Le « machin » onusien et ses contradictions internes

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L’UNESCO est censée se préoccuper de la préservation culturelle. Vers la fin de l’année dernière, son magazine interne a néanmoins publié un numéro spécial sur le changement climatique (lien). L’éditorial officiel emploie les clichés habituels. Conséquences catastrophiques, le «plus grand défi mondial de notre époque», etc, etc, comme d’habitude.

De manière hilarante, cet éditorial implique que, sans plan des Nations Unies, la planète ne survivra tout simplement pas. L’UNESCO pourrait-elle sauver la Terre : ce billet va montrer comment l’ONU a échoué – tragiquement et complètement – à sauver Haïti.

Ce pays compte moins de 12 millions d’habitants. Il est légèrement plus petit que l’État américain du Maryland. Parce qu’il comprend la moitié d’une île, ses frontières sont bien définies. L’ONU y a une présence significative depuis 2004, mais Haïti reste une affaire très politique de, pourrait-on dire, mépris.

Après le tremblement de terre dévastateur survenu en 2010, la reconstruction a été un énorme travail pour lequel l’ONU se montra spectaculairement incompétente. Mais ce n’est pas tout. Les soldats de la paix des Nations Unies ont ensuite infecté par le choléra la population locale déjà traumatisée.

Ces soldats de la paix arrivaient du Népal, pays qui venait de connaître une épidémie de choléra. L’ONU n’a pris aucune mesure pour s’assurer que son personnel n’était pas porteur de la maladie. Elle n’a pas non plus établi d’assainissement adéquat dans leur campement. Les eaux usées non traitées ont été déversées dans la rivière la plus importante du pays, contaminant l’eau utilisée pour boire, cuisiner et se baigner.

Cela a déclenché la pire épidémie de choléra des temps modernes, une épidémie pour laquelle les médecins haïtiens étaient très mal équipés pour combattre cette épidémie car la maladie n’y avait jamais été enregistrée auparavant (voir la vidéo au sujet de cette épidémie, lien en fin de billet)

Les 10 000 décès et la décennie de maladie qui a suivi sont une calamité causée par l’ONU. Mais lorsque Ban Ki-moon s’est finalement excusé pour la manière dont la situation avait été gérée, six ans après l’apparition de l’épidémie, il n’a pas assumé l’entière responsabilité. L’ONU, voyez-vous, est protégée par l’immunité diplomatique. Les fonctionnaires de l’ONU ont une carte permanente « sans prison » dans leur poche arrière. Ils ne peuvent jamais être tenus pour vraiment responsable des dommages qu’ils causent.

Quiconque imagine que l’ONU est capable de sauver la planète entière doit prendre quelques jours de sa vie pour lire deux livres. Le premier est écrit par Jonathan Katz, le journaliste d’Associated Press qui était en poste en Haïti lorsque le tremblement de terre s’est produit. Il s’intitule: Le gros camion qui est passé par là : comment le monde est venu sauver Haïti et a laissé un désastre.

L’autre livre s’appelle « Deadly River: Cholera and Cover-up in Post-Earthquake Haiti ». Il raconte l’histoire de Renaud Piarroux, un médecin français qui a été appelé pour enquêter. Écrit par son collègue médical, Ralph Frerichs, il montre que l’ONU échoue dans les tests moraux les uns après les autres.

Plutôt que de recevoir coopération et assistance, Piarroux, qui avait mené des efforts pour éradiquer le choléra ailleurs, a dû combattre l’ONU elle-même. Il est courant dans de telles situations d’identifier la source d’une épidémie le plus rapidement possible. Dans ce cas, les responsables de plusieurs organes des Nations Unies – y compris l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – ont insisté sur le fait qu’il y avait des considérations plus importantes que de les blâmer. Frerichs écrit :

Il y avait un effort actif pour supprimer toute recherche de l’origine. [p. 34]

Tous les fonctionnaires internationaux, sans exception, ont adopté la même position, exonérant les soldats [des Nations Unies]. [p.66]

Les cartes [du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies] ont continué de falsifier le début du choléra… [p. 70]

Pendant des années, l’ONU, aidée et encouragée par certains experts éminents, a tenté de lier l’épidémie au changement climatique :

Il est devenu évident qu’il y avait un effort actif pour dissimuler le rôle des Casques bleus népalais de l’ONU, aidé par ceux qui pensaient que le choléra provenait de changements climatiques ou environnementaux… [p 108]

Il n’y avait pas un seul élément de preuve pour soutenir l’hypothèse environnementale que [le choléra] était resté en sommeil et puis… avait été bouleversé par le tremblement de terre de janvier 2010. L’épidémie s’était produite neuf mois après le tremblement de terre ! [p. 137]

Le 6 janvier, les membres du panel «indépendant» des Nations Unies ont fait une déclaration proclamant que… l’épidémie était définitivement liée à la théorie environnementale. [pp. 160-161]

Au terme de son enquête, ce même panel de l’ONU a dû rejeter l’hypothèse environnementale… [p. 182]

Dans l’ensemble, le rapport de l’ONU était un badigeon qui a choisi de ne pas parler des soldats de la paix, tout en critiquant les victimes. Voici quelques citations supplémentaires du livre:

Comment le panel soi-disant indépendant des Nations Unies n’aurait-il pas pu identifier les humains responsables de… l’épidémie ? [p. 189]

Le panel n’a pas hésité à blâmer les Haïtiens et leur environnement local de santé publique. [p. 190]

Des détails sur la source [du choléra] ont également été omis dans [une publication de l’OMS alors que les faits scientifiques étaient clairement connus… La réglementation de l’OMS stipule depuis longtemps que «toutes les informations disponibles sur l’origine de l’infection» doivent être déclarées. [p. 194]

L’ONU est une bureaucratie massive. Les bureaucraties ne sont jamais tenues pour responsables. Elles sont composées de carriéristes qui passent d’une mission à l’autre, évitant ainsi les conséquences des décisions qu’ils prennent sur la vie des autres.

Quand quelque chose se passe mal, la patate chaude est repassée ici, là et partout. Il n’y a guère d’incitation pour le personnel des Nations Unies à reconnaître ses erreurs, sans parler d’apprendre de celles-ci.

Le monde est composé de faiseurs et de causeurs. Haïti nous montre que le personnel des Nations Unies sait parler et rédiger des rapports. Mais cette organisation est pathétique pour faire quoi que ce soit dans le monde réel.

Au point zéro d’une terrible catastrophe naturelle, les personnels des Nations Unies ont aggravé plutôt qu’amélioré les choses. Ils ont ensuite perdu un temps précieux à nier, à cacher les failles de leurs actions et à couvrir les dommages qu’ils avaient infligés.

Source : Blog de Donna Laframboise

Liens : https://youtu.be/lKu7V7pDLyQ , https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000370322_eng

https://www.foxnews.com/world/un-apologizes-for-haitis-cholera-epidemic-without-noting-it-brought-the-disease

Commentaire du billet de Hashtable sur la planète (qui reverdit).

Je me permets de saluer sur mon blog l’excellence des billets de H16 (Hashtable) et je conseille mes lecteurs de se hasarder sur ce blog, ils ne seront pas déçus. Je commenterai à ma façon la présentation de Matt Ridley dont vous trouverez le lien ici (http://h16free.com/2013/03/26/21887-la-planete-devient-plus-verte).

 

Il est vrai que la planète reverdit surtout quand on cite des exemples avérés et qu’on les généralise hâtivement. Ridley considère que l’usage des combustibles fossiles (pétrole ou charbon) a favorisé le reverdissement de certaines régions du globe citant en exemple Haïti et la République dominicaine. Les Haïtiens font du charbon de bois pour la cuisine des ménages et par conséquent coupent les arbres, plutôt les arbustes puisqu’il ne reste plus d’arbres de haute tige en Haïti, alors que la partie ouest de l’île est boisée et verte tout simplement parce que les habitants de la République dominicaine importent du pétrole et peuvent cuisiner avec du propane ou du butane (GPL). La conclusion est que l’usage de pétrole et de ses dérivés favorise la reforestation ou le verdissement de la planète. Je veux bien, mais combien d’autres exemples de ce genre ? Au Sahel, on a constaté que ce n’est pas l’usage de combustibles fossiles qui a favorisé certains reverdissements de la savane sèche mais la présence de troupeaux dont les excréments enrichissent le sol ce qui favorise la croissance, certes timide, mais bien réelle d’herbes et de buissons précurseurs d’une reforestation, mais rien à voir avec les combustibles fossiles.

Le cas du reverdissement de l’Arabie Saoudite est trivial puisque ce pays consomme plus de la moitié du pétrole pompé de son sous-sol pour produire de l’eau douce. On comprend sans peine aucune que l’énergie fossile conduise à un résultat spectaculaire !

Pour en venir au gaz carbonique directement issu de la combustion de pétrole ou de charbon, l’augmentation de la teneur atmosphérique peut à la rigueur favoriser les plantes C3 mais jusqu’à une certaine limite lorsqu’on sait que dans ces plantes l’enzyme responsable de la fixation de gaz carbonique (rubisco) fonctionne plutôt mieux si le gaz carbonique est plus abondant, alors que les plantes C4 qui ont compartimenté l’étape de fixation du gaz carbonique et celle de l’élimination de l’oxygène (pour être bref) afin que ces deux gaz n’entrent pas directement en compétition ne poussent pas mieux en présence de plus fortes teneurs en gaz carbonique.

A ce propos, je reporte mes lecteurs à un précédent billet de mon blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/01/27/1256/

 

J’en terminerai par une remarque sur la forêt amazonienne qui globalement présente un bilan carbone nul, et je m’explique très rapidement : la biomasse de cette forêt est globalement constante et la production d’oxygène par la végétation est balancée par la production nocturne de gaz carbonique (et de méthane issu des fermentations de matières organiques) et ce n’est pas la forêt amazonienne qui influe sur le climat plaéntaire mais l’ensemble des océans, or Ridley ne mentionne pas ce dernier point puisque la pollution des océans, principal puits à gaz carbonique de la planète, par des organo-phosphorés, chlorés et fluorés conduira à terme à une raréfaction du phytoplancton et par voie de conséquence à un déséquilibre total et irréversible de la biosphère prise dans son ensemble. Or, les polluants rejetés massivement dans les océans sont synthétisés à partir de pétrole … le verdissement des terres, peut-être, mais la mort des océans, certainement à long terme !

Lien : http://h16free.com/2013/03/26/21887-la-planete-devient-plus-verte