Turquie et Indonésie, étrange similitude

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Le Tribunal International de la Haye vient de reconnaître – enfin – la complicité des USA, de la Grande-Bretagne et de l’Australie dans les massacres à grande échelle, plus de 500000 morts qui furent passés par les armes après des incarcérations arbitraires, à la suite de la tentative de coup d’Etat fomentée le 30 septembre 1965 par l’armée et dirigée contre le Président Sukarno. Le chef de l’armée, le général Suharto, devint ensuite président de l’Indonésie en 1968 alors que Sukarno se retrouva fragilisé par ces exactions sanglantes. Les données « officielles » mentionnent un demi-million de morts, essentiellement des soit-disant communistes, mais des organisations non gouvernementales ont affirmé à l’époque que près de trois millions de personnes furent massacrées sans état d’âme.

Les récents évènements de Turquie ressemblent étrangement à ce qui se passa en Indonésie. La communauté internationale va-t-elle rester muette et immobile devant la gigantesque purge qui s’organise maintenant en Turquie. Pêle-mêle des étudiants, des professeurs d’université, des magistrats, des juges, des politiciens « hostiles » à Erdogan, des militaires, des Kurdes bien sûr, l’occasion est trop bonne, mais aussi des hommes et des femmes de la rue vont être massacrés ou parqués dans des camps pour y mourir de mort lente au soleil comme on fait sécher les abricots. Les Américains qui possèdent des bases militaires où se trouvent plus de 60 fusées à tête nucléaire vont-ils laisser Erdogan massacrer ses concitoyens alors qu’ils sont les chantres de la liberté et de la démocratie ? Ils ont sinon favorisé du moins toléré les massacres indonésiens au nom de la démocratie, vont-il faire de même en Turquie en soutenant le dictateur Erdogan dans son entreprise d’installation d’un pouvoir totalitaire ?

Source partielle : informationclearinghouse Image d’archive de la répression à Djakarta.

Chronique tokyoïte # 2

Le Japon manque cruellement d’infirmières et d’aide-soignantes. Et l’assistance à la personne, à domicile, est aussi en grand déficit car traditionnellement les Japonais sont réticents quand il s’agit d’avoir du personnel domestique rémunéré. Ce qui n’est pas le cas en Espagne, pays où des dizaines de milliers de jeunes sud-américaines sont venues s’installer dans des familles pour s’occuper de la vieille aieule qui ne peut plus sortir dans la rue sans aide manuelle ou qui n’a plus la force de manger seule. Le Japon, depuis 2009, a favorisé l’arrivée de jeunes ressortissantes des Philippines et d’Indonésie pour devenir infirmières ou aides médicales à la condition d’avoir acquis plus que des rudiments de japonais. Or quand on sait que le japonais est avant tout une langue parlée, la lecture et l’écriture sont une toute autre affaire, surtout s’il s’agit de décrypter les milliers de caractères chinois (kanji). Pour favoriser l’intégration de ces étrangères en raison du manque cruel de personnel médical, les kanji on été remplacés par des hiragana (l’autre alphabet japonais si on peut employer le mot alphabet) et en leur donnant 30 % de temps supplémentaires pour terminer les épreuves de l’examer leur permettant d’exercer leur métier au Japon. Malgré ces facilités, depuis 2010 le nombre d’infirmières étrangères ayant intégré un poste hospitalier ou auprès d’une famille n’a pas dépassé 150 par an alors que les besoins sont immenses. Il y a plus de cent mille « vieux » japonais sous assistance médicale pour survivre et même si le ministre des finances du nouveau gouvernement a déclaré sans aucune gène qu’il fallait les « débrancher » car cette situation était très coûteuse pour le pays (sic), on se fait une petite idée du besoin en infirmières dans le pays du soleil levant – soleil qui est toujours très froid pour une fin de mois de mars, à mon goût.

D’autres nouvelles dans un prochain billet.

Il n’y a pas que les Français (Froggies en anglais) qui mangent des grenouilles !

 

Les Français mangent 80 millions de grenouilles (des paires de cuisses) par an, on comprend donc qu’il n’y en ait plus une seule dans les étangs de Brière, des Dombes ou du marais Poitevin. D’ailleurs la capture de grenouilles à des fins commerciales est interdite en France depuis 1980 car on s’est rendu compte que l’appauvrissement d’un biotope en grenouilles voyait une prolifération d’insectes et d’autres créatures semi-aquatiques souvent nuisibles. Qu’à cela ne tienne, pour assouvir leur soif de grenouilles, les Français les importent d’autres pays, ce fut en son temps la Hongrie qui exportait ces charmants batraciens vers l’Hexagone, puis quand la population fut décimée, on se tourna vers l’Inde, puis le Bangladesh, mais même causes mêmes effets, rapide disparition des grenouilles et perturbation de l’environnement, surtout dans les rizières. C’est maintenant l’Indonésie qui a pris le relais, un pays où la religion n’interdit pas complètement la grenouille comme aliment « haram » c’est-à-dire interdit de consommation selon le Coran. En fait c’est surtout la minorité locale d’origine chinoise qui se délecte des cuisses du batracien.

Et aujourd’hui, l’Indonésie est le premier exportateur de grenouilles du monde, essentiellement vers l’Europe, ou plutôt la France et le business est lucratif, très lucratif. Si l’on compare le revenu d’un pêcheur de grenouilles de la région de Bogor, jusqu’à un demi million de roupies par jour, soit une quarantaine d’euros, cela représente plus de six fois le salaire minimum pratiqué à Jakarta. Les pêcheurs de grenouilles ne se plaignent pas, du moins pour le moment, car comme en France, en Hongrie, en Inde et au Bangladesh, dans peu d’années, la raréfaction des grenouilles se fera sentir, les sangsues proliféreront ainsi que les tiques et toutes sortes de vers parasites, les rizières deviendront alors dangereuses voire impraticables, la capture des batraciens sera interdite et il faudra que les importateurs français trouvent un autre pays pour approvisionner les restaurants de luxe de Paris car au rythme actuel des captures, il n’y en plus pour très longtemps. Les écolos, en mal d’inspiration, pourraient décider d’interdire la consommation de grenouilles en France pour ne pas menacer les biotopes aquatiques d’Indonésie, mais c’est certainement trop leur demander.

Source : AFP