et méprisable – plus il donne de la voix. Celui-ci resta silencieux et montra tranquillement quelque intérêt à l’égard des visiteurs qu’il ne connaissait pourtant pas. Je félicitais la maîtresse de ce quadrupède abondamment poilu en vantant la correction et l’éducation de son animal de compagnie. Elle me raconta que le collier électronique anti-aboiement que portait son chien était particulièrement efficace. Pour ceux de mes lecteurs qui ignorent la fonction de cet accessoire il s’agit d’une application directe des expériences classiques de Pavlov relatives aux réflexes conditionnés. Si le chien aboie il reçoit immédiatement une décharge électrique qui très vite le conditionne à ne plus aboyer. Émerveillé par l’efficacité de cet objet mes pensées allèrent vers des applications variées de ce type d’équipement. On pourrait imaginer que tous les politiciens soient contraints de porter un collier anti-aboiement intelligent connecté à un centre de collecte et de traitement des données reçus par tous ces colliers électroniques. Le robot, équipé d’un algorithme adéquat détecterait les mensonges des politiciens et chaque fois que ces derniers parleraient pour ne rien dire et/ou mentir ils recevraient une décharge électrique. Tout irait beaucoup mieux dans beaucoup de pays.

Il y a un autre aspect alarmant de la servitude des maîtres de ces chiens qui s’abaissent (au sens propre et au sens figuré) pour ramasser leurs étrons fûmants et odorants : l’élévation au niveau quasi humain des animaux. On leur reconnaît maintenant une âme et on leur doit le respect. Les mouvements animalistes soutenus par les « végans » militent pour reconnaître un statut social des animaux égal à celui des hommes. Nous sommes tous entrés dans l’univers de George Orwell qui publia en 1945 son fameux livre « La Ferme des Animaux » (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Ferme_des_animaux). Nous y sommes : un jour les êtres humains auront perdu toute dignité et les lois sociales les réduiront à l’état d’animaux tandis que les animaux auront pris le pouvoir …