Les victimes de Hiroshima ont été pétrifiées instantanément par les radiations

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Le 6 août 1945 à huit heure 15 du matin les Américains larguèrent la première bombe atomique destinée à massacrer massivement les habitants innocents de la ville d’Hiroshima au Japon. La majeure partie des 350000 habitants (166000 selon les estimations) de cette ville moururent instantanément et beaucoup d’autres les années suivantes de divers cancers. Près de 30 ans plus tard un physicien brésilien travaillant à l’Université d’Harvard se rendit à Hiroshima et les autorités japonaises lui confièrent deux os (illustration) ayant appartenu à une victime qui se trouvait à un peu plus de 1 kilomètre du point zéro de l’explosion pour tenter de déterminer la dose de radiation reçue par cette personne. Les technologies existant dans les années 1970 ne permirent pas de déterminer avec précision cette dose de radiation et il fallut attendre l’année 2017 pour quantifier avec précision par résonance du spin électronique du radical carbonate, contenu dans des dents et des os de victimes de la bombe, généré par les radiations provoquées par l’explosion de la bombe. Ces victimes ont reçu une dose massive létale de 9,46 Grays (Gy). En effet, on ne survit pas, dans l’instant, au delà d’une dose de 5 Grays reçue par le corps entier. Pour situer ce que signifie cette unité qui s’exprime en joule/kg les traitements anti-tumoraux par radiothérapie sur des volumes très réduits du corps atteignent des doses de l’ordre de 2 à 3 Grays. Pour les curieux le Sievert dont on a beaucoup entendu parler après l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi est la dose de radiation équivalente reçue par le corps. Cette unité est exprimée en Grays multipliés par un facteur tenant compte des effets stochastiques des radiations sur le corps entier, c’est-à-dire en particulier de la sensibilité des différents organes internes du corps aux radiations alors que le Gray est la mesure de la dose effective de radiations reçue.

Le résultat obtenu par le Docteur Sérgio Mascarenhas( voir le lien) explique donc pourquoi le bombardement de Hiroshima fut instantanément aussi dévastateur en termes de vies humaines. Pour l’anecdote morbide il faut rappeler que la moindre bombe thermonucléaire actuellement détenue par les armées nucléarisées dans le monde est plus de 500 fois plus dévastatrice que celle qui fut larguée sur Hiroshima et qui n’était qu’une vulgaire bombe A plutôt « sale » de surcroit. Nous vivons dans un monde rassurant puisque nos politiciens s’occupent aussi de réchauffement climatique alors que ça risquerait de chauffer sérieusement si les va-t-en-guerre de tout poil décidaient d’appuyer sur le bouton rouge …

Source et illustration : https://doi.org/10.1371/journal.pone.0192444

Le retour de l’énergie nucléaire au Japon, 70 ans après Hiroshima et Nagasaki

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Le dix août, la Kyushu Electric Power Company va remettre en fonctionnement le réacteur nucléaire Sandai 1, soixante-dix ans et quatre jours après le bombardement par les Américains de la ville d’Hiroshima et soixante-dix ans et un jour après celui de Nagasaki, deux villes également situées sur l’île de Kyushu, 4 ans et 5 mois après le grand tsunami qui frappa le Japon et provoqua l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi. Le combustible est déjà chargé et les tests finaux sont en cours sous la supervision de l’autorité de régulation (NRA), un organisme indépendant créé après le grand tsunami et l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires du Japon. Le personnel a suivi une formation extrêmement stricte pour parer à tout incident en accord avec le cahier des charges imposé par la NRA. Ce cahier des charges a contraint les compagnies d’électricité à réaliser des investissements nombreux, coûteux et variés pour améliorer la sécurité des installations nucléaires et pouvoir intervenir en cas de nouvelle grande catastrophe naturelle. L’unité de Sandai 1 a passé avec succès tous les tests et ceux ultimes de l’approbation populaire qui a demandé beaucoup de temps en raison du forcing des opposants au nucléaire. L’unité 2 du même site devrait également être opérationnelle dans les prochains mois.

La facture d’électricité des Japonais à doublé en 4 ans. L’arrêt de l’ensemble du parc nucléaire du pays a lourdement affecté l’équilibre économique du pays, les importations de charbon, de pétrole et de gaz naturel liquéfié ont en effet pénalisé non seulement les particuliers mais l’ensemble de l’économie qui ne s’en est sortie que grâce à l’abnégation, au sens civique et à l’opiniâtreté des Japonais dans leur ensemble. La facture énergétique japonaise a en effet augmenté de 30 milliards de dollars par an depuis le grand tsunami. Qu’en est-il du futur ? Le METI est pragmatique et ne s’est pas engagé dans des programmes « renouvelables » intenables. Il se limite à un programme dit S+3E, c’est-à-dire sécurité, efficacité énergétique, efficacité économique et conservation environnementale. La réduction de l’utilisation de combustibles fossiles carbonés ne pourra se faire qu’avec la remontée en puissance des quelques 20 réacteurs nucléaires considérés par la NRA comme aptes à être remis en fonctionnement pour atteindre environ 22 % du package énergétique électrique du pays. Au nucléaire s’ajouteront quelques aménagements hydroélectriques pour atteindre au mieux 9 % et les autres sources d’électricité renouvelables (vent, solaire et biomasse) n’atteindront pas plus de 14 % à l’horizon 2030. Cette réorientation en douceur permettra de diminuer la dépendance aux combustibles fossiles de 88 % actuellement à au mieux 55 % à cet horizon 2030. Par ailleurs la société Mitsubishi développe avec ses partenaires américains et chinois des réacteurs nucléaires dits modulaires dont la mise en place quasiment en série pourra être envisagée dès les années 2025. Ces « petits » réacteurs, tout de même 375 MWe soit la taille d’une centrale au charbon, seront beaucoup plus résistants aux tremblements de terre, une dimension mieux adaptée pour un pays qui subit plus du cinquième des tremblements de terre de toute la planète. Enfin le METI n’exclut pas la réouverture du programme neutrons rapides, créneau dans lequel le Japon a toujours été présent.

Source : Japan Atomic Industrial Forum ( jaif.or.jp ), illustration Asahi Shimbun

Il y a 70 ans Hiroshima et Nagasaki

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Il y a 70 ans presque jour pour jour Harold Agnew sortait en souriant d’un baraquement du projet Manhattan à Los Alamos avec une petite valise spéciale contenant le cœur de plutonium de la bombe « Fatman » qui allait être larguée le 9 août 1945 sur la ville de Nagasaki provoquant la mort instantanée d’environ 80000 personnes. Triste anniversaire que de voir cet homme souriant, un simple ingénieur et employé de haut rang de l’armée américaine, alors qu’il savait que ce joujou allait être utilisé contre le Japon pour détruire une ville, tuer des civils et mettre fin à la guerre tout en assurant par la suite l’emprise hégémonique des USA sur le Japon et quelques autres pays de la région qui perdurera jusqu’à nos jours. La charge de plutonium d’environ 7 kilos – la taille d’une balle de tennis – conduisit à la fission effective de moins de un kilo en raison de la configuration loin d’être optimale des explosifs entourant cette charge. La puissance de l’explosion fut néanmoins près de deux fois plus élevée que celle d’Hiroshima, trois jours plus tôt.

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Agnew fut récompensé pour ses bons et loyaux services ayant permis de mettre fin à la guerre et fut pour cette raison nommé directeur des laboratoires de Los Alamos, contribuant au développement de l’arsenal nucléaire américain. La bombe arriva sur l’ile de Tinian dans la partie nord de l’archipel des Marianes et ses composants y furent assemblés sous la direction d’Agnew.

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Tinian et Saipan furent prises aux Japonais en juin 1944 après ce que l’on peut appeler une extermination systématique de tous les Japonais présents sur ces îles, militaires et civils, et Tinian en particulier devint en quelques mois la plus grande base aérienne du monde : pas moins de 1500 bombardiers B29 décollaient et atterrissaient jour et nuit pour répandre le feu et la mort sur les grandes villes japonaises dont en particulier Tokyo situé à 1500 miles de cette île d’une grande importance stratégique.

Il y a donc 70 ans on s’affairait dans l’archipel des Marianes pour mettre le Japon définitivement à genoux. Les Américains avaient provoqué l’attaque de Pearl Harbor en harcelant les navires commerciaux japonais dans le Pacifique nord-ouest. Ils ne voulaient déjà pas entendre parler d’une domination japonaise sur cette région. Leur stratégie n’a pas changé depuis, l’armée américaine est toujours à Guam (Marianes du sud) et à Okinawa (Japon) ainsi que dans de nombreuses bases sur les principales îles japonaises, en Corée, aux Philippines ou encore en Thaïlande.

Mais revenons aux bombes. Il est intéressant de noter que J. Robert Oppenheimer, considéré comme le père de l’arsenal nucléaire américain, pensait en 1944 qu’il faudrait au moins 50 bombes nucléaires pour venir à bout du Japon, ça donne rétrospectivement une bonne image de la mentalité du complexe militaro-industriel américain qui depuis la fin de la seconde guerre mondiale entretient l’attitude militariste et impérialiste des USA. L’Etat Major américain considérait que ces bombes atomiques d’un nouveau genre ne présentaient aucune différence sinon en termes d’échelle de puissance destructrice avec les armements conventionnels de l’époque tels que les bombes Torpex dopées à la poudre d’aluminium et à la trinitro-perhydro-triazine, un explosif deux fois plus puissant que le TNT classique. Le Programme Manhattan avait donc doté l’armée américaine de ces super-bombes, la radioactivité n’étant qu’une conséquence mineure et négligeable.

Aujourd’hui, à la veille du 70e anniversaire de la première utilisation de bombes nucléaires au cours d’un conflit armé qui ne fit que des victimes civiles, il était opportun de rappeler ces faits car même si les Américains sortirent vainqueurs de ce conflit, ce n’est pas une raison pour ne pas les considérer comme des criminels de guerre. La mémoire ne doit pas oublier non plus qu’après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, la ville de Koromo, alors fief de la firme Toyota – aujourd’hui renommée Toyota – fut entièrement détruite par des bombardements incessants et ce dernier fait de guerre conduisit à la capitulation sans conditions du Japon le 15 août 1945. De nombreux généraux japonais furent pas la suite déclarés criminels de guerre par les USA … drôle de confusion de termes : les vainqueurs ont toujours raison.

Source et illustrations : http://www.atomicheritage.org

Note pour mes lecteurs : pas de billet ce dimanche 19 juillet.

Nouvelles du Japon (Agence Kyodo) : terrifiant !

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En ces temps d’incertitude géopolitique il est bon de raviver quelques souvenirs perdus. Premières victimes de l’orage nucléaire à Hiroshima et Nagasaki qui ne fit même pas un dixième des morts consécutifs aux bombardements incessants pendant des mois de la métropole tokyoïte avec des engins au phosphore pour mieux brûler à vif les civils, les Japonais viennent de révéler (voir le lien) l’incroyable histoire qui se déroula à Okinawa et qui aurait pu annihiler l’ensemble de l’humanité en raison d’une simple erreur de transmission depuis une base de missiles un certain 28 octobre 1962. Il faut resituer les évènements terrifiants relatés par l’agence Kyodo ce 27 mars dernier. Au cours de l’automne 1962, l’Union Soviétique achemina des missiles à charges nucléaires à Cuba capables d’atteindre des cibles sur le territoire américain. Le Président John F. Kennedy considéra très sérieusement des options militaires comme contre-mesures et les deux super-puissances se trouvèrent ainsi au bord de l’affrontement nucléaire. Des témoignages de vétérans (anciens militaires à la retraite) qui furent acteurs dans cette crise nous font découvrir un aspect encore largement inconnu de cette crise, l’envoi précipité d’informations et d’ordres d’exécution au milieu de cette crise d’une rare intensité qui auraient pu être l’étincelle initiale conduisant à l’anéantissement de l’humanité.

Selon John Bordne âgé aujourd’hui de 73 ans et ancien membre du 873e escadron de missiles tactiques de l’Armée de l’Air Américaine, quelques heures après que l’une de ses équipes fut appelée pour la relève de minuit ce 28 octobre 1962 au centre de contrôle des missiles dans le village de Yomitan sur l’île d’Okinawa, un message radio codé en provenance du centre opérationnel des missiles nucléaires de la base américaine toute proche de Kadena parvint aux sites opérationnels. Il y avait à Okinawa huit missiles Mace B Martin Marietta prêts à être tirés depuis le site de Yomitan appelé aussi par les militaires en poste « Site One Bolo Point ». Mais il y avait trois autres sites sur l’île comportant chacun 8 missiles, soit 32 fusées munies de charges nucléaires et l’ensemble était commandé par le Centre des opérations de Kadena à Okinawa.

La mission de Bordne était la maintenance des missiles afin qu’ils soient toujours prêts à être tirés. Il y avait trois équipes de 8 heures (le traditionnel 3×8 aboli par Marine Aubry en instituant les 35 heures) qui déconnectaient les missiles pour les neutraliser, inspectaient la tête nucléaire, l’ogive de protection et les systèmes de contrôle de vol puis reconfiguraient les missiles dans leur logement. En recevant cet ordre codé de lancement reçu par les quatre sites simultanément avant l’aube du 28 octobre, c’est-à-dire en fin de journée du 27 sur la côte est des Etats-Unis, ce fut la stupeur. La procédure de lancement d’un missile est complexe et comporte quatre niveaux. Les trois premiers consistent à comparer les codes reçus avec ceux communiqués à l’avance à chaque équipe des 4 sites. Tous les codes concordaient. Le dernier niveau était l’identification des cibles, un seul missile était dirigé vers l’Union Soviétique et les trois autres vers d’autres pays. L’ordre disait « vous tirez tous les missiles » et c’est là que Bordne eut la présence d’esprit de s’inquiéter directement car son équipe était en charge de mettre à feu les 4 missiles concernés. Bordne qui n’était en fin de compte qu’un employé lambda de l’armée américaine se demanda alors pourquoi tirer trois charges nucléaires vers d’autres pays que l’Union Soviétique. Ça lui paraissait illogique dans la mesure où le Président était en conflit (verbal) direct avec l’Union Soviétique au sujet des missiles cubains. « Nous dûmes penser à ça de manière logique et rationnelle » se dit alors Bordne, son patronyme ne signifiant pas du tout qu’il était borné comme le sont par devoir beaucoup de militaires.

L’échelle de la procédure resta donc bloquée au niveau 2, juste un poil avant d’initier un conflit nucléaire car l’ordre final de lancement ne peut être effectif que lorsque le stade 1 a été atteint, en d’autres termes si l’ordre a été donné d’ « en haut » pour contrattaquer les forces ennemies. Belle rhétorique militaire consistant à se laver les mains avant même d’avoir attaqué puisqu’il n’y a jamais attaque mais uniquement riposte ! Cette stratégie est toujours d’actualité dans les neurones des stratèges de Washington, il n’y a qu’à passer en revue les évènements depuis le 11 septembre : les USA n’ont jamais attaqué aucun pays mais seulement riposté

Bref, le dénommé Bordne s’apercevant que la Chine était une des cibles bien qu’il ne l’ait pas mentionné lors de son interview par Kyodo News, retarda judicieusement le passage au niveau 1. Ce qui éveilla ses doutes était que la portée des missiles était au mieux de 2300 kilomètres (on était en 1962) et que les cibles soviétiques à portée de Mace B ne revêtaient pas d’importance stratégique majeure. Bordne avait été informé qu’un avion espion U-2 venait d’être abattu au dessus de Cuba le 27 octobre quelques heures avant que l’ordre de tir ne parvienne à Okinawa.

Bill Horn, un autre vétéran et ancien collègue de Bordne déclara à Kyodo News qu’il savait qu’en appuyant sur le bouton il ne reviendrait jamais à la maison et que de toutes les façons il n’en resterait rien. Il se souvient du discours du Président qui informa le monde entier le 22 octobre que l’Union Soviétique installait des missiles nucléaires à Cuba mais cet ordre reçu du centre de décision de Kadena fut pour lui le moment le plus proche de la fin du monde civilisé tel que nous le connaissons.

Le 24 octobre, deux jours après le discours de Kennedy, le SAC (Strategic Air Command) abaissa le niveau d’alerte de 3 à 2 sans consulter la Maison-Blanche. Il était évident pour ces techniciens travaillant sur les sites de lancement des missiles à Okinawa que le niveau 1 signifiait la fin de toute l’humanité. Le SAC avait donné l’ordre à toutes les unités opérationnelles d’être prêtes dans les 15 minutes !

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Fort heureusement, et c’est la raison pour laquelle nous sommes toujours en vie, Nikita Khrushchev annonça ce même 28 octobre que l’Union Soviétique retirait tous ses missiles de Cuba.

Source : http://english.kyodonews.jp/news/2015/03/343924.html

Illustrations : base militaire américaine de Kadena à Okinawa et Une d’un journal américain (Wikipedia).

Note : en italique commentaires personnels ne figurant pas dans l’article de Kyodo News

Deux précautions ne valent pas mieux qu’une seule ! (Fukushima)

Presque ironiquement, les Japonais souffrent de la contamination radioactive au nord-ouest de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi alors que les seules études sérieuses sur le long terme et sur une large population en ce qui concerne l’effet des radiations ont été réalisées à la suite des bombardements des villes d’Hiroshima et de Nagazaki à la fin de la deuxième guerre mondiale par les Américains. De ces études extrèmement bien détaillées, il est ressorti que les incidences de cancers dits solides n’étaient pas liées de manière linéaire aux doses sans seuil, c’est-à-dire que l’apparition de cancers n’obéissait pas à une loi directement liée à la dose de radiations reçues.

Une illustration est plus parlante :

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LNT : linear non-threshold dose hypothesis, background : bruit de fond ou radioactivité naturelle, ground zero : point d’impact au sol (source : Forbes.com)

Les valeurs de dose sont exprimées ici en rem, une unité de mesure qui n’est plus appliquée mais qui correspond à 10 mSv. L’hypothèse d’une relation directe entre l’apparition de cancers et la dose de radiations reçue n’a pas été vérifiée par les études réalisées sur les 79000 survivants des bombardements américains sur le Japon en 1945 car en deçà de 10 mSv l’incidence de cancers se confond avec ce qu’on appelle le « bruit de fond » en d’autres termes la radioactivité naturelle. Le même type d’étude a été réalisé depuis 1957 par un comité spécial des Nations Unies (UNSCEAR) dédié à l’effet des radiations atomiques. Il ressort de la dernière publication des travaux de ce comité (2012) qu’il s’est installé une sorte de peur irraisonnée des radiations depuis l’accident de Fukushima-Daiichi : les conseils au sujet des radiations clarifient ce qui doit et aussi ne doit pas être clamé à propos des faibles doses sur la santé des individus et des populations. Les radiations naturelles (ou induites par une contamination externe) comprises entre 2,5 et 3,5 mSv n’ont aucun effet détectable sur la santé publique et des doses inférieures à 2,5 mSv ne sont pas non plus corrélées à une diminution de cancers. Dans ce rapport, la durée d’exposition est prise en compte et une exposition à 10 rem (0,1 Sv) sur une année n’entraine pas d’effets observables alors que la même exposition sur une période plus courte peut avoir des effets.

Le rapport insiste aussi sur le fait qu’aucun effet n’a été observé sur les populations exposées au Japon depuis l’accident de Fukushima-Daiichi et que ces dernières peuvent retourner vivre dans les zones d’exclusion qui présentent une radioactivité mesurable du même ordre que celle observée dans de nombreuses régions du globe comme au Brésil ou encore le Colorado. L’application aveugle du principe de non linéarité des doses sans seuil est, encore selon ce rapport, un désastre économique et psychologique pour les populations japonaises vivant dans les zones dites « dangereusement » contaminées en vertu de ce principe et qu’il est urgent de reconsidérer les décisions prises et basées sur cette assertion erronnée que toute radiation est dangereuse et qu’il n’y a pas de limite inférieure à la non dangerosité des dites radiations en dessous de 0,1 Sv/an. Le rapport cite l’exemple de la France où dans certaines régions, la radioactivité naturelle excède 10 rem/an soit plus de 0,1 Sv/an – les habitants du Limousin n’ont pas plus de cancers que ceux de la Picardie !

Le traumatisme national induit par l’accident de Fukushima-Daiichi a conduit le gouvernement japonais à réduire inconsidérément les limites supérieures de présence de radioactivité dans les aliments. Par exemple pour la nourriture en général, la radioactivité admise dans l’Union Européenne est de 1250 Becquerels/kg, alors qu’elle est de 1200 aux USA et maintenant seulement de 100 au Japon ! Cette régulation extrémiste basée sur le même principe erroné conduit à une phobie généralisée qui n’a pas lieu d’être puisque ces seuils admissibles (Europe et USA) ont été préconisés par l’UNSCEAR après des années d’études approfondies. Les conséquences psychologiques et économiques de cette décision sans fondement du gouvernement japonais sont immenses et la population japonaise ne devrait pas être punie sans raison objective.

Enfin, le rapport rappelle que seules les études réalisées sur les populations d’Hiroshima et Nagazaki, et c’est là l’aspect ironique du problème, ont clairement montré sur une large population que l’effet avait pu être prouvé de manière non équivoque pour des doses aigues (en une fois) comprises entre 0,1 et 1 Sv, voire plus (voir l’illustration plus haut).

 

Sources : Forbes.com, Hiroshimasyndrome.com, UN website