La main merveilleuse de la nature

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Comme je l’avais mentionné dans un précédent billet c’est, ici dans l’archipel des Canaries, la pleine saison des fraises et croyez-moi elles sont succulentes ! Dans la barquette d’un demi-kilo m’ayant coûté deux euros cinquante j’ai trouvé deux spécimens que je me suis empressé de prendre en photo avec une règle pour se faire un idée de la taille des fruits. Bon appétit …

Petites aventures personnelles qui pourraient être utiles à mes lecteurs

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Il y a un peu plus de dix ans, au mois de novembre en France et souffrant déjà du froid, je demandai à une de mes soeurs où elle me conseillerait d’aller vivre. Elle me répondit les îles Canaries, c’est l’Europe, c’est calme et il y fait beau presque toute l’année. Comme tout bon citoyen respectueux des lois, à mon arrivée à Tenerife, je suis allé m’inscrire au Consulat de France et j’ai ensuite découvert les arcanes administratives pour pouvoir louer un appartement. Je n’avais jamais eu l’intention d’acheter un logement car à mon âge, un peu plus de 60 ans à l’époque – le montant de ma retraite aurait fait rire un banquier si je lui avais demandé de me prêter de l’argent – je me mis à la recherche de la location d’un petit « meublé ».

Pour louer un logement il faut un compte en banque ouvert dans un établissement bancaire local, c’est compréhensible. Pour ouvrir un compte en banque il faut un papier des services de l’immigration qui dépendent de la Guardia Civile (équivalant de la gendarmerie en France).

Premier problème et de taille qui rend la situation pour le moins kafkaïenne : afin d’ouvrir un compte dans une banque il vaut mieux parler espagnol mais aussi – et surtout – il faut également être en mesure de fournir un certificat de domicile sous forme d’un contrat de location : en quelque sorte le serpent qui se mord la queue. C’est vrai je n’invente rien. Bref, je suis arrivé à un arrangement auprès de la Deutsche Bank chez qui je suis ensuite resté client près de 9 ans. Il m’a fallu plusieurs mois pour que mes organismes de retraite comprennent que ma banque ne se trouvait plus en France mais en Espagne … un autre écueil du parcours du combattant qui se termina par une brève visite obligatoire en France pour aller « physiquement » clore mon compte dans la banque française où était transférée ma retraite, et je n’invente toujours rien !

Ce que le Consulat de France omit de me préciser est d’une importance extrême pour qui désire s’expatrier dans cette contrée climatologiquement parlant accueillante et y résider : il faut aller au centre des impôts déclarer ses revenus chaque année avant le premier avril. Et ignorant totalement ce point de détail j’ai découvert que j’étais passible d’une coquette amende équivalente à environ une année pleine de ma retraite, la rétroactivité étant de 5 ans en Espagne après être allé montrer ma frimousse aux fonctionnaires du fisc local (la Hacienda) étant persuadé depuis 10 ans que je n’étais pas imposable sur ma retraite. J’ai découvert que le fisc me réclamait au bas mot 15000 euros de rappel d’impôts dont 3300 euros payables immédiatement.

Il m’a fallu faire appel à un conseiller fiscal (asesor fiscale en espagnol, je ne suis pas certain de l’orthographe) pour lui confier moyennant finance mon dossier. Pour tous ceux de mes compatriotes qui envisageraient de fuir le refroidissement du climat dont ils font encore en ce moment même l’expérience, un état de fait qui ne pourra que s’aggraver dans les années à venir, il leur faudra, s’ils choisissent les Canaries, prendre soin d’aller tout de suite montrer patte blanche auprès de l’administration fiscale locale après avoir solutionné toutes les arcanes administratives variées dont le fameux NIE (numéro d’identification qui sert pour toute démarche) obtenu auprès de la Guardia Civile. Je rappelle au passage que la TVA n’est que de 5 % aux Canaries et qu’un retraité français résidant ici échappe à la presque totalité de la CSG qui est un impôt direct sensiblement égal à celui qu’un salarié paie au Japon sur ses revenus, pour ne citer que cet exemple.

Faites donc votre calcul et vous comprendrez rapidement que les Canaries sont presque un paradis fiscal. Enfin pour ceux d’entre vous qui désireraient créer une petite entreprise en partenariat avec un « local » la taxe sur les bénéfices n’est que de 5 %, je n’ai plus en tête les montants extravagants de ce genre d’impôt en France qui tue tout simplement toute initiative entrepreneuriale … Et en prime il fait ici un temps clément pratiquement toute l’année, il n’y a par conséquent pas de système de chauffage dans mon modeste logement. C’est vrai je n’invente toujours rien.

La rédaction de ce billet est un peu confuse car j’avais commencé à l’écrire bien avant la conclusion de mes démêlés avec l’administration fiscale. Maintenant il est intéressant pour certains de mes lecteurs de prendre connaissance des réglementations assez ubuesques auxquelles n’importe quel contribuable étranger et à la retraite va devoir faire face et que j’ai découvert progressivement. Ça vaut quelques minutes de lecture. Et que ceux de mes lecteurs retraités se trouvant dans la même situation en prennent bonne note s’ils veulent venir s’installer par ici car même le Consulat de France local ignorait tout de ces dispositions. D’ailleurs le Consulat ne sert à rien d’autre qu’à renouveler son passeport.

L’administration fiscale espagnole fait une distinction pour les retraites complémentaires constituées à titre onéreux auprès des organismes publics ou des organismes privés. Ma retraite complémentaire entre dans le cadre des employés de l’Etat et des collectivités locales non titulaires, c’est-à-dire contractuels, et elle est gérée par la Caisse des Dépôts et Consignations c’est-à-dire in fine par la Banque de France. De ce fait elle échappe à l’impôt en Espagne, point final. Si par contre, et j’en avais le choix au cours de ma carrière universitaire, j’avais constitué une retraite complémentaire auprès d’une banque ou d’une compagnie d’assurance, en tant que résident je serais alors imposé que ce soit en Espagne péninsulaire ou aux Canaries à partir du premier euro. De ce fait je ne suis donc ici pas assujetti à l’impôt. Je ne le serais pas non plus en France selon une simulation effectuée sur le site des impôts français mais je paierais la CSG qui, je me le demande, semble contraire à la Constitution car peut-on imposer (à nouveau) une retraite constituée à titre onéreux, donc à partir de revenus salariaux déjà imposés au cours de la vie active ?

N’hésitez pas, venez vous installer dans l’une de ces îles. Des agences immobilières spécialisées dans la vente de biens saisis par les banques proposent des appartements et des maisons à des prix très concurrentiels et si l’on dispose d’un capital à investir il y a l’embarras du choix. Pour les amateurs de dépaysement je propose la Gomera, pour ceux qui recherchent la beauté des paysages l’île de La Palma me paraît un point de chute parfait et enfin pour ceux qui recherchent un environnement urbain Santa Cruz de la Palma ou encore Santa Cruz de Tenerife. Pour en terminer les amateurs d’espaces désertiques peuvent opter pour Lanzarote ou Fuerteventura. Illustration : Google Earth.

BRÈVE : manifestation anti-indépendance à Santa Cruz

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J’habite dans le centre du centre-ville de Santa Cruz de Tenerife et j’ai capté du balcon de mon modeste logement la manifestation de protestation contre la consultation électorale catalane ce jour 30 septembre 2017 à 12h30. Depuis hier de nombreux commerces arborent la bannera ainsi que des balcons ici et là. S’il a existé par le passé un mouvement indépendantiste aux Canaries celui-ci s’est essoufflé car les habitants ont compris qu’ils avaient tout intérêt à ne pas se séparer de Madrid, bien que pouvant vivre du tourisme, l’archipel drainant à lui seul 25 % de tous les touristes qui viennent en Espagne chaque année.

Nouvelles d’Espagne (des Canaries et bientôt d’autres pays d’Europe)

Nouvelles d’Espagne (des Canaries et bientôt d’autres pays d’Europe)

Visiblement le gouvernement a besoin d’argent, de beaucoup d’argent et d’encore plus d’argent. Et encore une fois ce sont les automobilistes qui sont rackettés, comme d’ailleurs les fumeurs, les buveurs et les propriétaires de chiens. Les gouvernements aux abois (je parle ici des gouvernements provinciaux d’Espagne) n’en peuvent plus, ils n’ont plus un kopeck et la nouvelle loi qui vient d’être instituée concerne les fumeurs au volant de leur voiture. Pris en flagrant délit d’enfumage ce sera une amende de 4000 euros – vous avez bien lu – et le retrait de 4 points du permis de conduire. Si le conducteur est à nouveau pris en flagrant délit d’enfumage il verra son permis de conduire retiré pendant 6 mois et devra ensuite payer pour suivre des leçons de code, en réalité pour bien le culpabiliser afin qu’il ne se hasarde plus à conduire au volant de sa voiture tout en grillant une cigarette par ailleurs lourdement taxée * (voir note). Non contents de mobiliser la marée-chaussée pour racketter les fumeurs au volant, les radars munis maintenant de caméras ultra-sensibles feront l’affaire ! Votre clope à la bouche, la plaque minéralogique, la date et l’heure suffiront à vous piéger. Idem avec les téléphones portables dont les utilisateurs sont sanctionnés de la même lourde amende s’ils sont au volant de leur voiture et en profitent pour converser avec leur copine.

Les propriétaires de chiens de compagnie ou d’agrément (appelez ces sales bêtes qui pissent et chient de partout comme vous voudrez) vont devoir aussi payer une taxe : dans la déclaration de revenus de cette année figurera une rubrique spéciale qui précise si le contribuable est propriétaire ou non d’un chien. Seront naturellement exemptés les aveugles et les éleveurs, non pas de chiens mais de chèvres, de moutons ou de bovins. Les fraudeurs seront de toutes les façons piégés car tous les chiens sont « pucés » électroniquement et numérotés par un vétérinaire et le « secrétariat d’Etat aux chiens » dispose d’un fichier à jour en temps réel.

Enfin le fisc espagnol fait la chasse aux ressortissants d’autres pays européens qui sont susceptibles de payer un impôt sur le revenu en raison de leur retraite parfois confortable ou de revenus mobiliers non déclarés dans leur mère patrie. Le totalitarisme fiscal s’installe donc à grands pas, et pas seulement en Espagne mais également dans tous les pays européens. Quand on ne pourra plus retirer de cash à la banque ce sera terminé pour nos libertés individuelles. Ne vous y méprenez pas les banquiers et les gouvernements iront directement se servir sur vos comptes en banque en cas d’urgence et des urgences il y en aura compte tenu de la grande crise qui s’annonce. Et pendant ce temps-là les politiciens continueront pourtant à s’enrichir, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, seulement pour eux, mais certainement pas pour le minable individu que nous sommes tous et qui finira plumé comme un poulet par tous ces parasites.

Viva la revolucion !

Note : dans l’archipel des Canaries, le taux de TVA est de 5 % et les taxes sur les produits pétroliers, les alcools et les cigarettes sont réduites. Je fume des cigarettes brunes genre Gauloise fabriquées aux Canaries et un paquet coûte 1 euro 75

Les poils du cul, une histoire de chien !

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Depuis que je me suis replongé avec délices dans une activité sexuelle soutenue avec ma « novia » – en français on dirait « petite amie » – j’ai finalement découvert à quoi servait le système pileux, pubien mais pas seulement. Ma copine – fiancée en espagnol – avait, quand je l’ai rencontrée, pour habitude de mettre ses poils pubiens à zéro ou presque, réduisant ainsi la partie la plus attirante de son anatomie, le mont de Vénus que Brassens glorifiait dans ses chansons, à une sorte de paillasson infréquentable sur lequel toute ascension était pour le moins risquée. Nos premiers ébats répétés se soldèrent pour moi par une irritation douloureuse du pourtour de mes attributs sans os, j’ai dit un mot dans un précédent billet au sujet de cette histoire d’os. Ayant signifié sans détour à ma novia qu’il lui fallait s’abstenir dorénavant de raser de près cet endroit précis de son corps quelques jours suffirent pour que la situation redevienne supportable. Les poils pubiens n’existent donc que pour le confort … de l’homme.

Le temps passant et nos jeux d’alcôve se diversifiant je découvris avec un certain agacement que ma petite amie se rasait aussi l’entre-cuisses et l’entre-fesses, mes lectrices du genre féminin auront compris au sujet de quelle partie de l’anatomie je disserte. Bref, pour des raisons esthétiques qui me semblent obscures, ma copine avait pour habitude de se raser également ces parties cachées de son académie fort plaisante. Je lui ai fait comprendre, maintenant que mon espagnol a dépassé le stade de la classe de troisième des collèges – en un an ce fut une prouesse pour votre serviteur – que ce rasage de son système pileux à ces endroits précis était tout autant irritant mais pour d’autres parties de mon anatomie typiquement masculine, en particulier dans certaines positions dûment répertoriées dans le Kama Sutra. Mes lectrices (et mes lecteurs) comprendront, en espagnol on dit « perrito » et dans les îles aux chiens, les Iles Canaries, c’est assez approprié …

En parlant de chiens j’ai fait découvrir à ma petite amie qui paradoxalement l’ignorait que le mot Canaries n’avait rien à voir avec les oiseaux du même nom. Quand les navigateurs phéniciens arrivèrent dans cet archipel, selon Hérodote, ils découvrirent des sauvages, les Guenches, probablement des Berbères venus d’Afrique du Nord guidés par les gerbes de feu du volcan El Teide que l’on peut voir par temps clair du continent africain, et des chiens, beaucoup de chiens, des podencos canarios (illustration, Wikipedia) qui existent toujours, une race très recherchée pour la chasse au lapin sans fusil … Les Guenches ont été totalement exterminés par les Espagnols au XIVe siècle, un des premiers génocides répertoriés sur notre planète, les chiens ont survécu à ce massacre et fort heureusement ma novia est d’origine andalouse, mais ça n’a rien à voir …

Quelle vie de chien quand on est tombé amoureux ! Note : un de mes lecteurs assidu m’a fait remarqué qu’il n’avait pas saisi le sens de mon billet. Pour plus de précision le mot « perrito » se traduit en français par « petit chien » et dans le contexte de ce billet il s’agit de « levrette » …

Nouvelles brèves de Tenerife

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Je suis allé il y a quelques jours dans une clinique dentaire pour l’extraction d’une molaire du maxillaire inférieur qui avait très envie de se désolidariser de ce dernier. Coût de l’extraction 30 euros. Comme cette dent servait d’attache à une prothèse j’ai demandé combien me coûterait l’ajout d’une dent à celle-ci : 40 euros. Pas de commentaires, les îles Canaries peuvent être une destination de tourisme dentaire au même titre que la Thaïlande ou Taïwan.

Deuxième information intéressante, le montant de la taxe sur les bénéfices des entreprises : c’est ici le record européen car elle est de 4 %, à tel point que des sociétés européennes qui s’étaient délocalisées au Maroc ou en Tunisie viennent s’installer ici. Il y fait bon vivre, il pleut rarement, la sécurité est assurée par une police très présente et bienveillante, les formalités administratives sont simplifiées pour tout investisseur tenté par ce pseudo paradis fiscal (TVA à 5 %) malgré un certain éloignement géographique de l’Europe continentale.

J’ai appris également que contrairement aux informations communiquées par les média lors des explorations pétrolières au large de Fuerteventura et de Lanzarote les résultats avaient été loin d’être décevants. Le pouvoir local, fort de ses 15 millions de touristes en 2015 n’a pas voulu tuer la poule aux oeufs d’or de cette industrie indispensable pour le maintien des conditions fiscales avantageuses qu’offrent les Iles Canaries. L’exploitation du pétrole (qui n’est que reportée à une date ultérieure) aurait comme en Ecosse renchéri le coût de la vie et les touristes auraient alors fui vers d’autres destinations …

Enfin, dernière information souvent odorante et parfois glissante, dans la ville de Santa Cruz de Tenerife – 300000 habitants – il y a 40000 chiens de compagnie. Je me demande pourquoi le gouvernement local ne taxe pas ces chiens qui ne servent qu’à pallier aux névroses de toutes les façons incurables de leurs maîtres, à empuantir les rues avec leurs urines et à salir les trottoirs avec leurs étrons en obligeant les passants propriétaires (ou non) de chiens à sans cesse regarder où ils mettent leurs pieds …

À l’heure où j’écris ce billet, mercredi 20 heures, le ciel est bleu et la température est de 27 degrés avec un brise alizéenne agréable … Illustration : route de Masca dans le Massif du Teno, sud de Tenerife.

Pétrole contre bananes … ou l’inverse (Iles Canaries)

Hier eurent lieu des manifestations contre la prospection pétrolière au large des îles Canaries, entre Fuerteventura et Lanzarote et le continent africain. Les Marocains et les Mauritaniens n’ont pas d’état d’âme et ont déjà commencé l’exploitation pétrolière au large de leurs côtes. En ce qui concerne l’archipel canarien peuplé de « mangeurs de bananes », l’action permanente auprès de la foule crédule des ONG comme Greenpeace ou le WWF , ils draguent le client (ou plutôt sa bourse) dans la rue sans aucune gène, a finalement payé. Les Canariens sont contre toute prospection pétrolière dans « leurs eaux », point à la ligne ! Le gouvernement central (Madrid) avait donné son feu vert à la prospection tant aux Canaries que près des Baléares au début de la semaine ce qui aurait, disent certaines mauvaises langues précipité l’abdication du Roi, lui grand protecteur des animaux surtout des éléphants mais la rumeur n’a pas été vérifiée …

Bref le port de Santa Cruz de Tenerife qui souffre d’une sous-activité chronique depuis la crise immobilière qui a violemment frappé l’ensemble de l’Archipel n’a rien trouvé de mieux que d’offrir des facilités de mouillage dans les darses désertées par les porte-containers aux compagnies pétrolières qui opèrent tant en Mauritanie qu’au Maroc, y compris l’ancien Rio de Oro devenu Sahara Occidental et annexé par le Maroc pour cause de pétrole, tout le monde le sait ! Le mouillage est facturé 75000 euros par jour, c’est mieux que rien du tout …

Pour illustrer ce propos voilà à quoi ça ressemble une plateforme pétrolière en vraie grandeur :

 

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Liens : http://eldia.es/index2.htm et http://www.laprovincia.es