Ibuprofen : une nouvelle méga-étude … pour rien !

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Une étude portant sur 446763 personnes dont 61460 d’entre elles présentaient des troubles cardiovasculaires concernant les effets sur le court terme et le long terme des anti-inflammatoires non stéroïdiens a conclu que : on ne sait pas trop ! Cinq anti-inflammatoires ont été étudiés dont le diclofenac (aussi appelé Voltarene), l’ibuprofen et le naproxen. La seule conclusion pertinente de cette étude est, on pouvait s’en douter, de ne pas trop forcer sur les doses : au delà de 1 gramme par jour d’ibuprofen par exemple pendant plus d’une semaine ce traitement peut aggraver la prédisposition à un accident cardiovasculaire. Quant aux personnes n’ayant jamais souffert de tels maux elles semblent pouvoir se doper d’anti-inflammatoires sans courir de risques majeurs.

Encore une étude monstrueuse qui ne fait que conclure ce que tout le monde sait déjà : tout médicament – quel qu’il soit – est dangereux si on se l’administre sans modération, c’est comme le Pastis …

Source : British Medical Journal, doi : 10.1136/bmj.j1909

Paracétamol et Ibuprofen contre la grippe : du pipeau !!!

Une étude pragmatique portant sur 889 patients d’âge moyen autour de la trentaine souffrant de grippe et réalisée l’hiver dernier en Grande-Bretagne, pays où l’Open Data permet ce genre d’approche alors que le ministère de la santé français ne semble pas disposé à faciliter l’accès des chercheurs aux données médicales, cette étude, donc, a analysé avec des méthodes statistiques strictes les effets bénéfiques de l’Ibuprofen et du Paracétamol ou une combinaison des deux dans le traitement de la grippe. Ces deux molécules sont couramment prescrites par les médecins généralistes pour le traitement de la grippe en association avec des antibiotiques. L’Ibuprofen (Advil ou Nurofen en France) est un anti-inflammatoire non stéroïdien plus ou moins bien supporté par les malades et le Paracétamol (Dafalgan ou Efferalgan pour les Français) un analgésique également fébrifuge. Cette étude a montré qu’aucun bénéfice tangible sur l’évolution de la maladie ne pouvait être observé avec l’une ou l’autre de ces molécules ni avec une combinaison des deux. Ce résultat constitue donc un très gros pavé jeté dans la mare du corps médical qui prescrit en dépit du bon sens des médicaments dont les effets supposés positifs sont basés sur des études ponctuelles plutôt que sur la collecte d’un grand nombre de données comme le permet l’Open Data. De plus l’usage (ou le non usage) d’antibiotiques n’apporte aucune différence notoire sur l’évolution de la grippe. Il faut rappeler ici que la grippe est une maladie virale et que la prescription d’antibiotiques constitue en elle-même une aberration du genre appliquer un cataplasme sur une jambe de bois ! Les médecins prescrivent des antibiotiques uniquement par précaution mais leur effet est plutôt négatif car ils contribuent à l’affaiblissement de l’état général du malade. Plus inquiétant encore est le fait que, comme l’a montré cette même étude, plus de 20 % des malades ont vu les symptômes de leur grippe s’aggraver au cours du traitement plutôt que de régresser. L’une des explications serait que l’anti-inflammatoire perturbe la réponse immunitaire de l’organisme. Ces molécules, en dehors des antibiotiques, peuvent donc être considérés comme des médicaments de confort sans grande utilité pour le traitement de la grippe mais atténuant seulement les symptômes comme la toux, la fièvre voire les maux de gorge et qui ne sont pas sans risques de complications digestives, hépatiques ou rénales.

 

Source : British Medical Journal