Le paradoxe français

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Durant de nombreuses années et dès le début des années 1970 la population occidentale a été soumise à une propagande organisée par le lobby de l’industrie agro-alimentaire essentiellement nord-américain qui consistait à créer et maintenir la peur des graisses animales. Sans vraiment de preuves scientifiques avérées les graisses animales furent déclarées nocives car elles provoquaient des accidentes cardio-vasculaires. Il était en effet de toute première importance d’assurer de confortables revenus aux producteurs d’huiles végétales. L’industrie sucrière promut dans le même temps les bienfaits du sucre. Les progrès concomitants de l’industrie permirent d’élaborer des sirops enrichis en fructose provenant du traitement de l’amidon de maïs, une matière première très peu coûteuse qui ne demandait qu’à être valorisée pour réaliser des profits monstrueux. De même apparurent les huiles partiellement hydrogénées qui constituent un non-sens physiologique de par leur dangerosité.

Il en résulta l’épidémie maintenant presque planétaire – du moins dans les pays développés, y compris la Chine – de l’obésité et de toutes les pathologies qui y sont liées. Et pourtant l’industrie agro-alimentaire ignora sciemment des études antérieures qui avaient montré sans la moindre contestation possible que les graisses animales n’étaient pas mauvaises pour la santé. Des travaux présentés le 5 avril 1957 à un meeting de l’American Epidemiological Society à Albany dans l’Etat de New-York indiquaient clairement que l’incidence de maladies cardio-vasculaires était proportionnelle à la richesse en graisses animales de l’alimentation étudié par pays mais que la France était une exception : l’ « exception française » qui fut par la suite attribuée au resveratrol présent dans le vin rouge. Nous allons y revenir.

Les graisses animales comprennent le saindoux, la graisse de porc et également le beurre, le fromage et les oeufs qui sont classés dans cette catégorie par la FAO, organisme onusien basé, je crois, à Rome. Pour justifier l’exception française partagée par plusieurs pays du nord de l’Europe le lobby de l’agro-alimentaire organisa des études sur le resveratrol pour expliquer, au moins, l’exception française. Il est rapidement apparu, au cours d’études subséquentes, que pour qu’un effet significatif du resveratrol sur les artères coronaires soit identifié il fallait boire au minimum 6 litres de vin rouge par jour ! Cette simple constatation révéla la supercherie organisée par le lobby de l’industrie agro-alimentaire.

Aujourd’hui la santé des populations se dégrade avec l’ingestion massive de sucres et de graisses végétales partiellement hydrogénées dont la toxicité pour le métabolisme est pourtant reconnue, faut-il le répéter : la margarine est tout simplement toxique pour la santé. Revenir en arrière et faire amende honorable semble être une démarche impossible tant pour les organismes internationaux que pour les gouvernements. Et pourtant quoi de meilleur que des pommes de terre coupées en cubes et cuites dans du beurre, du saindoux ou de la graisse de porc comme ma mère avait coutume de le faire presque chaque jour dans une coquelle de fonte. O tempora, O mores.

Source et illustration : J. Yerushalmy et H. E. Hilleboe (Université de Berkeley), New-York State Journal of Medicine, 1957, pp. 2343-2352 via le blog de Donna Laframboise

Réhabilitons le beurre !

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À l’heure où certains gouvernements (que je ne nommerai pas) envisagent de taxer les produits alimentaires contenant de l’huile de palme ou des dérivés de cette dernière et alors qu’au même moment des directives issues de je ne sais quels comités « ad hoc » recommandent vivement d’éviter les graisses alimentaires riches en acides gras saturés, une catégorie dont fait partie l’huile de palme, le manque d’évidence d’effets délétères sur la santé de l’huile de palme – non hydrogénée – a conduit un grand nombre de scientifiques à reconsidérer les effets des acides gras saturés sur la santé humaine.

Il est convenu que les acides gras « trans » apparaissant fatalement lors de l’hydrogénation partielle des huiles végétales contenant des acides gras mono- ou poly-insaturés sont toxiques pour la santé et en particulier constituent un facteur aggravant les maladies cardiovasculaires. Cette pratique industrielle devrait tout simplement être formellement interdite. Or une telle décision concernant la santé publique est d’ordre politique et se heurte au lobby puissant des industriels de la malbouffe. L’hydrogénation des acides gras issus des huiles végétales a pour seul effet de mieux conserver les aliments sans qu’ils rancissent. Il s’agit donc d’un argument purement économique ! Tant pis pour la santé des consommateurs …

Quand j’étais enfant ma mère faisait la cuisine avec du beurre et éventuellement de la graisse de porc. Nous faisions notre beurre avec du lait de vache cru passé à l’écrémeuse manuelle à plateaux coniques et l’étape suivante était la vieille baratte en bois pour récupérer sur les palettes du battoir le beurre dont l’odeur rappelait celle des fleurs des champs. Depuis cette époque le beurre a été remisé au rang des produits dangereux sous prétexte qu’il contient trop d’acides gras saturés et que c’est mauvais pour la santé …

Une méta-étude vient de paraître dans le journal scientifique PlosOne (voir le lien, en accès libre) concernant ces supposés effets toxiques du beurre sur la santé humaine. Neuf bases de données ont été analysées par deux groupes indépendants de biologistes afin de minimiser les erreurs tendancieuses d’interprétation. Elle a concerné au total 636151 personnes de 15 pays différents. Au cours des études il y eut 28271 décès dont 9783 à la suite d’accidents cardiovasculaires et 23954 cas de diabète. Il est apparu que l’ingestion quotidienne moyenne de 14 g de beurre (une grosse cuillère à soupe) n’avait aucune incidence sur les maladies cardiovasculaires ni sur les accidents coronariens ni encore sur les accidents vasculaires cérébraux et qu’elle ne pouvait pas être corrélée avec les autres causes de décès. Cette ingestion quotidienne de beurre diminuait en outre l’apparition de diabète de type 2 quoique modestement.

Si les acides gras saturés (60 % du total des acides gras du beurre) augmentent la teneur sanguine en LDLs bien d’autres effets bénéfiques du beurre doivent être pris en compte pour réhabiliter l’usage de cette matière grasse en cuisine et pas seulement sur les toasts au petit-déjeuner. Le beurre et les autres produits lactés, yaourts et fromages inclus, ont de nombreux effets appréciables sur la santé générale qui annihilent le soit-disant effet sur l’augmentation des LDLs circulantes. En forme de conclusion il faut oublier les recommandations des autorités sanitaires soumises aux lobbys des industriels de la malbouffe et réhabiliter l’utilisation du beurre dans la cuisine de tous les jours !

Source : http://dx.doi.org/10.1371/journal.pone.0158118

Manger des yaourts, bénéfique pour la santé ? Non, aucun effet !

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Malgré le battage médiatique et marketing du bienfait de la consommation régulière de yaourts, alors qu’aucune étude sérieuse n’a jamais été réalisée par aucune des grandes sociétés de l’agro-alimentaire qui commercialisent des centaines de yaourts de toutes les couleurs et pour tous les goûts, il se trouve qu’une équipe d’empêcheurs de tourner en rond s’est penchée sur la question et la réponse est sans appel, manger un yaourt par jour voire plus ne présente aucun effet bénéfique pour la santé physique ou mentale.

L’étude exhaustive a été conduite par une équipe de la faculté de médecine de l’Université autonome de Madrid dirigée par le Docteur Esther Lopez-Garcia sur 4445 personnes âgées de 18 ans et plus pendant près de 4 ans consommant au moins un yaourt par jour, entre 1 et 5 par semaine ou aucun yaourt. Tous les sujets étudiés étaient en bonne santé, non fumeurs et leur régime alimentaire était de type « méditerranéen ». Des tests variés ont été effectués sur ces personnes pour déterminer leur état de santé général ainsi que pour évaluer leur bien-être psychologique selon des critères internationalement reconnus tels que le SF-12 Health Survey ( http://en.wikipedia.org/wiki/Quality_of_well-being_scale ). Le résultat est tombé tel un couperet : « La consommation régulière de yaourts n’a aucun lien direct ou indirect avec la qualité de vie liée à la santé (HRQL ou Health Related Quality of Life) ».

Le yaourt enrichi en bactéries lactiques variés et entrant dans la catégorie des probiotiques est donc (encore une fois) une grosse arnaque commerciale nullement étayée par une quelconque étude scientifique sérieuse en dehors de vagues présomptions largement diffusées par les professionnels du secteur. Le lait entier constitue en lui-même un apport de calcium et de vitamines et le yaourt n’apporte aucun avantage intrinsèque sinon au niveau des profits réalisés par le secteur industriel concerné. Il serait grand temps que les régulateurs et les instances gouvernementales évaluent à l’aide de critères objectifs et indépendants les diverses propriétés des aliments sur la santé et ceci scientifiquement selon les directives de l’AFSA (no. 1924/2006). En effet, toutes les études, fragmentaires et incomplètes relatives aux bénéfices du yaourt et des probiotiques lactés sur la santé ont été financées par des parties professionnellement concernées. Quand on sait qu’un kg de yaourt coûte au détail entre 4 et 9 fois plus qu’un litre de lait, on saisit vite l’intérêt commercial de ces promotions mensongères …

Bon appétit !

Sources : http://www.agenciasinc.es/en , DOI: 10.1016/j.jand.2014.05.013 , illustration Wikipedia

Encore une bonne occasion de parler de malbouffe …

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L’industrie agroalimentaire parfaitement organisée pour réaliser le maximum de profits sur le dos des producteurs et au détriment de la santé des consommateurs maitrise parfaitement les techniques qui permettent de présenter au consommateur des aliments agréables au regard et au goût indépendamment de la qualité intrinsèque de ces derniers. Un des points les plus représentatifs de la dangerosité de la malbouffe industrielle est l’usage inconsidéré et sans aucun contrôle des graisses partiellement hydrogénées, un terme pudique pour dissimuler un processus industriel destiné à réduire le rancissement des graisses ajoutées dans un nombre impressionnant de plats préparés et précuits proposés aux accros du plat TV ou de la cuisine vite faite en fermant les yeux.

Or il se trouve que l’hydrogénation partielle des graisses et autres huiles fait apparaître des acides gras que l’organisme ne peut pas prendre en charge car ils sont artificiels et n’existent que très rarement dans les aliments naturels comme le lait ou les graisses animales. L’utilisation intensive de ces triglycérides essentiellement d’origine végétale que ce soient les huiles de colza, de coton, de soja, de tournesol ou de palmier à huile, le plus souvent mélangées avant ou après hydrogénation fait que quelques soient les législations adoptées, il existe toujours un risque pour la santé. Et un très gros risque !

L’équipement enzymatique dont nous disposons au niveau du foie et qui permet de dégrader les acides gras ne sait pas prendre en charge les acides gras « trans » et ceux-ci finissent par s’accumuler inexorablement dans le tissu adipeux « blanc », les artères, le foie, le mésentère et créent des réactions inflammatoires au niveau tant du cerveau que des reins, du pancréas ou des poumons. Un risque majeur pour la santé qu’on ne découvre que maintenant que le mal est irréversiblement visible par l’augmentation du nombre de personnes en surpoids ainsi que de celui des maladies cardiovasculaires et des diabètes de type 2 en constante augmentation et directement liés au surpoids et à l’obésité.

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L’industrie agroalimentaire a donc choisi de tuer les consommateurs pour réaliser encore plus de profits, c’est tout simplement révoltant.

Si vous êtes tentée, madame, d’acheter sur le linéaire de votre supermarché une huile étiquetée « huile végétale » sans autre indication, abstenez-vous car il y a danger. Si vous avez l’intention d’acheter un sachet sous plastique de chips abstenez-vous également car il y a presque 100 % de chances que ces frites aient été cuites avec de l’huile hydrogénée. Si vous avez l’intention de convier festivement vos enfants au McDo du coin, abstenez-vous également car les frites ont été selon toute vraisemblance précuites avec de l’huile hydrogénée. Le hamburger dont se goinfrera votre enfant innocent contiendra aussi des acides gras hydrogénés et le ketchup du sirop de maïs, mais là c’est une toute autre histoire … Enfin si vous décidez, cerise sur le gâteau, d’offrir à vos chères têtes blondes des pâtisseries à la boulangerie du coin il y a presque cent pour cent de chances que ces dernières aient été préparées avec des huiles partiellement hydrogénées.

Le moindre biscuit, n’importe quelle barre chocolatée, n’importe quel Kinder, sans parler du Nutella, contiennent des acides gras partiellement hydrogénés, si on est un adepte de la facilité et donc de la malbouffe on ne peut pas y échapper et les industriels, sciemment, empoisonnent des centaines de millions de consommateurs dans le monde entier.

Toutes les études réalisées sur les effets toxiques variés des acides gras « trans » convergent en ce sens qu’elles favorisent les maladies cardio-vasculaires, le surpoids et l’obésité, les réactions inflammatoires avec l’apparition du diabète de type 2, les cancers colorectaux, du sein et des ovaires et peut-être les maladies neurodégénératives. Malgré les mises en garde réitérées d’organismes comme la FDA aux USA ou la European Food Safety Authority qui dès 2004 a alerté les autorités sanitaires des pays de l’Union du danger des acides gras partiellement hydrogénés, rien, absolument rien n’a été modifié ! Les écologistes réclament un étiquetage « sans OGM » ou « bio » mais ils ont oublié que la présence d’acides gras hydrogénés était infiniment plus préjudiciable à la santé des consommateurs et ils se sont bien gardés d’exiger également un étiquetage spécifiant l’absence de ces acides gras. En effet, les intérêts économiques sont immenses et un tel étiquetage risquerait de provoquer une profonde crise de l’ensemble de l’industrie de l’alimentation en général. La puissance des lobbys de l’agro-alimentaire tant en Europe qu’outre Atlantique dépasse l’imagination et dépasse également les velléités de réglementation que tentent d’imposer les écologistes qui, faut-il encore le constater avec amertume, s’obstinent dans des combats totalement inappropriés et surannés …

Source open access : http://jaha.ahajournals.org/content/3/4/e001195.full