Une fois encore l’Italie est le membre malade de l’Europe. Cette fois-ci la maladie est très grave et l’Europe pourrait en mourir.

Plus de la moitié des entreprises italiennes ont déclaré qu’elles feront face à un déficit de liquidité à la fin de 2020 et 38% ont signalé des «risques opérationnels et de durabilité», selon une enquête menée auprès de 90 000 entreprises par l’institut national de statistiques italien ISTAT.

Le lobby national des entreprises italiennes, Confcommercio, a récemment estimé que 60% des restaurants et autres entreprises manquaient de liquidités et 30% s’étaient plaints des coûts supplémentaires liés à la mise en œuvre de mesures de sécurité anti-contagion afin qu’ils puissent commencer à servir les clients après le confinement.

L’industrie du tourisme, qui représente 13% du PIB et a joué un rôle crucial dans le maintien à flot de l’économie italienne au cours de la dernière décennie, fournissant des emplois à environ 4,2 millions de personnes, est dans les limbes après le blocage. Les frontières se sont à nouveau ouvertes mais les touristes étrangers restent insaisissables. Et comme de nombreux résidents locaux ne sont pas en position financière pour partir en vacances cette année, il est peu probable que la demande intérieure reprenne autant que les entreprises touristiques l’espèrent désespérément.

Le tourisme était l’une des rares parties de l’économie à avoir connu une croissance ces dernières années. L’année dernière, par exemple, elle a augmenté de 2,8% tandis que la production industrielle italienne a diminué de 2,4%. Dans une économie qui n’a pas connu de croissance depuis plus de 10 ans alors que la dette publique continue de croître à un rythme effrayant, son secteur à la croissance la plus rapide vient d’être frappé par la mère de tous les marteaux.

L’industrie manufacturière italienne, qui se débattait déjà avant la crise, est également en difficulté. En avril, alors que l’Italie était en proie à l’une des plus graves mises en quarantaine d’Europe, l’indice du chiffre d’affaires de l’ISTAT a chuté de 46,9% tandis que l’indice des nouvelles commandes industrielles non ajustées a baissé de 49,0% par rapport au même mois de l’année précédente. Depuis lors, de nombreuses entreprises ont rouvert mais l’activité reste faible.

Pour surmonter l’accalmie, de nombreuses entreprises ont besoin de crédit. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire en Italie, à moins que vous ne soyez une entreprise de plusieurs milliards de dollars. Le géant automobile Fiat Chrysler est sur le point d’obtenir un prêt de 6,3 milliards d’euros soutenu par l’État – plus que tout autre constructeur automobile européen. Même Atlantia, la société qui a exploité et entretenu le pont Morandi à Gênes qui s’est effondré en 2018 faisant 43 morts, espère obtenir du gouvernement un prêt de 1,7 milliard d’euros.

Pendant ce temps, des centaines de milliers de petites entreprises attendent toujours. Au début de la crise, le gouvernement Conti a déclaré que des garanties de dette seraient mises à disposition pour débloquer jusqu’à 740 milliards d’euros de financement pour les entreprises. Pourtant, au 20 mai, seulement 301 777 des 607 391 demandes d’assistance avaient été accordées, selon un rapport de la commission d’enquête bicamérale italienne. (Une demande acceptée ne signifie pas qu’un prêt a effectivement été accordé).

Pour les entreprises qui passent à travers les mailles du système italien de prêts d’urgence, dont beaucoup fonctionnaient parfaitement bien avant la crise des coronavirus, la tentation est de se tourner vers les requins de crédit affiliés à la mafia, qui sont plus qu’heureux d’aider. En Calabre, les Ndrangheta « arrivent initialement avec des offres de taux d’intérêt bas, car leur objectif final est de reprendre l’entreprise, via l’usure, et de l’utiliser pour blanchir leurs produits illicites », explique le procureur Nicola Gratteri.

Même avant le début de cette crise, le système bancaire à moitié brisé de l’Italie et le fouillis de paperasserie sans fin faisaient de l’obtention d’un prêt bancaire aux entreprises une tâche presque impossible – à part pour les légions de sociétés zombies qui devaient déjà aux banques d’énormes dettes qu’elles ne rembourseront jamais qui serait périodiquement restructurées. Lors de la dernière crise, la part du stock de capital industriel gaspillé dans les entreprises zombies a plus que doublé, passant de 7% à 19% entre 2007 et 2013, selon l’OCDE. Quelque chose de similaire, mais à une échelle encore plus grande, est susceptible de se produire d’ici la fin de cette crise.

Et c’est la dernière chose dont l’économie et le système bancaire italiens ont besoin. Malgré un effort de nettoyage massif ces dernières années, les prêts non performants (NPL, non performant loans) représentent toujours 7% du total des prêts de l’Italie, l’un des ratios les plus élevés d’Europe. Cela représente une baisse par rapport aux 17% d’il y a cinq ans, grâce à la titrisation massive des NPL italiens. Les investisseurs dans ces prêts non performants titrisés devraient gagner leur rendement en grande partie sur le produit de la vente de la garantie sous-jacente.

Le processus de titrisation dépendait de deux conditions fondamentales qui sont maintenant en cause : 1. la volonté des investisseurs d’investir dans des dettes toxiques tranchées et découpées en morceaux à la mode italienne et 2. la capacité des agents de recouvrement de recouvrer et de vendre les actifs sous-jacents.

Le confinement a rendu la condition 2 pratiquement impossible. Les tribunaux ont été fermés. Le marché italien du logement, où la garantie des prêts liés au logement devrait être vendue, a été bloqué. Et les agents de recouvrement n’ont pas pu joindre les emprunteurs pour négocier des paiements, même partiels, sur les prêts impayés.

Si les encaissements en Italie continuent de baisser, les revenus générés pourraient ne pas suffire à payer les investisseurs qui ont acheté les prêts non performants titrisés. Dans ce cas, selon le Wall Street Journal, les investisseurs dans les titres mezzanine et junior perdraient leurs investissements et le gouvernement italien, déjà en difficulté financière, qui garantissait les titres seniors pour rendre les transactions attractives, devrait payer une partie de la facture.

Le système bancaire italien sera bientôt englouti par une nouvelle vague de prêts non performants alors que des légions d’entreprises, de ménages et de particuliers manqueront à leur dette pendant la période postérieure au blocage. Lorsque cela se produit et que les ratios de NPL dans le secteur bancaire italien montent à nouveau en deux chiffres, tout comme le marché des NPL italiens titrisés commence à s’effriter, le système bancaire italien ne sera pas seulement de retour où il était vers 2015, il sera encore pire.

Le gouvernement italien est déjà en difficulté budgétaire. À la fin de cette année, sa dette aura déjà atteint environ 155% à 160% du PIB, contre 136% l’année dernière. C’est le résultat de trois processus simultanés : une croissance massive des dépenses publiques pour contrer la crise du virus, une chute vertigineuse des recettes fiscales et une forte baisse du PIB.

Si le gouvernement italien n’est pas en mesure de faire face au tsunami imminent de créances irrécouvrables, une aide extérieure sera bientôt nécessaire. D’autres membres de la zone euro seront dans le même bateau, c’est pourquoi la BCE parle tranquillement de créer une mauvaise banque pour «stocker» des centaines de milliards d’euros de dettes impayées. Obtenir la bénédiction de certains pays d’Europe du Nord, en particulier l’Allemagne, pour mettre en place ce projet sera une tâche difficile, en particulier compte tenu de l’impasse actuelle entre la Cour constitutionnelle allemande et la BCE. Mais pour l’économie italienne, le temps est de la plus haute importance.

Par Nick Corbishley, journaliste free-lance, paru sur le site WOLF STREET le 17 juin 2020.

Bref commentaire. La France et l’Espagne sont dans la même situation que l’Italie et si l’Union européenne ne trouve pas d’accord pour colmater les conséquences des erreurs des politiciens dans la gestion de la grippe à coronavirus alors on peut dire adieu à l’Union monétaire et à l’Europe unie qui a toujours été une union de façade.

Coronavirus vs. Influenza : où est le problème ?

Des épidémiologistes italiens ont publié en 2019 une étude détaillée des grippes saisonnières qui eurent lieu en Italie comme dans la plupart des pays européens de 2013/14 à 2016/17. Pour tous les cas confirmés de grippes à Influenza la mortalité chez les personnes de plus de 65 était la plus élevée : environ 95 % des morts quelles que soient les virus impliqués, Influenza A H3N2 ou H1N1 et dans une moindre mesure Influenza B-Yamagata ou B-Victoria. Tous ces épisodes grippaux différaient les uns des autres selon la proportion des trois virus présents. Comme pour la grippe 2019-2020 à coronavirus les enfants de moins de 15 ans avaient été relativement épargnés. Les populations âgées n’étaient plus systématiquement vaccinées depuis plusieurs années en raison de l’inefficacité du vaccin comme par exemple pour la grippe saisonnière de 2016-2017 majoritairement à H3N2 mais dont le vaccin prévu selon les recommandations de l’OMS n’était pas efficace car le virus avait muté entre le moment de la prise de décision des souches à utiliser et la fabrication du vaccin. C’est la raison pour laquelle la grippe de 2016-2017 fut la plus meurtrière avec 27000 morts dont 21270 de plus de 65 ans en Italie (tableaux 2 et 3 de la publication en référence). Toutes ces grippes saisonnières se ressemblèrent et se déroulèrent selon un profil classique de courbe en cloche aussi appelée courbe de répartition de Gauss bien connue des épidémiologistes (ILI = influenza like illness).

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Juste une remarque à propos de cette courbe en cloche. Le confinement décidé de manière autoritaire par les politiciens pris de panique n’a fait qu’abaisser le pic de cette courbe et de détruire sa symétrie avec pour conséquence de faire durer cette épidémie et donc d’aggraver le désastre économique qui va certainement provoquer un nombre de victimes que nul (même Neil Ferguson) ne peut prévoir.

Alors qu’en Europe l’épidémie coronavirale touche donc à sa fin il est intéressant d’établir une comparaison entre cette grippe saisonnière – pour les pays européens du moins – avec ces grippes passées et parfaitement documentées. Le virus de l’Influenza est bien connu et les traitements sont également bien connus. De plus il existe un vaccin, certes pas toujours totalement efficace, mais qui contribue à maintenir dans les populations une immunité partielle de groupe. Enfin les traitements avec des antibiotiques permettent de prévenir l’apparition de pneumonies fatales dans la majorité des cas, surtout chez les « vieux ». Par exemple, toujours pour la grippe de 2016-2017, il y eut au total 5,5 millions de cas de grippe à Influenza en Italie dont 660000 concernant des personnes de plus de 65 ans et 21200 morts pour cette même tranche d’âge. Pour la grippe à coronavirus (SARS-2/covid-19) les dernières statistiques font état d’un nombre total de 233500 cas et 33500 décès en Italie. Si on ne connait pas précisément le nombre de décès par tranche d’âge il est probable que la grande majorité des morts se situe également dans la même tranche d’âge de plus de 65 ans. La très grande différence entre ces deux grippes réside donc dans le taux de létalité (nombre de morts / nombre de cas confirmés). Dans le cas de la grippe à Influenza pour la saison 2016-2017 ce taux global était de 0,0049 (27000/5,5 millions) alors que pour la grippe à coronavirus il était donc de 0,14. Mais ce calcul du taux de létalité prête à confusion car si on ne se penche que sur la tranche d’âge de plus de 65 ans, pour la grippe à Influenza ce taux est de 0,032 (21267/664400, tableaux 2 et 3 de l’article) soit près de 5 fois plus faible que pour le coronavirus.

Cette différence peut s’expliquer par le fait que le coronavirus provoque une réponse immunitaire violente entrainant des lésions pulmonaires y compris, d’ailleurs chez des malades ne présentant pas de symptômes. On peut vivre avec ces lésions, j’en apporte la preuve puisque mes deux poumons sont détruits à hauteur d’environ de 20 % par une tuberculose dont j’ai souffert à l’âge de 15, je suis encore en vie. Une autre explication est le manque d’immunité pour ce « nouveau » virus, pas si nouveau que ça puisqu’une vingtaine de coronavirus circulent depuis on ne sait pas trop quand. Ce fait explique pourquoi la tranche d’âge 0-40 ans n’a pas subi d’attaque virale vraiment importante car elle a été en contact auparavant avec l’un ou l’autre de ces coronavirus. Ces dernières informations ont été clairement démontrées par l’équipe du Professeur Raoult en utilisant une technique immunologique très sensible appelée « western blot » que je connais bien pour l’avoir utilisée au cours de mes travaux de recherche en biologie en utilisant un deuxième anticorps marqué avec de l’iode radioactif. Pour l’anecdote sans avoir commis la moindre maladresse expérimentale ce fut l’occasion pour moi de me contaminer deux fois la thyroïde avec cet iode radioactif et je n’en suis pas mort.

Il reste tout de même un point qui ne me paraît pas très clair. Combien de cas de grippe à Influenza ont été répertoriés durant cette saison 2019-2020 puisque ce (ou ces) virus n’a pas pu disparaître magiquement pour laisser la place au coronavirus et à lui seul. Il est alors trop facile de nouer une étiquette au gros orteil des morts en inscrivant corona+. Cette dernière remarque me fait douter de la validité des statistiques actuelles. On connaîtra peut-être la contribution de cette grippe à influenza dans celle estampillée coronavirale. Il faudra probablement attendre quelques années, c’est-à-dire quand les politiciens auront oublié leurs décisions stupides de confinement afin que l’on ne soit plus en mesure de les leur reprocher.

Bref, on commence à connaître un peu mieux ce coronavirus. Comme tous les rétrovirus à ARN simple brin, c’est également le cas des Influenza, il a tendance à muter rapidement, un fait qui risque de rendre la mise au point d’un vaccin problématique voire impossible. Heureusement que l’on connaît la bi-thérapie appliquée par le Professeur Raoult et systématiquement utilisée maintenant dans plus de 20 pays du monde … sauf en France à l’exception de l’IHU de Didier Raoult.

Source : https://doi.org/10.1016/j.ijid.2019.08.003 en accès libre.

Et aussi : https://en.wikipedia.org/wiki/Western_blot

Une autre pandémie aux conséquences économiques désastreuses dont on parle peu.

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Quand la santé humaine est menacée à l’échelle planétaire alors la peur s’installe et la vie quotidienne devient étrangement différente surtout quand on ne dispose d’aucun moyen de lutte contre l’agent pathogène à moins d’en détecter précocement la présence à l’aide de tests et d’être traité en conséquence avec des médicaments peu coûteux bien connus. Cette situation implique la mise en place de dépistages massifs avant l’apparition d’un quelconque symptôme. Dans le cas des végétaux, également susceptibles à toutes sortes d’agents pathogènes comme les virus, les champignons et les bactéries, les symptômes peuvent être tardifs et l’épidémie, voire la pandémie, est déjà bien installée et la situation s’aggrave alors d’autant plus vite qu’il n’existe aucun moyen de lutte contre le pathogène. C’est le cas en Europe du sud avec la bactérie Xylella fastidiosa transmise non pas par projection de gouttelettes de salive depuis un malade vers un individu sain mais des insectes suceurs de sève qui inoculent les plantes avec leur salive, nous allons y revenir ci-après.

Il existe aussi un agent pathogène redoutable pour les producteurs de pommes, de poires, d’abricots, de coings, tous de la famille des Rosacées. Il s’agit de la bactérie Erwinia amylovora disséminée par des insectes pollinisateurs comme les abeilles. Ce « feu bactérien » tue un arbre fruitier en moins d’une semaine. Seuls quelques pays dans le monde ont autorisé l’utilisation d’antibiotiques tels que le chloramphénicol ou la streptomycine pour combattre le feu bactérien afin d’éviter l’utilisation massive d’insecticides. Il existe donc un traitement d’usage très limité et strictement contrôlé. En cas d’urgence économique absolue l’usage de la streptomycine pourrait être utilisé et ce serait logique puisque cet antibiotiques provient de champignons microscopiques très communs dans les sols. Cependant comme pour les bactéries pathogènes pour l’homme des résistances à la streptomycine justifient un contrôle strict de l’usage de cet antibiotique.

Revenons donc à la Xylella fastidiosa qui est en passe de ravager les oliveraies de Grèce, d’Italie, de Corse, de France, d’Espagne et du Portugal ainsi que certains vignobles dont les cépages préférés par cette bactérie sont le Pinot noir et le Chardonnay, les citronniers et dans une moindre mesure, mais on peut s’attendre à tout, les plantations de café. Il y eut il y a quelques années une alerte dans les vignobles de Bourgogne et l’insecte vecteur était la cicadelle. Le désastre économique déjà bien présent dans les pays précités est pour l’instant incontrôlable et pourrait ruiner en une décennie l’ensemble de la production d’huile d’olive d’Europe du sud. Le caractère d’urgence économique de cette pandémie s’explique par la rapidité de son expansion. Les premières atteintes aux oliviers européens ont été observées dès octobre 2013 dans le sud de l’Italie en Apulie. Deux ans plus tard la totalité de la Province de Lecce était affectée. Plus d’un million d’oliviers multi-centenaires des cultivars Cellinadi Nardo et Ogliarola salentina étaient décimés. La bactérie fut détectée sur la côte ouest de la Corse en juillet 2015 et la région de Nice en octobre de la même année ravageant également les lauriers-rose, une autre plante très sensible. En Janvier 2017 la présence de la bactérie fut signalée dans l’archipel des Baléares et en juillet elle atteignit la région d’Alicante en Espagne péninsulaire.

Le très gros problème avec cette bactérie est que, comme pour le virus qui préoccupe l’humanité entière en cette année 2020, il existe une multitude de plantes qui sont des « porteurs sains » sans aucun intérêt économique comme le laurier-rose mis à part qu’il s’agit d’un arbuste décoratif hautement toxique. Comme pour le virus qui préoccupe les politiciens en ces jours troublés la Xylella se répand par voie aérienne, non pas avec des avions mais avec des insectes suceurs de sève qui peuvent se déplacer sur de longues distances et il n’existe pas de contrôleurs aériens pour ces insectes volants à moins que l’usage d’insecticides soit autorisé dans les oliveraies. Écrire ces quelques mots, « usage d’insecticides », est contraire à la mode croissante de l’huile d’olive « bio » et les défenseurs de cette huile bio prétendent que les oliveraies dites bio sont résistantes à la Xylella, une affirmation de toute évidence grossièrement mensongère. La recherche s’oriente donc vers la création par génie génétique d’oliviers résistants à la bactérie, en quelque sorte des arbres vaccinés, alors qu’un traitement massif des oliviers avant la floraison avec des insecticides pourrait nettoyer les régions de production intensive comme en Andalousie (illustration) de tout insecte suceur de sève. Un peu d’insecticides dans ces oliveraies andalouse ne modifierait en rien le biotope semi-désertique existant.

Le résultat attendu de cette pandémie, comme pour le virus couronné millésime 2019, est une crise économique majeure dans tous les pays européens producteurs d’huile d’olive car si tous les oliviers disparaissent ce sera une perte de près de 10 milliards d’euros, des paysages ravagés et des dizaines de milliers d’emplois perdus à jamais.

Source partielle The Guardian. Illustration (oliveraies en Andalousie) Wikipedia

https://www.annualreviews.org/doi/pdf/10.1146/annurev.ento.49.061802.123403

https://www.pnas.org/content/pnas/early/2020/04/07/1912206117.full.pdf

Relire aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/10/13/et-si-on-parlait-aujourdhui-de-xylella-fastidiosa/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/12/31/va-t-on-autoriser-les-antibiotiques-en-agriculture/

 

Coronavirus : « Fake-news » ou ce que l’on ne doit pas dire ?

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Pour être politiquement correct il faut parfois dissimuler la vérité, on peut appeler ce comportement un mensonge par omission. En octobre 2018 Matteo Salvini s’inquiétait d’une recrudescence de tuberculose dans le nord de l’Italie (lien). Il attribuait ce problème sanitaire à l’afflux récent de migrants. Il fut immédiatement accusé de racisme et de fascisme car il ne respectait pas les limites du politiquement correct. Il se trouve qu’en Chine chaque année des migrants internes au pays se déplacent au gré des opportunités de travail. Les estimations font état de plus de 350 millions de personnes effectuant des migrations saisonnières dans le pays. Un grand nombre de ces « migrants » viennent des provinces du nord pour travailler dans les provinces plus méridionales de la Chine, plus riches, sans qu’un quelconque contrôle sanitaire ne soit effectué. Il faut reconnaître que cela paraît normal, on ne va pas contrôler un Lillois qui décide d’aller passer ses vacances près de Perpignan ou un habitant de Bilbao qui décide d’aller ramasser des fruits en Andalousie.

Or dans la province de Hubei, l’une des plus industrialisées de Chine, attirant donc les migrants saisonniers, il préexistait avant l’apparition du coronavirus une épidémie larvée de tuberculose. Parallèlement, en Italie, le même phénomène sanitaire importé en partie par les migrants venus chercher un emploi dans les provinces du nord du pays, plus riches et plus industrialisées que celles du sud ou de Sicile, a précédé l’explosion du nombre de cas mortels provoqués par le coronavirus.

À ce jour le nombre de personnes positives pour le coronavirus en Italie est supérieur – 97,3 cas par million – qu’en Chine dans la province précitée avec 56,1 cas par million de personnes. De plus 65 % des cas de tuberculose recensés en Italie proviennent de migrants venus en Italie au cours des années passées. Selon les autorités chinoises il y aurait une relation de cause à effet entre cette tuberculose et l’épidémie de coronavirus. Etablir un rapprochement avec l’Italie peut paraître spécieux. Néanmoins il est légitime de se poser quelques questions. En effet, la tuberculose, selon les statistiques de l’OMS, tue 1,7 millions de personnes dans le monde chaque année. C’est une maladie négligée par les laboratoires pharmaceutiques car le vaccin – qui pourtant existe et est efficace – ne génère pas de profits suffisants et les antibiotiques existants ne génèrent pas non plus de profits. J’ignore si la vaccination contre la tuberculose est toujours imposée mais il serait prudent de la rendre obligatoire, compte tenu de ces informations qu’il faut prendre avec des pincettes tant qu’il ne sera pas procédé à une étude détaillée malheureusement coûteuse et difficile.

Pour la petite histoire la tuberculose peut rester dormante pendant de nombreuses années et à l’occasion d’une grippe bénigne le Mycobacterium tuberculosis se réveille et provoque une fragilisation des voies respiratoires qu’une attaque virale peut aggraver. Il est enfin intéressant de noter qu’en Italie, en 2017, dernière année durant laquelle ces statistiques sont disponibles, les cas de tuberculose étaient de 6,7 pour 100000 « Italiens » et de 550 pour 100000 immigrants récents. Entre 2014 et les deux premiers mois de la présente année 659000 migrants sont entrés sur le sol italien et 5,3 millions de non-européens résident aujourd’hui en Italie.

Il est difficile de faire la part des choses dans l’état actuel de la situation épidémiologique d’autant plus que les informations sont fragmentaires et qu’aucune information confirmée ne filtre quant à l’état de santé des victimes du virus avant que ceux-ci aient été en contact avec celui-ci ayant précipité leur mort. Fake-news ou réalité, le politiquement correct a déjà tranché …

Source et illustration : lewrockwell.com

https://www.euronews.com/2018/09/13/is-salvini-right-to-claim-tuberculosis-is-spreading-in-italy-and-blame-immigration-thecube

Actualité. La justice italienne dans le potage ondulatoire …

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Après le tremblement de terre qui détruisit la majeure partie de la ville d’Aquila en Italie en 2009 la justice italienne poursuivit des géologues et les condamna à la prison pour ne pas avoir été capables de prédire ce tremblement de terre – des ondes sismiques – alors qu’ils étaient payés par les contribuables pour leurs travaux. Cet événement provoqua la risée du monde entier en particulier des Japonais qui vivent quotidiennement ou presque avec les tremblements de terre et qui investissent des sommes colossales pour tenter de prévoir les tremblements de terre avec un délai de plus de quelques minutes. Au delà c’est l’inconnu.

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Cette fois c’est la cour d’appel de Turin qui vient de condamner la compagnie de téléphone Telecom Italia en raison de la plainte d’un employé qui souffre d’une tumeur au cerveau. Les juges se sont-ils inspiré des délires de la justice française qui avait grassement indemnisé une folle qui prétendait que les « ondes » la rendaient malade et qui avait contacté l’association Robin des Toits (loi 1901, donc financée par les contribuables) pour trouble de sa santé dégradée par les « ondes » (voir les billets des 27 août 2015 et 17 février 2016 sur ce blog). Ou bien ces juges qui ont ignoré les arrêts de l’agence sanitaire italienne ont fait appel à des expertises indépendantes, ignorant le verdict des scientifiques relatifs à la totale innocuité des radiations électromagnétiques émises par un téléphone portable. Ou alors ces mêmes juges ont peut-être invoqué le fameux principe de précaution. Jamais les chimistes n’ont pu être capables d’exploiter le pouvoir de ces ondes radio pour favoriser des réactions chimiques. Elle dissipent leur énergie en chaleur, une quantité de chaleur infinitésimale dans le cas d’un téléphone cellulaire qui ne peut en aucun cas provoquer l’apparition d’une tumeur.

Le plaignant est donc un escroc, mais en Italie c’est commun … comme en France. Sans autre commentaire.

Le moment européen de la Chine est arrivé

Il serait difficile de mésestimer l’importance des visites de Xi Jinping à Rome, Paris et Monaco la semaine dernière. En mettant au coeur de l’Europe son initiative très médiatisée « Belt and Road Initiative » (ceinture maritime et voies terrestres, BRI), le Président chinois a confronté l’Europe à la question la plus fondamentale qu’il devra résoudre dans les années à venir : où en est-elle en tant que partenaire trans-atlantique avec les USA et comment se positionnera-t-elle en tant qu’extrémité occidentale du continent eurasiatique ? En effet, la simplification de l’ordre moderne, pour le dire autrement, commence juste à faire partie de l’Histoire. À Rome, le gouvernement populiste du Premier ministre Giuseppe Conte a invité l’Italie au programme ambitieux de la Chine visant à relier l’Asie de l’Est et l’Europe occidentale par le biais d’une multitude de projets d’infrastructure allant de Shanghaï à Lisbonne. Le protocole d’accord qu’ont signé Xi et le le vice-premier ministre Luigi di Maio comprends le développement de routes, de voies ferrées, de ponts, d’aéroports, de ports maritimes mais aussi des systèmes de télécommunication et des projets énergétiques. Parallèlement à ce protocole les investisseurs chinois ont signé 29 accords industriels et commerciaux d’un montant de 2,8 milliards de dollars.

L’Italie est le premier des 7 pays fondateurs de l’Union européenne à s’engager dans la stratégie BRI chinoise. Et l’Italie l’a fait deux semaines après la publication « Chine : Perspectives Stratégiques » par la Commission européenne, une évaluation de l’arrivée rapide de la Chine en Europe qui touche le coeur de l’ambivalence de l’Union :

« La Chine, dans différents domaines, est simultanément un partenaire de coopération avec le quel l’Union européenne a des objectifs étroitement alignés, un partenaire de négociation avec lequel l’Union européenne doit trouver un équilibre ménageant ses intérêts, un concurrent économique dans la poursuite du leadership technologique et un rival systémique promouvant un modèle alternatif de gouvernance. »

Il y a dans ce document beaucoup de points à assimiler. L’un d’eux est la préoccupation croissante des membres de l’UE et des hauts fonctionnaires de Bruxelles au sujet de l’émergence de la Chine en tant que puissance mondiale. C’est bien naturel, à condition de ne pas tomber dans une version moderne du « péril jaune » du siècle dernier. En second lieu les dirigeants de l’UE sont très réticents au sujet de l’attitude conflictuelle à l’égard de la Chine que Washington leur recommande. La voie de la sagesse que l’UE pourrait choisir est un indicateur fort que les Européens cherchent enfin une voix indépendante dans les affaires mondiales.

À la recherche de l’unité

Les Européens recherchent également un front uni dans les relations de leur continent avec la Chine. C’était le point de vue de Macron à l’arrivée de Xi à Paris et il a veillé à ce qu’Angela Merkel et Jean-Claude Junker soient présents sur le perron de l’Elysée pour saluer Xi. La principale raison pour laquelle l’Italie a envoyé une véritable onde choc à travers l’Europe lorsqu’elle a adhéré au projet de Xi est qu’elle a brisé la hiérarchie européenne à un moment critique.

Mais l’unité telle que Macron et Merkel l’envisagent va se révéler irréalisable. D’abord parce que Bruxelles ne peut pas s’ingérer dans les affaires souveraines d’un Etat de l’UE. Ensuite parce que n’importe quel Etat peut refuser la politique de Bruxelles s’il désire profiter des opportunités offertes par la Chine. L’illustration est qu’alors que Macron plaidait pour un front européen uni vis-à-vis de la Chine il signait ensuite des contrats avec Xi concernant Airbus, EDF et une multitude d’autres entreprises pour un montant de 35 milliards de dollars ! Il n’y a qu’une interprétation possible : la Commission européenne peut bien affirmer tout ce qu’elle veut comme prétendre que la politique de la Chine est de semer la division pour mieux conquérir l’Europe mais sur le terrain elle ne pourra pas empêcher la préférence des Chinois pour les accords bilatéraux. En rentrant chez lui, Xi s’est arrêté à Monaco pour finaliser l’accord de la Principauté décidé en février dernier pour permettre à Huawei, la société de télécommunication chinoise controversée, d’y développer le réseau 5G.

L’Italie était prédestinée pour dévoiler la forme que prendrait l’arrivée de la Chine en Europe. Le gouvernement Conte-Di Maio, coalition hétéroclite entre la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles est à contre-courant parmi les autres membres de l’UE. Il critique vivement Bruxelles et sa politique d’austérité. Il est farouchement jaloux de sa souveraineté et prône un assouplissement des liens de l’UE avec la Russie. Sur le plan intérieur l’économie italienne est affaiblie et les investissements étrangers sont pratiquement inexistants. Dans des domaines comme le textile ou la pharmacie peu de collaborations existent entre l’Italie et la Chine depuis des décennies. La carte ci-dessous montre clairement la position stratégique de l’Italie avec le port de Trieste qui est une porte d’entrée vers les marchés européens les plus solides.

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L’initiative visionnaire « Belt and Road » de Xi devrait maintenant décoller en Europe. L’accord avec l’Italie, la tournée européenne de Xi et le sommet UE-Chine prévu à Bruxelles le 9 avril prochain indiquent que ce moment est arrivé.

Changement de relations

Il n’est pas très clair que les Européens aient vraiment compris l’importance stratégique des évènements de la semaine dernière. Les Dirigeants Européens se sont engagés dans une voie qui va presque certainement modifier les relations trans-atlantiques établies de longue date. L’Europe commence – enfin – à agir de manière plus indépendante en se repositionnant entre le monde atlantique et les nations dynamiques de l’est et la Chine est la première d’entre elles. Pourtant aucun dirigeant européen n’a encore abordé cette question. Mais cette situation ne saurait être surestimée. Les relations trans-atlantiques sont de plus en plus tendues depuis la présidence Obama. Les décisions antagonistes de Trump, la dénonciation de l’accord de Paris sur le climat et de l’accord sur le nucléaire iranien ont intensifié les frictions mais rien n’indique qu’un dirigeant européen devienne l’avocat d’une rupture des relations avec Washington.

La question centrale aujourd’hui est de savoir comment les relations américano-européennes vont évoluer au fur et à mesure de la présence chinoise de plus en plus évidente sur le sol européen. Les Européens semblent se préparer à un nouveau chapitre de leur histoire trans-atlantique mais rien n’indique comment Washington réagira à une réduction de son influence depuis longtemps non contestée par les capitales de l’Europe occidentale.

Il y a l’autre question à laquelle l’Occident devra répondre : la « perspective stratégique » de la Commission européenne qualifie la Chine de « rival systémique promouvant des formes alternatives de gouvernance ». Ce thème récurrent pose deux problèmes. D’abord rien ne prouve que la Chine ait insisté ou voudra insister pour que d’autres pays se conforment à ses normes politiques en échange d’un avantage économique. Cela est une pratique habituelle parmi les pays occidentaux et les institutions internationales telles que le Fond monétaire international ou la Banque mondiale. Ce n’est pas le cas de la Chine. Ensuite alors que nous avançons vers une parité entre Occidentaux et non-Occidentaux – une caractéristique incontournable du XIXe siècle – il deviendra impossible de supposer que les démocraties parlementaires de l’Occident puissent établir les critères selon lesquels tous les autres pays peuvent être classés et évalués. Les Nations ont des traditions politiques très différentes, c’est à chacune de les entretenir ou de s’en éloigner. La Chine comprend cela, à l’Occident d’en faire de même.

Article de Patrick Lawrence, correspondant à l’étranger de l’International Herald Tribune pendant de nombreuses années, paru le premier avril 2019 sur le site Consortium News traduit pour mes fidèles lecteurs par mes soins.

Lawrence peut être contacté sur son site web : http://www.patricklawrence.us , illustration Wikimedia

Billet d’humeur politique : Le coût du fonctionnement de l’Etat politique français

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Il y a quelques années une association italienne de journalistes a publié une étude détaillée du coût du fonctionnement du monde politique du pays et tous postes pris en considération elle était arrivée au chiffre incroyable de 15 milliards d’euros par an. J’ai malheureusement égaré le document ou du moins l’article paru, il me semble sans en être certain, dans le quotidien suisse La Tribune de Genève. Les Suisses, comme chacun le sait en Europe en général et en Italie ou en France en particulier, sont très regardants en ce qui concerne l’usage des impôts dont ils s’acquittent tant au niveau cantonal que fédéral et l’article montrait du doigt la mauvaise gestion des finances du monde politique italien. Qu’en est-il aujourd’hui ? Rien n’a changé et l’Italie se trouve dans une situation économique des plus périlleuses. Pour résumer la situation du pays des spaghettis sauce bolognaise si la Banque Centrale Européenne ne met pas en oeuvre un plan de sauvetage de l’économie italienne en ouvrant les vannes des OMTs (opérations monétaires sur titre, en anglais Outright Monetary Transactions) avec en contre-partie un plan d’austérité drastique pour réduire les dépenses de l’Etat, un peu comme le plan de rigueur imposé à la Grèce, alors l’Italie fera défaut sur sa dette et n’aura d’autre choix que de quitter l’euro, signant par conséquent la fin de l’union monétaire européenne.

Mais qu’en est-il de la France ? La situation est sensiblement identique puisque le montant de la dette officielle de l’Etat français vient tout juste de dépasser les 100 % du PIB et incluant les « hors-bilan », une entourloupe comptable mise en place par Juppé, la dette totale de l’Etat français dépasserait allègrement les 280 % du PIB, mais il ne faut surtout pas en parler car ça fait désordre. Pendant ce temps-là les contribuables sont de plus en plus imposés pour sauver ce qui peut encore l’être … mais le monde politique français continue à mener un grand train de vie. En lisant un article du chroniqueur H16, que je salue personnellement au passage, paru sur le quotidien en ligne Contrepoints et qui décrit le fonctionnement de l’Assemblée Nationale (illustration captée sur Contrepoints), on ne peut – en tant que simple citoyen actif contribuable ou retraité-contribuable – que s’indigner. Pour reprendre l’étude de ces journalistes italiens on peut sans trop se tromper que le coût du fonctionnement du monde politique français atteint facilement cette somme de 15 milliards par an.

Et c’est facile à comprendre si on fait une énumération courtelinesque de ce monde politique de privilégiés, souvent rémunérés avec des salaires pouvant atteindre plus de 10 fois le salaire minimum légal, qui ont voté des lois qui les arrangent et qui au fil des années ont fait resurgir une sorte de noblesse d’état tant honnie par les révolutionnaires de 1789. D’abord le mille-feuille français. Chaque niveau administratif et politique permet de favoriser la création de positions dans le « machin » politique. Les communes, les associations (ou communautés) de communes supposées réduire les coûts mais c’est l’inverse qui a été atteint, les cantons, les arrondissements avec les conseillers qui s’y trouvent dont les grands électeurs et les sénateurs, les départements avec leurs cortèges d’assemblées d’élus divers, de Présidents, de rapporteurs, bref le tout accompagné d’un personnel administratif pléthorique, de chauffeurs, d’agents d’entretien, de secrétariats, la liste est presque infinie. Viennent ensuite les sous-préfectures et les préfectures, les dignes représentants de l’Etat central avec leurs cabinets, leurs réseaux de renseignement, leur fonctionnement et l’entretien de tous ces locaux parfois ostentatoirement luxueux. Viennent ensuite les régions avec encore une fois leur cortège de politiciens élus ou pas, de personnels administratifs et de somptueux et coûteux locaux qui nécessitent également des sommes loin d’être négligeables d’entretien.

On en arrive à l’Etat central proprement dit qui n’a jamais été « décentralisé » car en France il faut un Etat central autoritaire sinon le pays ne pourrait pas « fonctionner ». Il y a le Sénat et l’Assemblée Nationale et tous les ministères ainsi que le Palais du monarque et tout ce « machin national central » nécessite des dizaines de milliers de personnes pour qu’il fonctionne à peu près correctement, du moins en apparence. Enfin il y a l’entretien astronomique des « ors de la République » en d’autres termes les nombreux « palais » divers et variés qui saupoudrent Paris, sa banlieue et les contrées profondes du pays. Si une personne curieuse, dans une équipe de journalistes courageux par exemple, prenait en considération toutes les dépenses de fonctionnement de l’Etat français en y incluant tous les salaires mais également toutes les pensions de retraite cumulables on arriverait pour la France à peu près à 15 milliards d’euros, probablement beaucoup plus, chaque année. Et le gouvernement va demander aux citoyens de se serrer encore la ceinture d’un cran car il faut réduire les déficits de l’Etat. De qui se moque le Président et sa clique de politiciens tous aussi incapables et corrompus les uns que les autres ? Comme H16 titrait son article « Oui, l’Assemblée nationale se fout ouvertement de votre gueule » en réalité c’est l’ensemble du monde politique qui se moque totalement des citoyens à hauteur de 15 milliards par an en menant grand train de vie comme la noblesse du temps des rois ! Vive la révolution, vive la France, pays complêtement foutu comme a coutûme de le mentionner H16 …

Notes. Dans ce billet il n’est pas fait mention de la police, de la gendarmerie, de l’armée, de l’éducation nationale, de l’économie ou encore de la protection sociale qui ne font pas partie à proprement parler du monde politique. Il y a quelques années un de mes amis me demandait où il pourrait investir un peu d’argent. Je lui ai répondu qu’il n’avait qu’à acheter un plein container de manches de pioches car ça peut toujours servir et qu’il réaliserait une plus-value conséquente en les vendant aux révolutionnaires. Comme le dit un proverbe chinois « le poisson commence à pourrir par la tête », c’est justement ce qui se passe en France, un monde politique corrompu par l’argent qu’il s’est attribué légalement en votant des lois à son profit.

Va-t-on autoriser les antibiotiques en agriculture ?

 

Cette question pourrait devenir centrale avec la propagation alarmante de la Xylella fastidiosa en Europe. Il s’agit d’une bactérie aérobie gram-négative qui se multiplie dans les canaux du xylème des plantes et finit par tuer ces dernières. Elle est transmise par n’importe quel insecte suceur comme par exemple la cicadelle et elle est capable de détruire plus de 300 plantes différentes, du laurier rose à l’olivier en passant par la vigne et le citronnier. C’est déjà un désastre en Apulée (Italie) où des oliveraies entières ont été dévastées ces dernières années mais également dans les régions viticoles de Californie, les cépages Pinot Noir et Chardonnay étant les favoris de cette bactérie insidieuse qui a trouvé en plus le moyen de se multiplier dans le tube digestif des insectes qui la véhiculent pour que ces dernier fassent encore mieux leur inoculation quand ils vont se nourrir de sève.

Cette bactérie est apparue en 2015 en Corse et il lui a fallu quelques mois pour atteindre la région niçoise en infestant d’abord la polygale à feuilles de myrthe (Polygala myrtifolia) puis le laurier-rose. La prochaine victime sera, à n’en pas douter, l’olivier. Elle a atteint l’Allemagne en 2016 en décimant également le laurier-rose et les Îles Baléares au début de l’année 2017 et enfin la région d’Alicante cet automne. Il y a donc franchement urgence car cette bactérie attaque aussi les orangers et les citronniers, tout pour plaire !

L’usage d’antibiotiques en agriculture est formellement interdit en Europe ainsi que dans de nombreux autres pays. Il existe cependant quelques exceptions comme par exemple en Suisse pour combattre le feu bactérien (fire blight en anglais) qui peut ravager les vergers fruitiers des basses vallées alpines en quelques jours. Il s’agit d’une maladie provoquée par la bactérie Erwinia amylovora susceptible (encore mais pour combien de temps ?) à la streptomycine. Le souci avec la Xylella sera, comme pour les bactéries pathogènes pour l’homme, l’apparition de résistances si l’utilisation d’antibiotiques, dans le cas où ceux-ci seraient utilisés dans l’urgence, était mal contrôlée.

Toujours est-il que l’on peut s’attendre à un véritable désastre économique, cette bactérie étant considérée depuis peu comme le pathogène agricole numéro 1 en Europe … Affaire à suivre

Source et illustration : BBC News

Note : pas de billets ces premier et deux janvier 2018

Le vin français vu de la Suisse Romande : tout un programme !

Article paru dans le quotidien en ligne Le Temps daté du 5 décembre 2017

Des pratiques étatiques hors d’âge altèrent le vin français

La rigidité des systèmes d’autorisation des plantations et de certification péjore la productivité du vin français et explique la baisse d’un quart de sa part au marché mondial de l’exportation. L’Institut de recherches économiques et fiscales propose des pistes de réforme.

Note : « péjore », le verbe péjorer n’est plus utilisé en France il faut dire « pénalise », « altérer » est aussi un verbe dont le sens en français de la Suisse romande est plutôt nuire, il faut donc lire « nuisent »)

Le marché du vin est de plus en plus international: 42% des vins ont traversé les frontières en 2016, contre 30% il y a 15 ans. La valeur des échanges a plus que doublé en 15 ans.

Sous l’effet des grands crus, la France reste leader en termes de valeur. Mais en volume, la part des exportations françaises est tombée de 29% à 20% du total des exportations mondiales en 15 ans, selon une analyse de l’Institut de recherches économiques et fiscales (IREF, Caluire et Cuire, Rhône, France). À l’inverse, les exportations viticoles espagnoles sont passées de 15% à 24%. Le Chili a doublé sa part de marché et la Nouvelle-Zélande l’a triplée.

L’Italie et l’Espagne deux fois moins chères

En dehors des grands crus et de quelques exceptions comme le Prosecco (voir note en fin de billet), les vins européens perdent du terrain, parce que les producteurs peinent à s’adapter et à devenir flexibles, selon l’IREF. Mais le recul est entièrement dû à la France. Les vins espagnols et italiens sont moitié moins chers dans les segments d’entrée de gamme.

L’empreinte de l’Etat français sur la viticulture ressemble à une tache de vin rouge sur un tapis au teint clair. Elle est très difficile à effacer malgré d’infinis travaux. Le fardeau réglementaire débute en 1931 avec l’établissement des systèmes d’autorisation de plantation, puis en 1935 la certification des vins d’origine à travers les AOC. En 1953, nouveau tour de vis avec un Code du vin qui introduit des subventions à l’arrachage, la distillation des «surplus» et des amendes pour des rendements trop élevés.

Un cocktail destructeur en termes de productivité. Pire, lors de la création de la Politique agricole commune, c’est la réglementation française qui donnera le ton. Les Italiens se voulaient plus libéraux. Depuis 1962, plus de 2000 règlements, directives ou décisions sur la filière sont décrétés dans l’UE.

«Un véritable monopole intellectuel»

Le processus de certification part de bonnes intentions. Il est censé accroître la transparence pour les consommateurs. Mais il protège davantage les producteurs existants que les consommateurs. A son apparition, en 1908, la loi définit les frontières des régions (Bourgogne, Cognac, etc.). Ces dénominations deviendront les appellations d’origine (AOC) en 1935. La qualité devient ainsi fonction du lieu d’origine. Pour obtenir un AOC – il en existe 368 en France –, les producteurs doivent passer par un Organisme de défense et de gestion (ODG) et obtiennent le privilège d’être les seuls à étiqueter leur vin du nom de l’appellation.

Mais le cahier des charges constitue «un véritable monopole intellectuel qui peut se retourner contre tous ceux qui n’acceptent pas les règles», selon l’étude. En cas de refus, le producteur ne peut que produire du «vin de France», soit en qualité d’entrée de gamme. Les règlements définissent par exemple des rendements maximaux, des interdictions de cultiver certains cépages ou d’utiliser certaines pratiques de vinification. C’est un moyen de lutte contre l’innovation. Les décisions des ODG étant prises à la majorité, les initiatives minoritaires sont pénalisées.

«La cartellisation des AOC permet un contrôle des prix», critique l’IREF. Ce système explique aussi la faible productivité des vins européens. Le rendement moyen est de 55 hectolitres par hectare (hl/ha) en France contre plus de 90 hl/ha en Nouvelle-Zélande, en Chine et au Chili et plus de 110 hl/ha aux Etats-Unis.

Besoin de libéralisation

La réglementation sur l’irrigation est également problématique. En France, elle est interdite sur tout le territoire entre la floraison et la véraison. L’Italie et l’Espagne sont nettement plus souples. Logiquement, 4% du vignoble français est irrigué, contre 21% en Espagne, 26% en Italie. Aux Etats-Unis, au Chili ou en Nouvelle-Zélande, la puissance publique se contente de favoriser les exportations en multipliant les traités commerciaux et en subventionnant la promotion.

Le système européen «profite aux acteurs qui connaissent le mieux les démarches administratives ou qui ont des compétences juridiques réservées aux grandes entreprises», observe l’IREF. Le groupe Les Grands Chais de France, leader de l’exportation, a reçu 1,3 million d’euros de subvention de la PAC. Au total, le contribuable français verse une enveloppe de 1,4 milliard entre 2014 et 2018.

L’IREF propose de supprimer toutes les formes de contrôle des prix par le contrôle de l’offre, la libéralisation des autorisations de plantation et la suppression des subventions. Les monopoles intellectuels associés aux AOC peuvent être abolis au profit d’une certification privée. Les certifications doivent être mises en concurrence.

Note. Le Prosecco est un vin blanc sec pétillant orginaire de la région de Trieste en Italie. Il est considéré comme un excellent substitut des champagnes français mais à un prix abordable pour toutes les bourses. Les créments du Jura et de Bourgogne ainsi que les « mousseux » de Catalogne sont ses proches cousins.

La vaccination rendue obligatoire en France et en Italie, après la Slovénie.

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La France a donc suivi l’Italie en ce qui concerne la vaccination obligatoire. Il est souhaitable que l’ensemble des pays européens prennent des dispositions coercitives pour que la vaccination soit rendue obligatoire en raison de la recrudescence de maladies parfois mortelles comme la rougeole qui peuvent être évitées par une simple vaccination. La Slovénie a pris en ce sens les devants en infligeant une amende sérieuse et dissuasive aux parents ne faisant pas vacciner leurs enfants.

Les gouvernements, outre l’aspect sanitaire bénéfique de la vaccination, doivent également prendre en considération le fait que la vaccination permet de substantielles économies au niveau de la protection santé. Dans tous les pays européens les systèmes de protection sociale sont très largement déficitaires et la vaccination contribue efficacement et pour un coût modique à améliorer la situation financière des assurances maladies qu’elles soient publiques ou semi-privées.

Car au final ce sont les contribuables qui paient et les associations et autres mouvements anti-vaccins dont les arguments n’ont strictement rien de scientifique ne font qu’alourdir la charge financière des systèmes de protection sociale. La France et l’Italie ont suivi les recommandations du CDC (Center for Disease Control), de l’Académie américaine de pédiatrie et de l’Académie américaine des médecins de famille (oui ! ça existe aux USA) et il serait erroné de prétendre que ces organismes oeuvrent pour les intérêts des laboratoires pharmaceutiques car il s’agit d’un grave problème de société.

Il existe 11 maladies qui peuvent être parfaitement évitées par la vaccination et qui représentent toutes, quand des cas se déclarent en raison de non-vaccination, un coût social important sur le court terme lors d’hospitalisations mais également sur le long terme en raison des séquelles sérieuses que peuvent provoquer ces maladies, sans oublier les préjudices au niveau des familles elles-mêmes en cas d’invalidités permanentes voire de décès. Les 11 maladies pour lesquelles la vaccination sera dorénavant obligatoire sont énumérées ci-dessous avec un bref aperçu des complications ou séquelles.

La diphtérie provoquée par une bactérie est une maladie extrêmement contagieuse et la toxine produite par cette bactérie peut provoquer une cardiopathie incurable voire la mort. Le tétanos, également provoqué par une bactérie très présente dans le sol peut entrainer la mort (20 % des cas) et si on en réchappe la convalescence peut durer plusieurs mois. La poliomyélite bien que devenue rare dans les pays de l’OCDE en raison de la vaccination systématique reste tout de même présente dans certains pays et la vaccination est toujours obligatoire car cette maladie n’est pas considérée comme éradiquée dans le monde (voir un précédent billet sur ce blog). Il existe un vaccin trivalent pour ces trois maladies et tous les enfants en âge d’être scolarisés doivent être vaccinés.

La coqueluche est également une maladie bactérienne qui peut durer plusieurs mois et éventuellement provoquer une encéphalite avec des séquelles sérieuses. Un adulte non vacciné peut en souffrir très gravement, voire en mourir. La vaccination contre cette maladie est fortement conseillée.

La vaccination contre la grippe (influenza), bien que son efficacité soit controversée en raison de la haute variabilité des antigènes de surface du virus, est néanmoins préconisée par le CDC pour les enfants afin d’atteindre ce qui est appelé par les spécialistes une immunité de groupe, l’un des bénéfices majeurs de la vaccination souvent ignoré (voir note en fin de billet). Le vaccin contre la grippe est réactualisé chaque année et il est communément conseillé aux personnes âgées bien que le bénéfice social puisse être optimisé en rendant la vaccination des enfants obligatoire, décision prise par les gouvernements français et italien.

Les vaccins récents protégeant contre les redoutables hépatite A et hépatite B sont préconisés par le CDC pour les enfants. S’il y a peu de cas mortels immédiats, il existe tout de même incontestablement une séquelle sur le long terme avec l’hépatite B qui est l’apparition d’un cancer mortel du foie. Ces deux maladies parfaitement évitées par la vaccination représentent un coût social important en raison des lourds traitements et des convalescences souvent longues et invalidantes.

Le vaccin trivalent contre la rougeole, les oreillons et la rubéole qui est la cible des mouvements sociaux anti-vaccins protège parfaitement contre ces trois maladies. La rougeole peut être mortelle et exposer son enfant non vacciné à cette maladie est criminel. Les oreillons peuvent provoquer une surdité et également une infertilité irréversible. Enfin la rubéole est une cause reconnue de malformations foetales.

Le pneumocoque à l’origine d’infections respiratoires et de la sphère ORL peut entrainer la mort par choc septique ou des séquelles invalidantes comme la surdité voire des dommages cérébraux graves. La vaccination contre le pneumocoque est préconisée pour les enfants.

Les méningocoques A et B (10 % de cas mortels) provoque des séquelles graves telles que paralysies partielles, surdité voire épilepsie récurrente. Cette maladie représente un coût social et familial important et la vaccination des enfants est vivement conseillée, toujours par le CDC.

La poliomyélite reste endémique dans quelques pays du monde et la vaccination est obligatoire en raison des séquelles invalidantes provoquées par cette maladie.

Le vaccin contre la varicelle, maladie longtemps considérée comme bénigne, est également préconisé pour les enfants en âge d’être scolarisés car il s’agit d’une maladie très contagieuse qui peut également provoquer des complications neurologiques.

Restent la vaccination contre certains types du virus du papillome qui est très vivement conseillée pour les préadolescents avant leur maturité sexuelle, dès l’âge de 12 ans, filles et garçons. Ce virus est la cause reconnue maintenant du cancer du col de l’utérus, d’un grand nombre de cancers de l’anus et de diverses affections cancéreuses génitales mais également de l’oropharynx. Les économies au niveau de la protection sociale qui peuvent être atteintes par la vaccination contre ce virus sont considérables bien que la mise au point récente du vaccin ne puisse pas encore établir leur montant exact.

Voilà en bref le panorama des vaccinations qui seront obligatoires en France et dans quelques autres pays dans de brefs délais n’en déplaise aux détracteurs de la vaccination dont les arguments relèvent du plus exécrable obscurantisme datant d’une publication mensongère d’Andrew Wakefield en 1998 qui prétendit de façon totalement erronée que la vaccination provoquait l’autisme …

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Sources et illustration : CDC et World Economic Forum. Autre illustration : tylervigen.com. Un bel exemple de relation cause-à-effet qui n’a jamais été prouvé pour l’autisme et la vaccination !

Notes. Mes lecteurs croiront que je ne sais pas compter mais le CDC classe effectivement 11 « gestes » de vaccination : influenza, trivalent tétanos-diphtérie-coqueluche, papillome, méningocoque A, méningocoque B, pneumocoque, hépatite A, hépatite B, polio, trivalent rougeole-oreillons-rubéole et enfin varicelle.

Quant à la France, comme l’Italie, elle se contentera de la vaccination obligatoire contre les 11 maladies suivantes : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B, rougeole, oreillons, rubéole, influenza, pneumocoque et méningocoque C. Les pénalités seront sévères (3750 euros d’amende et/ou 6 mois de prison) pour les parents récalcitrants. Enfin un carnet de vaccination à jour sera obligatoire pour l’inscription d’un enfant en crêche et à l’école maternelle.

L’immunité de groupe est atteinte quand tous les membres d’un groupe, par exemple une classe d’enfants en âge d’être scolarisés, sont vaccinés. Le risque de contagion est alors significativement diminué. De très sérieuses études réalisées au Japon notamment indiquent que la vaccination contre le rotavirus à l’origine de la majorité des gastroentérites pourrait atteindre cette immunité de groupe, cette maladie étant hautement contagieuse.