L’heure de Poutine est proche (Paul Craig Roberts)

Vladimir Poutine est le leader le plus impressionnant de la scène politique mondiale. Il a grandi dans une Russie corrompue par Washington et Israël pendant les années Eltsine, il en a survécu et a rétabli la Russie en tant que puissance mondiale. Il a géré avec succès les agressions américano-israéliennes contre l’Ossétie du Sud et contre l’Ukraine, en réintégrant, à la demande de la Crimée, la province russe dans la mère Russie (voir notes en fin de traduction). Il a toléré des insultes et des provocations sans fin de la part de Washington et de ses vassaux européens sans répondre ni par des insultes ni par des provocations. Il est conciliant et est devenu un pacificateur en position de force.

Il sait que l’empire américain basé sur l’arrogance et le mensonge échoue économiquement, socialement, politiquement et militairement. Il comprend que la guerre ne sert aucun intérêt russe.

Le meurtre par Washington – avec l’aide du Mossad – de Qasem Soleimani, un grand leader iranien, en effet, l’un des rares dirigeants de l’histoire du monde, a altéré le leadership de Trump et a mis la vedette sur Poutine. Les conditions sont donc réunies pour que Poutine et la Russie assument la remise en ordre du monde. Le meurtre de Soleimani par Washington est un acte criminel qui pourrait déclencher la Troisième Guerre mondiale, tout comme le meurtre serbe de l’archiduc autrichien a déclenché la Première Guerre mondiale. Seuls Poutine et la Russie avec l’aide de la Chine peuvent arrêter cette guerre que Washington a déclenchée.

Poutine a compris que la déstabilisation prévue par Washington et Israël de la Syrie visait la Russie (voir aussi la note en fin de traduction). Sans avertissement, la Russie est intervenue, a vaincu les forces mandées, financées et armées par Washington et a rétabli la stabilité en Syrie.

Vaincus en Syrie, Washington et Israël ont décidé de contourner la Syrie et de porter l’attaque contre la Russie en visant directement l’Iran. La déstabilisation de l’Iran sert à la fois Washington et Israël. Pour Israël, la disparition de l’Iran met fin à son soutien au Hezbollah, la milice libanaise qui a vaincu à deux reprises l’armée israélienne et empêché l’occupation par Israël du sud du Liban. Pour Washington, la disparition de l’Iran permettra aux djihadistes soutenus par la CIA de promouvoir une nouvelle instabilité en Fédération de Russie.

À moins que Poutine ne se soumette à la volonté des Américaine et des Israéliens, il n’a d’autre choix que de bloquer toute attaque conjointe de Washington et d’Israël contre l’Iran.

Le moyen le plus simple et le plus propre pour Poutine de le faire est d’annoncer que l’Iran est sous la protection de la Russie. Cette protection devrait être officialisée dans un traité de défense mutuelle entre la Russie, la Chine et l’Iran, avec peut-être l’Inde et la Turquie comme membres. C’est difficile à faire pour Poutine, car des historiens incompétents ont convaincu Poutine que les alliances ont toujours été des causes de guerre. Mais une alliance comme celle-ci empêcherait la guerre. Même le criminel fou Netanyahu et les néoconservateurs américains ne déclareraient pas la guerre à l’Iran, à la Russie et à la Chine en même temps, même s’ils étaient complètement ivres ou devenus fous, si de surcroit cette alliance incluait l’Inde et la Turquie. Cela signifierait la mort de l’Amérique, d’Israël et de tout pays européen suffisamment stupide pour participer à une agression israélo-américaine contre l’Iran.

Si Poutine n’est pas en mesure de se libérer de l’influence d’historiens incompétents, qui servent en fait les intérêts de Washington, et non ceux des Russes, il a d’autres options. Il peut calmer l’Iran en donnant à ce pays les meilleurs systèmes de défense aérienne russes avec des équipages russes pour former les Iraniens, présence qui servirait d’avertissement à Washington et à Israël qu’une attaque contre les forces russes est une attaque contre la Russie. Cela fait, Poutine peut alors insister pour atteindre une médiation. C’est le rôle de Poutine car il n’y a pas d’autres personnalité qui ait le pouvoir, l’influence et l’objectivité pour servir de médiateur. Le travail de Poutine n’est pas tant de sauver l’Iran que de sortir Trump d’une guerre perdue d’avance qui le détruirait. Poutine pourrait fixer son propre prix. Par exemple, le prix de Poutine peut être la renaissance du traité INF / START, le traité sur les missiles anti-balistiques, la suppression de l’OTAN des frontières russes. En effet, Poutine est bien placé pour exiger ce qu’il veut.

Les missiles iraniens peuvent couler n’importe quel navire américain n’importe où près de l’Iran. Les missiles chinois peuvent couler n’importe quelle flotte américaine n’importe où près de la Chine. Les missiles russes peuvent couler des flottes américaines partout dans le monde. La capacité de Washington à projeter le pouvoir au Moyen-Orient maintenant que tout le monde, les chiites et les sunnites et les anciens mandataires de Washington comme ISIS, détestent les Américains avec passion. Le Département d’État a ordonné aux Américains de quitter le Moyen-Orient. Sur combien d’hommes Washington peut-il compter au Moyen-Orient alors qu’aucun Américain n’y est en sécurité ?

Bien sûr, Washington a atteint un niveau d’arrogance stupide, et Poutine, la Chine et l’Iran doivent en tenir compte. Un gouvernement stupide est capable de se ruiner lui-même mais de ruiner aussi tous les autres. Il y a donc des risques à courir pour Poutine. Mais il existe également des risques pour Poutine de ne pas prendre les choses en main. Si Washington et Israël attaquent l’Iran, ce qu’Israël tentera de provoquer par un événement sous faux drapeau comme coulant un navire de guerre américain et blâmant l’Iran, la Russie sera de toute façon en guerre. Mieux vaut que l’initiative soit donc entre les mains de Poutine. Et c’est mieux pour le monde et la vie sur Terre que la Russie soit aux commandes.

Notes. Les habitants de la péninsule de Crimée ont voté librement pour être rattachés à la Russie. La Crimée était une province russe qui fut rattachée à l’Ukraine alors que ce dernier pays était partie intégrante du bloc soviétique. Alors que les pays occidentaux ont qualifié la décision du peuple de Crimée comme un annexion par la Russie méritant donc des sanctions commerciales il est surprenant de constater que jamais le Maroc n’a fait l’objet de sanctions de la part des Américains ou de leurs vassaux européens quand le Sahara Occidental a été annexé par Rabat. Il en est de même de l’île de Mayotte qui a été détachée de l’archipel des Comores à la suite d’un référendum – exactement comme en Crimée – pour être intégrée dans la République française, rattachement à la France qui ne fut jamais reconnu par l’ONU.

Pour ce qui concerne la Syrie, il existait un traité d’assistance liant la Russie à ce pays. La Russie a donc honoré ce traité en appuyant le gouvernement syrien pour combattre les terroristes financés par les puissances occidentales, puissances comprenant essentiellement les USA, la Grande-Bretagne et la France, qui ont illégalement foulé le sol syrien et ruiné ce pays. Dans la politique il ne peut pas y avoir deux poids et deux mesures.

Enfin, au niveau de la politique intérieure américaine, en cette période de campagne électorale, l’attitude du Président Trump vis-à-vis de son électorat évangéliste reste le problème majeur qui devra être suivi de très près au cours des prochains mois.

Je discutais hier avec une amie Polonaise. Visiblement les Polonais détestent Poutine et cette attitude est révélatrice de la propagande américaine ominprésente dans tous les pays d’Europe de l’est où l’opinion publique a été formatée par les services américains qui ont oeuvré pour se constituer un nouvel ennemi : la Russie. La Chine est un beaucoup plus gros morceau … Comme l’avait pressenti PCR il y a quelques années dans un article que j’ai traduit et qui figure dans mon blog, Obama puis Trump ont tout fait pour que le monde ne devienne pas multipolaire. Comme PCR l’expliquait les USA ont besoin d’une guerre pour redresser leur économie déclinante (voir le billet sur ce blog https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/05/16/le-point-de-vue-geopolitique-de-paul-craig-roberts-pas-rejouissant/ ). Cependant un conflit bloquant les exportations de gaz et de pétrole depuis le Golfe Persique fera réagir la Chine, en premier lieu, mais aussi l’Inde et également le Japon dont tout le gaz naturel liquiéfié provient du Moyen-Orient. Le Japon, l’une des toutes première économies du monde, vassal numéro 1 des USA depuis Hiroshima et Nagasaki,ne pourra pas survivre plus d’un mois sans gaz et sans pétrole en provenance du Moyen-Orient. Est-ce que l’administration américaine est vraiment consciente de cette situation ? Enfin les alliés indéfectibles et contre nature des USA qui veulent imposer la démocratie – leur démocratie – dans le monde entier, c’est-à-dire Israël et l’Arabie saoudite, seront vitrifiés en quelques minutes. Israël n’est qu’un tout petit confetti dans le monde. Quelques bombes d’une puissance destructrice 100 fois supérieure à celle d’Hiroshima suffiront à rayer ce pays de la carte mondiale. Trump et Netanyau ont-ils vraiment apprécié le danger encourru en assassinant le numéro 2 du régime iranien ? On peut se poser de sérieuses questions. Quand un animal sauvage est blessé ses réactions deviennent imprévisibles, c’est le cas des Etats-Unis aujourd’hui.

Actualité. Iran – USA – Europe

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À l’issue de l’accord entre l’Iran et la ‘Commission du plan d’action compréhensif », c’est lourd, c’est dit, le JCPOA, un organisme émanant de cet accord et supervisé par l’agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) et l’ONU, a mandaté des experts internationaux indépendants pour contrôler les activités d’enrichissement d’uranium en Iran. Le JCPOA a été signé en Juillet 2015 entre l’Iran et les E3/EU+3, c’est-à-dire la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie, la Grande-Bretagne et les USA. Il a été mis en application en Janvier 2016. Selon les termes de cet accord l’Iran s’engage à limiter ses activités d’enrichissement d’uranium, à se débarrasser de son stock d’uranium enrichi au delà d’une teneur en isotope 235 supérieure à 4 % et de limiter ses activités ultérieures de stockage d’uranium enrichi à 4 % pendant les 15 prochaines années.

Le Président iranien Hassan Rouhani a prévenu les signataires du JCPOA hors USA le 8 mai 2019 que s’ils ne prenaient pas de mesure pour protéger l’économie de l’Iran contre les sanctions décidées par les USA unilatéralement sans consulter les autres signataires du traité son pays reprendrait ses activités d’enrichissement au delà des limites autorisées par le traité et au delà d’un délai de 60 jours sans action de ces signataires. La position du gouvernement iranien avait au moins le mérite d’être claire. D’ailleurs Rouhani a prévenu hier 5 juillet 2019 que dès le 7 l’Iran reprendra ses activités d’enrichissement « autant qu’il le faudra ». Le Haut commissaire aux affaires internationales européen, les ministres des affaires étrangères de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne ont déclaré qu’ils restaient toujours en faveur du traité et de son application scrupuleuse par l’Iran. L’attitude des dirigeants Iraniens à l’égard de l’Europe est claire : ils veulent que l’Union européenne agisse rapidement.

Selon les termes de l’accord JCPOA il est interdit à l’Iran de détenir plus de 300 kg d’uranium (équivalent métal mais sous forme d’oxyde) enrichi à 4 % or le 17 juin dernier l’Organisation de l’Energie Atomique iranienne a prévenu que ses stocks dépasseraient cette limite le 27 juin. L’agence de presse iranienne ISNA a confirmé ces derniers jours que cette limite avait été dépassée. Les représentants de la JCPOA se sont donc réunis le 28 juin pour appeler l’Iran à respecter les termes de l’accord et à discuter d’une procédure pour contourner les sanctions imposées par les USA sans avoir consulté les co-signataires de l’accord JCPOA. La réunion était présidée par le secrétaire aux affaires extérieurs européennes Helga Schmid mandatée par le Haut Commissaire européen Federica Mogherini. Elle comprenait l’Iran, la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et la Grande-Bretagne.

Sur le site du Ministère des Affaires Etrangères de Russie, le vice-ministre des affaires étrangères Sergey Ryabkov a déclaré que le retrait des USA du JCPOA était regrettable, qu’il mettait en danger le processus d’application du traité et que ce retrait était en claire violation de la résolution 2231 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Ce retrait constituait un sérieux coup pour la sécurité régionale (au Moyen-Orient) et mondiale.

Ryabkov a ajouté qu’il était du devoir des autres signataires de trouver des mesures pratiques pour que l’Iran puisse exporter son uranium enrichi ainsi que ses stocks d’eau lourde en dépit des sanctions américaines. Il a ajouté que l’IAEA était le seul organisme autorisé à faire appliquer par l’Iran ses obligations dans le cadre du JCPOA et qu’il était d’une extrême importance que l’IAEA remplisse scrupuleusement sa mission de contrôle des activités nucléaires iraniennes. La « commission conjointe » a également précisé que selon le paragraphe 8 des dispositions mises en place lors de la réunion des ministres du 6 Juin 2018 il était du devoir des pays signataires de mettre en place des mesures concrètes afin de maintenir des conditions de normalisation des relations économiques et commerciales avec l’Iran. Après la réunion de la dernière semaine de ce mois de Juin passé, les déclarations ont clairement signifié qu’il était du devoir des signataires (hors USA) d’oeuvrer pour préserver la stabilité et la paix dans la région moyen-orientale. Dans le même temps il était du devoir de ces derniers d’oeuvrer de telle sorte que les sanctions US soient levées, sanctions pour lesquelles ils exprimaient leur vif regret …

Madame Helga Schmid a insisté sur les progrès du mécanisme INSTEX (INstrument in Support of Trade EXchanges), un véhicule spécial mis en place par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne en janvier 2019 pour faciliter les transactions commerciales avec l’Iran hors dollar. Ces trois pays ont informé les participants au meeting que l’INSTEX était opérationnel, accessible à tous les membres de l’Union Européenne et que les premières transactions étaient en cours de traitement. Ce mécanisme INSTEX est destiné à être ouvert à d’autres pays ne faisant pas partie de l’Union Européenne, selon Helga Schmid.

Les participants ont aussi été informés des progrès effectués dans la mise en conformité du réacteur de recherche iranien Arak ainsi que l’installation de production d’isotopes faisant partie de la conversion de l’usine de Fordow dans le cadre des termes du JCPOA. L’IAEA a confirmé que dans le cadre du JCPOA l’Iran avait déjà exporté vers la Russie 11 tonnes d’uranium métal vers la Russie, démantelé une grande partie des centrifugeuses de Natanz et de Fordow et que le réacteur Arak ne pouvait plus être opérationnel car les ouvertures de la cuve du coeur du réacteur avaient été pratiquées selon les termes du traité JCPOA.

Source : IAEA

Commentaire. Le trio Bolton-Pompeo-Trump se moque des accords internationaux et des résolutions de l’ONU, ce n’est pas nouveau dans l’attitude américaine. Les Américains se croient toujours les maîtres du monde et ils croient également que leur dollar subsistera à leurs turpitudes. Ils considèrent que le « billet vert » leur permettra de dominer le monde. Si les Européens, appuyés par la Chine et la Russie – cette fois-çi c’est un élément nouveau – refusent de « baisser leur culotte », excusez cette expression avilissante, et résistent au diktat américain en implémentant le dispositif INSTEX alors la suprématie du dollar sera détruite de facto. Les Iraniens commerceront en roubles, en yuans ou en or et donc, si les dirigeants européens ont une once de respect d’eux-mêmes, en euros. Reste à savoir quelle sera l’attitude à l’évidence pro-européenne de Christine Lagarde mais aussi, imprégnée de culture anglo-saxonne depuis de nombreuses années, vendue aux intérêts de la politique de la Maison-Blanche (je peux me tromper et je l’espère). Les Allemands à qui a été confiée la responsabilité de co-signer l’accord JCPOA alors qu’ils ne sont pas une « puissance nucléaire » devraient honorer leur engagement. Par contre faire confiance aux Anglais … on n’est plus à l’époque de Churchill ! Bref, sans la pression des Russes et des Chinois, alliés de l’Iran et qui n’ont pas du tout apprécié le revirement de l’administration américaine, si Trump et ses complices « imbéciles » comme le dit si bien Paul C. Roberts ne considèrent pas la réalité de la situation ils récolteront une « dédollarisation » accélérée du commerce international et un rapprochement inévitable entre l’Europe et la Russie et le jeu de poker menteur organisé par la Maison-Blanche s’arrêtera parce que aucun des autres joueurs ne pariera plus sur le dollar.

Les histoires racontées par les médias commencent à dépasser même la crédulité des Américains

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Traduction d’un article de Paul Craig Roberts paru sur son blog le 15 Juin 2019. Ces deux derniers jours ont été émaillés par des développements intéressants. Les USA ou Israël ont frappé un navire japonais avec des petites roquettes et ont tenté de rendre responsables des mines iraniennes. L’armateur japonais a mis fin à ce « faux » évènement. Il a fait remarquer que les dégâts se trouvaient au dessus de la ligne de flottaison et non pas au dessous et que des membres de l’équipage ont vu s’approcher des objets volants.

Dans les pages du New-York Times, David Sanger, un journaliste en général peu fiable à mon avis, a révélé – ce qu’une personne comme moi ayant une expérience de Washington longue d’un quart de siècle considérerait comme une information sensible pour la sécurité nationale – que Washington introduisait un programme malveillant dans le réseau électrique russe. Qui a divulgué une telle information sensible pour la sécurité nationale ? Pourquoi cette personne, ayant divulgué une telle information à un journaliste, ne serait-elle pas poursuivie et arrêtée ? Pourquoi Sanger lui-même, comme Julian Assange, n’est-il pas arrêté ? Donner de telles informations à la Russie après les avoir rendues publiques n’a aucun sens car cela permet à la Russie de détecter et éliminer de tels logiciels malveillants.

Comme cela n’a aucun sens, la question est de savoir si l’histoire de Sanger est correcte ou bien si la NSA veut améliorer son image de marque avant qu’elle ne devienne une victime avec Brennan, Comey et Hillary Clinton dans le cadre de la tentative de « Russiagate » du Président Trump. L’histoire de Sanger perd toute sa crédibilité lorsqu’il réitère l’allégation réfutée selon laquelle : l’Agence russe de recherche sur internet est le groupe se trouvant au coeur du piratage informatique lors des élections de 2016 aux Etats-Unis. Ce fut l’une des quatre opérations que son soi-disant petit groupe de la Russie avait organisées autour des élections de mi-mandat. Les responsables ont parlé publiquement de ces incidents bien qu’ils n’aient fourni que très peu de détails.

Ray McGovern, William Binney et d’autres professionnels du renseignement à la retraite ont prouvé de manière concluante qu’il n’y avait pas eu de piratage informatique. Les informations révélées par Wikileaks provenaient de fuites provenant du Comité national démocrate (DNC). Comment est-il possible que David Sanger ne le sache pas ? Comment son éditeur du New-York Times l’ignore ?

Liens : https://www.lewrockwell.com/2019/06/no_author/the-gulf-of-credibility/

https://www.nytimes.com/2019/06/15/us/politics/trump-cyber-russia-grid.html?ref=cta&nl=top-stories?campaign_id=61&instance_id=0&segment_id=14339&user_id=c57a8c2d498023b54c8a416a37b2bb8a&regi_id=21653813ries , et aussi

https://consortiumnews.com/2019/06/13/ray-mcgovern-doj-bloodhounds-on-the-scent-of-john-brennan/

Commentaire. Les mensonges répétés de la CIA, de la NSA, du Pentagone et du FBI sont devenus tellement grossiers qu’ils procurent une image ternie des USA au monde entier, sauf aux USA, en Grande-Bretagne, en Arabie saoudite et en Israël, et peut-être aussi auprès de quelques autres pays européens, en France peut-être ? … Illustration : centrale électrique à cogénération (chauffage urbain) dans la banlieue de Moscou (source NYT).

Actualité : un remake de l’incident du Golfe du Tonkin ?

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Les deux navires transportant du pétrole pour l’un et en partie du méthanol pour l’autre, l’un à destination du Japon et l’autre de la Corée, ayant heurté des mines magnétiques semblent être un grossier remake de l’incident du Golfe du Tonkin qui fut l’évènement prétexte pour l’entrée en guerre des USA au Vietnam. Il s’agissait d’une « fake news, un coup monté par la CIA. Est-ce le cadeau empoisonné que laisse John Bolton viré par Donald Trump ? On le saura dans 50 ans …

Curieusement le Premier Ministre Japonais Shinzo Abe se trouvait à Téhéran en visite officielle au moment de l’évènement qui fait trembler la planète entière. Peut-être que cette visite n’a pas plu aux stratèges de Washington, selon l’adage « tout pays ami de l’Iran est un ennemi des Etats-Unis ». Un nouveau « faux drapeau » ? Si la CIA ou le Pentagone sont les instigateurs de ce « coup » il en va de la survie de l’humanité toute entière … Et pourtant Donald Trump venait de proposer à l’Iran des discussions sans conditions préalables, comprenne qui pourra.

La « soviétisation » des médias occidentaux, cui bono ? Les USA …

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Voici la traduction aussi fidèle que possible d’un article de Patrick Armstrong paru sur le site Strategic Culture le 8 janvier 2019. Patrick Armstrong fut entre 1984 et 2008 analyste auprès du Département de la Défense nationale canadien et conseiller à l’Ambassade du Canada à Moscou. Il est un des meilleurs spécialistes occidentaux de l’ex-URSS et de la Russie.

Les principaux personnages des Pickwick Papers de Charles Dickens se rendent dans le comté fictif d’Eatanswill comme observateurs lors d’une élection que se disputent les candidats du Parti bleu et du Parti buff. La ville est passionnément divisée sur tous les sujets possible entre les deux candidats. Chaque parti a son propre journal : la Gazette d’Eatanswill est bleue et entièrement consacrée à l’éloge des Bleus et au dénigrement des Buffs qui sont perfides et méchants. L’Indépendant d’Eatanswill est tout aussi passionné. Aucun pro-Buff ne supporte de lire la Gazette calomnieuse et aucun pro-Bleu n’osera lire cet imprimé vil et faux qu’est l’Indépendant. Comme c’est toujours le cas avec Dickens tout est exagéré mais précis. Les journaux étaient outrancièrement partisans avant que le « journalisme » ne fut inventé. Puis advinrent les écoles de journalisme, l’éthique journalistique et l’objectivité journalistique : le « real-journalism » comme jes journalistes l’appellent. Le « Journalisme » est devenu une profession de diplômés. Il n’accepte plus les amateurs, les dilettantes ou les romanciers en herbe ni les magnats comme Lord Copper qui savait ce qu’il voulait et payait pour que ce soit imprimé.

Mais en dépit de cette prétention d’objectivité et d’éthique de la profession il y avait toujours des Lord Copper comme il y en avait à Eatanswill. D’autres Lord Copper sont arrivé puis partis, des grands empires de presse ont apparu puis disparurent et il y avait une grande variété de propriétaires de presse et de médias. Et les lecteurs qui étaient ni Bleu ni Buff pouvaient facilement se forger une opinion sur ce qui se passait réellement.

À l’époque de l’Union Soviétique la presse était sous contrôle, il n’y avait pas de presse libre, il y avait un seul propriétaire. Les tendances variaient légèrement entre le journal de l’armée, le journal du Parti, le journal du gouvernement et le journal pour la population qui était consacré à la littérature et au sport et ils disaient tous la même chose à propos des sujets importants. Les deux principaux journaux étaient la Pravda (« la vérité ») et les Izvestiya (« les nouvelles »). Cette situation a rapidement conduit à ce trait d’humour : « pas de vérité dans la Pravda et pas de nouvelles dans les Izvestiya ». Toutes les informations étaient assez grossières, il y avait beaucoup de gros capitalistes avec des chapeaux haut-de-forme et des sacs de pièces d’or dans chaque main. Les vêtements de l’Oncle Sam étaient dégoulinants de bombes et la devise était : « pas de problèmes ici, des problèmes là-bas ». La propagande n’était pas vraiment couronnée de succès et la plupart des lecteurs de ces deux journaux en étaient arrivés à penser que les médias soviétiques mentaient à la fois au sujet de l’URSS et au sujet de l’Occident.

Mais les temps ont changé. Alors qu’il y a encore 30 ans 50 sociétés contrôlaient 90 % des médias américains, aujourd’hui ce ne sont plus que 6 sociétés qui contrôlent les médias papier, électronique et télévisuel américains. Il en résulte que sur de nombreux sujets d’actualité il y a une totale uniformité d’analyse. Quel média occidental a affirmé que les dix points suivants sont exacts ?

1. Le peuple de Crimée est plutôt heureux de faire partie de la Russie.

2. Les USA et leurs alliés ont fourni d’énormes quantités d’armes aux djihadistes.

3. Les élections en Russie sont le reflet des sondages d’opinion.

4. Il y a un nombre effrayant de nazis bien armés en Ukraine.

5. Assad est très populaire en Syrie.

6. Les USA et leurs alliés ont détruit Raqqa.

7. La version officielle de l’affaire Skripal est dénuée de signification.

8. la situation en Ukraine est bien pire qu’avant Maidan.

9. La Russie, en réalité, avait déjà des milliers de militaires en Crimée avant Maidan.

10. Il existe un documentaire au sujet de Browder dont il a censuré la divulgation (voir le lien en fin de billet).

Je n’ai cité que ces dix points mais en cherchant un peu il en existe de dizaines d’autres. Parfois un entrefilet en sixième page sauve l’objectivité des journalistes mais la majorité de l’opinion occidentale répond qu’il ne croit pas à cette objectivité. Les sujets d’actualité sont couverts d’une seule voix par les médias occidentaux. Sans cesse un scandale révèle que des « journalistes » sont généreusement remerciés pour écrire des histoires qui conviennent. Mais après des révélations, ces derniers avouent leur partialité ou prétendent que leur histoire révélait des faits qui ne s’étaient jamais produit et le navire médiatique continue à voguer calmement en passant parfois par dessus bord des passagers. La couverture de certains sujets est presque fausse à 100 %. Et là la Russie, Poutine, la Syrie et l’Ukraine se distinguent avec une grande partie de la couverture médiatique de la Chine et de la Russie. Beaucoup d’informations concernant Israël ne sont pas autorisées. L’histoire de la collusion de la Russie dans les élections américaines est admise comme fictive mais en privé seulement par un organe de presse qui couvre ce sujet en permanence. Tout ce qui concerne Donald Trump est tellement aromatisé que c’est devenu immangeable. Les médias américains répètent sans cesse qu’il faut rester vigilants « contre la guerre de désinformation en Russie » et chaque jour on s’approche du mono-média « One correct opinion » et ceci pour les meilleures motivations possibles. Les médias occidentaux ont plutôt acquis un parfum soviétique.

Ainsi donc, dans un pays (le Canada mais aussi la plupart des pays occidentaux, au sens large l’Europe et l’Amérique du Nord) où l’initiative d’intégrité utilise nos impôts pour nous assurer que nous n’ayons plus jamais de pensées imprécises ou que nous n’ayons plus de pensées répréhensibles (dans l’affaire Skripal les révélations apparaissaient presque à chaque minute) nous devons totalement nous fier à « Free Media TM« . Tout dépend de ce qui vous intéresse. S’il s’agit de sports ces médias mentionnent les athlètes russes drogués à la différence des braves asthmatiques occidentaux ou des corps préparés pour la plage, pas des toxicomanes russes bien sûr mais uniquement des Américains en bonne santé, le signaler semble assez raisonnable comme de signaler dans la page météo qu’il y a eu une explosion de gaz en Sibérie ou encore dans la page spectacles les critiques de films mais surtout pas ceux de ces méchants russes. La presse occidentale est devenue une fusion étrange de l’Eatansville Gazette et de l’Indépendant d’Eatanswill : les Bleus et les Buffs sont des bons et les autres, surtout les Russes, sont des mauvais !

Donc comme on dit en Russie Что делать ? Que faire ? Eh bien je suggère que nous tirions un enseignement de l’Union soviétique : les citoyens de l’URSS étaient beaucoup plus sceptiques au sujet de leurs médias que ne le sont mes voisins, mes amis, les membres de ma famille aujourd’hui à propos des médias occidentaux. Je formule donc trois suggestions.

1. Il faut lire entre les lignes et c’est un art difficile qui demande beaucoup d’apprentissage et de pratique. Les dissidents peuvent envoyer des indices de l’intérieur du Ministère de la Vérité (Minitrue dans le roman de George Orwell). Par exemple il est difficile d’imaginer que quelqu’un puisse dire sérieusement « comment la Russie de Poutine a changé l’humour en arme offensive ». Ce truc a probablement été écrit pour se moquer de la panique des « officiels russes ». J’ai déjà spéculé sur le fait que les rapports de renseignements sur l’ingérence de la Russie étaient truqués.

2. Tentez de déceler ce que l’on ne vous dit pas. Souvenez-vous qu’il y a 2 ans Alep était une énorme histoire alors que plus personne n’en parle aujourd’hui. On devrait se demander pourquoi il n’y a plus aucunes informations au sujet d’Alep. Ah ! Il y a celle-ci ( https://www.youtube.com/watch?v=TZqQO1_HUc4 ). Houps, c’est une source russe, ce n’est pas du vrai journalisme ! En voici une sur Euronews : https://www.youtube.com/watch?v=Ey8DgEcEPws . Visiblement aucune de ces deux vidéos ne coïncide avec la destruction du dernier hôpital d’Alep ni avec l’affirmation de la brutalité d’Assad il y a 2 ans :

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(capture d’écran d’un titre de The Sun du 9 décembre 2016)

Voilà pourquoi la ville d’Alep n’est plus d’actualité dans les médias occidentaux. Il faut toujours se demander pourquoi un « grand évènement » disparaît soudainement : c’est une preuve très solide qu’il s’agissait d’un mensonge ou d’un non-sens.

3. La plupart du temps, après avoir vu, entendu ou lu une information dites-vous que la vérité c’est probablement le contraire, en particulier quand tous les médias dispensent la même information. C’est toujours bon de vous poser la question : cui bono ? Qui va profiter du fait que vous allez croire à une fausse information ? Il est déprimant de constater le succès d’un bon gros mensonge universellement repris par tous les médias. Milosevic, incroyablement diabolisé, a finalement été reconnu comme innocent, de même que Qaddafi n’a jamais bombardé son propre peuple, et les mêmes sortes de mensonges se répandent pour les ennemis du moment comme Assad. Croyez toujours l’opposé à moins d’avoir de très bonnes raisons.

Durant la Guerre Froide on croyait que les systèmes occidental et soviétique convergeaient et qu’ils se rencontreraient au centre, pour ainsi dire. Peut-être qu’ils se sont rencontrés mais ils se sont surtout croisés. Ainsi les médias occidentaux, jadis raisonnablement libres et multiples ressemblent maintenant aux médias soviétiques contrôlés et uniformisés et nous, Occidentaux, nous devons utiliser les méthodes des citoyens soviétiques d’alors pour comprendre le monde. Souvenez-vous toujours que les dirigeants soviétiques affirmaient que leurs médias étaient libres, libres de « fake-news qui plus est !

Commentaire de ma part et que j’assume totalement . Je regarde les titres du Figaro, du Monde, du Guardian, du Telegraph, du Temps, de la Libre Belgique ou encore des Echos chaque jour et je tente de retrouver le contenu de ces titres sur des sites alternatifs comme WolfStreet, ZeroHedge, MishTalk, le Réseau Voltaire que l’on m’a reproché de consulter (et c’est significatif de l’intoxication omniprésente par les médias en Europe) et RT.News en anglais ou RT.France. Enfin je regarde Mediapart et Lemedia et bien d’autres blogs. Au final j’arrive à me faire une idée et discerner ce qui est vrai de ce qui est faux. L’exposé de Patrick Armstrong est édifiant et il fait apparaître le totalitarisme orchestré par les USA pour prendre possession de l’Europe, le gros morceau, et de tous les autres états qui sont déclarés par Washington des menaces pour la sécurité intérieure américaine, c’est facile comme prétexte. Usant de son extraterritorialité juridique – contraire à la Charte des Nations-Unies – en prétextant que le dollar en circulation dans le monde entier est la monnaie des USA, Washington asservit le plus de pays possible pour s’opposer en premier lieu à la Russie, à l’Iran et à la Chine. Il faut rester lucide et comprendre et oser le dire ce sont les évangélico-sionistes ( excusez le pléonasme) qui dirigent la politique américaine. C’est en réalisant des recoupements d’informations que j’en suis arrivé à cette conclusion. Les démocraties sont en danger et il est urgent de réagir. Souvenons-nous de l’affaire Pierucci qui a abouti à la vente d’Alstom-énergie aux Américains, transaction ignominieuse chapeautée par Macron. Sous un faux prétexte – une fake-news, la justice américaine extraterritorialisée a fait plonger le cours de l’action d’Alstom en se basant sur de fausses informations soigneusement concoctées par la justice américaine. Les Français ont ensuite élu le traître à la nation, qui a cautionné cette honteuse transaction, à la tête de l’Etat !

https://en.wikipedia.org/wiki/Bill_Browder

Les sanctions économiques contre l’Iran pourraient affaiblir le dollar.

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Article de Nick Cunningham paru sur le site Oilprice.com

Entre parenthèses et en italique figurent des notes ajoutées par votre serviteur.

Les douloureuses sanctions infligées à l’Iran constituent à l’évidence la démonstration du but final du Trésor américain : mettre à genoux les autres Etats du monde en suivant la ligne de la politique américaine de ne plus importer de pétrole depuis l’Iran en dépit d’une désapprobation largement répandue. Nous n’en sommes qu’au début du premier chapitre d’une longue histoire qui pourrait aboutir à la fin de la suprématie du dollar US. Le rôle international prépondérant du billet vert dans le système financier international est la seule raison permettant aux USA d’empêcher la plupart des pays du monde d’acheter du pétrole à l’Iran. Le marché international du pétrole s’effectue en dollars ainsi que beaucoup d’autres marchés internationaux. Plus de 88 % des échanges internationaux sont libellés en dollars !

De plus la plupart des grandes multinationales ont inévitablement des liens avec l’économie américaine et ainsi, en face du choix de commercer avec l’Iran ou de se voir coupées du système financier américain et du marché américain, le choix est évident. Ceci signifie que même si les gouvernements des pays européens, par exemple, choisissaient d’opter pour une politique d’importation du pétrole iranien, la domination américaine sur le système financier international leur laisserait en réalité peu de latitude pour en faire ainsi. Les politiciens européens ont tenté de trouver un moyen de maintenir des relations commerciales avec l’Iran dans le cadre des accords sur la question nucléaire de 2015 que l’Iran respecte toujours (selon les inspections inopinées de l’Agence internationale de l’énergie atomique) mais cela ne vaut pas du tout dire que les raffineurs européens qui sont des entreprises privées courront le risque d’être sanctionnés par les USA en continuant à importer du pétrole d’Iran. Dans les faits ils ont déjà drastiquement diminué depuis plus d’un mois leurs importations.

Il semble que la suprématie du dollar est incontournable.

Mais ce n’est pas encore la fin de l’histoire. Pour différentes raisons l’administration Trump est en train de menacer le dollar même si cela ne paraît pas encore évident. Après tout le dollar s’est renchéri par rapport à bien d’autres devises ces derniers mois (essentiellement par rapport aux devises nationales de pays émergents, depuis l’Argentine à la Malaisie en passant par la Turquie et l’Afrique du Sud ou encore l’Algérie et la Tunisie, une bonne vingtaine de pays), la croissance du produit intérieur brut américain a été supérieure à celle de bien d’autres pays (selon les statistiques US officielles à considérer avec précaution) et nombre de pays et d’organisations se sont ralliés aux décisions de sanctions américaines notoirement dirigées à l’encontre de la Russie, du Vénézuela et de l’Iran. Pourtant la politique extérieure « America First » avec sa guerre commerciale et ses tarifs douaniers arbitraires, les tensions trans-atlantiques et d’autres rivalités géopolitiques sont des facteurs qui pourraient bien déchoir le dollar de son perchoir dominateur.

Selon certains analystes c’est pourtant l’usage généralisé de sanctions qui apparait comme étant le facteur le plus dommageable finalement à la suprématie mondiale du dollar. Et c’est justement et en particulier le cas en ce qui concerne l’Iran. Dans le cas de l’Iran les Etats-Unis portent un préjudice à ces sanctions en tant qu’argument de politique intérieure américaine comme l’a écrit Kelsey Davenport, un analyste de l’association du contrôle des armes, dans les lignes du Washington Post au mois d’août dernier : « les USA ont placé trop d’Etats entre l’enclume et le marteau ».

Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Junker a déclaré il y a quelques jours que le statu de l’euro devrait être élevé au statut de monnaie de réserve (au niveau mondial) pour casser la suprématie du dollar sur l’Europe. Junker a insisté sur le fait que l’Europe paie 80 % de ses importations de produits pétroliers en dollars alors qu’elle n’importe même pas 2 % de ses besoins en ces produits depuis les USA :  » il n’y a aucune logique à ce que l’Europe paie ses importations de produits pétroliers en dollars et non pas en euros » a dit un diplomate reprenant les propos de Junker. En effet la plupart des importations européennes énergétiques proviennent de Russie et du Moyen-Orient. Il semble évident du point de vue du système financier international sous influence des Américains que n’importe quel raffineur européen qui veut importer du pétrole d’Iran, d’Irak ou de Russie doit payer ces importations en dollars et doit dès lors se plier aux exigences de Washington même si aucune entité financière américaine est impliquée dans ces transactions commerciales.

Naturellement tant que les intérêts européens étaient alignés sur ceux de Washington cet arrangement fonctionnait parfaitement. Mais les intérêts au sujet du financement de l’OTAN, par exemple, ou la décision américaine de se retirer des accords sur le climat de Paris mais surtout de se retirer également des accords sur le nucléaire iranien, ces intérêts divergent à l’évidence. Dans ces conditions les exigences de l’administration Trump de réduire à zéro les importations européennes de pétrole depuis l’Iran est la goutte qui a fait déborder le vase. Certains diplomates à Bruxelles prônent tout simplement une désolidarisation de l’Europe vis-à-vis des accords commerciaux avec les USA toujours en cours de négociation.

L’incapacité totale des Européens de contrer les décisions américaines et la domination du dollar a conduit certains d’entre eux à imaginer des solutions alternatives. Certains ont proposé la mise en place d’un système de paiement alternatif au système international (contrôlé par les USA), d’autres ont suggéré de payer le pétrole iranien en euros. Au mois d’août la Commission européenne a même décidé d’une aide financière de 18 millions d’euros à l’Iran. Plus récemment la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne travaillent sur la mise en place d’un véhicule financier spécial pour aider l’Iran à contourner les sanctions américaines et permettre à ce pays de continuer à exporter son pétrole vers l’Europe. Selon le quotidien allemand Der Spiegel ce « véhicule » court-circuiterait les moyens de paiement traditionnels contrôlés par les les USA.

Pour beaucoup de raisons un tel système ne verra probablement jamais le jour ou aura un impact très limité. Il faudra par exemple que les compagnies privées acceptent d’adhérer à ce système et il y a pour l’instant très peu d’évidence que les raffineurs européens soient tentés de prendre un tel risque. Par ailleurs tenter d’élever le statut de l’euro pour le rendre égal à celui du dollar est une entreprise qui se compte en années. Malgré tout, les efforts croissants pour donner à l’euro plus d’importance dans les transactions internationales et pas seulement pour le pétrole ainsi que beaucoup d’autres initiatives pour affaiblir l’influence de Washington sur la finance internationale pourraient bien un de ces jours miner la domination mondiale du billet vert. Et pendant ce temps-là, plus tôt cette année et pour des raisons qui lui sont propres, la Chine a ouvert un marché des contrats à terme sur le pétrole libellés en yuans à la bourse de Shanghaï. Cette initiative a pour but de renforcer le rôle du yuan mais aussi de réduire les risques de parité monétaire et d’une manière plus globale de renforcer le rôle de la Chine dans les échanges commerciaux internationaux aux dépens du dollar.

La toute-puissance du dollar est toujours d’actualité mais l’usage de sanctions agressives par l’administration Trump bien illustrées par tolérance zéro vis-à-vis de l’Iran pourrait bien miner cette toute-puissance à terme si de plus en plus de pays commencent à chercher des alternatives.

L’Europe va plonger avant la fin de cette année dans une crise économique majeure

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Alors que l’Iran a déposé un recours auprès de la Cour de Justice Internationale (organisme dépendant des Nations-Unies) pour obtenir la suspension des sanctions US contre ses exportations de pétrole, l’Union Européenne se prépare au choc économique qu’elle devra subir lorsque les sanctions américaines seront entièrement appliquées le 4 novembre prochain. Les intentions américaines sont claires : réduire à zéro les exportations de pétrole iraniennes et mettre à genoux l’économie et la finance iraniennes. La conséquence sera une augmentation du prix du pétrole et les décisions de la Maison-Blanche affecteront les économies de bien d’autres pays. Les pays de l’Union Européenne encaisseront le choc ou bien se battront-elles contre les USA ?

L’Iran est le troisième plus important producteur de pétrole de l’OPEP après l’Arabie Saoudite et l’Irak avec une production quotidienne de 4 millions de barils. En ce moment de vastes régions du monde, Amérique du Nord, Europe et Asie du Sud-Est entrevoient une embellie économique qui a eu pour conséquence une augmentation de consommation de pétrole de 1,5 millions de barils par jour depuis 2017, augmentation qui a eu pour effet une augmentation du prix du pétrole. Comme l’Iran l’a déjà signalé, s’il est contraint de réduire ses exportations à zéro (l’objectif de la Maison-Blanche) l’OPEP ne pourra pas faire face à la demande des pays importateurs. La conséquence sera une tension sur les prix qui aura pour effet d’entraver la croissance économique de tous les pays importateurs. Les USA doivent donc s’assurer, avant de mettre en place leur embargo sur le pétrole iranien, que le marché mondial du pétrole soit approvisionné. Mais à la vue de la demande actuelle en pétrole cet objectif n’est qu’un voeu pieux car les exportations du Vénézuela s’effondrent et l’OPEP a conclu un accord avec la Russie pour réduire de 1,8 millions de barils par jour la production par rapport à celle de 2017.

Les firmes pétrolières occidentales cessent déjà leurs opérations en Iran et les sanctions américaines atteignent les pays alliés des USA en particulier l’Union Européenne. Le bloc européen est dépendant des importations de pétrole à hauteur de 98 % et avec un euro qui commence à se déprécier par rapport au dollar, une augmentation du prix du pétrole ne pourra qu’aggraver la situation économique de l’Europe. Un pétrole plus coûteux va tout de suite compliquer la situation de l’économie allemande, fer de lance de l’ensemble de l’économie européenne. La politique exportatrice de l’Allemagne est en effet très sensible aux chocs économiques extérieurs. Les commandes de produits manufacturés allemands ont déjà considérablement réduit et selon des enquêtes récentes réalisées auprès des entreprises allemandes celles-ci indiquent qu’une augmentation du prix du pétrole sera gravement dommageable pour l’ensemble du tissu industriel allemand.

Si l’Europe doit craindre un effet négatif des sanctions contre l’Iran, la législation extra-territoriale américaine doit être également redoutée par les entreprises européennes : en se retirant du marché iranien elles vont de facto perdre des dizaines de milliards de dollars en raison des accords d’investissements sur le long terme ayant été conclus depuis la mise en place du traité qui a été dénoncé par les USA. Le cas de Total est emblématique. Cette société a signé un accord pluriannuel de 5 milliards de dollars avec l’Iran pour l’exploitation de l’immense gisement gazier de South Pars. Aujourd’hui Total se bat pour désinvestir en Iran avant la date du 4 novembre 2018. Dans cette perspective Total et Shell viennent de cesser toute importation de pétrole iranien. Les autres raffineurs européens ont également sensiblement réduit leurs achats de pétrole iranien alors que les gouvernement des pays européens tentent d’imaginer un statut de blocage des sanctions américaines pour protéger les entreprises européennes actives sur le sol iranien. Jean-Claude Junker a par exemple déclaré que « c’est une devoir pour l’Union Européenne de protéger le marché en Iran en particulier des petites et moyennes entreprises européennes ». Cette décision est entrée en vigueur le 7 août mais elle n’est pas claire car Bruxelles négocie toujours une protection de ces entreprises de taille moyenne. La décision européenne n’est pas seulement une résistance de principe mais elle repose sur une nécessité économique.

En effet l’Europe va se trouvée confrontée à deux défis avant la fin de cette année : non seulement les sanctions américaines contre l’Iran qui prendront effet le 4 novembre mais fin octobre les sanctions contre le géant russe de l’aluminium Rusal prendront également effet. Ainsi les pays membres de l’UE seront exposés à deux chocs : une raréfaction du pétrole et de l’aluminium, un véritable ouragan pour les indicateurs économiques.

Exactement comme pour l’Iran les USA n’ont pas consulté leurs partenaires européens en mettant en place au mois d’avril les sanctions contre Rusal. Presque immédiatement les marchés de la bauxite et de l’aluminium métal sont devenus chaotiques avec des prix à la hausse qui vont se répercuter sur les consommateurs finaux. Les acteurs du marché de l’aluminium de chaque côté de l’Atlantique ont tenté de rechercher d’autres fournisseurs sans grand succès et les négociants ont accepté d’emblée une augmentation de 20 % de l’aluminium métal. En Allemagne l’autorité Wirtschafts Vereinigung Metalle qui représente 655 entreprises métallurgiques a averti du risque de voir de nombreuses petites entreprises baisser le rideau en raison de l’augmentation du prix de l’aluminium mettant en danger une multitude d’autres petites et moyennes entreprises du pays. Le futur d’une myriade de petites entreprises sous-traitantes de grosses entités industrielles comme Daimler ou Volkswagen qui représentent 13 % de la force de travail européenne pourrait être compromis. Elles représentent, seulement en Allemagne, 60 % des emplois … Avec une augmentation prévisible du prix du pétrole autant dire que l’économie européenne – et allemande en particulier – va vivre une période noire avec des conséquences sur l’emploi incalculables.

La politique commerciale américaine choisie par le Président Donald Trump est clairement en conflit avec les intérêts essentiels des pays membres de l’Union Européenne : le pétrole et l’aluminium sont essentiels pour maintenir la santé de l’économie. Cette rafale de sanctions décidée par la Maison-Blanche doit être prise pour ce qu’elle est réellement : une menace existentielle pour la multitude d’entreprises européennes qui concourent au maintien de l’Union Européenne. Il reste à espérer que les autorités de Bruxelles ne baisseront pas leur culotte devant la Maison-Blanche (l’expression est de mon cru, en anglais « One can hope the Europeans will not waver in their determination to stand up to the White House« ).

Traduction par votre serviteur d’un article de Scott Belinski paru sur le site Oilprice.com il y a trois jours. Les ajouts entre parenthèses ne sont pas de l’auteur mais de votre serviteur pour une meilleure compréhension du texte original.