L’origine du consensus sur le changement climatique d’origine anthropique

Capture d’écran 2018-01-27 à 18.01.01.png

Il faut remonter au début des années 1970 pour comprendre la genèse des thèses défendues par l’organisme onusien en charge du climat – l’IPCC – qui font aujourd’hui force de loi ou du moins mobilisent l’opinion dans le monde entier. La guerre du Yom Kippour provoqua en 1973 l’embargo pétrolier mis en place par les pays de l’OPEP. Ce fut le « premier choc pétrolier » suivi en 1979 d’un second choc lorsqu’advint la révolution iranienne. Ces deux évènements géopolitiques sensibilisèrent l’opinion sur la sécurité et la pérennité des approvisionnements en pétrole. C’est à cette époque qu’émergèrent les premiers travaux universitaires sur le gaz carbonique, un résidu fatal de la combustion des dérivés du pétrole, dont en particulier le carburant pour les automobiles. Le débat se focalisa sur l’éventualité de développer soit le nucléaire soit le charbon pour assurer cette sécurité énergétique. Il apparut donc la nécessité d’identifier les retombées sur l’environnement de la production de ce gaz carbonique provenant du pétrole ou du charbon. Pour que les « laboratoires nationaux » américains puissent bénéficier des subsides du gouvernement il leur fallait imaginer un nouveau programme de recherches. Ce fut la création du GARP – Global Atmospheric Research Program – en 1973 à la suite de la Conférence des Nations-Unies sur l’environnement qui eut lieu à Stockholm en 1972.

Dans les résolutions mises en place lors de cette conférence on retrouve l’ensemble des motivations présentes des Nations-Unies relatives au changement climatique d’origine humaine. Mes lecteurs peuvent consulter l’article de Wikipedia détaillant ces résolutions (https://en.wikipedia.org/wiki/United_Nations_Conference_on_the_Human_environment). Il y était mentionné que la pollution ne devait pas excéder les capacités de l’environnement à s’en accommoder par lui-même. Les préoccupations relatives à l’approvisionnement en pétrole – surtout des USA, faut-il le rappeler ici – conduisirent donc ces laboratoires nationaux américains à orienter leurs travaux relatifs au CO2 et trouver un prétexte pour alimenter leurs laboratoires et rémunérer leurs chercheurs. Le GARP (américain) fit en sorte que les Nations-Unies mettent en place un programme spécifique de recherche sur le climat et ce fut fait lors de la première conférence sur le climat organisée par l’ONU qui eut lieu en 1979 (12-13 février) à Genève. C’est au cours de cette conférence que furent créés l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change, basé à Genève) et l’UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change) qui conduisirent pas la suite au Protocole de Kyoto.

Avant la tenue de cette conférence il fallait absolument trouver une raison pour inclure l’effet du CO2 comme polluant dans la problématique climatique. Ce fut l’occasion de la création de toutes pièces de la plus grande supercherie scientifique de la fin du XXe siècle.

Les préoccupations du GARP n’avaient pas pu établir de lien entre le réchauffement auquel on assistait depuis les années 1940 et le CO2. Ce ne fut que fortuitement que les chercheurs du GARP rapprochèrent l’évolution des températures relevées par les stations météorologiques et l’augmentation du CO2 atmosphérique mais ils n’avaient aucune preuve du lien de cause à effet et il fallait absolument en trouver une sinon en inventer une !

Capture d’écran 2018-01-28 à 10.31.14.png

Faire un tel rapprochement relevait de la même démarche consistant à rapprocher la consommation de fromage par personne au nombre de gens mourant étranglés par leurs draps en dormant (illustration : tylervigen.com ci-dessus). Plus de 40 scientifiques s’intéressant de près ou de loin au climat furent priés de se pencher sur cette question. La plupart de ces éminents membres des plus prestigieux laboratoires universitaires ne purent se mettre d’accord au sujet d’un effet de l’activité humaine sur le climat, en particulier sur un effet du CO2. Seul ou presque dans ce groupe James Hansen, alors spécialiste de l’atmosphère de la planète Vénus au Goddard Observatory de la NASA (GISS), émit l’hypothèse de l’effet de serre du CO2 comme il l’avait formulé au sujet de cette planète dont l’atmosphère est majoritairement constitué de ce gaz. Il réarrangea donc la théorie d’Arrhenius (illustration) sur l’effet de serre, pourtant dénoncée à plusieurs reprises comme étant sans signification scientifique précédemment et par la suite, pour présenter le CO2 comme le principal facteur du réchauffement du climat observé lors des décennies passées.

En effet Hansen rapprocha l’augmentation des températures observée depuis les années 1940 avec l’augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère : on appelle ça une corrélation parasite (spurious en anglais, voir l’illustration ci-dessus) établissant un lien de cause à effet totalement faux.

Inutile de mentionner ce qui se passa à la suite de ces années pionnières : tout fut « bouclé » pour les conférences suivantes sur le climat organisées par les Nations-Unies et les divers rapports entièrement truqués de l’IPCC, du pain béni pour les écologistes et les grands groupes financiers et industriels qui y trouvèrent une occasion unique pour réaliser dans le futur d’immenses profits. À la suite d’une imposture scientifique invraisemblable on se trouve aujourd’hui à l’aube d’un totalitarisme climatique planétaire …

Sources : diverses dont blog de Judith Curry, illustration : Svente Arrhenius (1859-1927)

Homéopathie : la mémoire de l’alcool !!!

3501378546_fbd38f5509_o

L’immense polémique qui surgit en juin 1988 quand Jacques Benveniste osa publier un article dans le périodique scientifique Nature relatif à la mémoire de l’eau n’en finit pas de faire des vagues. On peut dire que cette publication de Benveniste constitue si l’on peut dire l’officialisation  de la fausse-science, on peut dire aussi la scientologie, qui perdure encore de nos jours dans de nombreux domaines. À l’époque le rédacteur en chef de Nature était un dénommé John Maddox. Comme le concept même de « mémoire de l’eau » était – et est encore – une gigantesque imposture scientifique, Maddox n’eut pas besoin d’attendre très longtemps pour voir arriver une avalanche de travaux contredisant ceux de Benveniste. Il en profita tout de même pour écrire un éditorial particulièrement acerbe dénonçant l’imposture de Benveniste. Il est important de rappeler que Benveniste avait obtenu un contrat avec les laboratoires Boiron (leader mondial de l’homéopathie) pour financer ses recherches sur les leucocytes. Inutile d’avoir beaucoup d’imagination pour comprendre que ces laboratoires avaient un immense intérêt à vendre de l’eau au cas où le liquide mémoriserait par dieu seul sait quel mécanisme les substances chimiques qui avaient été initialement mises en solution pour préparer cet échantillon d’eau chimiquement pur après avoir effectué des dilutions d’un facteur 1/10 élevé à la puissance 30 ! Là où l’imposture reprit de l’ampleur c’est quand Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour la découverte du virus du SIDA, apporta son soutien scientifique à Benveniste en 2007 … Cet épisode fâcheux pour Montagnier rappelle les incongruités de Linus Pauling, également nobélisé, qui prétendit que s’administrer plusieurs grammes chaque jour d’acide ascorbique ne pouvait qu’être bon pour la santé … À croire que les Prix Nobel planent sur leur nuage et que tout leur est permis y compris pratiquer de la fausse science.

Cette entrée en matière pour préciser que l’homéopathie, c’est de cette imposture-là dont il s’agit ici, formule des produits chimiques ou des extraits variés de plantes ou d’animaux, y compris des insectes, après des dilutions astronomiques dans de l’eau, de l’eau glucosée ou de l’alcool, à croire que le glucose et l’alcool possèdent aussi cette propriété de mémoire transmise par l’eau ! L’homéopathie n’est pas une science, c’est un commerce frauduleux et extrêmement juteux (voir note en fin de billet). L’homéopathie est-elle efficace ? La réponse est clairement non ! L’homéopathie commercialise des placébos coûteux et pour bien confondre les esprits cette industrie utilise des mots incompréhensibles remontant aux pratiques des alchimistes. Savez-vous ce que vous ingurgitez avec un flacon d’alcool supposé contenir 20CH d’Humulus lupulus ou de Natrum Muriaticum ? Heureusement parce que vous seriez surpris(e). Le Natrum Muriaticum c’est du vulgaire sel de cuisine et l’Humulus lupulus le tout aussi vulgaire houblon qu’on ajoute au malt pour donner sa saveur amère à la bière !!!

Les associations protectrices de la santé humaine ont obtenu l’affichage obligatoire de la présence de produits provenant de plantes génétiquement modifiées. Quid de l’homéopathie qui échappe aux régulations imposées à l’allopathie en termes d’affichage ? C’est le flou artistique. Mais parmi ces médications d’une autre époque il y a une formulation qui possède un réel principe actif : l’alcool. Il existe une préparation homéopathique contenant comme seul principe actif 20 % d’alcool pour combattre la constipation. La boite de 6 ampoules de 2 centilitres coûte 36 dollars et pour ce prix-là on peut s’acheter une bouteille de bonne vodka qui contient le même principe actif ! Pire encore les enfants peuvent se traiter avec cette « préparation » anti-constipation. Pour ma part je préfère le rhum agricole des Antilles françaises …

Si le régulateur exigeait un étiquetage sérieux des produits homéopathiques cette industrie disparaîtrait immédiatement car ses adeptes comprendraient qu’ils sont pris pour de fieffés imbéciles. La résurgence de la pseudo-science n’a pas de limites dans la mesure où elle permet de réaliser des profits à bon compte. Par exemple la firme américaine CVS-Caremark ( investors.cvscaremark.com ) s’est donné pour mission de « réinventer la pharmacie » en commercialisant des produits homéopathiques innovants. J’ignorais qu’on pouvait innover dans la fraude et le mensonge mais la fin justifie les moyens …

Inspiré d’un article paru dans Slate.com

Note : Au cour d’un dîner lyonnais mondain intime, nous n’étions qu’une douzaine de convives, j’ai rencontré Christian Boiron et en tant que biologiste intègre je me suis permis de l’interpeller au sujet de ses activités industrielles plus que douteuses. Il m’a simplement et presque naïvement répondu qu’il gagnait sa vie en vendant des petites billes de glucose colorées, de l’eau et éventuellement de l’alcool à 20 degrés et qu’il se moquait du reste car il employait plusieurs milliers de personnes et qu’à ce titre il était respecté … À méditer.

Où Seralini fait reparler de lui ? au Japon …

fd20130630pba-870x476 

J’avais immédiatement réagi dans mon blog sur les agissements pour le moins douteux du triste Séralini qui confond l’idéologie et la science (voir le lien en fin de billet). Il récidive en ayant finalement obtenu l’approbation des autorités japonaises pour la diffusion de son film torchon, lourdement orienté, comme ses expériences frauduleuses sur le glyphosate, contre les OGM. Mais les Japonais ne se laisseront pas duper, du moins je l’espère, à l’occasion de la sortie de son pamphlet audiovisuel intitulé « Tous Cobayes ? » sur les écrans nippons. Séralini joue-t-il au Japon sur la sensibilité d’une partie de la population, exacerbée par l’accident de Fukushima, pour promouvoir son torchon sur les OGM ? Le journaliste du Japan Times qui a écrit un intéressant article sur ce non-évènement ( http://www.japantimes.co.jp/news/2013/06/30/national/the-media-needs-to-open-discussion-on-gmo-issue/#at_pco=cfd-1.0 ) insiste largement sur le fait que l’étude réalisée par Séralini est totalement faussée et ne tient pas l’analyse pour n’importe quel scientifique digne de ce nom. C’est donc avec une certaine surprise que ce film, sponsorisé par la Criigen et les 3 millions d’euros détournés à des fins idéologiques par le sieur Séralini, sort sur les écrans japonais. Je ne peux qu’exprimer ma surprise. J’en profite pour mettre mes lecteurs Japonais en garde contre cet imposteur qui aurait depuis longtemps dû être rayé des cadres de l’Université ! C’est pire que la controverse sur la mémoire de l’eau de Jacques Benveniste qui publia dans Nature un article prétendant que l’eau gardait en mémoire les ingrédients avec laquelle elle avait été en contact, comme pour justifier une autre imposture qu’est l’homéopathie. Mais dans le cas de Séralini, son action est du domaine de la politique militante, ce qui est bien plus grave sur le plan déontologique …

https://jacqueshenry.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=2000&action=edit&message=6&postpost=v2