Brève. Le procès de Julian Assange

La Grande-Bretagne a reposé son système démocratique sur l’Habeas corpus (1679) renforcé et mis en place lors de la « Glorious Revolution » en 1688. Le procès de Julian Assange remet en question l’Habeas corpus sur de nombreux points. En premier lieu un emprisonnement sans motifs, en deuxième lieu l’impossibilité pour Julian Assange de se défendre, en troisième lieu la maltraitance dont est victime Julian Assange sont contraires aux dispositions de l’Habeas corpus. Enfin la liberté d’expression de Julian Assange est bafouée, ce qui est également contraire à l’Habeas corpus.

Si les juges britanniques livrent Julian Assange à la justice américaine ils renieront de ce fait le fondement même de la démocratie britannique. En effet, l’Habeas corpus définit clairement la scission entre le pouvoir politique et judiciaire en Grande-Bretagne. Or le procès d’Assange est purement politique en révélant la soumission totale des Britanniques au pouvoir de la Maison-Blanche. La France a failli à sa mission de défense des droits de l’homme en refusant d’accorder l’asile politique à Julian Assange. La France sera aussi écornée dans sa réputation si Julian Assange est finalement extradé vers les Etats-Unis.

L’issue prévisible du procès de Julian Assange marquera ainsi la fin de la démocratie anglaise ainsi que le ternissement irrémédiable de l’image de la France. Plus personne ne pourra croire qu’il existe encore une véritable justice indépendante du pouvoir politique, en Grande-Bretagne et y compris en France, pays qui se sera rendu coupable de complicité de la condamnation de Julian Assange par sa totale inaction. J’ai honte de la Grande-Bretagne et j’ai honte de la France, mon pays natal.