Nouvelles d’Hinkley Point C

Capture d’écran 2016-09-30 à 10.16.55.png

Finalement, sous la pression des gouvernements britannique et français, EDF Energy, filiale londonienne d’EDF, CGN (China General Nuclear), le 10 Downing Street et les grands absents du projet, c’est-à-dire les consommateurs britanniques d’électricité, ont signé le contrat scélérat autorisant le consortium EDF-CGN à vendre le MWh sortant des deux EPR pendant les premières 35 années d’exploitation au prix de 92,50 livres. Peu importe quelles seront les évolutions des prix du marché.

Ceux qui auraient dû être consultés, les consommateurs anglais, n’ont pas leur mot à dire : ils paieront et pas qu’un peu puisque la note qui leur sera infligée s’élèvera à 21 milliards de livres sterling, soit à la louche 25 milliards d’euros. Répartie sur une vie de consommateur cette somme s’élèvera à 12 livres par an et par ménage, de quoi faire passer la pilule en douceur avec aussi comme argument psychologique que ces kWs seront totalement « décarbonés », ben voyons …

Les dindons de la farce sont donc les consommateurs finaux et par extension les contribuables qui seront sollicités au cas où il y ait des retards dans l’exécution du projet, les deux gros monstres devant être connectés au réseau en 2025. Si ce n’était pas le cas, alors la clause tarifaire préférentielle deviendrait caduque et le projet deviendrait ainsi un gigantesque gouffre financier. Loin de moi l’idée de souhaiter un fiasco à Hinkley Point C mais quand on observe les déboires, les embrouilles juridiques et les retards à répétition de l’EPR finlandais à Olkiluoto et les manquements et autres erreurs à Flamanville, il y a de quoi se poser de sérieuses questions. Comme je le mentionnais dans un précédent billet sur ce blog si j’étais investisseur je ne mettrais pas un kopeck dans ce projet. Le chantier du réacteur EPR d’Olkiluoto-3 a démarré en 2005 et aux dernières nouvelles ce dernier devrait être connecté au réseau fin 2018. À Flamanville les travaux ont débuté en 2007 et l’EPR devrait produire ses premiers kWs fin 2018. Enfin l’EPR de Taishan-1 dont les premiers travaux ont débuté en 2009 devrait quant à lui être connecté dans le courant de l’année 2017 et son jumeau Taishan-2 au plus tard en 2018. On peut toujours rêver pour les délais de construction d’Hinkley Point c’est-à-dire moins de 9 années à condition que les Chinois apportent des Airbus A380 entiers d’ouvriers pour travailler sur le site … Tout retard pourrait coûter un maximum à EDF, aux Chinois partenaires à 30 % et naturellement aux contribuables français pour sauver EDF. Encore une fois l’optimisme reste de rigueur.

Sources : Bloomberg et World Nuclear News

BRÈVE : Hinkley Point C, Shakespearien !

Capture d’écran 2016-08-17 à 13.56.54.png

Le Département d’Etat américain n’a pas du tout apprécié le vote populaire et démocratique des Anglais qui ont choisi de quitter l’Union Européenne et ils le font savoir maintenant en mettant des bâtons dans les roues de la machine commerciale mal engagée franco-anglo-chinoise du projet de centrale nucléaire pharaonique d’Hinkley Point C comportant deux EPRs. Tous les arguments sont utilisés pour tenter de détruire tout simplement ce projet qui n’a pas l’air de plaire à la Maison-Blanche. La dernière péripétie en date est l’accusation de l’un des ingénieurs de haut niveau du conglomérat chinois CGN, partenaire du projet Hinkley Point C, d’espionnage industriel … Rien que ça ! Le sieur Szuhsiung Ho a tenté d’accéder à des documents américains classés secrets pour le plus grand bénéfice de l’industrie nucléaire chinoise. Il faut constater qu’il s’agit maintenant d’un autre mensonge de l’administration américaine habituée depuis longtemps aux coups bas et glaireux : comme si les Chinois avaient besoin d’espionner les industriels américains pour développer leur programme énergétique nucléaire !

Toujours est-il que la nouvelle Première Ministre anglaise, Theresa May, se trouve maintenant confrontée à l’odieux chantage américain, encouragée par l’Australie qui n’a pas cédé aux tentatives chinoises d’investir dans son réseau de distribution électrique, naturellement sous la pression des USA … Mère Theresa a reporté à fin octobre sa décision finale au sujet d’Hinkley Point C. Pour ma part, si j’avais quelques kopecks en poche je ne les parierais certainement pas dans ce projet.

Affaire à suivre.

Source : Oilprice.com

EDF : le gouvernement persiste dans l’erreur …

TVA_sign_at_Hyde_Park,_NY_IMG_5665.JPG

Alors que le gouvernement français pousse EDF à persévérer dans le projet Hinkley Point C en Grande-Bretagne, la mise en chantier d’un nouvel EPR avec on ne sait pas trop quel financement, ce qui a d’ailleurs conduit le Directeur financier d’EDF à proprement claquer la porte, cette monstruosité technologique et financière se trouve laminée par la technologie des réacteurs dits SMR selon la terminologie de l’IAEA, l’agence internationale de l’énergie atomique. Le SMR – acronyme de Small Modular Reactor – est une technologie en kit, fabriquée en série pour atteindre un coût le plus bas possible, et dont la mise en oeuvre ne dépasse pas 3 à 5 ans. Depuis 2011 le Département de l’Énergie américain a fait le choix de privilégier cette technologie au détriment des grands projets de puissance électrique supérieure à 1000 MW électriques. À la suite d’un appel d’offre gouvernemental, des compagnies comme Westinghouse, Holtec, NuScale ou encore General Atomics ont présenté leurs projets. L’affaire a suivi son cours jusqu’à récemment lorsque la TVA, Tennessee Valley Authority, une compagnie d’électricité appartenant à l’Etat fédéral américain, a déposé un projet de SMR qui a été approuvé par la NRC et qui sera développé sur le site d’Oakridge avec l’appui technologique de la société Babcok & Wilcox.

Parallèlement, la Grande-Bretagne soutient financièrement le développement de SMRs sur son territoire alors que celui d’Hinkley Point est toujours pendant. On se trouve donc dans une situation où s’opposent les tenants du gigantisme et ceux des petits réacteurs modulaires de 300 MW beaucoup mieux adaptés aux réseaux de transport et de distribution existants. Pour résumer la situation actuelle dans le monde, les SMRs ont le vent en poupe : 11 SMRs sont en cours de construction en Chine, Corée du Sud, Russie et USA et 13 autres en sont encore au stade d’études d’ingénierie au Japon, en Russie, aux USA, en Inde, au Canada et au Pakistan. Mise à part la technologie chinoise, deux configurations sensiblement identiques sont développées aux USA par Babcock & Wilcox, d’une part, et par Westinghouse d’autre part. Quant à la Chine, CNNC propose une gamme de puissances électriques allant de 100 à 350 MW dans une configuration proche de celles choisies aux USA.

L’intérêt du SMR est sa structure modulaire, fabriquée en usine puis transportée sur site. Economiquement et à l’évidence, lorsque de grandes séries seront projetées le coût global de telles unités de production électrique pourra atteindre un milliard de dollars par 300 MW électriques prévues pour durer 60 ans avec un rechargement de combustible tous les deux ans et des systèmes de sécurité dits passifs c’est-à-dire ne nécessitant pas de redondance particulièrement coûteuse comme dans le cas de l’EPR. Il serait peut-être urgent qu’EDF revoie sa copie au sujet d’Hinkley Point C quand la tendance pour les nouveaux projets d’énergie nucléaire s’oriente à l’évidence vers les petites unités. Source : World Nuclear Association http://www.world-nuclear.org/information-library/nuclear-fuel-cycle/nuclear-power-reactors/small-nuclear-power-reactors.aspx

Nucléaire de 4e génération c’est chose faite en Chine

Capture d’écran 2016-03-16 à 18.24.25.png

Alors qu’EDF n’en finit pas de chercher une solution pour le financement du projet Hinkley Point C en Grande-Bretagne consistant en un EPR pour le moment et peut-être un deuxième EPR et que la même compagnie doit également trouver un autre financement, certes moindre mais tout de même également conséquent, pour racheter la division NP d’Areva, on se demande comment le fleuron énergétique français va pouvoir survivre à toutes ces ponctions. Faire appel aux investisseurs ? Pas question d’autant plus qu’EDF a été exclu du CAC40 en raison de la dépréciation du cours de l’action et que les investisseurs ne se précipiteront certainement pas pour investir dans une entreprise détenue à 80 % par l’Etat français qui ne brille pas par ses qualités de gestionnaire. Augmenter le prix du kW, pas question non plus puisque ce prix est décidé par les ronds de cuir qui sévissent autour des jupons de Ségolène. Parallèlement EDF doit acheter, selon la loi, des kW « renouvelables » hors de prix et les revendre à perte. Le cocktail est tellement défavorable que n’importe quel analyste spécialiste du secteur de l’énergie (dont je ne fais pas partie) peut émettre de sérieux doutes sur la viabilité financière de cette entreprise. Il reste naturellement les contribuables et les factures d’électricité … Au final de sont donc bien Monsieur et Madame Michu qui paieront la gestion étatique catastrophique tant d’EDF que d’Areva.

Force est de constater que la France est maintenant en retard d’une génération, on peut même dire de deux générations, dans le domaine de l’électronucléaire et ce sont les Chinois et les Russes qui ont pris une avance indéniable. La Russie, comme je me suis plu à le rappeler dans ce blog, est le seul pays au monde à développer les surrégénérateurs refroidis avec du sodium, type Super-Phénix, une technologie lamentablement abandonnée par le gouvernement Jospin, mais ce n’est pas tout. La Chine termine la construction de deux unités jumelles pilotes du vrai réacteur nucléaire de quatrième génération, le surrégénérateur à haute température (HTR) avec refroidissement par de l’hélium directement couplé à une turbine fonctionnant selon le type dit de Brayton (voir le lien). Ce type de réacteur pourra « brûler » aussi bien de l’uranium-238 que du thorium et ne s’embarrassera pas des actinides que ne peut pas gérer un réacteur à eau pressurisée comme un EPR car ils seront également fissionnés et serviront de combustible.

Ce type de réacteur présente deux particularités qui constituent des avantages considérables en regard de la complexité de fonctionnement des réacteurs à eau pressurisée. Il n’est pas nécessaire de l’arrêter tous les deux ans pour rechargement avec du combustible neuf. Les modélisations ont montré que ce type d’installation à neutrons rapides peut fonctionner au moins dix ans sans rechargement. De plus le rendement énergétique est considérablement amélioré par rapport à un réacteur de type EPR car le gaz de refroidissement sort du réacteur à la température de 850 degrés. En vertu du principe de Carnot également appelé deuxième principe de la thermodynamique le rendement de la machine tournante permettant de produire in fine de l’électricité est proportionnel à la différence de température entre le fluide entrant et le fluide sortant. Cependant dans une installation mettant en jeu une turbine en circuit fermé type Brayton, ce rendement énergétique est encore amélioré et atteint aisément celui des centrales électriques à gaz naturel, soit environ 60 %, ce qui n’a rien à voir avec le mirifique rendement promis pour un EPR d’environ 37 % si ma mémoire ne me fait pas trop défaut.

Le schéma ci-dessous (Wikipedia) illustre clairement comment fonctionnera une telle installation et il va sans dire que les deux unités de démonstration d’une puissance totale de 210 MW électriques actionnant une seule turbine à gaz en cours de construction sur le site de Shidaowan dans la province de Shandong vont rester dans l’histoire de l’évolution de l’électronucléaire car il s’agit d’une avancée technologique considérable.

800px-Gas-Cooled_Fast_Reactor_Schemata.svg.png

Comme on peut le constater dans la partie droite de l’illustration il s’agit d’un circuit fermé. Deux compresseurs couplés à la turbine renvoient le gaz sous pression et refroidi par deux échangeurs de chaleur vers le réacteur. Il ne s’agit plus d’une application directe du fameux principe de Carnot mais d’une amélioration de ce dernier à l’aide de compresseurs qui divertissent une partie de l’énergie fournie par la turbine pour compresser le fluide, ici de l’hélium qui sera chauffé par le réacteur. Contre-intuitivement ce type d’installation atteint des rendements idéaux tout en maintenant le fluide caloporteur en circuit fermé, ce que requiert un réacteur nucléaire pour éviter tout contamination externe. Le choix de l’hélium qui est un très mauvais capteur de neutrons (contrairement à l’eau) permet de mettre en place ce concept thermodynamique.

On ne peut que constater que la Chine a maintenant une « génération » d’avance dans le domaine du nucléaire civil. Pour preuve un deuxième projet vient de passer avec succès les qualifications préliminaires. Il s’agit de deux installations de 600 MW comportant chacune trois unités de 200 MW et trois turbines Brayton dont la construction a été décidée sur le site de Ruijin dans la province du Jiangxi et programmée pour être couplée au réseau électrique dans le courant de l’année 2021. Ce développement de l’énergie nucléaire de quatrième génération en Chine est le fruit d’une étroite collaboration entre la China Nuclear Engineering Company et l’Université de Tsinghua qui concentre la fine fleur des ingénieurs spécialisés dans ce domaine. CNEC bénéficie d’une grande indépendance vis-à-vis du gouvernement central chinois qui lui a confié le soin de résoudre les problèmes énergétiques du pays en se focalisant sur ces énergies nouvelles qui n’ont rien à voir avec les moulins à vent ou les panneaux solaires.

On ne peut donc que constater avec amertume que la France, encore leader mondial dans le domaine du nucléaire il y a 20 ans, a détruit son tissu industriel en raison d’une gestion étatique déplorable et sans aucune espèce de vision prospective, la recherche et le développement dans ce domaine crucial pour les générations futures ayant tout simplement été oblitérés par des décisions irrationnelles de nature politicienne. C’est un désastre annoncé depuis longtemps et confirmé par l’avènement de ces énergies dites renouvelables imposées par les mouvements « verts » qui aggravent la situation financière d’EDF et la prive de toute latitude pour s’orienter vers l’avenir. À en pleurer !

Source : World Nuclear Association, illustration : cuve du réacteur de Shidaowan, 25 mètres de haut et 700 tonnes, source China Huaneng.

Et aussi : https://en.wikipedia.org/wiki/Closed-cycle_gas_turbine

Quand Greenpeace est pris en flagrant délit d’interférence politique …

800px-Saint-laurent-nouan

Nucléaire: 10 énergéticiens allemands et autrichiens portent plainte contre un projet britannique

Francfort – Une alliance germano-autrichienne de dix fournisseurs d’énergie et services municipaux ont annoncé jeudi porter plainte contre le projet de centrale nucléaire d’Hinkley Point en Angleterre, emblématique de la politique énergétique de Londres.

Les plaignants ont expliqué dans un communiqué commun que la plainte doit être officiellement déposée dans les prochains jours, auprès de la Cour européenne de justice à Luxembourg.

Ils visent Hinkley Point C, un projet de construction de deux réacteurs EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre, auxquels doivent participer les groupes français EDF et Areva.

Évalué à environ 16 milliards de livres (près de 22 milliards d’euros), le projet est largement subventionné par le gouvernement britannique, qui a déjà assuré un prix garanti pour l’électricité produite par Hinkley Point pendant 35 ans.

Nous protestons contre ces subventions nucléaires démesurées, parce qu’elles paraissent sans aucun sens d’un point de vue écologique et économique, et qu’elles impliquent des désavantages financiers considérables pour les autres fournisseurs d’énergie, les énergies renouvelables et les consommateurs, a critiqué Sönke Tangermann, le directeur de Greenpeace Energy, un fournisseur d’énergies renouvelables allemand et un des plaignants.

Les subventions de Londres ont déjà été validées par la Commission européenne. Mais Hinkley Point est toujours l’objet d’une intense polémique, d’autant qu’EDF et ses partenaires chinois n’ont pas encore pris de décision finale d’investissement sur le projet.

La centrale s’est attirée les foudres de l’Autriche, qui a elle aussi prévu d’engager une procédure devant la justice européenne. Vienne, qui a renoncé à l’énergie nucléaire en 1978, craint que ce subventionnement ne remette en cause la transition énergétique en Europe en relançant la filière nucléaire.

Alors que l’Allemagne organise également depuis des années sa sortie du nucléaire, les craintes sont donc similaires du côté de l’alliance germano-autrichienne de fournisseurs d’énergie. Elle estime que ce genre de projets subventionnés tirerait les prix de l’énergie vers le bas sur le marché allemand et parle de distorsion majeure de la concurrence.

Si le modèle britannique de subventions (au nucléaire) fait école, comme nous en avons déjà des signes forts en Pologne, en République Tchèque et en Hongrie, alors l’horizon sera sombre pour la transition énergétique allemande, a ajouté Achim Kötzle, le chef des services énergétiques de la ville de Tübingen (sud), parmi les plaignantes.

Le subventionnement du projet Hinkley Point est contesté aussi par des ONG de défense de l’environnement, des responsables politiques écologistes et d’autres Etats membres de l’UE, comme le Luxembourg.

Londres se dit pour sa part certaine que la décision de la Commission (européenne) est solide et résistera à toute remise en cause.

(©AFP / 02 juillet 2015 13h51)

Enquête ouverte sur d’éventuelles rejets de plutonium dans la Loire par EDF

Blois – Le parquet de Blois a ouvert une enquête sur d’éventuels rejets volontaires, par EDF, de plutonium dans les eaux de la Loire après un accident survenu en 1980 à la centrale de Saint-Laurent-les-Eaux, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

La procureure de la République de Blois, Dominique Puechmaille, a saisi à cet effet l’Autorité de sûreté nucléaire et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, a-t-on indiqué de même source, confirmant une information de la Nouvelle République.

Cette enquête a été ouverte à la suite d’une plainte de l’association l’Observatoire du nucléaire après des révélations de Canal Plus sur l’accident nucléaire survenu le 13 mars 1980 à la centrale de Saint-Laurent-les-Eaux.

Dans un reportage, diffusé le 4 mai dernier, la chaîne cryptée accusait EDF d’avoir procédé à l’époque au rejet délibéré dans l’environnement des matières radioactives concernées par l’accident, dont du plutonium.

Dans un communiqué, l’Observatoire du nucléaire a salué la décision du parquet de Blois, indiquant attendre de cette enquête la mise au jour précise et détaillée des actes gravissimes commis par EDF.

L’association souligne que, malgré la date ancienne de l’accident, les rejets ne sont pas nécessairement prescrits car ils ont eu lieu pendant des années et que la prescription court à partir du dernier jour de l’acte délictuel. L’enquête pourra probablement déterminer pendant combien d’années ces rejets ont été opérés, espère-t-elle.

(©AFP / 11 juillet 2015 16h15) <br /><br /><br /> (AFP / 11.07.2015 16:19)

Je gardais donc sous le coude ces deux dépêches d’agence qui font encore une fois la démonstration que les pouvoirs politiques sont littéralement asservis par le groupe de pression maintenant tentaculaire et transnational que constitue l’organisation Greenpeace. Aucun pays n’échappe aux injonctions de ces idéologues.

L’Association Nucléaire Mondiale (WNA) a déclaré que la démarche du gouvernement autrichien, téléguidée à l’évidence par Greenpeace, allant contre les décisions de la Commission Européenne ayant approuvé le projet Hinkley Point C ne respecte pas le droit des pays à choisir l’énergie nucléaire pour satisfaire leurs besoins énergétiques tout en respectant leurs engagements de réduction d’émissions de carbone. Le Directeur Général de la WNA, Agneta Rising, s’est ému de la désinformation systématique orchestrée par Greenpeace qui est dommageable aux efforts des pays concernés pour réduire leurs émissions de carbone : « Les pays leaders dans la décarbonisation utilisent l’énergie nucléaire. Peu de pays sont dans la situation de l’Autriche qui produit 65 % de son énergie électrique grâce à des installations hydroélectriques construites il y a des dizaines d’années. La plupart des autres pays doivent faire des choix pragmatiques » a-t-il déclaré. Rappelons ici que l’IPCC a reconnu sans équivoque que l’énergie nucléaire est une technologie à faible empreinte carbonée comparable sur ce point à toutes les autres sources d’énergies renouvelables.

Quant aux rejets supposés de plutonium dans la Loire par la centrale nucléaire de Saint-Laurent-les-Eaux à l’évidence l’association « l’Observatoire du Nucléaire » semble ignorer le fonctionnement d’une centrale nucléaire. Pour rappel cette centrale est constituée aujourd’hui de deux PWRs de la série des 900 MW électriques et est pilotée de telle manière qu’elle puisse recevoir du plutonium en lieu et place (en partie seulement) de l’uranium enrichi en isotope 235, un combustible bon marché qu’on appelle le MOX. Pour qu’il y ait rejet de plutonium hors du réacteur il faut qu’un assemblage de combustible soit endommagé et de surcroit en contact avec le milieu extérieur. Le site de Saint-Laurent comprend également deux réacteurs graphite-gaz arrêtés en 1990 et 1992 respectivement.

Pour alimenter la polémique antinucléaire et l’usage de MOX cette association ressort deux accidents, le premier et le plus sérieux qu’EDF ait connu, survenu en 1969 durant lequel une cinquantaine de kg d’uranium commençèrent à fondre sans toutefois qu’une quelconque radioactivité ait été notée hors du réacteur. Un deuxième incident survint en 1980 et consista en une surchauffe ponctuelle d’un assemblage de combustible. Ces incidents furent ressortis des mémoires des années plus tard (trente ans !) pour relancer le débat sur les éventuels risques d’inondation de la centrale de Saint-Laurent à la suite de la crue de la Garonne qui mit en difficulté la Centrale nucléaire du Blayais au bord de la Gironde. L’association entre les incidents de 1969 et de 1980 avec ces risques d’inondation est un cas typique de désinformation rapprochant deux évènements ou situations sans aucun lien les uns avec les autres. Les activistes antinucléaires cherchent par tous les moyens à affoler les populations qui n’y comprennent rien en avançant des arguments spécieux sans aucune base scientifique tangible. On baigne dans le mensonge et l’intoxication systématiques des peuples mais aussi de leurs dirigeants, consternant !

Illustration : centrale de Saint-Laurent (Wikipedia)