L’oxyde de titane cancérigène ? Encore du « séralinisme » à l’INRA !

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Ci-dessous j’ai « copié-collé » un article paru le 23 janvier 2017 dans le très respectable quotidien économique Les Echos sous la plume de Joël Cossardeaux dont je ne mets nullement en doute ici les qualités professionnelles bien que ce document m’ait vivement interpellé. Il s’agit de la prétendue toxicité de l’oxyde de titane. Voici l’article (illustration pêchée dans Les Echos) et je ferai quelques commentaires en fin de billet.

L’INRA en alerte sur l’effet d’un additif alimentaire

Une étude de l’institut relie absorption de dioxyde de titane et développement de lésions précancéreuses chez les rats.

C’est une expérience dont 4 des 11 rats mobilisés pendant cent jours par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) ne sont pas sortis indemnes. Soumis quotidiennement à l’ingestion d’E171, un additif incorporé dans les pâtes de dentifrice, les plats préparés et les confiseries, 40 % de cet échantillon de rongeurs ont développé des lésions précancéreuses sur le colon à l’issue de ce régime alimentaire.

« Nous avons observé des troubles du système immunitaire dans les intestins et jusqu’au foie » (en caractères gras par mes soins), détaille Eric Houdeau, du Centre de recherche en toxicologie alimentaire, un laboratoire de l’Inra, organisme dont les travaux ont été publiés vendredi. Leurs résultats témoignent d’un rôle « initiateur » et « promoteur », d’un début de cancérogenèse colorectale, selon un communiqué de l’Inra. Plusieurs précisions s’imposent. L’effet lié à l’absorption de dioxyde de titane – le nom savant de l’E171, composé à 45 % de nanoparticules – au travers de cette expérience ne vaut que pour le rat. En outre, « nous nous sommes limités au stade précoce, ce qui empêche d’extrapoler jusqu’au stade tumoral. Entre les deux, il y a beaucoup d’étapes », prend soin d’indiquer Fabrice Pierre, directeur de recherches à l’Inra.

En d’autres termes, rien ne permet de dire que l’E171 expose l’homme à un risque de cancer. Mais l’étude de l’Inra n’affirme pas non plus le contraire. En tout état de cause, « ses résultats vont justifier une étude de carcinogenèse, selon les lignes directrices de l’OCDE », poursuit Fabrice Pierre. Il s’agira, cette fois, d’observer des groupes de 100 rats sur une échelle de temps de deux ans, comme le prévoient les standards internationaux.

Onde de choc

Sans attendre, les ministères chargés de l’Économie, de la Santé et de l’Agriculture ont fait savoir, vendredi, qu’ils saisissaient conjointement l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Mission : « déterminer si l’additif alimentaire E171 présente un éventuel danger pour les consommateurs ». Le dossier ne peut être pris à la légère. « Les niveaux d’exposition vont de 1 à 10 milligrammes/kilo/jour », indique Eric Houdeau. Une échelle de valeur dont les enfants occupent les plus hauts barreaux. Surtout les plus jeunes, très consommateurs de confiseries et qui ont tendance à avaler le dentifrice lors du lavage des dents. Sans faire l’effet d’une bombe, l’étude de l’Inra a produit une onde de choc sur l’industrie agroalimentaire. L’entreprise Verquin Confiseur, qui produit des bonbons Têtes Brûlées, s’est s’engagée à ne plus utiliser de dioxyde de titane dans la fabrication de l’ensemble de ses sucreries. « Après Lutti, Verquin Confiseur est la seconde entreprise à modifier ses recettes afin d’exclure les dioxydes de titane », s’est félicitée l’ONG Agir pour l’Environnement. La semaine dernière, cette association a établi une liste de 200 produits pouvant contenir des nanoparticules.

Joël Cossardeaux, Les Echos

Naturellement je ne me suis pas abaissé à perdre mon temps pour rechercher la source, c’est-à-dire l’article scientifique ( ? ) qui relate ces expérimentations car il me paraît clairement qu’il s’agit d’anti-science : 4 rats sur 11 soumis à quelle quantité d’oxyde de titane pendant 100 jours et ayant développé des problèmes digestifs ? Eric Houdeau est tout simplement un escroc, un de plus, tout comme Séralini, payé par les contribuables français. C’est scandaleux d’oser faire de la publicité avec ce type d’expérience et surtout d’alerter les Ministères concernés par la santé et l’agriculture. Je savais que l’INRA était un nid d’écolos en mal de sensationnel mais cette fois la limite de l’honnêteté scientifique a été largement dépassée et pas seulement dans les domaines de l’alimentation, des plantes génétiquement modifiées, des pesticides et de la santé mais aussi dans le cadre de bien d’autres sciences, je pense en particulier à la science climatique et à l’environnement. Comme le disait si bien Carl Sagan que j’ai cité dans un billet précédent, on s’achemine vers un obscurantisme alimenté par le fameux et fumeux principe de précaution qui a été « inscrit dans le marbre de la Constitution » et chaque fois que des pseudo-scientifiques relatent des expériences bâclées que font les politiciens ? Il taxent, il interdisent, ils modifient les lois pour le supposé bien-être et la sécurité des citoyens gogos qui les croient sur parole. On va certainement taxer le dentifrice à pâte blanche, ben voyons, puisqu’il contient de l’oxyde de titane … Bienvenue dans un monde cent pour cent écologique !


Source : http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0211714108032-linra-en-alerte-sur-leffet-dun-additif-alimentaire-2059102.php#WPOmUjxMbDZMsd8z.99

Même à l’INRA (France) il y a des activistes anti-OGMs !

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En France la recherche universitaire financée par les contribuables doit être pure, sans taches, exemplaire, en un mot déconnectée de toute relation avec l’industrie. Qui dit connexion avec des industriels dit donc conflit d’intérêt puisque la philosophie de la recherche fondamentale française doit rester indépendante de l’industrie mercantile. C’est en tous les cas la position des caciques des organismes comme le CNRS, l’INRA ou l’INSERM, des organisations étatiques contrôlées par des idéologues rétrogrades qui en ce XXIe siècle n’ont toujours pas compris que la recherche pure et dure n’avait aucun avenir sinon au sein de grandes institutions internationales comme le CERN qui a investi des dizaines de milliards de dollars dans un engin monstrueux de recherche strictement fondamentale à la recherche du boson de Higgs ou des raies spectrales de l’antiproton. Tout le monde s’en moque et le boson de Higgs ne changera pas le quotidien de l’homme de la rue.

Dans les laboratoires de recherche universitaires français c’est toujours la plus rétrograde des idéologies qui persiste. Il ne faut pas fricoter avec les industriels, c’est mal vu, c’est déontologiquement répréhensible. C’est ce que viennent de dénoncer des « chercheurs » de l’INRA de Nice : une collusion flagrante entre l’industrie et la recherche. Ils – le dénommé Thomas Guillemaud en tête, directeur du laboratoire Agrotech de Sophia-Antipolis – dénoncent la « collaboration » contre nature entre les chercheurs en agro-biologie et l’industrie en se focalisant sur les plantes génétiquement modifiées pour exprimer la toxine Bt, un sujet que j’ai à de nombreuses reprises abordé dans ce blog.

J’ai moi-même, en tant que chercheur au CNRS été traité de « collabo » par mes collègues universitaires quand j’ai osé accepter de travailler au sein du laboratoire de transgénèse végétale du Groupe Rhône-Poulenc. J’ai bénéficié du confort incroyable des équipements et des crédits alloués pour pouvoir poursuivre mes travaux sur par exemple la biosynthèse des vitamines dans les plantes, un sujet qu’il aurait été hors de question d’aborder dans un laboratoire universitaire en raison du coût exorbitant de ces recherches.

Il s’est trouvé que je me suis retrouvé en conflit avec le département marketing de RPA (Rhône-Poulenc Agrochimie) lorsque j’ai découvert fortuitement le mécanisme d’action alors inconnu d’un pesticide qui constituait une part substantielle des revenus de cette société. À l’époque le CNRS m’a interdit de publier les résultats de mes travaux alors que j’étais tenu de prouver par mes publications scientifiques que je travaillais activement … J’étais membre du personnel du CNRS et je travaillais dans un centre de recherche privé, je devais donc respecter les règles de confidentialité de l’industriel, rien de plus normal.

Thomas Guillemaud s’insurge dans un article paru dans le journal PlosOne du fait que de nombreux scientifiques impliqués dans la transgénèse végétale soient financés par l’industrie. Ce monsieur est complètement en dehors de la réalité, c’est un idéologue rétrograde, probablement affilié à Greenpeace ou je ne sais quelle autre organisation écolo opposée aux OGMs. C’est tout simplement déplorable de lire un tel pamphlet pourtant publié dans une revue à comité de lecture de portée internationale …

Source : La Tribune de Genève (illustration) et PlosOne, doi : 10.1371/journal.pone.0167777

Note : pour rappel le Groupe Rhône-Poulenc, un des fleurons de l’industrie française, leader mondial dans de nombreux domaines de la chimie fine (je pense aux terres rares) ou de la biologie a été démantelé et vendu par appartements par Monsieur Jean-René Fourtoux en raison des conséquences désastreuses de sa nationalisation par François Mitterand. Aujourd’hui il n’y a plus de chimie française, il n’y a plus d’industrie textile française quant à l’agrochimie française qui était leader mondial dans son domaine, elle a disparu au profit de Bayer …

Le réchauffement climatique a bon dos, mais pas toujours, heureusement

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Au cours des trente dernières années l’amélioration des rendements des grandes cultures a été spectaculaire pour trois raisons, d’abord la sélection intense de cultivars adaptés aux conditions climatiques régionales et à la diversité des sols, puis l’utilisation tout aussi intense d’engrais et enfin les traitements adaptés de plus en plus finement avec des pesticides. Les rendements par hectare, par exemple du blé ont vu leur accroissement tripler. Pour le blé les rendements sont passé de 3,3 tonnes (moyenne mondiale) par hectare à 10-11 tonnes durant cette période. Force est de constater que ces rendements ont atteint une limite qui ne pourra être repoussée qu’avec l’apparition de nouveaux hybrides. Or la mise au point d’un cultivar peut s’échelonner sur de nombreuses années. On ne doit donc pas attendre d’amélioration sensible des rendements des grandes cultures vivrières à l’avenir.

Quoiqu’il en soit cette stagnation des rendements a attiré l’attention de scientifiques supposés honnêtes car la population de la planète continue à augmenter et à terme des problèmes de disponibilité en nourriture pourraient inévitablement apparaître. Quoi de plus tenant, dès lors d’imputer cette stagnation des rendements des cultures au … changement climatique ! Pour rester dans les limites de l’honnêteté scientifique les auteurs de l’étude parue dans les PNAS ont développé un modèle d’analyse statistique de données provenant du monde entier afin de faire la part objective entre la pause des rendements attribuable au changement climatique et celle qui a d’autres origines. Les scientifiques de l’Université de Stanford ont ainsi pu évaluer que l’on peut sans ambiguïté attribuer au changement climatique une baisse de rendement de 2,5 % pour le blé et 3,8 % pour l’orge en Europe par contre, ce même changement climatique aurait été bénéfique pour les rendements du maïs et de la betterave à concurrence de 0,3 et 0,2 % respectivement. Il faut faire preuve d’admiration devant la précision qui ressort de ces analyses statistiques ! Comme les auteurs de l’étude ont été surpris par ces résultats de très faible amplitude ils ont ajouté qu’après tout ce n’étaient que des moyennes et que dans certaines régions d’Europe les récoltes avaient lourdement souffert du réchauffement climatique comme par exemple en Italie où les chutes de rendement ont atteint, dans certaines régions (mais heureusement pas toutes) jusqu’à 5 %. Globalement, selon les auteurs de l’étude, le changement climatique serait responsable à hauteur de 10 % de la stagnation des rendements.

Un autre facteur contribuant à ce plafonnement des rendements agricoles est la modification de la politique agricole européenne qui ne distribue plus de subventions liées à la production mais privilégie l’agriculture « verte », en d’autres termes cette politique favorise les mesures écologiques comme la réduction de l’usage des engrais et des pesticides. Pas étonnant que les rendements stagnent ou chutent ! Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint de l’INRA (Institut National (français) de la Recherche Agronomique) n’y va pas par quatre chemins, en écolo convaincu qu’il est : « Je suis surpris que ces calculs, réalisés par une excellente équipe de recherche, ne pointent pas vers un rôle plus important du réchauffement ( …) ». On est prévenu, l’INRA fait dans l’écologie politique, peu importe que la qualité des travaux scientifiques réalisés dans cet organisme en pâtisse. L’IPCC de son côté indiquait dans son dernier rapport que les chutes de rendement des cultures en raison du réchauffement climatique atteindraient 2 % par décennie. Annelie Holzkaemper, de l’institut fédéral suisse de recherche agronomique Agroscope à Zürich, en rajoute une couche dans le registre écolo en déclarant, je cite : « L’existence de seuils de basculement est à craindre. Par exemple l’impact du réchauffement sur la production de blé pourrait être catastrophique si la température dépassait les 29°C durant la période de floraison de cette céréale, ce qui aurait pour effet de la stériliser ». Vingt-neuf degrés, au début du mois de mai ! Comme elle y va …

En conclusion, quand des scientifiques ont l’honnêteté de publier un article qui ne fait pas la part belle au changement climatique ils sont immédiatement critiqués par des confrères pourris par les idées écologistes et les rapports de l’IPCC dont la valeur scientifique n’a d’égale que celle du papier recyclable.

Source : inspiré d’un article paru dans Le Temps

Les OGM attaquent … les moustiques, pour les dézinguer !

Après le lamentable épisode de l’amnistie sans suite du faucheur de porte-greffes de la vigne génétiquement modifiés par l’INRA avec les impôts des contribuables, faut-il le rappeler, pour résister au virus du court noué, un fait relaté par Contrepoints (voir le lien en fin de billet), va-t-il falloir assister encore une fois à la démonstration de l’obscurantisme ahurissant des écologistes avec le moustique transgénique mis au point pour tenter de combattre la malaria ? Depuis l’interdiction du DDT préconisée par les écologistes il y a plus de 40 ans la malaria a tué peut-être 100 millions de personnes, c’est le tribut payé pour satisfaire les exigences des écologistes qui prétendaient sans aucune preuve à l’appui que le DDT pouvait décimer le plancton, être à la longue cancérigène ou encore favoriser l’apparition de super-moustiques résistants au DDT et donc à tous les autres insecticides puisque ce produit était le seul efficace contre ces insectes volants. Pour l’anecdote il faut rappeler que le développement immobilier des côtes de l’Hérault et de l’Aude depuis la Camargue jusqu’à Perpignan, infestées de moustiques et réservées aux aventureux dans les années 50 et 60 ont été nettoyées à l’aide de DDT utilisé en quantités massives. Sans ce produit la Grande-Motte, pour ne citer que cet exemple, n’existerait pas. Oh, je sais, cette éradication des moustiques a favorisé le tourisme de masse et enrichi les promoteurs, un combat contre la nature qui a enrichi les riches, c’est ce que les écolos vous balanceront dans les dents si vous osez argumenter contre l’ineptie de l’interdiction du DDT. Si vous voulez plus de détails allez sur ce site : http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-ecologie-morts-tome1-123841920.html .

Mais revenons à ces moustiques vecteurs de la malaria et de bien d’autres maladies parasitaires et virales qui tuent en gros un million et demi de personnes dans le monde chaque année. Pas de quoi s’alarmer, la planète est surpeuplée, la nourriture va manquer, les combustibles fossiles aussi, autant laisser mourir un million d’enfants (qui ne se reproduiront pas) chaque année, c’est bon pour l’avenir de l’humanité. 

C’est en résumé l’idéologie des écologistes et ça fait peur parce qu’ils ont pour mission de répandre la peur par tous les moyens.

Une équipe de biologistes de l’Imperial College à Londres a entrepris pourtant, malgré les efforts des écologistes pour dissuader ce genre de recherche, de modifier génétiquement des moustiques de l’espèce Anopheles gambiae, le principal vecteur de la malaria pour rendre leur descendance majoritairement mâle. Horreur et damnation, il s’agit de manipulations génétiques ( doi: 10.1038/ncomms4977 (2014) ) ! Mais si l’on oublie l’aspect polémiste de cette approche car il s’agit tout de même de lâcher dans la nature des insectes génétiquement modifiés, c’est bien pire que de planter des porte-greffes de vigne résistants au court noué parce que les moustiques ça vole et ça peut répandre de mauvais gènes alentour, il faut reconnaître que cette approche pour combattre la malaria est porteuse d’immenses espoirs quoi que puissent en penser les écolos !

Il est très intéressant d’exposer l’approche adoptée par les biologistes de l’Imperial College car elle pourrait être appliquée à bien d’autres insectes ravageurs notamment des cultures, justement. Dans le principe, il s’est agi de faire en sorte que les femelles, après fécondation, produisent une descendance majoritairement mâle. Le moustique, comme l’homme, possède s’il est mâle un chromosome sexuel X et un chromosome sexuel Y et la femelle possède deux chromosomes X. Lors de la méiose, c’est-à-dire la réduction de moitié du nombre de chromosomes pour produire les gamètes, la femelle aura toujours un chromosome X et si par un moyen quelconque on arrive à détruire le chromosome X du mâle tout en préservant son chromosome Y, alors la descendance sera inévitablement un mâle. C’est cette approche conceptuelle qu’ont choisi Nikolai Windbichler et Andrea Crisanti, les principaux auteurs de cette étude, pour faire en sorte que la descendance du moustique soit majoritairement des mâles qui, entre parenthèses, ne piquent pas et se contentent de butiner quelques fleurs pour se nourrir.

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L’astuce a consisté à introduire le gène d’une endonucléase existant dans un lichen (voir la photo ci-dessus, Wikipedia), il fallait l’imaginer, appelé Physarium polycephalum, peu importe le nom scientifique, un enzyme qui coupe spécifiquement un morceau d’ADN présent uniquement sur le chromosome X et l’action ce cet enzyme appelé « I-Ppol » détruit le chromosome X. Pour les femelles, il y a une chance sur deux que l’un des chromosomes X disparaisse lors de la méiose, mais pour le mâle, c’est sans appel, puisque le chromosome Y n’est pas affecté alors la descendance sera exclusivement constituée de mâles. Le tour est joué ! Si on entre dans le détail des travaux réalisés pour atteindre ce résultat on est carrément émerveillé car il s’agit de vraie science au niveau moléculaire et non pas de pseudo-science frelatée à la Séralini. Il a fallu modifier l’endonucléase proprement dite en modifiant son gène afin d’allonger sa durée de vie et son affinité pour la portion d’ADN du chromosome X qui devait être attaquée en se basant sur la structure tridimensionnelle de la protéine en déterminant ainsi quel aminoacide devait être changé pour atteindre ce but. A chaque aminoacide correspond un codon de trois lettres dans l’ADN codant pour la protéine et pour atteindre le but recherché il y a un moyen simple mais tout de même complexe consistant à procéder à ce que l’on appelle de la mutagenèse dirigée et d’observer quelles sont les nouvelles propriétés de l’enzyme modifié produit dans un système bactérien approprié. Finalement ces travaux qu’on peut qualifier de somptueux et nobélisables ont permis d’obtenir un enzyme qui résiste à la chaleur, jusqu’à 54 degrés et présente une affinité trente fois supérieure à celle de l’enzyme non modifié génétiquement pour le site particulier de l’ADN du chromosome X du moustique qu’il aura pour mission de tout simplement détruire. Le résultat est incroyablement banal puisqu’il a fallu atteindre deux modifications ponctuelles de l’enzyme, de la leucine 111 en alanine et du tryptophane 124 en leucine, et pas plus que ça …

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Naturellement il a fallu ensuite introduire ce gène modifié dans le patrimoine génétique du moustique pour arriver au résultat escompté. Sans entrer dans les détails, les curieux peuvent toujours aller cliquer sur le DOI inséré plus haut ou le lien en fin de billet, le gène a été introduit conjointement avec une construction comportant une protéine fluorescente (eGFP) à l’aide d’un promoteur de la tubuline beta-2. C’était pour faire simple … Toujours est-il que les résultats sont sans appel comme l’indique le graphique ci-dessous :

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En noir figure le contrôle avec des mâles normaux et des femelles normales et l’apparition des femelles dans la descendance et en rouge la même évolution de la densité de femelles avec des mâles génétiquement modifiés. Et si on s’intéresse aux œufs le résultat est encore plus évident :

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Après trois générations il ne reste pratiquement plus de femelles et le nombre d’oeufs atteint presque zéro, normal puisqu’il n’y a pratiquement plus de femelles ! Ces travaux d’une sophistication extrême ont donc consisté à créer une distorsion de la fonction sexuelle au niveau chromosomique par introduction d’une nouvelle activité enzymatique qui a pour objectif une stérilisation de l’espèce en orientant la descendance uniquement vers les mâles par destruction spécifique du chromosome X des mâles. Pour l’anecdote cet enzyme dont il est question utilise des atomes de zinc comme cofacteurs pour fonctionner correctement et ce travail, au final, permettra peut-être de « dézinguer » ces sales bêtes qui me rappellent à leur bon souvenir chaque fois que j’ai une crise de malaria.

http://www.contrepoints.org/2014/06/10/168400-faucheurs-de-porte-vigne-transgeniques-de-colmar-christian-velot-porte-parole-de-lobscurantisme

http://www.nature.com/ncomms/2014/140610/ncomms4977/full/ncomms4977.html#supplementary-information