Le moment européen de la Chine est arrivé

Il serait difficile de mésestimer l’importance des visites de Xi Jinping à Rome, Paris et Monaco la semaine dernière. En mettant au coeur de l’Europe son initiative très médiatisée « Belt and Road Initiative » (ceinture maritime et voies terrestres, BRI), le Président chinois a confronté l’Europe à la question la plus fondamentale qu’il devra résoudre dans les années à venir : où en est-elle en tant que partenaire trans-atlantique avec les USA et comment se positionnera-t-elle en tant qu’extrémité occidentale du continent eurasiatique ? En effet, la simplification de l’ordre moderne, pour le dire autrement, commence juste à faire partie de l’Histoire. À Rome, le gouvernement populiste du Premier ministre Giuseppe Conte a invité l’Italie au programme ambitieux de la Chine visant à relier l’Asie de l’Est et l’Europe occidentale par le biais d’une multitude de projets d’infrastructure allant de Shanghaï à Lisbonne. Le protocole d’accord qu’ont signé Xi et le le vice-premier ministre Luigi di Maio comprends le développement de routes, de voies ferrées, de ponts, d’aéroports, de ports maritimes mais aussi des systèmes de télécommunication et des projets énergétiques. Parallèlement à ce protocole les investisseurs chinois ont signé 29 accords industriels et commerciaux d’un montant de 2,8 milliards de dollars.

L’Italie est le premier des 7 pays fondateurs de l’Union européenne à s’engager dans la stratégie BRI chinoise. Et l’Italie l’a fait deux semaines après la publication « Chine : Perspectives Stratégiques » par la Commission européenne, une évaluation de l’arrivée rapide de la Chine en Europe qui touche le coeur de l’ambivalence de l’Union :

« La Chine, dans différents domaines, est simultanément un partenaire de coopération avec le quel l’Union européenne a des objectifs étroitement alignés, un partenaire de négociation avec lequel l’Union européenne doit trouver un équilibre ménageant ses intérêts, un concurrent économique dans la poursuite du leadership technologique et un rival systémique promouvant un modèle alternatif de gouvernance. »

Il y a dans ce document beaucoup de points à assimiler. L’un d’eux est la préoccupation croissante des membres de l’UE et des hauts fonctionnaires de Bruxelles au sujet de l’émergence de la Chine en tant que puissance mondiale. C’est bien naturel, à condition de ne pas tomber dans une version moderne du « péril jaune » du siècle dernier. En second lieu les dirigeants de l’UE sont très réticents au sujet de l’attitude conflictuelle à l’égard de la Chine que Washington leur recommande. La voie de la sagesse que l’UE pourrait choisir est un indicateur fort que les Européens cherchent enfin une voix indépendante dans les affaires mondiales.

À la recherche de l’unité

Les Européens recherchent également un front uni dans les relations de leur continent avec la Chine. C’était le point de vue de Macron à l’arrivée de Xi à Paris et il a veillé à ce qu’Angela Merkel et Jean-Claude Junker soient présents sur le perron de l’Elysée pour saluer Xi. La principale raison pour laquelle l’Italie a envoyé une véritable onde choc à travers l’Europe lorsqu’elle a adhéré au projet de Xi est qu’elle a brisé la hiérarchie européenne à un moment critique.

Mais l’unité telle que Macron et Merkel l’envisagent va se révéler irréalisable. D’abord parce que Bruxelles ne peut pas s’ingérer dans les affaires souveraines d’un Etat de l’UE. Ensuite parce que n’importe quel Etat peut refuser la politique de Bruxelles s’il désire profiter des opportunités offertes par la Chine. L’illustration est qu’alors que Macron plaidait pour un front européen uni vis-à-vis de la Chine il signait ensuite des contrats avec Xi concernant Airbus, EDF et une multitude d’autres entreprises pour un montant de 35 milliards de dollars ! Il n’y a qu’une interprétation possible : la Commission européenne peut bien affirmer tout ce qu’elle veut comme prétendre que la politique de la Chine est de semer la division pour mieux conquérir l’Europe mais sur le terrain elle ne pourra pas empêcher la préférence des Chinois pour les accords bilatéraux. En rentrant chez lui, Xi s’est arrêté à Monaco pour finaliser l’accord de la Principauté décidé en février dernier pour permettre à Huawei, la société de télécommunication chinoise controversée, d’y développer le réseau 5G.

L’Italie était prédestinée pour dévoiler la forme que prendrait l’arrivée de la Chine en Europe. Le gouvernement Conte-Di Maio, coalition hétéroclite entre la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles est à contre-courant parmi les autres membres de l’UE. Il critique vivement Bruxelles et sa politique d’austérité. Il est farouchement jaloux de sa souveraineté et prône un assouplissement des liens de l’UE avec la Russie. Sur le plan intérieur l’économie italienne est affaiblie et les investissements étrangers sont pratiquement inexistants. Dans des domaines comme le textile ou la pharmacie peu de collaborations existent entre l’Italie et la Chine depuis des décennies. La carte ci-dessous montre clairement la position stratégique de l’Italie avec le port de Trieste qui est une porte d’entrée vers les marchés européens les plus solides.

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L’initiative visionnaire « Belt and Road » de Xi devrait maintenant décoller en Europe. L’accord avec l’Italie, la tournée européenne de Xi et le sommet UE-Chine prévu à Bruxelles le 9 avril prochain indiquent que ce moment est arrivé.

Changement de relations

Il n’est pas très clair que les Européens aient vraiment compris l’importance stratégique des évènements de la semaine dernière. Les Dirigeants Européens se sont engagés dans une voie qui va presque certainement modifier les relations trans-atlantiques établies de longue date. L’Europe commence – enfin – à agir de manière plus indépendante en se repositionnant entre le monde atlantique et les nations dynamiques de l’est et la Chine est la première d’entre elles. Pourtant aucun dirigeant européen n’a encore abordé cette question. Mais cette situation ne saurait être surestimée. Les relations trans-atlantiques sont de plus en plus tendues depuis la présidence Obama. Les décisions antagonistes de Trump, la dénonciation de l’accord de Paris sur le climat et de l’accord sur le nucléaire iranien ont intensifié les frictions mais rien n’indique qu’un dirigeant européen devienne l’avocat d’une rupture des relations avec Washington.

La question centrale aujourd’hui est de savoir comment les relations américano-européennes vont évoluer au fur et à mesure de la présence chinoise de plus en plus évidente sur le sol européen. Les Européens semblent se préparer à un nouveau chapitre de leur histoire trans-atlantique mais rien n’indique comment Washington réagira à une réduction de son influence depuis longtemps non contestée par les capitales de l’Europe occidentale.

Il y a l’autre question à laquelle l’Occident devra répondre : la « perspective stratégique » de la Commission européenne qualifie la Chine de « rival systémique promouvant des formes alternatives de gouvernance ». Ce thème récurrent pose deux problèmes. D’abord rien ne prouve que la Chine ait insisté ou voudra insister pour que d’autres pays se conforment à ses normes politiques en échange d’un avantage économique. Cela est une pratique habituelle parmi les pays occidentaux et les institutions internationales telles que le Fond monétaire international ou la Banque mondiale. Ce n’est pas le cas de la Chine. Ensuite alors que nous avançons vers une parité entre Occidentaux et non-Occidentaux – une caractéristique incontournable du XIXe siècle – il deviendra impossible de supposer que les démocraties parlementaires de l’Occident puissent établir les critères selon lesquels tous les autres pays peuvent être classés et évalués. Les Nations ont des traditions politiques très différentes, c’est à chacune de les entretenir ou de s’en éloigner. La Chine comprend cela, à l’Occident d’en faire de même.

Article de Patrick Lawrence, correspondant à l’étranger de l’International Herald Tribune pendant de nombreuses années, paru le premier avril 2019 sur le site Consortium News traduit pour mes fidèles lecteurs par mes soins.

Lawrence peut être contacté sur son site web : http://www.patricklawrence.us , illustration Wikimedia

Billet d’humeur politique : Le coût du fonctionnement de l’Etat politique français

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Il y a quelques années une association italienne de journalistes a publié une étude détaillée du coût du fonctionnement du monde politique du pays et tous postes pris en considération elle était arrivée au chiffre incroyable de 15 milliards d’euros par an. J’ai malheureusement égaré le document ou du moins l’article paru, il me semble sans en être certain, dans le quotidien suisse La Tribune de Genève. Les Suisses, comme chacun le sait en Europe en général et en Italie ou en France en particulier, sont très regardants en ce qui concerne l’usage des impôts dont ils s’acquittent tant au niveau cantonal que fédéral et l’article montrait du doigt la mauvaise gestion des finances du monde politique italien. Qu’en est-il aujourd’hui ? Rien n’a changé et l’Italie se trouve dans une situation économique des plus périlleuses. Pour résumer la situation du pays des spaghettis sauce bolognaise si la Banque Centrale Européenne ne met pas en oeuvre un plan de sauvetage de l’économie italienne en ouvrant les vannes des OMTs (opérations monétaires sur titre, en anglais Outright Monetary Transactions) avec en contre-partie un plan d’austérité drastique pour réduire les dépenses de l’Etat, un peu comme le plan de rigueur imposé à la Grèce, alors l’Italie fera défaut sur sa dette et n’aura d’autre choix que de quitter l’euro, signant par conséquent la fin de l’union monétaire européenne.

Mais qu’en est-il de la France ? La situation est sensiblement identique puisque le montant de la dette officielle de l’Etat français vient tout juste de dépasser les 100 % du PIB et incluant les « hors-bilan », une entourloupe comptable mise en place par Juppé, la dette totale de l’Etat français dépasserait allègrement les 280 % du PIB, mais il ne faut surtout pas en parler car ça fait désordre. Pendant ce temps-là les contribuables sont de plus en plus imposés pour sauver ce qui peut encore l’être … mais le monde politique français continue à mener un grand train de vie. En lisant un article du chroniqueur H16, que je salue personnellement au passage, paru sur le quotidien en ligne Contrepoints et qui décrit le fonctionnement de l’Assemblée Nationale (illustration captée sur Contrepoints), on ne peut – en tant que simple citoyen actif contribuable ou retraité-contribuable – que s’indigner. Pour reprendre l’étude de ces journalistes italiens on peut sans trop se tromper que le coût du fonctionnement du monde politique français atteint facilement cette somme de 15 milliards par an.

Et c’est facile à comprendre si on fait une énumération courtelinesque de ce monde politique de privilégiés, souvent rémunérés avec des salaires pouvant atteindre plus de 10 fois le salaire minimum légal, qui ont voté des lois qui les arrangent et qui au fil des années ont fait resurgir une sorte de noblesse d’état tant honnie par les révolutionnaires de 1789. D’abord le mille-feuille français. Chaque niveau administratif et politique permet de favoriser la création de positions dans le « machin » politique. Les communes, les associations (ou communautés) de communes supposées réduire les coûts mais c’est l’inverse qui a été atteint, les cantons, les arrondissements avec les conseillers qui s’y trouvent dont les grands électeurs et les sénateurs, les départements avec leurs cortèges d’assemblées d’élus divers, de Présidents, de rapporteurs, bref le tout accompagné d’un personnel administratif pléthorique, de chauffeurs, d’agents d’entretien, de secrétariats, la liste est presque infinie. Viennent ensuite les sous-préfectures et les préfectures, les dignes représentants de l’Etat central avec leurs cabinets, leurs réseaux de renseignement, leur fonctionnement et l’entretien de tous ces locaux parfois ostentatoirement luxueux. Viennent ensuite les régions avec encore une fois leur cortège de politiciens élus ou pas, de personnels administratifs et de somptueux et coûteux locaux qui nécessitent également des sommes loin d’être négligeables d’entretien.

On en arrive à l’Etat central proprement dit qui n’a jamais été « décentralisé » car en France il faut un Etat central autoritaire sinon le pays ne pourrait pas « fonctionner ». Il y a le Sénat et l’Assemblée Nationale et tous les ministères ainsi que le Palais du monarque et tout ce « machin national central » nécessite des dizaines de milliers de personnes pour qu’il fonctionne à peu près correctement, du moins en apparence. Enfin il y a l’entretien astronomique des « ors de la République » en d’autres termes les nombreux « palais » divers et variés qui saupoudrent Paris, sa banlieue et les contrées profondes du pays. Si une personne curieuse, dans une équipe de journalistes courageux par exemple, prenait en considération toutes les dépenses de fonctionnement de l’Etat français en y incluant tous les salaires mais également toutes les pensions de retraite cumulables on arriverait pour la France à peu près à 15 milliards d’euros, probablement beaucoup plus, chaque année. Et le gouvernement va demander aux citoyens de se serrer encore la ceinture d’un cran car il faut réduire les déficits de l’Etat. De qui se moque le Président et sa clique de politiciens tous aussi incapables et corrompus les uns que les autres ? Comme H16 titrait son article « Oui, l’Assemblée nationale se fout ouvertement de votre gueule » en réalité c’est l’ensemble du monde politique qui se moque totalement des citoyens à hauteur de 15 milliards par an en menant grand train de vie comme la noblesse du temps des rois ! Vive la révolution, vive la France, pays complêtement foutu comme a coutûme de le mentionner H16 …

Notes. Dans ce billet il n’est pas fait mention de la police, de la gendarmerie, de l’armée, de l’éducation nationale, de l’économie ou encore de la protection sociale qui ne font pas partie à proprement parler du monde politique. Il y a quelques années un de mes amis me demandait où il pourrait investir un peu d’argent. Je lui ai répondu qu’il n’avait qu’à acheter un plein container de manches de pioches car ça peut toujours servir et qu’il réaliserait une plus-value conséquente en les vendant aux révolutionnaires. Comme le dit un proverbe chinois « le poisson commence à pourrir par la tête », c’est justement ce qui se passe en France, un monde politique corrompu par l’argent qu’il s’est attribué légalement en votant des lois à son profit.

Va-t-on autoriser les antibiotiques en agriculture ?

 

Cette question pourrait devenir centrale avec la propagation alarmante de la Xylella fastidiosa en Europe. Il s’agit d’une bactérie aérobie gram-négative qui se multiplie dans les canaux du xylème des plantes et finit par tuer ces dernières. Elle est transmise par n’importe quel insecte suceur comme par exemple la cicadelle et elle est capable de détruire plus de 300 plantes différentes, du laurier rose à l’olivier en passant par la vigne et le citronnier. C’est déjà un désastre en Apulée (Italie) où des oliveraies entières ont été dévastées ces dernières années mais également dans les régions viticoles de Californie, les cépages Pinot Noir et Chardonnay étant les favoris de cette bactérie insidieuse qui a trouvé en plus le moyen de se multiplier dans le tube digestif des insectes qui la véhiculent pour que ces dernier fassent encore mieux leur inoculation quand ils vont se nourrir de sève.

Cette bactérie est apparue en 2015 en Corse et il lui a fallu quelques mois pour atteindre la région niçoise en infestant d’abord la polygale à feuilles de myrthe (Polygala myrtifolia) puis le laurier-rose. La prochaine victime sera, à n’en pas douter, l’olivier. Elle a atteint l’Allemagne en 2016 en décimant également le laurier-rose et les Îles Baléares au début de l’année 2017 et enfin la région d’Alicante cet automne. Il y a donc franchement urgence car cette bactérie attaque aussi les orangers et les citronniers, tout pour plaire !

L’usage d’antibiotiques en agriculture est formellement interdit en Europe ainsi que dans de nombreux autres pays. Il existe cependant quelques exceptions comme par exemple en Suisse pour combattre le feu bactérien (fire blight en anglais) qui peut ravager les vergers fruitiers des basses vallées alpines en quelques jours. Il s’agit d’une maladie provoquée par la bactérie Erwinia amylovora susceptible (encore mais pour combien de temps ?) à la streptomycine. Le souci avec la Xylella sera, comme pour les bactéries pathogènes pour l’homme, l’apparition de résistances si l’utilisation d’antibiotiques, dans le cas où ceux-ci seraient utilisés dans l’urgence, était mal contrôlée.

Toujours est-il que l’on peut s’attendre à un véritable désastre économique, cette bactérie étant considérée depuis peu comme le pathogène agricole numéro 1 en Europe … Affaire à suivre

Source et illustration : BBC News

Note : pas de billets ces premier et deux janvier 2018

Le vin français vu de la Suisse Romande : tout un programme !

Article paru dans le quotidien en ligne Le Temps daté du 5 décembre 2017

Des pratiques étatiques hors d’âge altèrent le vin français

La rigidité des systèmes d’autorisation des plantations et de certification péjore la productivité du vin français et explique la baisse d’un quart de sa part au marché mondial de l’exportation. L’Institut de recherches économiques et fiscales propose des pistes de réforme.

Note : « péjore », le verbe péjorer n’est plus utilisé en France il faut dire « pénalise », « altérer » est aussi un verbe dont le sens en français de la Suisse romande est plutôt nuire, il faut donc lire « nuisent »)

Le marché du vin est de plus en plus international: 42% des vins ont traversé les frontières en 2016, contre 30% il y a 15 ans. La valeur des échanges a plus que doublé en 15 ans.

Sous l’effet des grands crus, la France reste leader en termes de valeur. Mais en volume, la part des exportations françaises est tombée de 29% à 20% du total des exportations mondiales en 15 ans, selon une analyse de l’Institut de recherches économiques et fiscales (IREF, Caluire et Cuire, Rhône, France). À l’inverse, les exportations viticoles espagnoles sont passées de 15% à 24%. Le Chili a doublé sa part de marché et la Nouvelle-Zélande l’a triplée.

L’Italie et l’Espagne deux fois moins chères

En dehors des grands crus et de quelques exceptions comme le Prosecco (voir note en fin de billet), les vins européens perdent du terrain, parce que les producteurs peinent à s’adapter et à devenir flexibles, selon l’IREF. Mais le recul est entièrement dû à la France. Les vins espagnols et italiens sont moitié moins chers dans les segments d’entrée de gamme.

L’empreinte de l’Etat français sur la viticulture ressemble à une tache de vin rouge sur un tapis au teint clair. Elle est très difficile à effacer malgré d’infinis travaux. Le fardeau réglementaire débute en 1931 avec l’établissement des systèmes d’autorisation de plantation, puis en 1935 la certification des vins d’origine à travers les AOC. En 1953, nouveau tour de vis avec un Code du vin qui introduit des subventions à l’arrachage, la distillation des «surplus» et des amendes pour des rendements trop élevés.

Un cocktail destructeur en termes de productivité. Pire, lors de la création de la Politique agricole commune, c’est la réglementation française qui donnera le ton. Les Italiens se voulaient plus libéraux. Depuis 1962, plus de 2000 règlements, directives ou décisions sur la filière sont décrétés dans l’UE.

«Un véritable monopole intellectuel»

Le processus de certification part de bonnes intentions. Il est censé accroître la transparence pour les consommateurs. Mais il protège davantage les producteurs existants que les consommateurs. A son apparition, en 1908, la loi définit les frontières des régions (Bourgogne, Cognac, etc.). Ces dénominations deviendront les appellations d’origine (AOC) en 1935. La qualité devient ainsi fonction du lieu d’origine. Pour obtenir un AOC – il en existe 368 en France –, les producteurs doivent passer par un Organisme de défense et de gestion (ODG) et obtiennent le privilège d’être les seuls à étiqueter leur vin du nom de l’appellation.

Mais le cahier des charges constitue «un véritable monopole intellectuel qui peut se retourner contre tous ceux qui n’acceptent pas les règles», selon l’étude. En cas de refus, le producteur ne peut que produire du «vin de France», soit en qualité d’entrée de gamme. Les règlements définissent par exemple des rendements maximaux, des interdictions de cultiver certains cépages ou d’utiliser certaines pratiques de vinification. C’est un moyen de lutte contre l’innovation. Les décisions des ODG étant prises à la majorité, les initiatives minoritaires sont pénalisées.

«La cartellisation des AOC permet un contrôle des prix», critique l’IREF. Ce système explique aussi la faible productivité des vins européens. Le rendement moyen est de 55 hectolitres par hectare (hl/ha) en France contre plus de 90 hl/ha en Nouvelle-Zélande, en Chine et au Chili et plus de 110 hl/ha aux Etats-Unis.

Besoin de libéralisation

La réglementation sur l’irrigation est également problématique. En France, elle est interdite sur tout le territoire entre la floraison et la véraison. L’Italie et l’Espagne sont nettement plus souples. Logiquement, 4% du vignoble français est irrigué, contre 21% en Espagne, 26% en Italie. Aux Etats-Unis, au Chili ou en Nouvelle-Zélande, la puissance publique se contente de favoriser les exportations en multipliant les traités commerciaux et en subventionnant la promotion.

Le système européen «profite aux acteurs qui connaissent le mieux les démarches administratives ou qui ont des compétences juridiques réservées aux grandes entreprises», observe l’IREF. Le groupe Les Grands Chais de France, leader de l’exportation, a reçu 1,3 million d’euros de subvention de la PAC. Au total, le contribuable français verse une enveloppe de 1,4 milliard entre 2014 et 2018.

L’IREF propose de supprimer toutes les formes de contrôle des prix par le contrôle de l’offre, la libéralisation des autorisations de plantation et la suppression des subventions. Les monopoles intellectuels associés aux AOC peuvent être abolis au profit d’une certification privée. Les certifications doivent être mises en concurrence.

Note. Le Prosecco est un vin blanc sec pétillant orginaire de la région de Trieste en Italie. Il est considéré comme un excellent substitut des champagnes français mais à un prix abordable pour toutes les bourses. Les créments du Jura et de Bourgogne ainsi que les « mousseux » de Catalogne sont ses proches cousins.

La vaccination rendue obligatoire en France et en Italie, après la Slovénie.

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La France a donc suivi l’Italie en ce qui concerne la vaccination obligatoire. Il est souhaitable que l’ensemble des pays européens prennent des dispositions coercitives pour que la vaccination soit rendue obligatoire en raison de la recrudescence de maladies parfois mortelles comme la rougeole qui peuvent être évitées par une simple vaccination. La Slovénie a pris en ce sens les devants en infligeant une amende sérieuse et dissuasive aux parents ne faisant pas vacciner leurs enfants.

Les gouvernements, outre l’aspect sanitaire bénéfique de la vaccination, doivent également prendre en considération le fait que la vaccination permet de substantielles économies au niveau de la protection santé. Dans tous les pays européens les systèmes de protection sociale sont très largement déficitaires et la vaccination contribue efficacement et pour un coût modique à améliorer la situation financière des assurances maladies qu’elles soient publiques ou semi-privées.

Car au final ce sont les contribuables qui paient et les associations et autres mouvements anti-vaccins dont les arguments n’ont strictement rien de scientifique ne font qu’alourdir la charge financière des systèmes de protection sociale. La France et l’Italie ont suivi les recommandations du CDC (Center for Disease Control), de l’Académie américaine de pédiatrie et de l’Académie américaine des médecins de famille (oui ! ça existe aux USA) et il serait erroné de prétendre que ces organismes oeuvrent pour les intérêts des laboratoires pharmaceutiques car il s’agit d’un grave problème de société.

Il existe 11 maladies qui peuvent être parfaitement évitées par la vaccination et qui représentent toutes, quand des cas se déclarent en raison de non-vaccination, un coût social important sur le court terme lors d’hospitalisations mais également sur le long terme en raison des séquelles sérieuses que peuvent provoquer ces maladies, sans oublier les préjudices au niveau des familles elles-mêmes en cas d’invalidités permanentes voire de décès. Les 11 maladies pour lesquelles la vaccination sera dorénavant obligatoire sont énumérées ci-dessous avec un bref aperçu des complications ou séquelles.

La diphtérie provoquée par une bactérie est une maladie extrêmement contagieuse et la toxine produite par cette bactérie peut provoquer une cardiopathie incurable voire la mort. Le tétanos, également provoqué par une bactérie très présente dans le sol peut entrainer la mort (20 % des cas) et si on en réchappe la convalescence peut durer plusieurs mois. La poliomyélite bien que devenue rare dans les pays de l’OCDE en raison de la vaccination systématique reste tout de même présente dans certains pays et la vaccination est toujours obligatoire car cette maladie n’est pas considérée comme éradiquée dans le monde (voir un précédent billet sur ce blog). Il existe un vaccin trivalent pour ces trois maladies et tous les enfants en âge d’être scolarisés doivent être vaccinés.

La coqueluche est également une maladie bactérienne qui peut durer plusieurs mois et éventuellement provoquer une encéphalite avec des séquelles sérieuses. Un adulte non vacciné peut en souffrir très gravement, voire en mourir. La vaccination contre cette maladie est fortement conseillée.

La vaccination contre la grippe (influenza), bien que son efficacité soit controversée en raison de la haute variabilité des antigènes de surface du virus, est néanmoins préconisée par le CDC pour les enfants afin d’atteindre ce qui est appelé par les spécialistes une immunité de groupe, l’un des bénéfices majeurs de la vaccination souvent ignoré (voir note en fin de billet). Le vaccin contre la grippe est réactualisé chaque année et il est communément conseillé aux personnes âgées bien que le bénéfice social puisse être optimisé en rendant la vaccination des enfants obligatoire, décision prise par les gouvernements français et italien.

Les vaccins récents protégeant contre les redoutables hépatite A et hépatite B sont préconisés par le CDC pour les enfants. S’il y a peu de cas mortels immédiats, il existe tout de même incontestablement une séquelle sur le long terme avec l’hépatite B qui est l’apparition d’un cancer mortel du foie. Ces deux maladies parfaitement évitées par la vaccination représentent un coût social important en raison des lourds traitements et des convalescences souvent longues et invalidantes.

Le vaccin trivalent contre la rougeole, les oreillons et la rubéole qui est la cible des mouvements sociaux anti-vaccins protège parfaitement contre ces trois maladies. La rougeole peut être mortelle et exposer son enfant non vacciné à cette maladie est criminel. Les oreillons peuvent provoquer une surdité et également une infertilité irréversible. Enfin la rubéole est une cause reconnue de malformations foetales.

Le pneumocoque à l’origine d’infections respiratoires et de la sphère ORL peut entrainer la mort par choc septique ou des séquelles invalidantes comme la surdité voire des dommages cérébraux graves. La vaccination contre le pneumocoque est préconisée pour les enfants.

Les méningocoques A et B (10 % de cas mortels) provoque des séquelles graves telles que paralysies partielles, surdité voire épilepsie récurrente. Cette maladie représente un coût social et familial important et la vaccination des enfants est vivement conseillée, toujours par le CDC.

La poliomyélite reste endémique dans quelques pays du monde et la vaccination est obligatoire en raison des séquelles invalidantes provoquées par cette maladie.

Le vaccin contre la varicelle, maladie longtemps considérée comme bénigne, est également préconisé pour les enfants en âge d’être scolarisés car il s’agit d’une maladie très contagieuse qui peut également provoquer des complications neurologiques.

Restent la vaccination contre certains types du virus du papillome qui est très vivement conseillée pour les préadolescents avant leur maturité sexuelle, dès l’âge de 12 ans, filles et garçons. Ce virus est la cause reconnue maintenant du cancer du col de l’utérus, d’un grand nombre de cancers de l’anus et de diverses affections cancéreuses génitales mais également de l’oropharynx. Les économies au niveau de la protection sociale qui peuvent être atteintes par la vaccination contre ce virus sont considérables bien que la mise au point récente du vaccin ne puisse pas encore établir leur montant exact.

Voilà en bref le panorama des vaccinations qui seront obligatoires en France et dans quelques autres pays dans de brefs délais n’en déplaise aux détracteurs de la vaccination dont les arguments relèvent du plus exécrable obscurantisme datant d’une publication mensongère d’Andrew Wakefield en 1998 qui prétendit de façon totalement erronée que la vaccination provoquait l’autisme …

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Sources et illustration : CDC et World Economic Forum. Autre illustration : tylervigen.com. Un bel exemple de relation cause-à-effet qui n’a jamais été prouvé pour l’autisme et la vaccination !

Notes. Mes lecteurs croiront que je ne sais pas compter mais le CDC classe effectivement 11 « gestes » de vaccination : influenza, trivalent tétanos-diphtérie-coqueluche, papillome, méningocoque A, méningocoque B, pneumocoque, hépatite A, hépatite B, polio, trivalent rougeole-oreillons-rubéole et enfin varicelle.

Quant à la France, comme l’Italie, elle se contentera de la vaccination obligatoire contre les 11 maladies suivantes : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B, rougeole, oreillons, rubéole, influenza, pneumocoque et méningocoque C. Les pénalités seront sévères (3750 euros d’amende et/ou 6 mois de prison) pour les parents récalcitrants. Enfin un carnet de vaccination à jour sera obligatoire pour l’inscription d’un enfant en crêche et à l’école maternelle.

L’immunité de groupe est atteinte quand tous les membres d’un groupe, par exemple une classe d’enfants en âge d’être scolarisés, sont vaccinés. Le risque de contagion est alors significativement diminué. De très sérieuses études réalisées au Japon notamment indiquent que la vaccination contre le rotavirus à l’origine de la majorité des gastroentérites pourrait atteindre cette immunité de groupe, cette maladie étant hautement contagieuse.

Billet d’humeur : Vous avez dit reprise économique ?

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J’ai lu je ne sais plus dans quel journal en ligne qu’il y avait lieu de se réjouir car l’économie mondiale frémit sensiblement avec une remontée des cours du pétrole. Certes le Brent est passé de 30 à 37 dollars le baril en quelques jours, et tous les analystes ont clamé qu’enfin le spectre de la grande crise s’éloignait … comme s’il n’y avait que le pétrole pour prendre la température de l’économie. C’est d’ailleurs assez surprenant que les indices boursiers soient apparemment adossés au prix du baril : quand le pétrole monte légèrement les indices boursiers suivent et vice-versa. Je ne suis pas du tout économiste mais cette situation me paraît pour le moins suspecte. Schématiquement et pour faire bref, je n’y comprends plus rien.

Pour se faire une idée de l’état de santé de l’économie mondiale il suffit d’observer l’évolution de l’indice du coût du fret maritime, le BDI ou Baltic Dry Index. Cet indice a encore battu un record à la baisse. Les analystes, afin de camoufler le désastre économique mondial à venir, prétendent qu’il y a trop de bateaux en circulation. Pourquoi alors les cours du minerai de fer, du cuivre ou encore du soja sont-ils aussi orientés à la baisse ? Parce qu’il y a aussi trop de bateaux ?

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Un autre indice significatif est le PMI de Markit. Pour l’Eurozone, la première économie mondiale, il vient d’être publié et ce n’est pas joli-joli. Non seulement l’Europe s’enfonce dans la récession comme le montre l’indice des prix de détail qui se situe de nouveau en dessous de 50 (en dessous de 50, contraction, au dessus expansion) après un balbutiement courant 2015 probablement explicable par la chute des cours du pétrole. Les mauvais « élèves » sont l’Italie et la France.

On ne peut que constater qu’on s’achemine vers une récession et une déflation. Il ne reste plus dans l’esprit des économistes que la créativité de « super » Mario Draghi, comprenez l’impression de monnaie, pour tenter de relancer l’ économie européenne. Hollande, le grand timonier pédalesque, peut dire définitivement adieu à l’inversion de la courbe du chômage et si par un effet du hasard – qui devient jour après jour une certitude – les agences de notation venaient à dégrader la note de la France, ce serait alors tout simplement la faillite du pays, comme d’ailleurs pour l’Italie et le Portugal. Il n’y a donc absolument aucune raison de se réjouir …

Sources et illustrations : Markit et InvestmentTools.com

Et si on parlait aujourd’hui de Xylella fastidiosa …

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Il y a quelques semaines des arbustes décoratifs le long de la promenade des Anglais à Nice ont dépéri en quelques jours. Pas de quoi s’alarmer malgré les multiples chiens des psychopathes qui ne peuvent pas se passer d’une compagnie muette et dépendante sont autorisés à pisser leur urine chargée plusieurs fois par jour sur ces arbustes. Il y a plus d’adultes dépendants de leur chien que de leurs enfants, mais, bref, ce sera peut-être l’objet d’un futur billet …

Les services de la ville de Nice ont tout de même éffectué des prélèvements et les ont envoyé à des laboratoires habilités pour en faire des analyses appropriées afin de déterminer le pourquoi et le comment de cette soudaine hécatombe d’arbustes payés par les contribuables. Si ce n’est pas l’urine des chiens des riches retraités qui provoque ce dépérissement soudain des arbustes, il est apparu après analyse qu’il s’agit d’une attaque organisée de Xylella fastidiosa en provenance de Corse ou encore du sud de l’Italie. Il y a aussi des vagues d’immigrants parmi les insectes et les bactéries. Il s’agit d’une bactérie transmise par les insectes volants suceurs de sève qui s’attaque non pas seulement aux arbustes ornementaux de la ville de Nice – finalement c’est un épiphénomène – mais aussi à la vigne, aux oliviers et à des dizaines d’autres plantes. Cela fait près de cent ans qu’on essaie d’en savoir plus sur ce ravageur d’un nouveau genre puisque l’usage d’antibiotiques est interdit en Europe sur les végétaux (sauf en Suisse et exclusivement sur les abricotiers justement sensible à diverses bactéries) et on ne sait pas trop quoi faire pour se débarrasser de ce fléau potentiellement catastrophique non pas seulement pour les plantes et arbustes ornementaux mais aussi et surtout pour la vigne, les oliviers, les chênes, les érables, les agrumes et bien d’autres végétaux.

Un million d’oliviers sont morts en Campanie en 2014, les cours de l’huile d’olive sont d’ailleurs pour cette raison à la hausse. Une souche de cette bactérie a été identifiée en Corse au début de 2015 sur des polygales qui dépérissaient mystérieusement. Ce sont des arbustes ornementaux à feuilles de myrte souvent importés d’Italie. Ont-ils apporté la bactérie ? Nul ne le sait car la traçabilité est difficile à établir. Toujours est-il que la même bactérie a été identifiée sans ambiguité à Nice.

Souvenons-nous de cette histoire rocambolesque d’un vigneron écolo de Bourgogne qui refusait de traiter sa vigne pour détruire la cicadelle (lien sur ce blog) alors qu’il s’agit d’un des principaux insectes suceurs susceptibles justement de disséminer aussi la Xylella fastidiosa. Si cette bactérie se propage il en sera terminé des oliviers du sud de la France mais aussi des vignes … Il s’agit d’un danger agro-sanitaire d’une importance économique considérable.

Que va décider le gouvernement français, miné de l’intérieur par des écologistes fanatiques, pour juguler ce danger extrême qui est d’une importance économique beaucoup plus préoccupante que le soit-disant réchauffement climatique car tout un pan de l’économie agricole française est menacé. Il faut absolument autoriser la pulvérisation dans l’urgence d’antibiotiques sur les arbres attaqués. Ces antibiotiques existent naturellement dans le sol et proviennent de moisissures comme par exemple la streptomycine autorisée en Suisse pour combattre le « feu bactérien » des abricotiers, je le rappelle ici. On peut entrevoir une levée de bouclier des écologistes par la seule mention d’une utilisation éventuelle et préventive d’antibiotiques sur les végétaux. L’autre alternative est une désinfection massive et systématique des cultures à l’aide d’insecticides puissants pour exterminer tout insecte volant prédateur des végétaux mais ce sera aussi une levée de boucliers car elle sera contraire aux règles environnementales décrétées par ces mêmes activistes totalement déconnectés des réalité économiques.

Qui peut imaginer le sud de la France où ne pousseraient plus un seul olivier ni un seul cep de vigne ?

Je pose la question à Mademoiselle Ségolène !

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/02/24/lideologie-absurde-des-ecologistes/