Des peupliers génétiquement modifiés « écolos » !

Le peuplier est un arbre à croissance rapide utilisé pour fabriquer des emballages (de moins en moins), certains contre-plaqués et aussi, et surtout, pour faire du papier. Comme tous les arbres le peuplier fleurit au printemps. Or la floraison, du point de vue du propriétaire d’une plantation de peupliers, est inutile. Les biologistes ont séquencé l’ADN du peuplier en 2006 et cet arbre eut donc le privilège d’être le premier à révéler les secrets de son métabolisme. Depuis il est une plante de laboratoire très étudiée. Au cours des décennies passées les laboratoires nationaux français de recherche agronomique (INRA) mirent au point un peuplier qui ne fleurissait pas en « éteignant » les gènes impliqués dans le processus de floraison dans le but de prouver que la floraison retardait globalement la croissance de l’arbre. Las ! Les organisations opposées aux plantes génétiquement modifiées (OGM) firent le ménage dans les plantations expérimentales en plein-champ. Des millions d’euros provenant du porte-monnaie des contribuables furent ainsi gaspillés au nom de la cause écologiste soutenue par des activistes détestables comme José Bové avec sa clique de faucheurs d’OGMs. L’INRA, dont la direction est envahie d’écologistes (l’INRA s’appelle maintenant INRAE : Institut Nationale de Recherche en Agronomie et Environnement), interdit donc toute modification génétique de quelque plante que ce soit et dans quelque but que ce soit. Ainsi la France a choisi le camp de l’obscurantisme et a perdu le rôle majeur qu’elle jouait à la fin des années 1990 dans le domaine de la modification génétique des plantes mais aussi, ce qui est beaucoup plus grave elle a perdu son expertise dans ce domaine.

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Aux Etats-Unis il n’existe pas ce genre de mouvements écologistes, encore qu’il faille être prudent quant aux motivations profondes d’un organisme financier comme BlackRock qui vient officiellement de se désengager des compagnies impliquées dans les énergies carbonées fossiles, mais c’est une autre histoire. Pour la modification génétique des arbres les biologistes de l’Université d’Arizona à Tucson avec la collaboration étroite du Helmholtz Zentrum de Münich en Allemagne ont trouvé un stratagème pour s’affranchir complètement de toute attaque idéologique concernant leurs travaux sur le peuplier. Le peuplier entre en effet dans la panoplie des matières premières pour produire des bio-combustibles mais cet arbre, comme beaucoup d’autres espèces telles que par exemple l’eucalyptus, produit de l’isoprène, un métabolite volatil qui protège la plante contre les stress hydrique ou thermique. L’ensemble du monde végétal produit chaque année environ 600 millions de tonnes d’isoprène qui se retrouvent dans l’atmosphère alors que l’industrie chimique n’en produit que 800000 tonnes. C’est dire l’importance de tenter de construire génétiquement des peupliers qui ne produisent pas d’isoprène. Là où l’astuce a permis à ces biologistes de s’affranchir de toute attaque idéologique de la part des protecteurs de l’environnement réside dans le fait que l’isoprène est aussi « mauvais » pour le climat que le méthane …

Pour arriver à leurs fins les biologistes ont utilisé la technique dite d’ « interférence ARN » qui rend silencieuse l’expression des gènes ciblés au niveau de la traduction en protéine des ARNs permettant la synthèse de ces dernières. Parmi un grand nombre de candidats de souches de peupliers ainsi transformés pour ne plus exprimer l’enzyme final de la synthèse de l’isoprène quelques-uns ont été sélectionnés pour leurs propriétés végétatives satisfaisantes ont donc été choisis pour des essais plain-champ qui ont duré plus de 8 années. Les résultats de ces travaux sont satisfaisants et la croissance des arbres n’est pas affectée par l’absence d’isoprène comme l’indique la figure ci-dessous qui compare les émissions d’isoprène et la photosynthèse où CN est un peuplier témoin non modifié en regard des lignées modifiées.

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On peut pronostiquer que les idéologues qui combattent pour la préservation du climat seront satisfaits et que ceux parmi ces idéologues qui combattent les plantes génétiquement modifiées devront se rendre à l’évidence : la modification génétique des plantes présente des atouts qu’il n’est pas possible de nier. Le projet de l’INRA de produire des peupliers incapables de fleurir aurait pu entrer dans cette catégorie puisque leur croissance accélérée, sur le papier puisqu’aucun essai plein-champ de longue durée n’a pu être réalisé, aurait permis de prouver que la fixation de carbone était également améliorée, ce qui en son temps aurait satisfait les écologistes. La morale de cette histoire est que l’idéologie stupide des écologistes qui a envahi tous les niveaux du pouvoir en France a conduit et continuera à conduire à des aberrations économiques que la science, la vraie science et elle seule aurait pu améliorer.

Source et illustrations, PNAS : http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1912327117 aimablement communiquée par le premier auteur de la publication qui est vivement remercié ici.

 

 

 

A la une du Monde : La production d’agrocarburants menace la qualité de l’air en Europe (Audrey Garric).

 

A la une du Monde : La production d’agrocarburants menace la qualité de l’air en Europe (Audrey Garric).

 

Ce genre d’article s’appèle de la désinformation et j’espère que les lecteurs du Monde ne se sont pas fait prendre au piège d’un quotidien bien connu pour ses sympathies socialo-écologistes qui maîtrise l’art de manipuler l’information.

De quoi s’agit-il ? D’une augmentation de la production naturelle par les plantes, dont les arbres et les buissons pouvant être utilisés comme biomasse pour produire des biocarburants, d’un composé chimique appelé l’isoprène. Or l’ensemble de la faune terrestre relâche dans l’atmosphère 600 millions de tonnes d’isoprène par an, un composé qui contribue pour près du tiers de l’ensemble des gaz à effet de serre émis aussi bien par les activités humaines que par la faune et la flore. Et ce processus est naturel ! Même les salades en produisent ! Ce n’est pas parce que des scientifiques alarmistes de l’Université de Lancaster ont publié un article contestable sur l’interprétation qu’ils considèrent comme irréfutable de l’augmentation de la biomasse ligneuse pour produire des agro-carburants, en d’autres termes une augmentation inéluctable de la production (naturelle) d’isoprène, pour alarmer les populations inconsidérément en prétendant qu’il y aurait (au conditionnel) quelques 1500 morts de plus par an en Europe, qu’il faut que le Monde reprenne cette information stupide et sans signification et la mettre en Une.

Remettons les choses à leur place une fois pour toute afin que ce type d’information ne se retrouve plus dans la presse à sensation dite aussi de caniveau. Pendant la deuxième guerre mondiale, une déforestation intense a été observée en France en raison de la rareté du charbon et surtout du pétrole, non seulement pour faire rouler les voitures et les camions avec des gazogènes mais aussi pour cuire le pain ou simplement se chauffer. Depuis les années 50 et encore plus depuis la mise en oeuvre du parc électro-nucléaire français sous l’impulsion du Général de Gaulle et de ses successeurs, la forêt française s’est reconstituée et a même progressé dans de nombreuses régions en particulier montagneuses. Combien de morts par accroissement de production d’isoprène a-t-on noté en France depuis les années 50 ? Personne n’en sait rien. Le Monde (Madame Audrey Garric) pourrait écrire en Une que le parc électro-nucléaire français, en favorisant le reforestation de la France, est la cause de milliers de morts en raison de l’augmentation de la production d’isoprène ! Ca c’est de la bonne information à prendre à la lettre si on suit les élucubrations de ces chercheurs britanniques.

 

Sources : Reuters et http://www.nature.com/nclimate/journal/vaop/ncurrent/full/nclimate1788.html