Nouvelles coronavirales : analyse ponctuelle depuis l’archipel des Canaries

Ici comme en Espagne péninsulaire le port du masque est toujours obligatoire et la distanciation sociale est supposée de rigueur. L’assouplissement de ces mesures n’est pas encore à l’ordre du jour, peut-être au début du mois de juillet, tandis que l’industrie touristique est complètement à l’arrêt. De nombreux restaurants ne disposant pas de terrasses sont fermés et une majorité d’entre eux a baissé le rideau pour toujours. Les deux gargotes situées en bas de mon modeste meublé de location fonctionnent à nouveau depuis une quinzaine de jours mais elles ne font pas le plein de clientèle, clientèle qui a d’ailleurs tendance à se raréfier. Ceci est un signe évident de la baisse du pouvoir d’achat des Canariens dans leur ensemble ou pour être plus précis l’augmentation du nombre de personnes qui n’ont plus les moyens financiers d’aller boire un café entre amis car elles sont sans travail avec peu d’espoir d’en trouver un tant que les règles strictes ne seront pas assouplies.

Pourtant l’épidémie de grippe est terminée. Mais cette grippe dite coronavirale était-elle vraiment provoquée par ce Covid-19 ? Si on considère le résultat des tests PCR, c’est-à-dire l’identification de la présence d’ARN viral dans les fosses nasales des patients, tests mis en place dès le début du mois de mars pour toute personne présentant des signes grippaux, il est évident que la très grande majorité des sujets en état grippal souffraient de grippe non provoquée par le Covid-19 :

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Le vrai pic de la grippe « coronavirale » se situe entre le 15 mars et le 15 avril mais il existait simultanément une autre grippe virale comme chaque année. Je serais curieux de connaître quels sont les résultats pour d’autres pays. En effet l’examen de ce graphique (lien en fin de billet) prouve clairement que les politiciens ont pris des mesures disproportionnées et on peut se demander si lors de la prochaine grippe saisonnière il n’en sera pas de même. Plus de 300000 tests PCR ont été effectués dans l’archipel pour ne détecter que 2391 cas confirmés de présence de Covid-19 et le nombre de morts – 162 – représente un taux de létalité de 6,7 % et de mortalité de 162/2150000 soit 75 par million d’habitants pour la seule grippe à coronavirus si ces statistiques sont exactes.

Pour la distanciation sociale sur une terrasse de café tout est relatif :

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Source : https://www.eldiario.es/canariasahora/sociedad/coronavirus-Canarias-mapas-graficos_0_1008599481.html#grafcan

L’invention du « zéro » dans les statistiques économiques.

Dans les statistiques économiques il est rare que le numéro zéro soit utilisé pour décrire une tendance. Zéro c’est la stagnation, le néant. Il a d’ailleurs fallu des milliers d’années pour que l’homme invente ce nombre puisqu’il ne signifie rien de matériel. C’est ce qui vient d’arriver dans les statistiques officielles espagnoles relatives au tourisme : rien, le néant. Le produit intérieur brut de l’Espagne dépend du tourisme pour environ 15 % de son montant. C’est la deuxième destination touristique mondiale après la France et les archipels des Baléares et des Canaries représentent un part majeure de ce PIB. Cette industrie touristique espagnole génère approximativement 190 milliards d’euros de revenus.

Depuis que l’office national des statistiques touristes existe – il a été mis en place à l’époque de Franco quand le gouvernement central de Madrid développa le tourisme côtier au sud de la frontière entre la France et l’Espagne au cours des années 1950 – jamais le nombre zéro n’avait été utilisé dans ces statistiques. C’est maintenant chose faite. Lors des pics de fréquentation touristique environ 10 millions de touristes affluent vers l’Espagne (juin-juillet-août) chaque mois puis cet afflux est redirigé vers les Canaries durant les 5 mois d’hiver, de novembre à mars. En raison de l’épidémie de grippe coronavirale les frontières terrestres, maritimes et aériennes de l’Espagne ont été hermétiquement fermées le 14 mars 2020.

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Normalement au cours du mois d’avril l’activité touristique reprend comme l’indique l’illustration provenant des services de statistique du gouvernement espagnol. Cette année 2020 a vu une chute brutale de l’afflux de touristes pour le mois d’avril et il en sera de même pour les prochains mois. Les aéroports internationaux de l’archipel des Canaries, il y en a 6 dont trois fonctionnent normalement 24 heures sur 24, sont désespérément fermés. Les hôtels envisagent d’ouvrir parcimonieusement au cours de l’été mais beaucoup de boutiques ne survivant qu’avec le tourisme et certains petits hôtels resteront définitivement fermés. Et ce sera le même cas de figure pour l’Espagne péninsulaire.

On ne peut que remercier les politiciens pour leur gestion calamiteuse de cette grippe qui finalement n’aura occasionné qu’un maigre surplus de morts par rapport à une grippe saisonnière banale mais détruit des pans entiers de l’économie. Si cette gestion était préméditée alors ces politiciens sont des criminels et devront un jour rendre des comptes aux citoyens poussés par millions dans la misère dont ils ne pourront se sortir que par la criminalité ou le suicide … À méditer.

Source : Wolfstreet.com

Distanciation à la mode canarienne pour un avenir meilleur (?)

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Lundi dernier 11 mai les Canariens se sont enfin retrouvés aux terrasses des cafés après avoir été encagés pendant plus de 9 semaines. Ce coup d’arrêt brutal, prolongé et autoritaire de l’économie a certes freiné sinon arrêté l’épidémie de grippe coronavirale mais elle a surtout plongé dans un coma profond l’activité de tout l’archipel. Nul ne sait quand le malade reprendra conscience. L’activité touristique dépend essentiellement des liaisons aériennes et tant que ces dernières n’auront pas retrouvé leur fréquence habituelle il n’y aura tout simplement pas de touristes, les hôtels resteront fermés et les plages ne seront que des étendues de sable blond ou noir inutiles.

Tout le monde a conscience ici de l’extrême gravité de la situation mais il faut continuer à vivre, rire et boire des coups d’autant plus que le soleil et les températures estivales – hier 26 degrés avec une légère brise marine à 21 heures quand j’ai capté cette scène – autorisent la consommation de bonnes bières fraiches. En 5 jours à peine deux boutiques sur 10 ont timidement relevé le rideau. Les restaurants sans terrasse restent fermés et comme les terrasses ne se trouvent que dans les rues piétonnes et qu’il y a plus de 2000 restaurants et bars dans la ville de Santa Cruz un grand nombre d’entre eux ne reprendront jamais leur activité : un désastre ! Et les bars et restaurants disposant d’une terrasse ont supprimé la moitié des tables (illustration) pour respecter les règles de « distanciation ». La réouverture de beaucoup d’entre eux sera donc éphémère puisque leur chiffre d’affaires sera réduit de moitié. Si la crise de 2008-2009, un cadeau des Etats-Unis à l’ensemble du monde, a essentiellement détruit durablement les constructions immobilières – quelques chantiers ont redémarré ici en 2017 seulement – cette crise économique qui ne fait que commencer, délibérément provoquée par la gestion moyenâgeuse et calamiteuse de la grippe coronavirale, va certainement être bien pire que tout ce que l’humanité a connu depuis la révolution industrielle, en tous les cas dans l’archipel des Canaries. D’ors et déjà la chute du PIB de la province sera pour cette année 2020 proche de 50 %. L’Espagne dans son ensemble subira l’impact des conséquences de cette grippe dont en particulier les Baléares et les Canaries.

Cette grippe à peine plus mortelle que les autres grippes saisonnières révèle la nullité des politiciens, entourés de courtisans pompeusement appelés « experts » grassement rémunérés avec les impôts des contribuables pour étaler leur total manque de compétence, car opter pour un confinement généralisé constitue la preuve manifeste de cette incompétence. Elle révèle également l’incapacité totale de ces mêmes politiciens à calculer les conséquences de leurs décisions. Pour minimiser leurs erreurs ces politiciens comptabilisent dans le nombre de décès « par coronavirus » toutes sortes d’autres causes de décès – y compris l’abus de bière « Corona » – afin de pouvoir déclarer à la télévision : « si on n’avait rien fait la situation aurait été pire » … On peut se permettre d’en douter.

Demain sera un autre jour plus sombre qu’hier.

Nouvelles des Îles Canaries

Avec le silence imposé par le couvre-feu coronaviral on entend chanter les oiseaux. En réalité il ne s’agit pas de canaris mais de merles, de tourterelles turques et de pigeons, ces deux dernières espèces de volatiles étant tout à fait exécrables. Il y a aussi des petits perroquets verts comme il en existe des milliers dans la banlieue parisienne. J’allais oublier les merles qui organisent des réunions politiques jour et nuit.

Je suis allé ce mardi forcer la porte du Consulat de France pour faire valider mon « certificat d’existence » par le Consul en personne, un papier que je dois renvoyer à mes caisses de retraite avant la fin du mois. Il m’a annoncé que le délai de réception de ce document était prolongé de 2 mois. Reste à savoir si, donc, au cours de l’été les fonctionnaires de l’administration française n’ayant pas reçu ce sésame qui permet de continuer à percevoir la retraite continuera ou non à procéder au versement de ces dites retraites comme elle avait l’habitude de le faire pour des retraités morts depuis longtemps en particulier au Magreb. Les Canaries ne sont pas très éloignées du Maroc mais l’administration locale est plutôt tatillonne et elle signalerait immédiatement le décès d’un expatrié français ou d’un autre pays européen à l’administration correspondante.

Bref, le Consul m’a entretenu de la catastrophe économique majeure dans laquelle se trouve aujourd’hui l’archipel. Il m’a répété que le tourisme représente 55 % du PIB des Canaries et qu’il est éventuellement possible que les hôtels ouvrent à nouveau leurs portes au mois d’octobre. Il faudra naturellement que les quelques 1500 vols quotidiens à destination et au départ de l’archipel soient rétablis. J’ignorais l’ampleur de l’importance des liaisons aériennes pour la vie des Canariens sans même mentionner les bateaux de croisière qui ont essuyé une pitoyable réputation avec un bateau en quarantaine en Californie et un autre à nouveau au Japon. Pauvre Japon qu’on a accusé de tous les maux à ce sujet …

Enfin, pour me remonter le moral le Consul a prédit une augmentation de la criminalité et de la prostitution sauvage puisque déjà des dizaines de milliers de personne n’ont plus un centime d’euros pour se nourrir … J’ai entretenu ce digne représentant de la République française d’une diminution surprise de ma retraite CNAV et il n’a pas eu l’air très au courant. Il est vrai que ce monsieur, investisseur d’actifs financiers en provenance du Sénégal et tout récent Consul de France, n’est pas encore au fait de toutes les décisions prises par Paris. Pratiquement au moment où je lui expliquait qu’il existait des dispositions spéciales japonaises pour les retraités ayant des difficultés économiques en raison de la réduction de leur pension et que le Japon les avait mises en place, il s’agit d’une procédure d’obtention de visa de résident pour les retraités dont un membre proche de leur famille vit au Japon – c’est mon cas – mon fils m’appelait sur mon iPhone depuis Tokyo ! À suivre.

Brève. Actualité du virus …

France et îles Canaries. Quand j’entends Castaner, Ministre de l’Intérieur français, c’est-à-dire ministre de la sécurité sanitaire qui avait donné du LBD et des gaz lacrymogènes aux personnels soignants qui manifestaient dans les rues de Paris, déclarer que le port du masque rendu obligatoire par certains maires de bourgades éloignées de la Place Bauveau est « une stupidité car il ne protège en rien la propagation de l’épidémie », j’ai cru que j’allais m’étrangler. Ici à Tenerife on ne peut pas entrer dans un petit supermarché de ville sans masque et sans gants. Si on se gante soi-même il faut nettoyer ces derniers avec une solution hydro-alcoolique dont un distributeur est mis à la disposition des clients. Des personnels de sécurité expliquent ce qu’il faut faire avec précision.

En tant qu’ancien biologiste je voudrais communiquer à mes lecteurs une recette très simple pour stériliser des gants afin d’être en mesure de les réutiliser sans risque. N’importe quel virus, n’importe quelle bactérie, n’importe quel champignon microscopique renferment de l’eau, même les virus que l’on imagine comme des sortes de cristaux sans vie. Il suffit de mettre ces gants ainsi qu’un masque (à condition qu’il ne comprenne pas de parties métalliques) qui pourront être alors être réutilisés dans un four à micro-ondes durant une minute, ou deux si on veut être vraiment certain de l’efficacité du traitement. Le virus explose littéralement car l’eau concentrée dans l’enveloppe du virus atteint en quelques secondes une température de plus de 100 degrés ! Les micro-ondes ne font vibrer que les molécules d’eau dont la vibration est dissipée sous forme de chaleur. C’est aussi simple que cela …

Pour répondre à cet escroc de Castaner lorsque j’étais « étudiant » j’ai travaillé quelques semaines dans un hôpital, comme infirmier improvisé, dans le service des brûlés d’un hôpital lyonnais, service qui n’était rien d’autre qu’un grand bloc opératoire. Imaginez un instant de déambuler dans ce service sans gants, sans masque, sans sur-bottes, sans sarrau et sans lunettes de protection. Non seulement les soignants se protégeaient contre les germes apportés par les patients qui arrivaient à moitié mourants et étaient immédiatement traités dans le bloc opératoire proprement dit mais ils protégeaient aussi les malades du service.

Alors quand Castaner prétend que les masques ça ne sert à rien il sera jugé au pénal pour la portée de ses déclarations dignes des éructations d’un chimpanzé. Mais il n’est pas le seul dans ce gouvernement français de clowns de foire. C’est à peu de choses près la même situation en Espagne, pays où la semaine sainte revêt une importance particulière. Les habitants des grandes villes se sont octroyé le droit de braver le confinement pour aller passer cette semaine particulière dans leurs résidences secondaires situées le long de la côte méditerranéenne. De ce fait ils répandent potentiellement le virus puisqu’il n’existe aucun système de dépistage systématique. Il faudrait peut-être que ces deux pays, la France et l’Espagne, prennent exemple sur l’Allemagne qui procède à des dépistages systématiques, 500000 par semaine, afin de tenter de résoudre le problème majeur de l’ « après-confinement », confinement, une mesure qui paraît presque préhistorique à l’ère du numérique et des smart-phones. Autres pays, autres mœurs …

Nouvelles des Îles Canaries et d’ailleurs …

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Nous sommes « confinés » dans l’archipel depuis bientôt trois semaines, coronavirus oblige. L’archipel, haut lieu touristique, est totalement isolé du monde extérieur. Seulement quelques vols par jour depuis la péninsule ibérique sont assurés ainsi que les vols inter-îles. Il n’y a plus aucun touriste, plus aucun bateau de croisière, tous les hôtels sont fermés, tous les commerces de détail non essentiels ont baissé le rideau, peut-être définitivement, tous les restaurants, tous les bars à filles (que je ne fréquente pas), tous les centres commerciaux sont fermés. Les rues de Santa Cruz à Tenerife sont désertes. Dans la population canarienne locale, environ 2,4 millions d’habitants répartis dans 7 îles de tailles variées dont la superficie globale représente à peine un tout petit département français, 7500 km2, le coronavirus a contaminé un peu moins de 1000 personnes pour un nombre de décès inférieur à 100, essentiellement des « vieux » cacochymes.

Depuis 10 jours il n’y a plus aucun nouveau cas de contamination ni nouveau décès et la province envisagerait de lever le confinement dans les prochains jours. Cependant l’archipel restera isolé durant plusieurs semaines. Alors que le tourisme (18 millions de visiteurs par an) représente près de 60 % du PIB de l’archipel, l’effondrement total de cette ressource va créer à n’en pas douter un instant une très grave crise économique, humanitaire et sociale par voie de conséquence.

J’ai croisé ce matin un « sdf » qui n’avait plus la force de tendre la main pour demander l’aumône. Il sera peut-être mort demain dans le recoin d’où il ne bouge plus depuis plusieurs jours. De plus il tousse et je n’ai pas osé m’approcher de lui. C’est terrible !

Les autres postes contribuant au PIB canarien sont les primeurs, les fleurs, les bananes et … les dépenses des nombreux retraités européens qui ont (comme votre serviteur) choisi cet endroit pour terminer leur vie dans des conditions climatiques particulièrement favorables.

Plus le confinement des individus et de la presque totalité de l’activité commerciale continuera ici plus la crise subséquente sera profonde. Alors ce ne seront pas quelque cent morts qui seront à déplorer mais beaucoup plus, peut-être tout simplement de faim … Ce qui va s’abattre dans l’archipel sera d’une ampleur pourtant inférieure à celle qui attend les 4 pays de l’Europe continentale les plus touchés par l’épidémie, l’Italie, l’Espagne péninsulaire, la France, la Grande-Bretagne et la Belgique, pour faire court. Ces pays vont aussi connaître une très grave crise économique. Celle-ci induira, et c’est inévitable, un changement de paradigme et peut-être une dislocation de l’Union européenne que pour ma part je souhaite sans le dire à haute voix. Les mois prochains vont être tout à fait captivants.

J’ose imaginer parfois qu’en France l’armée prendra le pouvoir quand des émeutes sanglantes surgiront dans les banlieues et les quartier qualifiés pudiquement de « no-go zones » pour reprendre un terme anglo-saxon qui masque le malaise croissant que jamais aucun gouvernement n’a su résoudre intelligemment alors qu’il en coûte un « pognon de dingue » à l’Etat français, mais pas seulement à la France si on considère l’Europe. Cette situation critique de zones péri-urbaines « interdites » existe aussi en Suède, au Danemark, en Italie ou encore en Belgique.

Petite lueur d’espoir au moins pour la province espagnole des Canaries, le nombre de nouveaux cas est quasiment nul et le nombre de morts (dont on ignore le pedigree médical) provoqué par le virus est à peine supérieur à 60. Alors cette province espagnole sera probablement la première à rendre aux habitants leur liberté de mouvements. Je croise les doigts …

Histoire de « calima »

Dans le vocabulaire local canarien (îles Canaries) les poussières soulevées par les vents du désert saharien s’appellent « la calima ». On dit que ce sont les fatmas qui secouent leurs tapis dans les tentes des nomades. En réalité il s’agit d’un phénomène météorologique qui n’a strictement rien à voir avec le réchauffement ou changement climatique dont on parle tous les jours et encore plus maintenant puisque le coronavirus qui paralyse presque toute la planète serait le résultat le plus évident du changement climatique qui fait apparaître de nouveaux virus.

Pendant cet épisode j’ai pris une photo précisément à 19h15 le dimanche 23 février au plus fort de cette calima :

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Depuis 2 jours on ne voyait pas le soleil … puis une autre photo exactement à la même heure ce 27 février. Ici 19h15 correspond à 20h15 en Europe continentale. Et voici la différence :

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Je signale à mes lecteurs que l’éclairage public est régi par des détecteurs de luminosité et non pas par des horloges. Le temps des allumeurs de réverbères est définitivement révolu …

Cette poussière ocre qui avait envahi l’atmosphère, nos poumons, provoqué la fermeture totale des deux aéroports internationaux de l’île s’était aussi déposée à l’intérieur des logements et était exposée en altitude par le Soleil et elle éclairait encore le paysage alors qu’il avait disparu à l’ouest loin derrière l’horizon. Ce phénomène signifie bien que ces poussières qui ont répandu dans l’océan des millions de tonnes de matière fertilisante pour le plancton se trouvaient à des altitudes de plusieurs milliers de mètres. Des insectes ont également été transportés par ces vents d’altitude avec la poussière. Il paraît que ce phénomène, aussi violent, n’avait pas été observé depuis plus de 50 ans à Tenerife, donc ce serait bien le changement climatique ! À suivre.

Lien journalistique pour se faire une idée de cet épisode de calima à Tenerife :

https://www.theguardian.com/world/gallery/2020/feb/24/canary-islands-sandstorm-leaves-tourists-stranded-in-pictures

Brèves.

Le prix de l’essence dans l’archipel des Canaries

Ici à Tenerife où j’ai choisi de vivre ma retraite paisiblement loin des frimas hivernaux et des chaleurs étouffantes estivales car le climat y est printanier toute l’année il se prépare une révolte type « gilets jaunes » et les premiers à manifester seront les chauffeurs de taxi. La situation des chauffeurs de taxi à Santa Cruz de Tenerife – je fais cette précision car il existe une autre ville dans l’île de La Palma également appelée Santa Cruz – est catastrophique. Il y a eu trop de licences accordées par la mairie au moment de la grande crise de 2008 pour combattre le chômage et tous ces hommes et femmes, endettés pendant des années pour rembourser leur banquier qui leur avait accordé un crédit pour acheter, qui une Prius, qui une Mercedes, et être promus chauffeurs de taxi, crèvent la faim car il y a trop de concurrence puisqu’il y a trop de taxis. J’avais un rendez-vous ce mercredi 8 janvier avec un médecin tôt le matin dans le centre de santé dont je dépends et j’ai choisi de faire appel à un taxi pour me conduire dans cet endroit situé à deux kilomètres et demi de mon domicile d’autant plus que le temps était exceptionnellement maussade.

Ayant tout de suite identifié que j’étais un Français en raison de mon accent le chauffeur entama la conversation et je répondis dans mon espagnol approximatif. Il me parla des « gilets jaunes » avec admiration. Et il m’avoua qu’ici, dans cette île paisible, la révolte couvait. Il me parla du prix du carburant et de l’augmentation programmée de son prix. Le gouvernement local a décidé que cette augmentation aurait lieu après la rentrée des classes en septembre prochain pour ne pas perturber la saison touristique. Le prix du super sans plomb va passer de un euro zéro cinq le litre à un euro cinquante.

Il avait déjà fait le calcul : 43 % d’augmentation ! Je lui ai expliqué que cette augmentation était le résultat des agissements des écologistes locaux qui ont obtenu la fermeture de la raffinerie de pétrole justement située à l’orée de la ville et qui existe depuis les années 1930 qui selon eux est polluante mais contribuait à une fiscalité très avantageuse pour tout l’archipel en ce qui concerne les carburants, ce que ces mêmes écologistes ont semblé oublier.

Mais j’ai ajouté que non seulement lui et collègues allaient souffrir de ces augmentations car il y aura aussi le gaz de pétrole pour les cuisines, le carburant pour les bateaux, le kérosène pour les avions qui augmenteront dans les mêmes proportions. Au final, dans l’archipel qui dépend largement d’importations tant de l’Espagne péninsulaire que de l’Europe, de l’Amérique du sud ou d’autres pays pour vivre tout va augmenter en conséquence puisque tous ces carburants étaient détaxés. En passant le long du port où il y a en permanence des plate-formes pétrolières en maintenance il m’a avoué (ce que je connaissais déjà) que le Maroc pompait du pétrole dans ses eaux territoriales. Je l’ai informé qu’il y avait aussi du pétrole au large des îles de Fuerteventura et de Lanzarote. Pourquoi alors avoir fermé cette raffinerie ?

En septembre prochain la situation pourrait bien être explosive ici aux Canaries et les écologistes locaux devront opter pour l’absentéisme et rester cachés chez eux. Mêmes causes et mêmes effets puisque l’élément qui a fait bondir les provinciaux français était une augmentation somme toute modeste des carburants en raison des idées stupides de ces même écologistes …

En France : le grand débat sur l’ « âge pivot » de départ à la retraite et les « régimes spéciaux ».

Juste deux exemples pour démontrer la stupidité de cet âge pivot qu’aux dernières nouvelles le gouvernement français aurait abandonné. Pourquoi, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, le gouvernement français ne laisse-t-il pas le choix aux travailleurs, qu’ils soient employés d’une entreprise, leur propre employeur ou salariés de la fonction publique, prendre leur retraite quand ils le désirent. Pourquoi les fonctionnaires français veulent absolument légiférer sur tout ce qui concerne la vie des citoyens ? Qu’il y ait des régimes spéciaux, je veux bien, mais il faut tout de même rappeler l’origine par exemple des régimes spéciaux des agents roulants de la SNCF :

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Pour l’un de mes neveux, toute sa carrière a consisté à nettoyer les égouts de la ville de Lyon, c’est tout à fait normal qu’il ait profité de sa retraite à l’âge de 50 ans. Pour ce régime très spécial il n’y aura jamais, par décence, d’âge pivot et c’est bien normal ! A contrario l’autre exemple parle encore plus en ce qui concerne cet âge « pivot » : ma fille a commencé sa carrière à l’âge de 19 ans. Jusqu’à quel âge devra-t-elle travailler pour disposer de sa pleine retraite ? À 64 ans après avoir transpiré pendant 45 ans ? … Cette histoire de réforme des retraites françaises est stupide et pleine d’arrières pensées vraiment malsaines de la part du gouvernement français, d’autant plus que ces retraites sont, cerise sur le gâteau, taxées avec des impôts appellés pudiquement contributions (CSG) alors qu’il s’agit d’une deuxième imposition rétroactive sur le salaire perçu lors de la vie active, ce qui est parfaitement illégal en regard de la loi puisque quelle que soit cette retraite, système public ou retraite complémentaire, elle a été constituée à titre onéreux dans les deux cas. Je m’étonne d’ailleurs qu’aucun retraité ne s’émeuve de cette situation …

Illustration : Gabin dans le film « La bête humaine » de Jean Renoir

La main merveilleuse de la nature

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Comme je l’avais mentionné dans un précédent billet c’est, ici dans l’archipel des Canaries, la pleine saison des fraises et croyez-moi elles sont succulentes ! Dans la barquette d’un demi-kilo m’ayant coûté deux euros cinquante j’ai trouvé deux spécimens que je me suis empressé de prendre en photo avec une règle pour se faire un idée de la taille des fruits. Bon appétit …

Petites aventures personnelles qui pourraient être utiles à mes lecteurs

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Il y a un peu plus de dix ans, au mois de novembre en France et souffrant déjà du froid, je demandai à une de mes soeurs où elle me conseillerait d’aller vivre. Elle me répondit les îles Canaries, c’est l’Europe, c’est calme et il y fait beau presque toute l’année. Comme tout bon citoyen respectueux des lois, à mon arrivée à Tenerife, je suis allé m’inscrire au Consulat de France et j’ai ensuite découvert les arcanes administratives pour pouvoir louer un appartement. Je n’avais jamais eu l’intention d’acheter un logement car à mon âge, un peu plus de 60 ans à l’époque – le montant de ma retraite aurait fait rire un banquier si je lui avais demandé de me prêter de l’argent – je me mis à la recherche de la location d’un petit « meublé ».

Pour louer un logement il faut un compte en banque ouvert dans un établissement bancaire local, c’est compréhensible. Pour ouvrir un compte en banque il faut un papier des services de l’immigration qui dépendent de la Guardia Civile (équivalant de la gendarmerie en France).

Premier problème et de taille qui rend la situation pour le moins kafkaïenne : afin d’ouvrir un compte dans une banque il vaut mieux parler espagnol mais aussi – et surtout – il faut également être en mesure de fournir un certificat de domicile sous forme d’un contrat de location : en quelque sorte le serpent qui se mord la queue. C’est vrai je n’invente rien. Bref, je suis arrivé à un arrangement auprès de la Deutsche Bank chez qui je suis ensuite resté client près de 9 ans. Il m’a fallu plusieurs mois pour que mes organismes de retraite comprennent que ma banque ne se trouvait plus en France mais en Espagne … un autre écueil du parcours du combattant qui se termina par une brève visite obligatoire en France pour aller « physiquement » clore mon compte dans la banque française où était transférée ma retraite, et je n’invente toujours rien !

Ce que le Consulat de France omit de me préciser est d’une importance extrême pour qui désire s’expatrier dans cette contrée climatologiquement parlant accueillante et y résider : il faut aller au centre des impôts déclarer ses revenus chaque année avant le premier avril. Et ignorant totalement ce point de détail j’ai découvert que j’étais passible d’une coquette amende équivalente à environ une année pleine de ma retraite, la rétroactivité étant de 5 ans en Espagne après être allé montrer ma frimousse aux fonctionnaires du fisc local (la Hacienda) étant persuadé depuis 10 ans que je n’étais pas imposable sur ma retraite. J’ai découvert que le fisc me réclamait au bas mot 15000 euros de rappel d’impôts dont 3300 euros payables immédiatement.

Il m’a fallu faire appel à un conseiller fiscal (asesor fiscale en espagnol, je ne suis pas certain de l’orthographe) pour lui confier moyennant finance mon dossier. Pour tous ceux de mes compatriotes qui envisageraient de fuir le refroidissement du climat dont ils font encore en ce moment même l’expérience, un état de fait qui ne pourra que s’aggraver dans les années à venir, il leur faudra, s’ils choisissent les Canaries, prendre soin d’aller tout de suite montrer patte blanche auprès de l’administration fiscale locale après avoir solutionné toutes les arcanes administratives variées dont le fameux NIE (numéro d’identification qui sert pour toute démarche) obtenu auprès de la Guardia Civile. Je rappelle au passage que la TVA n’est que de 5 % aux Canaries et qu’un retraité français résidant ici échappe à la presque totalité de la CSG qui est un impôt direct sensiblement égal à celui qu’un salarié paie au Japon sur ses revenus, pour ne citer que cet exemple.

Faites donc votre calcul et vous comprendrez rapidement que les Canaries sont presque un paradis fiscal. Enfin pour ceux d’entre vous qui désireraient créer une petite entreprise en partenariat avec un « local » la taxe sur les bénéfices n’est que de 5 %, je n’ai plus en tête les montants extravagants de ce genre d’impôt en France qui tue tout simplement toute initiative entrepreneuriale … Et en prime il fait ici un temps clément pratiquement toute l’année, il n’y a par conséquent pas de système de chauffage dans mon modeste logement. C’est vrai je n’invente toujours rien.

La rédaction de ce billet est un peu confuse car j’avais commencé à l’écrire bien avant la conclusion de mes démêlés avec l’administration fiscale. Maintenant il est intéressant pour certains de mes lecteurs de prendre connaissance des réglementations assez ubuesques auxquelles n’importe quel contribuable étranger et à la retraite va devoir faire face et que j’ai découvert progressivement. Ça vaut quelques minutes de lecture. Et que ceux de mes lecteurs retraités se trouvant dans la même situation en prennent bonne note s’ils veulent venir s’installer par ici car même le Consulat de France local ignorait tout de ces dispositions. D’ailleurs le Consulat ne sert à rien d’autre qu’à renouveler son passeport.

L’administration fiscale espagnole fait une distinction pour les retraites complémentaires constituées à titre onéreux auprès des organismes publics ou des organismes privés. Ma retraite complémentaire entre dans le cadre des employés de l’Etat et des collectivités locales non titulaires, c’est-à-dire contractuels, et elle est gérée par la Caisse des Dépôts et Consignations c’est-à-dire in fine par la Banque de France. De ce fait elle échappe à l’impôt en Espagne, point final. Si par contre, et j’en avais le choix au cours de ma carrière universitaire, j’avais constitué une retraite complémentaire auprès d’une banque ou d’une compagnie d’assurance, en tant que résident je serais alors imposé que ce soit en Espagne péninsulaire ou aux Canaries à partir du premier euro. De ce fait je ne suis donc ici pas assujetti à l’impôt. Je ne le serais pas non plus en France selon une simulation effectuée sur le site des impôts français mais je paierais la CSG qui, je me le demande, semble contraire à la Constitution car peut-on imposer (à nouveau) une retraite constituée à titre onéreux, donc à partir de revenus salariaux déjà imposés au cours de la vie active ?

N’hésitez pas, venez vous installer dans l’une de ces îles. Des agences immobilières spécialisées dans la vente de biens saisis par les banques proposent des appartements et des maisons à des prix très concurrentiels et si l’on dispose d’un capital à investir il y a l’embarras du choix. Pour les amateurs de dépaysement je propose la Gomera, pour ceux qui recherchent la beauté des paysages l’île de La Palma me paraît un point de chute parfait et enfin pour ceux qui recherchent un environnement urbain Santa Cruz de la Palma ou encore Santa Cruz de Tenerife. Pour en terminer les amateurs d’espaces désertiques peuvent opter pour Lanzarote ou Fuerteventura. Illustration : Google Earth.