Le plan « net zéro » britannique

Les experts nucléaires de l’Université de Manchester ont identifié les huit actions nécessaires pour évaluer objectivement le rôle du nucléaire dans l’avenir « net zéro » du Royaume-Uni. Leur document positionne l’énergie nucléaire pour ce net zéro. Une stratégie d’action détermine ce que les décideurs politiques et l’industrie doivent explorer afin de prendre une décision éclairée sur la base d’une « meilleure économie ». Cela inclut le développement d’organes consultatifs, la modélisation non partisane de la trajectoire économique et l’optimisation des programmes de R&D.

Le document a été rédigé par l’équipe de direction du Dalton Nuclear Institute de l’Université de Manchester, qui abrite la capacité de recherche nucléaire la plus importante et la plus avancée du Royaume-Uni. Il s’agit de Francis Livens, directeur, Gregg Butler, responsable de l’évaluation stratégique, William Bodel, chercheur associé en choix de systèmes nucléaires et Juan Matthews, professeur invité en technologie de l’énergie nucléaire. https://documents.manchester.ac.uk/display.aspx?DocID=55791

« Le net zéro d’ici 2050 est un défi tellement énorme pour ce pays qu’il faut vraiment tous se mettre au travail, a déclaré Livens. « La réalité, c’est que nous devons explorer toutes les options et les évaluer sur un pied d’égalité et prendre une décision objective sur le point suivant : « Le nucléaire a-t-il un rôle à jouer dans notre avenir énergétique, oui ou non ? ». Quoi qu’il en soit, le Royaume-Uni a besoin d’agir rapidement pour résoudre cette question et de saisir toute opportunité qui se présente. Si elle continue à tergiverser, tout sera certainement perdu ». Butler a ajouté : « Nous avons élaboré ce document parce que nous nous sentions responsables, en tant que communauté universitaire impartiale, de soutenir nos collègues du gouvernement et de l’industrie. Le Royaume-Uni a fixé un objectif de zéro net de premier plan au monde, mais il ne suffit pas de fixer l’objectif – nous devons y parvenir. Il est maintenant temps de prendre des mesures clés qui détermineront les rôles que le nucléaire peut jouer, en reconnaissant qu’elles ne devraient être adoptées que si elles contribuent à une solution économique et environnementale optimisée. Nous pourrions en savoir beaucoup sur l’énergie nucléaire – mais il doit être considéré comme un candidat pour aider à atteindre le zéro net – pas comme une fin en soi ».

Recommandation 1 : L’état de développement de la technologie des réacteurs modulaires avancés (AMR) au Royaume-Uni et dans le monde affirme que le réacteur de démonstration mentionné dans le livre blanc sur l’énergie du gouvernement devrait être doté de la technologie des réacteurs refroidis au gaz à haute température (HTGR), avec une attention particulière également accordée à la démonstration de la production d’hydrogène à l’aide de la chaleur nucléaire.

Recommandation 2 : Le soin de spécifier, développer et poursuivre la voie vers un démonstrateur HTGR basé au Royaume-Uni devrait être confiée à un organisme approprié qui est équipé et habilité à réaliser le projet HTGR. Cela inclurait de diriger toute la R&D nécessaire pour définir un itinéraire optimal, de surveiller si et comment ces optima changent à mesure que les études progressent et de ré-optimiser les programmes en conséquence.

Recommandation 3 : la R&D sur les cycles du combustible fermés doit être poursuivie pour permettre au Royaume-Uni de suivre les évolutions de ces systèmes et d’évaluer si, ou quand, ces systèmes trouveront une place sur le marché britannique de l’énergie.

Recommandation 4 : Une vision britannique continue des développements dans les systèmes AMR devrait être maintenue et dirigée par un organisme qui n’est pas en conflit avec les revendications et le lobbying d’un système particulier. L’évaluation de faisabilité générique a fourni un exemple de plate-forme qui pourrait héberger cette tâche, mais une organisation convenablement « sans intérêt » devrait être mise en place avec un examen par les pairs exemplaire.

Recommandation 5 : Un organe consultatif approprié à large assise devrait être engagé pour conseiller le gouvernement sur le programme nucléaire futur. Il pourrait s’agir du Nuclear Innovation Research and Advisory Board (NIRAB) ou d’un successeur, mais le NIRAB semble avoir établi l’étendue et la valeur possibles de ces conseils.

Recommandation 6 : Le Comité sur les changements climatiques devrait explorer, avec une assistance appropriée, les possibilités d’un rôle plus large du nucléaire sur la voie du zéro net.

Recommandation 7 : Energy Systems Catapult (une organisation indépendante à but non lucratif pour l’industrie, le gouvernement, les universités et la recherche) devrait, avec l’aide d’autres experts en modélisation, mettre en place et exécuter des modèles transparents de règles du jeu équitables pour surveiller les développements économiques. Cela motivera les améliorations et détectera un optimisme irréaliste.

Recommandation 8 : Une plate-forme telle que celle recommandée pour l’énergie nucléaire dans la recommandation 4 devrait être établie pour toutes les sources d’énergie présentes dans la trajectoire net zéro, afin de donner une vision claire et impartiale de l’état actuel de ce net zéro.

Le fait que le gouvernement se soit engagé dans un plan d’action sur 30 ans constitue « une grande raison d’être optimiste » mais la mise en œuvre de l’énergie nucléaire « là où cela est approprié et avantageux » doit éviter d’être « mise à l’écart pour des motifs non étayés ». Il faut espérer que le message « le meilleur pour le Royaume-Uni, le meilleur pour la planète » pourra devenir réalité. En ce qui concerne les délais, la situation actuelle est cruciale, tout retard se manifestant immédiatement sur le chemin critique d’un démonstrateur nucléaire en 2030, et par inférence la forte perspective d’avoir un impact négatif sur l’échéance de 2050 ».

Traduction d’un document paru sur le site World Nuclear News. Commentaire. Il faut admirer le pragmatisme des Britanniques et leur vue sur le long terme. L’intégration des HTGR dans le programme de mise en place de véhicules à pile à combustible est la seule alternative fiable pour accélérer la marche vers le net zéro. Toute autre approche relève de la fiction pour diverses raisons. La raréfaction des matières premières entrant dans la conception des véhicules « tout électrique » est prévisible alors que les piles à combustible ne se heurteront pas à ce goulot d’étranglement prévu pour 2035. La Chine, pays à économie planifiée, a compris que les HTGR étaient la seule alternative économiquement rentable pour produire de l’hydrogène. La production d’énergie, l’hydrogène étant une forme d’énergie puisqu’il s’agit d’un combustible, doit être planifiée sur le long terme. La France a parié sur le remplacement d’une partie du parc nucléaire par des éoliennes. C’est un pur non-sens puisque ces installations ont une durée de vie maximale de 25 ans. La planification « à la française » révèle un amateurisme affligeant. J’en dirai autant sinon pire pour la politique énergétique allemande.

« Transition énergétique » : chronique d’un échec inévitable

Depuis que la grande majorité des scientifiques oeuvrant au sein de l’IPCC à Genève ont déclaré que c’était le CO2 d’origine « anthropique » (et lui seul !) qui perturbait le climat et que nous allions tous « griller comme des toasts » à brève échéance comme le déclarait Madame Christine Lagarde il y a quelques années, la nouvelle obsession est donc la transition énergétique devant aboutir au mieux à une réduction effective des émissions de carbone et au pire à une « neutralité carbone ». La signification de cette dernière notion m’échappe mais je dois probablement vieillir au point de ne plus être capable de comprendre ce que cela signifie dans la réalité des faits. Bref, j’ai tout de même compris que cette transition énergétique doit comporter trois volets. Le premier est une meilleure isolation des logements et des bâtiments de bureaux, publics et administratifs dans les pays connaissant des hivers frais ou franchement froids et des étés parfois torrides, comme le prévoit le réchauffement du climat. Dans les pays de la zone intertropicale de telles mesures d’isolation permettraient de réduire la consommation d’électricité alimentant les conditionneurs d’air. Jusque là tout peut être géré mais le second volet pose déjà plusieurs problèmes. Il s’agit pour réduire les émissions de carbone de procéder à un changement total des systèmes de propulsion des véhicules automobiles pour passer massivement de la consommation de combustibles fossiles à l’électricité ou l’hydrogène. Comme je n’ai pas la prétention de couvrir tous les pays du monde je me limiterai dans mon analyse à la France, pays dont la production et consommation d’énergie primaire sont bien identifiées. Enfin le dernier volet qui relève toujours de la fiction est le stockage de l’électricité hors hydroélectricité par pompage que je n’aborderai pas dans ce billet malgré le fait qu’il est lié aux deux premiers volets.

Les faits en 2017. L’énergie primaire consommée en France se répartit ainsi : 40 % de nucléaire, 29 % de pétrole, 15 % de gaz naturel, 4 % de charbon et 11 % d’énergies renouvelables comprenant en majeure partie les barrages hydroélectriques. Le secteur des transports consomme 33 % des énergies primaires, le secteur tertiaire-résidentiel 44 % et l’industrie 21 %. L’objectif de « décarbonation » qui ne sera jamais que partiel de la consommation d’énergies primaires concerne donc le secteur des transports car il peut être appréhendé assez directement. En France toujours, le transport ferroviaire électrifié incluant également les tramways et les métropolitains consomme 3 % de toute la production d’électricité. Le calcul est donc limpide : pour « électrifier » l’ensemble des transports consommateurs de pétrole et émetteurs de CO2 il faudrait construire 65 réacteurs nucléaires type Fessenheim ou 36 EPRs type Flamanville car il est impossible d’envisager de paralyser tout un pays s’il n’y a pas de vent pendant trois jours consécutifs. Il s’agit donc un projet monstrueusement coûteux, de l’ordre de 400 milliards d’euros sans oublier de surcroit les millions de bornes de rechargement dispersées dans les villes où les espaces de stationnement sont perpétuellement encombrés par des voitures qui ne sont utilisées que quelques heures par semaine.

Mais il y a pire. Le parc automobile français comprend 39 millions de véhicules, toutes catégories confondues, d’âge moyen 10 ans (source CCFA). Donc la moitié de ce parc est « vieux » et constitue un ensemble de candidats à une électrification. Le problème pour atteindre ce but partiel est l’approvisionnement en métaux et graphite hors acier et aluminium. Un véhicule classique de puissance moyenne utilise environ 20 kg de cuivre et un peu moins de dix kg de manganèse incorporé dans les alliages. Un véhicule électrique également de puissance moyenne nécessite outre l’acier et l’aluminium plus de 50 kg de cuivre, 20 kg de manganèse, 10 kg de lithium, 40 kg de nickel, 15 kg de cobalt, 70 kg de graphite et quelques centaines de grammes de terres rares (Source IEA, Agence Internationale de l’Energie). Encore une fois le calcul est simple : pour remplacer la moitié du parc automobile français traditionnel en véhicules électriques et en supposant que la France fabriquerait sur le territoire national ces véhicules, y compris les batteries (c’est un doux rêve) il faudrait qu’elle importe 200000 tonnes de lithium et 300000 tonnes de cobalt. Même si ce programme d’ « électrification » s’effectuait sur 10 ans cela représenterait chaque année 20 % de la production mondiale de cobalt (année 2018) et pour le lithium le quart de la production mondiale annuelle qui est de 80000 tonnes (années 2020). Or la France n’est pas toute seule dans le monde et de plus il n’y a aucun gisement de lithium ou de cobalt sur son territoire.

La solution ultime si chère aux écologistes et dont les médias font la promotion jusqu’à la nausée est donc la pile à hydrogène. Or selon un rapport récent de l’IEA la source la moins coûteuse de production d’hydrogène est le charbon à 2 dollars le kg suivi par le gaz naturel à 3 dollars et enfin les éoliennes à 7,5 dollars le kg. Si on considère la Toyota Mirai, un plein d’hydrogène (actuellement détaxé en France) revenant à 50 euros permet de parcourir 500 km. Il y a un petit détail : ce véhicule qui ne produit que de l’eau comme gaz d’échappement coûte 68000 euros. On est encore très loin de la démocratisation des voitures à piles à hydrogène. L’autre grand espoir des écologistes devenus allergiques au CO2 est de pouvoir stocker la production d’électricité provenant des éoliennes ou des panneaux solaires. Cet espoir se heurte au même problème que celui rencontré avec les voitures électriques : une demande délirante en cobalt et en lithium. Je pose ici une question à mes lecteurs : pourquoi ne pas revenir à la bonne vieille batterie d’accumulateurs au plomb peu coûteuse, dont on maîtrise le recyclage lorsque celles-ci arrivent en fin de vie et moyennant une installation également peu onéreuse il serait possible de récupérer l’hydrogène que produisent ces batteries lors des cycles de charge et de décharge …

Pour conclure ces remarques l’approche des écologistes pour « verdir » l’énergie est condamnée à un échec d’autant plus cuisant que ce sont les contribuables qui paieront et seront jetés dans la misère en raison de l’effondrement de l’économie qu’entrainera cette transition énergétique. Sources partielles : IEA et Statista. Toutes les données figurant dans ce billet son disponibles sur le web.

L’objectif « zéro carbone » : un doux rêve

Il ne faut pas rêver, une civilisation moderne décarbonée est un objectif impossible à atteindre dans l’état actuel des connaissances scientifiques et technologiques à l’horizon 2050 et encore moins à l’horizon 2030. Cette obsession de la neutralité carbone a conduit les gouvernements à prendre des décisions irréalisables. Prenons l’exemple des moulins à vent considérés comme la panacée pour réduire les émissions de carbone. Outre le fait que les ressources en lanthanides nécessaires pour la production d’aimants permanents sont limitées, ces immenses machines nécessitent des quantités d’acier extravagantes pour produire quelques MWs quand les conditions météorologiques sont favorables. Dans l’état actuel des technologies de production de l’acier l’utilisation de pétrole ou de charbon est incontournable. La seule alternative existante pour réduire les émissions de CO2 lors de la production d’acier est la réduction de la fonte à l’aide d’hydrogène, pour faire très court car écrire deux pages au sujet de ce procédé industriel serait inutile. Apparaît alors le problème de la production d’hydrogène pour décarboner (au moins en partie) les aciéries mais ce même problème se posera pour les voitures équipées de « piles à combustible ». L’industrie de l’acier a une mauvaise image de marque car elle est polluante mais pour construire des éoliennes il faut beaucoup d’acier, 7 à 10 fois plus par kW installé que pour une centrale nucléaire. Il est donc très facile de comprendre que considérer comme non polluantes en termes de carbone ces éoliennes est un pur mensonge.

Et ce mensonge perdurera tant que l’industrie sidérurgique ne pourra pas avoir accès à de l’hydrogène à un prix abordable. Il n’existe qu’une seule possibilité pour produire de l’hydrogène à bas coût mais celle-ci ne plait pas trop aux tenants des énergies dites « vertes ». Il s’agit des réacteurs nucléaires à très haute température refroidis avec de l’hélium sous haute pression de génération IV susceptibles d’alimenter une unité de production d’hydrogène mettant en œuvre le cycle dit iode-sulfate dont l’une des étapes requiert une température de 830 °C. Seuls les réacteurs nucléaire à très haute température (environ 1000 degrés en sortie du circuit primaire) sont capables de fournir une telle température à un stade industriel qui soit totalement décarboné ( https://en.wikipedia.org/wiki/Very-high-temperature_reactor ).

On en revient donc au rôle majeur que devra jouer à l’avenir l’énergie nucléaire pour tenter de réduire les émissions de carbone à un coût modéré qui ne soit pas dévastateur pour l’économie. À ma connaissance le seul pays au monde développant aujourd’hui ce type de technologie est la Chine. Le Japon s’est fixé un objectif de « neutralité carbone » à l’horizon 2050, la Chine a opté pour l’horizon 2060 car ce pays a pris en compte le poste industriel de production d’acier. Ce poste, pour atteindre une réduction des émissions de carbone suffisante, n’aura pas d’autre alternative que les réacteurs nucléaires de quatrième génération. Il en est de même pour tous les autres pays industrialisés dont en Europe en particulier l’Allemagne, pays qui, paradoxalement, veut se « dénucléariser ». Encore une fois le sujet abordé dans ce billet met en évidence la mauvaise planification des pays européens qui parient sur le « tout renouvelable », une posture totalement déconnectée des réalités industrielles. Gouverner c’est prévoir, dit-on, il faut se rendre à l’évidence que seule la Chine est capable de prévoir …

Finance « responsable » : l’hydrogène revient dans la course

On parle beaucoup de voitures électriques, mais l’hydrogène revient dans la course. Ces dernières années, l’hydrogène avait été mis de côté en raison de sa dangerosité et de son coût très élevé. Pour l’instant, l’hydrogène est trop cher à produire et à distribuer, mais la recherche avance.

L’hydrogène est plus propre que les batteries lithium-ion. Dans la pile à combustible de la voiture, l’oxydation de l’hydrogène, associée à celle de l’oxygène de l’air, aboutit ainsi à la fabrication de courant électrique propulseur et d’un seul déchet : l’eau. Aujourd’hui, la majorité de l’hydrogène consommé – notamment par l’industrie – est produite par reformage de gaz naturel et de distillats de pétrole légers. Une solution bon marché, mais peu respectueuse de l’environnement et fortement émettrice de CO2. L’électrolyse de l’eau apparaît comme une technologie plus verte. À condition qu’elle soit alimentée par une électricité renouvelable. Mais le procédé coûte encore trop cher. Un coût lié, entre autres, à celui des catalyseurs utilisés qui sont à base de métaux précieux tels que le platine, le ruthénium ou l’iridium. Toutefois, des chercheurs mettent au point un catalyseur fer-nickel, une solution beaucoup plus rentable. Les grands groupes pétroliers européens intégrés, Shell, BP, Total, investissent dans l’hydrogène et les stations de recharge, car l’hydrogène est une affaire de chimie. Pour le moment, les piles à hydrogène sont plus utilisées pour les bus, les camions ou les bateaux.

Le gouvernement allemand va déployer €9 milliards pour développer la recherche dans l’hydrogène avec l’objectif de devenir le numéro un mondial des technologies de l’hydrogène. L’Union européenne a dévoilé sa stratégie sur l’hydrogène, fixant un objectif du mix énergétique à 12%-14% pour l’hydrogène en 2050 ; la Commission européenne estime les besoins en investissement entre 180 et 470 milliards d’euros d’ici à 2050. Une alliance va être créer, European Clean Hydrogen Alliance, réunissant industriels, Etats-membres et société civile, soit la production, la chimie, le stockage, le transport et les utilisateurs. La France a débloqué €1.5 milliard sur trois ans pour parvenir à un avion neutre en carbone en 2035, grâce à l’hydrogène. Daimler et Volvo ont annoncé la création d’une société commune consacrée à l’hydrogène.

L’intérêt marqué de l’Europe pour l’hydrogène vient du fait qu’elle a totalement raté l’industrie des batteries lithium, contrôlée par Tesla, la Chine, le Japon et la Corée du Sud, même s’il existe un projet avec Airbus. L’hydrogène est donc une grande opportunité pour l’Europe de marquer son empreinte dans une technologie verte.

Des groupes comme le Français Air Liquide ou le Norvégien Equinor devraient être impliqués dans ce développement. Les sociétés liées à l’hydrogène explosent en bourse. La nouvelle star de la bourse américaine, Nikola, a vu le cours de son action s’envoler (+423% en 2020), portant sa capitalisation boursière à $20 milliards, les investisseurs misant sur les ventes futures de camions électriques et à hydrogène. Le cours des actions du Canadien Ballard Power, le leader dans les piles à combustible, a progressé de 180% en 2020 et celui du Suédois PowerCell de 110%. Les investisseurs devront suivre attentivement le développement de l’hydrogène dans les prochaines années où il y aura des opportunités d’investissement.

Source : Heravest SA, Genève

Commentaire. Avec la grande majorité des technologies bas carbone les investisseurs se régalent car les entreprises impliquées dans ce créneau profitent d’investissements publics conséquents et de l’intérêt suscité auprès des pétroliers qu’il s’agisse de l’éolien puisqu’il faut des centrales électriques d’appoint consommant du gaz naturel pour pallier à l’irrégularité de la production éolienne et qu’il en est de même pour l’hydrogène dont la seule source économique actuellement est le pétrole ou le gaz par reforming catalytique. Il n’y a donc rien de nouveau sous le Soleil : les énergies dites vertes sont étroitement dépendantes des hydrocarbures et le seront encore longtemps. Et quand il n’y aura plus de pétrole il restera toujours le charbon pour aider au développement des énergies vertes …

Et maintenant les trains à hydrogène : l’imbécillité humaine n’a vraiment pas de limite …

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L’inénarable laryngophoniste qui sert à la France d’énergique ministre et qui donc, par définition, ne peut pas tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler puisque ses mots sortent hors de tout contrôle de son larynx en une bouillie verbale qui ferait saliver un psychiatre a maintenant focalisé ses pulsions sur l’élément chimique le plus abondant sur notre planète Terre, entièrement renouvelable, non polluant et … pas cher ( ? ) l’hydrogène. Lavoisier découvrit l’hydrogène et il finit la tête sous la lame de l’échafaud. Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour couper celle de cet individu malfaisant pour l’ensemble de l’économie française qui ne fait rien d’autre dans ses délires énergétiques que de suivre le catastrophique plan Energiewende allemand.

Pour preuve l’Allemagne, qui n’en est pas à une erreur près dans ses élucubrations de « transition énergétique » et qui vient de racheter à prix bradé la division ferroviaire d’Alstom a mis un gros coup de pouce pour développer un train de banlieue propulsé par des piles à hydrogène, il fallait y penser. Le seul argument pour soutenir cette filiaire tient au seul fait, comme le démontra magistralement Lavoisier, que le rejet de la combustion de l’hydrogène n’est que de l’eau et cette propreté est tellement convaincante pour le public, totalement aveuglé par la propagande écologiste, que le laryngophoniste a trouvé là le prétexte pour se lancer à fond dans le « tout hydrogène » !

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Inutile de reprendre les arguments imparables de Michel Gay parus sur le site Contrepoints (voir le lien) mais il est opportun de reprendre ici un schéma concocté par un de ces multiples « laboratoires » bidon qui, forts des subventions gouvernementales fédérales américaines, vantent les bienfaits de l’hydrogène, le Florida Solar Energy Center (Université de Floride). Pour cette société c’est clair, la seule technologie qui « tient la route » pour la production massive d’hydrogène à « faible coût » est l’énergie photovoltaïque (voir le lien). Ce qui n’a pas l’air de préoccuper les décideurs et qui n’apparaît nulle part dans les calculs globaux du coût de l’hydrogène et de son utilisation dans un train, par exemple, est le ridicule rendement d’une pile à hydrogène sans oublier également le tout aussi ridicule rendement de la production électrique par un panneau solaire. mais qu’à cela ne tienne puisque l’argent des contribuables est « gratuit » et qu’il serait ridicule de s’en priver !

Source et illustrations : notalotofpeopleknowthat.wordpress.com

Lien : http://www.fsec.ucf.edu/en/consumer/hydrogen/basics/production.htm

Note. L’article de Michel Gay sur le site Contrepoints explique en détail l’imbécilité totale du « plan hydrogène » : https://www.contrepoints.org/2018/06/04/215595-lhydrogene-cet-hallucinogene

Nouvelle chronique japonaise : Au Japon on est déjà dans le futur …

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Quand l’ingénieur en chef de la division piles à hydrogène de Toyota, Yoshikazu Tanaka, parle de voitures électriques à piles à hydrogène, il sait au moins ce qu’il en retourne puisque basiquement le principe des voitures de cette technologie sont des voitures électriques au sens littéral du terme. En effet la pile à hydrogène produit d’abord de l’électricité et dégage de la chaleur résiduelle qui sert en partie à gazéifier l’hydrogène prisonnier sous haute pression (700 bars) dans des mousses de je ne sais plus quel alliage à base de titane remplissant le réservoir. L’autonomie de la « Mirai » est pour l’instant sensiblement identique à celle d’une petite voiture électrique citadine à accumulateurs que l’on recharge tous les soirs et éventuellement durant les périodes de faible consommation électrique au milieu de la nuit.

Certes Tanaka vante son produit mais il ne dissimule pas son inquiétude quant à l’apparition des voitures à recharge rapide qui pourraient constituer un gigantesque problème sur les réseaux d’électricité. En effet, ce genre de véhicule électrique consomme durant la phase de recharge, entre 10 et 30 minutes, autant que 1000 logements ! Autant dire que les réseaux électriques déjà déstabilisés par les énergies renouvelables (vent et soleil) ne résisteront pas à une telle demande. Les véhicules électriques actuellement disponibles sur le marché nécessitent des temps de charge de l’ordre de huit heures et cette durée constitue un contre-argument de marketing pour les gens pressés qui n’effectuent que de courts trajets mais aussi pour ceux qui a fortiori envisagent des trajets quotidiens allant au bout de l’autonomie de leur véhicule. La voiture électrique devrait pouvoir être rechargée uniquement la nuit pour ne pas perturber les réseaux électriques, ce qui relève de l’illusion quant à la mise en place d’une telle contrainte.

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L’objectif à peine voilé de Toyota, le premier fabricant de voitures de tourisme hybrides, faut-il le rappeler, considère à juste titre que la voiture électrique à piles à hydrogène (je ne suis pas certain que ma traduction de « hydrogen fuel-cell » soit adéquate) a un grand avenir devant elle depuis le premier retour d’expérience réalisé à Fukuoka où la ville a mis en place une station d’approvisionnement en hydrogène produit à partir des eaux résiduaires des égouts de la ville qui peut « faire le plein » de 70 véhicules quotidiennement, soit environ un « plein » pour une Mirai toutes les dix minutes, largement le temps de boire un café, sans perturber qui plus est le réseau électrique. Au Japon, on est déjà écologiquement dans le futur, un futur raisonné et sans connotation politique ou idéologique : bien des pays devraient s’inspirer des expériences nippones, suivez mon regard …

Source : Thomson Reuters et http://www.toyota.fr/world-of-toyota/articles-news-events/2014/toyota-mirai.json

Redressement improductif ! (Montebourg)

Montebourg veut une filière industrielle du stockage de l’électricité

PARIS – Le ministre du Redressement Productif Arnaud Montebourg a défendu jeudi la constitution en France d’une filière industrielle du stockage de l’électricité, un domaine jugé essentiel pour accompagner l’essor des énergies renouvelables.

Nous souhaitons constituer une filière industrielle du stockage, a déclaré le ministre devant un parterre de représentants des écoindustries, rassemblés à Bercy.

Il s’agirait de batteries, mais aussi de toute autre technologie (…) Franchement, je vois défiler dans mon bureau beaucoup d’idées extraordinaires qui sortent de l’esprit des entrepreneurs de France et qui me paraissent dignes d’intérêt, a indiqué M. Montebourg.

Le ministre a défendu une stratégie de soutien aux technologies émergentes par multifécondation, consistant à ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier.

Nous favorisons la multifécondation. Pour être sûrs d’avoir un bébé, comme dans la procréation médicalement assistée, c’est ce qu’on fait là, on est obligés de bombarder les ovules pour augmenter les chances de la naissance, a plaisanté le ministre.

Donc nous y allons très fort, le redressement productif prend tout son sens, a-t-il lancé, en déclenchant les rires.

Le stockage d’électricité à grande échelle est un des points faibles de l’équation énergétique mondiale. A moins d’utiliser de grands barrages hydrauliques et des batteries à la taille encore limitée, l’électricité doit être consommée en même temps qu’elle est produite.

Plusieurs énergies renouvelables comme le photovoltaïque ou l’éolien produisant de façon intermittente, le stockage d’électricité permettrait de ne pas avoir à recourir à d’autres moyens de production quand le vent ne souffle pas ou le soleil ne brille pas.

De nombreuses technologies –encore non compétitives– émergent depuis quelques années, souvent en consommant l’électricité pour produire un gaz, puis en réutilisant ce gaz pour générer du courant.


(©AFP / 04 avril 2013 11h47)

Je suis tombé par un heureux hasard sur cette dépêche d’agence surréaliste et truffée d’idioties tellement énormes que je me permets de mettre en doute les capacités intellectuelles du ministre du redressement contre-productif. Monsieur Montebourg devrait retourner dans son fief charolais peigner les vaches dans le sens du poil et cesser de se gonfler le jabot en racontant des imbécillités qui font à coup sûr sourire les professionnels de l’énergie dont les ingénieurs d’EDF. Il n’existe qu’un moyen de stockage de l’électricité réaliste et économiquement viable, le pompage de l’eau vers des barrages d’altitude ou des retenues collinaires suivi de turbinage pour produire l’électricité ainsi stockée sous forme d’énergie potentielle avec des rendements tout à fait satisfaisants et largement éprouvés (moins de 10 % de perte). Cette pratique est mise en œuvre par EDF en France depuis de nombreuses années et par toutes les compagnies de production d’électricité de par le monde quand la configuration du relief est favorable. Elucubrer à propos de batteries relève du délire, produire de l’hydrogène par électrolyse également car le stockage de l’hydrogène est lui-même énergivore.

Je reprends un des mots de Montebourg : « Donc nous y allons très fort, le redressement productif prend tout son sens », j’ai tenté de trouver une explication à ce trait d’humour mais je suis resté perplexe car il semble bien que Montebourg semble être détenteur de la science infuse des énergies nouvelles qui sont selon lui la seule alternative possible pour sauver l’humanité toute entière et en particulier les Français. Désolé Monsieur Montebourg mais vos déclarations tonitruantes sont un non-sens et vos grandes idées granguignolesques sont vouées à l’échec. Avant de parler, documentez-vous pour éviter le ridicule.

Pour information le Japon est sur le point de terminer une installation de stockage de l’énergie éolienne sur l’île de El Hierro (Canaries) en pompant de l’eau de mer dans une retenue en altitude. L’équipement résistant à l’eau de mer existe (pompe et turbine) et les Japonais n’ont pas envisagé un seul instant d’installer des batteries ou de procéder à l’électrolyse de l’eau pour produire de l’hydrogène, ils ont les pieds sur terre !

Une percée aux multiples applications dans les nanotechnologies

Ca relève tellement de la science-fiction que c’est difficile de croire en la véracité de l’invention du Professeur Sun de l’Université Technologique de Nanyang (Singapour). En arrivant à produire des nanotubules d’oxyde titane, autrement utilisé pour les peintures blanches et tout le monde connait cette application de l’oxyde de titane, le Professeur Sun a eu l’idée de doper ces nanotubules ou nanofibres avec du carbone, de l’étain, du cuivre ou encore du zinc selon le but recherché. Non seulement l’oxyde de titane est très bon marché mais sous forme de nanofibres les applications sont tellement variées qu’on en reste sinon circonspect mais du moins fortement impressionné. Ce nouveau matériau peut produire de l’hydrogène et de l’eau purifiée quand on le mélange avec de l’eau polluée et que le tout est exposé au soleil, aussi simple que ça. Il peut aussi être mis en œuvre sous forme de membranes pour déssaler l’eau de mer par osmose directe, processus plus économique en énergie que l’osmose inverse qui consiste à obliger l’eau salée sous haute pression à traverser une membrane en céramique sans que le sel passe lui-même à travers cette membrane. Le même matériau peut aussi servir à fournir de l’énergie en traitant les eaux usées. Plus incroyable encore il peut être utilisé pour fabriquer des panneaux solaires flexibles à bas coût et produire de l’électricité. Utilisé comme anode (pôle négatif) des batteries lithium-ion il double la capacité et la durée de vie de ces batteries. Enfin, il peut être utilisé comme pansement antibactérien en tuant les bactéries pathogènes, une application directement déduite des propriétés anti-fouling des membranes constituées de ces nanofibres d’oxyde de titane.

Devant une telle énumération on reste pantois, comme quoi les nanotechnologies décriées en France (comme toujours) par certains ignorants que je ne nommerai pas réservent plus de surprises qu’on ne peut l’imaginer à moins d’être un écrivain prolifique de science-fiction…

La prochaine commercialisation de cette invention aux facettes multiples révolutionnera de nombreux domaines technologiques.

 

Source : Nanyang Technological University (ntu.edu.sg)