Petite chronique de voyage

DSCF5127.JPG

Un peut rituellement je vais chaque année à Tokyo pour Hanami. Cette année, je ne suis pas déçu car le changement climatique a repoussé de quelques jours la floraison des cerisiers alors qu’on aurait pu s’attendre à l’inverse. Mes lecteurs comprendront que je fais en sorte d’introduire dans ma prose quelques traits d’humour. En effet si le changement climatique annoncé depuis près de 30 ans se confirmait avec un signe moins, il faudrait alors prendre des mesures pour augmenter cet effet de serre dont on parle tant pour ne pas être tous frigorifiés.

Lors d’une escale à Shanghai j’ai pu apprécier la vétusté et le manque total d’organisation de l’aéroport international dont j’ai oublié le nom. Son code IATA est PVG pour les curieux. Si on se trouve dans la situation d’un transit international, il faut repasser par la sécurité et présenter son passeport et sa carte d’embarquement. Cette procédure, pour peu qu’il y ait d’autres vols en provenance au même moment de l’étranger, peut durer pratiquement deux heures. Cinq préposés aux gestes lents – ce sont des fonctionnaires – ne font que tamponner la carte d’embarquement mais cela prend presque une minute et quand il y a 350 personnes qui attendent, faites le calcul.

DSCF5128.JPG

Arrivé dans la zone d’embarquement, j’ai repéré la porte puis je me suis mis en quête d’une possibilité d’acheter une bière en payant en yens ou en euros. J’ai trouvé, après un trajet d’environ 50 mètres, une boutique qui acceptait les yens et rendait la monnaie en yens. Puis je suis allé griller quelques cigarettes dans la zone fumeur situé deux étages en dessous du niveau d’embarquement et je laisse le soin à mes lecteur d’apprécier le curieux multi-briquet cadenassé et un cendrier. Les toilettes ne sont pas particulièrement propres, je les classerais au niveau de la propreté de ceux de Roissy, sans autre commentaire. Finalement cet aéroport pourrait faire beaucoup mieux car il accueille la plupart des vols internationaux ainsi que ceux en provenance de Macao, Hong-Kong et Taïpe …

Nouvelle chronique tokyoïte # 1

En arrivant à Narita dimanche vers 13 heures locales, je n’avais jamais vu le hall de l’immigration aussi peuplé d’Américains, de Canadiens, de Coréens (j’arrivais de Roissy via Séoul) et de Chinois. Les services étaient submergés et des milliers de voyageurs s’agglutinaient dans les mauvaises files d’attente car le personnel semblait totalement débordé. Bref, il me fallut près d’une heure trente pour mettre les deux index sur une sorte de cellule de reconnaissance des empreintes digitales et me faire tirer le portrait par une petite caméra. Dans le hall des bagages, un amoncellement de valises en souffrance fit que les douaniers furent particulièrement laxistes en n’inspectant aucun bagage afin de résorber cet afflux inattendu de voyageurs. Il faut dire que c’est hanami et que tous les cerisiers viennent de fleurir partout et la beauté printanière y est peut-être pour une grande part dans cet afflux inédit de voyageurs. J’ai depuis plusieurs années mes repaires et je vais d’abord fumer une cigarette à l’extérieur avec mon cendrier de poche près de la gare des bus que je n’ai jamais utilisé en raison du coût prohibitif du voyage vers le centre de Tokyo. Je recharge ma Suica (c’est l’équivalent du Navigo à Paris) et je prend la Keisei puis la Sobu locale en arrivant à Funabashi. En presque deux heures de train je me retrouve à Suginami, un quartier ouest de Tokyo, comme si j’avais quitté cet endroit quelques jours auparavant. C’était un dimanche mais la vie dans cet immense agglomération ne s’arrête jamais, il y a presque autant de trains que durant la semaine, ils sont à l’heure, et les voyageurs ressemblent à des voyageurs de tous les jours, des jeunes filles en uniforme de leur école, des messieurs sérieux avec une cravate et des vieilles dames en kimono qui vont boire le thé avec des amies. Les autoroutes urbaines aériennes sont encombrées mais la seule différence à peine notable est qu’il n’y a pas de petits camions de livraison dans les rues. Le Japon vit vingt quatre heures sur vingt quatre et le dimanche est un jour comme les autres puisque le pays ne s’encombre pas de repos dominical, ce jour prévu à l’origine pour aller à l’Eglise dans les pays européens, mais qui va encore à l’église le dimanche, les gens préfèrent aller au supermarché ou dans un magasin de bricolage et ici au Japon aller quelque fois au bureau le dimanche pour terminer un travail n’est pas chose incroyable alors que les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées.

Note : Keisei et Sobu sont les noms de compagnies de train privées qui exploitent aussi des centres commerciaux construits au dessus des gares, ce qui est très pratique pour les usagers des trains qui ne sont pas obligés de prendre une voiture pour aller à des kilomètres dans des centres commerciaux déshumanisés perdus au milieu de nulle part.