Pour 44000 milliards de dollars on ne grillera pas en 2050 !

 

L’agence Internationale de l’Energie (IEA) vient de chiffrer le coût global de la transition énergétique telle qu’elle est prévue pour 2050 par les politiciens qui ont été clairement intoxiqués par l’idéologie malthusienne et alarmiste des groupes de pression faisant la part belle aux énergies dites vertes et climato-compatibles. Le but à atteindre selon les prévisions de l’IPCC, dans l’hypothèse basse d’une réduction des émissions carbonées, est d’atteindre un réchauffement de seulement 2 degrés à l’horizon 2050. C’est le scénario dit 2DS dans le jargon des « sages » de cette organisation totalement polluée par l’Eglise de Scientologie Climatique, mais comme l’IEA a pour mission d’infléchir les politiques nationales avec rigueur et impartialité, on peut d’ailleurs en douter, il ressort que les recommandations sont plus que claires : pour atteindre le but du 2DS il faudra installer chaque année 22 GW électriques nucléaires supplémentaires par an, il n’y a pas d’autre alternative possible, que ce soient des BWR, des PWR ou des unités dites de troisièmes et quatrièmes générations. Et ce programme préconisé par les « sages » de l’IEA qui comprend 28 Etats membres et est basée à Paris va coûter la petite bagatelle de 44000 milliards de dollars (actuels) et plus les gouvernements trainent les pieds pour décider d’investissements rapides dans le secteur de l’électronucléaire, plus la facture sera salée ! L’organisation note cependant que les investissements élevés mais aussi les faibles coûts de production du nucléaire, sensiblement équivalents à l’hydroélectricité, doivent orienter les décideurs politiques à stimuler les investissements dans ce secteur y compris dans la R&D. L’argument de l’IEA est qu’un tel programme réduira la facture en combustibles fossiles de 115000 milliards de dollars sur les 36 années à venir. Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l’IEA fait un synthèse du rapport en ces termes : « L’électricité est appelée à jouer un rôle déterminant dans la première moitié de ce siècle comme le véhicule d’énergie qui produira de plus en plus de croissance économique et de développement. Bien que ce programme offre des opportunités, il ne résoudra pas tous les problèmes et il créera de nouveaux défis. Nous sommes sur le mauvais chemin aujourd’hui car l’usage croissant de la houille réduit d’autant les progrès dans les énergies renouvelables (dont le nucléaire) et bien que des efforts aient été décidés, les émissions de carbone n’ont pas diminué depuis 20 ans. Il reste un long chemin à parcourir dans ce changement global de paradigme énergétique ».

On ne peut qu’applaudir mais quand on constate que les mêmes alarmistes du climat sont également résolument opposés à l’énergie nucléaire, on est en droit de se demander si ce scénario 2DS n’est pas optimiste et purement et simplement hors d’atteinte. On sait maintenant par expérience que les énergies dites renouvelables, éolien et solaire, requièrent l’appui stabilisateur de production électrique à partir de combustibles fossiles. C’est en particulier le cas chez les ténors du renouvelable européens que sont le Danemark et l’Allemagne qui en dix ans de politique « verte » n’ont pas réussi à diminuer leurs émissions de carbone mais ont seulement réalisé la prouesse de voir le coût du kWh produit domestiquement multiplié par deux. Il y a donc comme un paradoxe créé par cette idéologie consistant à atteindre des seuils théoriques de réchauffement climatique dont on ignore toujours la validité tant des modèles que de leur base scientifique. L’IEA est soumise au diktat des écologistes et même un beau dessin (voir ci-dessous) ne peut pas dissimuler l’utopie mensongère qu’elle diffuse à longueur de bulletin.

On est également en droit de se poser la question de savoir qui va payer la note. La plupart des électriciens ont présentement de graves difficultés financières et peu d’entre eux envisagent des investissements dans un proche avenir. C’est le cas en particulier des Allemands qui doivent fermer des centrales nucléaires avant la fin de l’année 2021, les Verts l’ont exigé, malgré le fait que certaines d’entre elles pourraient fonctionner encore 30 ou 40 ans ! Un triplement voire un quadruplement du prix du kWh n’y suffiront pas. Ce programme préconisé par l’IEA est donc utopique comme l’est le programme des écologistes qui veulent mettre à genoux l’ensemble du secteur industriel et paupériser la totalité de la population. Il est donc très probable, avec 95 % de chances, qu’on grillera tous (cf Christine Lagarde à Davos en 2013) mais on grillera tous pauvres et démunis …

Capture d’écran 2014-05-20 à 13.40.29

Commentaire au sujet de l’illustration.

On peut voir dans ce dessin simpliste un concentré des délires des écologistes. On note tout de suite que la totalité des transports utilise l’électricité. C’est bien mais encore faut-il préciser comment arriver à une telle prouesse sur le moyen terme. Côté stockage, trois filières sont mentionnées. D’abord le pompage d’eau dans des retenues aménagées à cet effet. Par exemple en France, il ne reste que très peu de sites aménageables dans ce but et toute intervention de l’Etat pour créer de novo un nouveau site serait immédiatement dénoncée par ces mêmes écologistes. L’air comprimé, un doux rêve nécessitant des investissements gigantesques : des réservoirs de 1000 mètres cube résistant à 100 bars, est-ce économiquement réalisable, pas si sûr. Et enfin les batteries d’accumulateurs, quel coût, quelle durée de vie, quelle fiabilité ? Pour la production centralisée d’énergie électrique, l’utilisation de combustible fossiles est encore tolérée mais seulement avec captage du CO2 (CCS), technologie toujours pas au point et dont le coût de la mise en place est encore inconnu et le surcoût sur le kW produit à peine évalué, encore du rêve … Le nucléaire a sa petite place y compris près des habitations pour distribuer la chaleur si mon interprétation est exacte. Les énergies dites renouvelables, éolien, biomasse, solaire et géothermie figurent en bonne place mais aucune donnée (dans la présentation de Maria van der Hoeven) n’indique comment gérer les apports fluctuants de ces sources d’énergie sinon l’air comprimé, le pompage de l’eau et les batteries d’accumulateurs. On peut noter que les habitations et les autres bâtiments sans exception sont équipés de panneaux photovoltaïques, encore faut-il gérer cette production d’énergie et c’est là qu’intervient le concept de « smart-grid » ou réseau de distribution intelligent violemment soutenu par ces même écologistes qui comme chacun sait sont tout aussi violemment opposés à l’implantation de nouvelles lignes de distribution à très haute tension comme par exemple en Allemagne ou encore en France afin d’acheminer les énergies renouvelables intermittentes vers des régions où par exemple on pourrait effectuer des pompages. Ce dessin reste pourtant instructif car il faut constater que la problématique écologiste (et de l’IEA) tourne effectivement en rond et ne repose sur aucun argument solide en particulier sur le plan économique. Aucune évaluation précise, une sorte de flou artistique comme tout projet reposant sur une idéologie et mis en place par des ignorants de la chose économique. Tout simplement consternant !

Source et illustration : http://www.iea.org/media/140428_CEM_SLIDES.pdf