Les femmes n’arrivent pas à détecter leurs rivales

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En juillet dernier j’avais laissé un billet sur ce blog concernant l’attractivité des femmes envers les hommes lorsqu’elles approchaient la période d’ovulation (voir le lien) mais peu d’études ont été réalisées sur la même réaction des femmes entre elles, c’est-à-dire si une femme en période d’ovulation arrive à détecter une autre femme dans les mêmes dispositions physiologiques comme étant une rivale potentielle. Certes, la civilisation très codifiée dans laquelle nous vivons nous a affranchi de nos réactions instinctives, que nous soyons des femmes ou des hommes, et l’évolution a contribué également à la quasi disparition de nos facultés de détection olfactive des signaux chimiques nous permettant, je parle ici des hommes, de détecter la présence d’une femme en état d’ovulation. Peut-être que ce sont cette évolution et l’organisation sociétale qui font que nous ne sommes plus des animaux réagissant par pur instinct. Dans bien d’autres circonstances les êtres humains laissent libre cours, malheureusement, à leurs instincts primordiaux d’agressivité et de possession …

On pourrait résumer les travaux conduits par le Docteur Fabian Probst à l’Université de Berne parus dans le périodique Biology Letters (voir le lien) en ces termes. Il est raisonnable de considérer que l’homme puisse encore détecter une femme en période d’ovulation car il s’agit pour lui d’une réminiscence de l’instinct de reproduction. S’il en est de même pour la femme, il s’agit alors du plus pur instinct de compétition consistant à éliminer une rivale dans la course à la reproduction. Peu d’études ont été réalisées dans ce sens, à savoir si la femme reconnaît une « rivale » en période d’ovulation.

L’étude a consisté dans une première partie organisée via internet à présenter à 160 femmes, dont 6 bisexuelles et 8 homosexuelles, vingt paires de visages de femmes recomposés par analyse graphique pour représenter la phase lutéale du cycle menstruel (la fin du cycle) ou la phase d’ovulation. Ce traitement d’image ne comportait au final qu’une légère modification de la couleur de la peau. Les visages étaient présentés dans le désordre et à l’issue de l’étude on demandait aux sujets de préciser à quel stade elles se trouvaient au cours de leur cycle, si elles utilisaient des produits contraceptifs et enfin si elles avaient jamais éprouvé une compétition intra-sexuelle. L’autre partie de l’étude portant sur 60 femmes âgées de 18 à 31 ans fut conduite au laboratoire sans que ces dernières connaissent l’objet final de l’étude.

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Un prélèvement de salive permit de connaître l’état hormonal des sujets.Il ressort de cette étude que la détection du visage correspondant à la période d’ovulation semble dépendante du taux d’estradiol circulant qui augmente au cours des quelques jours précédant l’ovulation (bleu clair, illustration Wikipedia) mais que d’une manière générale la femme n’arrive pas exactement à discerner une « rivale » en période d’ovulation. Cette étude n’a concerné qu’une nombre limité de participantes et était entachée par le fait qu’un nombre non négligeable d’entres elles utilisaient des contraceptifs qui modifient le statut hormonal. Pour conclure, on pourrait dire que le fait que la femme soit sexuellement réceptive tout au long du cycle menstruel atténuerait cette propension à détecter un visage « signalant » l’ovulation dont l’existence a été montrée chez l’homme. Et encore une fois il existe donc une différence de genre significative entre femmes et hommes.

Source : http://dx.doi.org/10.1098/rsbl.2015.0638

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/07/10/si-femme-rougeoie-femme-en-joie/

Réflexions sur le sexe et l’amour et les « Pensées » de Marc-Aurèle

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Sur l’Ogasawara maru le temps passe lentement et les opportunités de rencontre se multiplient au fur et à mesure que le bateau égrène les miles nautiques vers sa destination finale. J’ai donc engagé fortuitement la conversation avec une buveuse de saké, sa fille et son époux. Il faut pour bien comprendre la suite de mon billet situer les personnages. Une femme encore fort belle, mais il est difficile de donner un âge précis à une Japonaise, sa fille dans la trentaine fraichement divorcée et son époux souffrant d’une leucémie. Ils allaient à Chichi Jima en quelque sorte pour une pelerinage avant que ce monsieur soit définitivement effacé de la planète (voir infra la pensée de Marc-Aurèle). Cette charmante dame s’exprimant en un anglais parfait me demanda pour quelle raison je me trouvais sur le bateau et je lui répondis que nous rentrions ma femme et moi-même à la maison après une semaine de shopping effréné à Tokyo. Le saké aidant (je n’affectionne pas particulièrement cette boisson sans saveur ni odeur) les langues se délièrent progressivement et quand j’exposais pour quelle raison je me trouvais marié avec une Japonaise, comme j’ai l’habitude parfois facheuse de n’emprunter aucun détour réthorique, l’attention se concentra sur mes propos dérangeants. Il est vrai qu’en tant qu’ancien biologiste le comportement humain n’a plus trop de secrêt pour moi, encore que cette affirmation puisse paraître quelque peu arrogante, mais la discussion dériva progressivement vers le comportement sexuel des êtres humains en général, vaste sujet …

Je narrais donc ma rencontre avec celle qui allait devenir ma femme, me déclarant être amoureuse et vouloir m’épouser tout simplement après une soirée très physique qui la combla de satisfaction et de sérénité. Mon auditoire sembla offusqué par la franchise de mes propos et pour dissiper ce malaise je m’engageais alors dans un long exposé sur la nature humaine tel qu’on n’ose plus trop l’aborder dans la réalité ni en famille ni encore moins à l’école.

Au même titre que les bactéries, les insectes, les éléphants, les baleines, les plantes et les algues ou les coraux, nous sommes sur cette terre pour nous reproduire et perpétuer l’espèce, l’espèce humaine en ce qui nous concerne. Le sexe occupe donc une position centrale dans notre vie et il est impossible de le nier. Nous sommes programmés pour transmettre nos gènes lors du passage obligé de la copulation comme les bactéries s’unissent à l’aide de cils spécialisés, comme certains insectes mâles n’hésitent pas à détruire l’intégrité physique de leur femelle en la perforant littéralement avec leur sexe ressemblant à un tire-bouchon sachant qu’elle mourra après avoir pondu ses oeufs, comme les tortues qui ont inventé au cours de l’évolution des pénis invraisemblables pour pouvoir s’accoupler durablement dans l’eau, comme ces araignées dont le représentant mâle craint pour sa vie risquant d’être proprement dévoré par sa douce après l’avoir pénétrée, ou les baleines obligées d’accepter en elles un gigantesque pénis sans vraiment en éprouver un quelconque plaisir, d’ailleurs on ne leur a jamais demandé en termes intelligibles.

Bref, la conversation aborda l’interaction entre le sexe et l’amour, vaste sujet aussi surtout si on place volontairement des oeillères dans la réflexion afin de contourner tous les tabous éducationnels et religieux auxquels nous avons été tous soumis depuis notre plus tendre enfance y compris les Japonais. Parler de sexe est interdit, en japonais « damé », interdit, proscrit, alors que les sex-shops et les bars interlopes fleurissent à Tokyo.

Quelle ne fut donc pas la stupeur de mon interlocutrice lorsque je lui contais mon histoire récente. Après plusieurs jours d’hésitations réciproques, celle qui allait finalement devenir ma seconde épouse se décida à me visiter un soir dans la chambre que j’occupais dans cette petite pension d’Ogasawara Village. Sur la base d’une première relation sexuelle parfaitement réussie, le sentiment amoureux qui s’ensuivit n’étant qu’une résultante du fonctionnement de notre cerveau monstrueux qui manifeste ce pouvoir unique dans le règne animal d’être capable de réaliser des raisonnements déductifs, elle décida de me demander en mariage sans toutefois omettre d’envisager de vérifier si cette « première fois » n’était pas un mirage ou un rêve, ce qui fut fait le lendemain et les jours suivants.

Je m’explique, même si je risque de passer pour un horrible fallocrate. L’amour entre une femme et un homme procède du sexe bien vécu, en d’autres termes sans sexe consenti et partagé avec satisfaction mutuelle l’amour n’a aucune signification et dans la même veine, le sexe répétitif sans amour et uniquement pour le sexe devient vite dénué de tout attrait et finit par ternir cette relation uniquement physique. Notre cerveau, dont nous sommes dépendants sans en être conscients, nous joue un terrible tour en nous emprisonnant dans une sorte de cercle vicieux dans lequel nous nous retrouvons dans le quotidien : sexe et amour, amour et sexe, mais ce comportement est purement dicté par nos instincts de reproduction de notre espèce qui échappent à notre contrôle.

Mon interlocutrice (à bord de l’Ogasawara maru) se rendit compte que je tenais des propos nouveaux pour elle car elle n’avait jamais envisagé la situation sous cet angle, l’interaction indissociable entre sexe et amour, et elle me qualifia d’obsédé sexuel, superbe qualificatif très facile à formuler quand on n’a pas d’autres arguments à avancer dans une conversation pourtant amicale, ouverte et dénuée de toute arrière pensée. La fille de cette charmante dame, fraîchement divorcée je le rappelle, dut se poser de sérieuses questions existentielles car elle m’écoutait avec fascination.

Pour en rajouter une couche épaisse à dessein en parfaite conformité avec mes propos le plus souvent dérangeants je me hasardais à citer Marc-Aurèle dans la direction telle que je l’avais expérimenté une multitude de fois dans ma vie passée, à savoir que les femmes deviennent amoureuses après une relation sexuelle réussie en vue de garder le mâle reproducteur non seulement capable de leur donner du plaisir, ce que les félines, lionnes et autres chattes domestiques, affectionnent particulièrement, mais également de transmettre ses gênes à une descendance tout aussi réussie, l’un étant lié à l’autre. Ce comportement fugitif et instinctif de l’homme, de par sa nature qui lui est imposée physiologiquement est fabuleusement décrit par Marc-Aurèle dans sa 21e pensée du livre IV destinée à lui-même au sujet de la fuite de la vie qu’il faut remplacer et que je reproduis ci-après.

Marcus Aurelius Antoninus, de la dynastie des Antonins fut empereur romain de 161 à 180 de notre ère. Il fut confronté à l’avènement du christianisme, un genre de mouvement à la Greenpeace supposé bouleverser le monde des impies qui adoraient une multitude de divinités tout comme Greenpeace dénonce le dieu de l’énergie et du développement, le dieu des OGMs et les mauvais dieux du CO2 et de l’uranium. En tant que philosophe stoïcien et de surcroit empereur Marc-Aurèle se distingua par ses écrits, ses Mémoires malheureusement perdues, mais aussi ses Réflexions qu’il notait à la manière d’un Montaigne ou encore d’un Pascal, un peu ce qui lui passait dans la tête et qu’il considérait comme susceptible d’être transmis aux générations futures. Voici donc ce texte de Marc-Aurèle qui décrit l’implacable destinée de l’homme.

« Si les âmes survivent, comment depuis l’éternité l’atmosphère peut-elle les contenir ? Et comment la terre peut-elle contenir les corps qu’on y ensevelit depuis si longtemps ? De même qu’ici-bas la transformation et la décomposition des corps, après un certain temps, fait de la place aux autres, de même les âmes lâchées dans l’atmosphère, au bout d’un moment, se transforment, se répandent et s’embrasent dans l’universelle raison génératrice et ainsi reprises, font de la place aux suivantes. Voilà ce qu’on pourrait répondre dans l’hypothèse de la survivance des âmes. Et pour les corps, il ne faut pas seulement compter ceux que l’on enterre mais aussi les animaux que nous et les autres espèces mangeons chaque jour. En effet, bon nombre d’êtres vivants sont consommés et pour ainsi dire ensevelis dans les corps de ceux qui s’en nourrissent ; et cependant, en transformation en sang, en air ou en feu, ils sont assimilés. Quelle est la voie de la vérité sur ce point ? C’est la distinction entre la matière et la cause formelle. »

Brillante réflexion sur la destinée de l’homme qui se trouve être recyclé et ce destin implacable explique avec clarté quel est notre devoir : perpétuer notre espèce quoiqu’il nous en coûte, copuler et recopuler. Voilà la signification de notre comportement basique relatif à notre nature tout aussi basique qu’est notre activité sexuelle, n’en déplaise aux pudibonds, aux moralistes et d’une manière générale aux faux-culs (sans jeu de mots) qui n’ont cure de l’importance du sexe dans la vie de tous les jours, un comportement essentiellement instinctif, et il est encore ici bien venu de le rappeler, qui, parce que nous possédons un cerveau capable de raisonnements déductifs, conduit à ce que l’on appelle l’amour, d’une certaine manière pour transcender ce comportement sur lequel nous n’avons que peu de maîtrise.

Après cette discussion arrosée de saké je fus traité d’obsédé sexuel, la suprême injure alors que j’ai toujours cherché en priorité la satisfaction de mes partenaires féminines au risque, souvent, d’être moi-même frustré à l’issue de ces ébats simulacres de reproduction qui ne devenaient qu’une lancinante mécanique répétitive quand l’amour était absent. Dans ce cas, je l’admets, je pouvais être taxé d’obsédé du bas-ventre, mais comme le remarque Marc-Aurèle dans ses Pensées, Livre IV, pensée 13, « l’accouplement (est) un frottement de bas-ventres et une excrétion de sperme accompagnée d’un spasme », une définition qui convient à tellement de personnes qu’elle en est démoralisante !

En conclusion de ce récit un peu décousu, nous sommes, nous humains, confrontés à nos instincts de perpétuation de nos gènes et le sexe n’est qu’une manifestation de ces instincts qu’heureusement nous transformons en sentiments durables appelés amour entre une femme et un homme mais encore une fois l’amour sans sexe n’est qu’une chimère et le sexe sans amour un comportement sans issue.

Je conseille à mes fidèles lecteurs de se plonger dans la relecture des Pensées de Marc-Aurèle dont certaines furent pour moi la source de tourments avec mon gros Gaffiot lors de ces versions latines redoutées qui formèrent mon esprit à la logique quand j’étais jeune adolescent …

Le baiser de l’enfant à sa mère : un pur instinct

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Mon petit-fils voulait l’autre soir absolument embrasser sa mère sur la bouche. C’était un spectacle totalement inattendu surtout au Japon, pays où les manifestations de tendresse sont considérées comme incongrues y compris dans l’intimité d’une maison et en famille. Bref, je me suis demandé pourquoi mon petit-fils manifestait cette soudaine envie de tendresse épidermique intime. Chez l’enfant ce besoin de contact avec les lèvres remonte aux premières heures de la vie quand il commence à se nourrir au sein. Les lèvres jouent un rôle important dans la tétée et sont les zones érogènes du corps les plus facilement accessibles mais c’est au cours de l’évolution de l’homme que les lèvres ont pris toute leur importance dans les relations sociales.

Dans les temps anciens, quand la mère constatait que l’abondance de son lait diminuait, elle avait pour mission de nourrir à tout prix son enfant et elle pratiquait une pré-mastication des aliments qu’elle transférait directement dans la bouche de son enfant, geste primordial et vital qui se transforma plus tard en baiser romantique. Durant ces mêmes temps reculés, on considérait que le souffle et la parole sortant tous deux de la bouche étaient l’expression de l’esprit ou de la personnalité profonde, sinon de l’âme, et le baiser était une façon de rapprocher physiquement les âmes. Enfin, le baiser implique une série de mécanismes sensoriels et physiologiques instinctifs comme l’odorat qui agissent directement sur le cerveau. Il ne faut pas oublier de signaler que la salive de l’homme contient de la testostérone qui participe à l’apparition du désir sexuel chez la femme ( https://www.webmedcentral.com/article_view/3785 ). J’ai écrit dans ce blog un article sur le transfert de bactéries au cours d’un baiser, un processus somme toute anodin, beaucoup plus anodin que de serrer la main de dix personnes étrangères par simple politesse !

L’enfant est donc « conditionné » au baiser très tôt dans sa vie et recherchera tout naturellement le contact des lèvres plus tard. L’importance du baiser est d’autant plus indéniable qu’une étude a montré qu’un « baiser mal vécu » était souvent le point de départ d’une rupture amoureuse chez 60 % des garçons et les deux tiers des jeunes filles étudiants à l’Université de New-York à Albany ayant participé à cette étude. Un baiser mal vécu peut très prosaïquement signifier une trop grande similitude entre les complexes majeurs d’histocompatibilité de chacun des partenaires. Le baiser permet en effet de détecter par un mécanisme encore inconnu que la descendance sera d’autant mieux armée sur le plan immunologique que la différence entre les complexes majeurs d’histocompatibilité (MHC) de chacun des partenaires sera plus marquée. Très curieusement, les femmes prenant des pilules anticonceptionnelles sont incapables d’établir une préférence entre MHCs de leurs partenaires avec qui elles échangent des baisers, observation qui a conduit à considérer que les anticonceptionnels dupaient l’ensemble de l’organisme et pas seulement le processus de reproduction.

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Pour conclure un baiser romantique fait vibrer l’organisme qui ressent alors la sensation très particulière qu’englobe l’expression « tomber amoureux » et c’est sur cette seule observation, largement suffisante, qu’on peut affirmer que le baiser est le préliminaire majeur au rapprochement physique entre deux êtres, un comportement remontant aux premiers instants de notre vie et qu’extériorisait mon petit-fils à l’âge de trois ans …

Source : theconversation.com