Le déclin et la chute inévitable de l’Union Européenne

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Voici un autre regard venu d’outre-atlantique. Traduction d’un article de Charles Hugh Smith paru sur son site charleshughsmith.blogspot.com

La fin des modèles néoféodaux et néocolonialistes était inévitable et il en sera de même du projet d’intégration et d’exploitation européen. Le fait que la monnaie unique, l’euro, fracturerait plutôt qu’unirait l’Europe avait été compris bien avant son introduction le premier Janvier 2002. L’euro, monnaie commune à 19 des 28 Etats membres de l’Union européenne, n’est que l’une des diverses institutions qui unissent les nations à l’Union mais c’est le pivot de l’intégration financière présentée comme l’un des principaux avantages de l’adhésion à cette Union. Pourtant le scepticisme quant aux avantages de l’adhésion à l’UE augmente tandis que les citoyens s’interrogent sur l’abandon de la souveraineté nationale avec une intensité renouvelée.

L’élite des technocrates au pouvoir dans l’UE tente de marginaliser les critiques populistes, nationalistes ou fascistes, ignorant la réalité qui est pourtant que la source réelle de la tyrannie qui s’installe en Europe est le fait de ces technocrates non élus qui ont acquis au fil des années des pouvoirs extraordinaires afin de dépouiller les citoyens des pays membres de leurs libertés civiles, notamment leur droit à la dissidence, et de la signification de leur droit de vote. Comme je l’ai expliqué patiemment depuis 2012 la structure sous-jacente de l’UE est le néo-colonialisme, en particulier la néo-colonisation financière. Sans même se dissimuler les institutions financières du noyau central de l’UE ont colonisé la périphérie via l’Euro et ont imposé aux citoyens un système de servage profitant à la seule finance.

Pour comprendre ce qu’est ce modèle de financiarisation néo-colonialiste il faut rappeler ce qu’était le modèle classique du colonialisme. La puissance coloniale conquérait un territoire et s’assurait la domination des élites locales en collaborant parfois avec ces dernières puis elle procédait à l’exploitation des ressources et du travail de la nouvelle colonie pour enrichir la nation impériale et ses élites. Ce modèle colonial a été démantelé sous la pression des Nations-Unies après la seconde guerre mondiale. Les anciennes colonies ont acquis leur indépendance et ce processus a diminué la richesse et le pouvoir des anciennes puissances coloniales.

En réponse à ce processus les puissances financières mondiales ont cherché à établir un contrôle financier plutôt que politique. C’est la base de la dynamique du modèle néo-colonial de financiarisation qui substitue le pouvoir économique de la financiarisation (dette, effet de levier et spéculation) au pouvoir brutal de la conquête et du contrôle politique. La principale stratégie de la financiarisation est de développer du crédit à faible coût à l’intention de ceux (les pays) qui n’ont pas un accès direct au capital et quand ils auront mordu à l’appât alors ils ne pourront plus qu’accepter un crédit plus onéreux. Quand le crédit atteint des niveaux insupportables (pour ces pays) alors les prêteurs exigent des collatéraux ou des conditions commerciales favorables ou encore des concessions financières.

Cependant le pillage économique des anciennes colonies a atteint ses limites et en conséquence les puissances financières globales ont développé le modèle néo-colonial moderne qui applique ces mêmes techniques au niveau local dans le cas de l’Europe. C’est ainsi que des nations comme la Grèce, le Portugal, Chypre, … ont été classées parmi les nations périphériques pouvant être exploitées par le noyau financier central et l’Euro est l’outil idéal pour exploiter ces nations qui n’auraient jamais pu générer des bulles immobilières (comme l’Espagne) sans que les vannes du crédit bon marché soient grandes ouvertes.

Dans le néo-colonialisme financiarisé les puissances financières concluent un contrat avec les élites et les populations locales de la périphérie. Ces « colonisés » périphériques empruntent de la monnaie pour acheter des biens manufacturés dans les pays centraux et ils enrichissent alors les élites de ce centre par les profits réalisés en vendant ces biens, par les intérêts de leur dette nécessaire pour acheter ces biens et maintenir un niveau de vie domestique élevé et enfin en favorisant un véritable écrémage des actifs de ces pays périphériques.

En substance les banques allemandes et françaises mais aussi néerlandaises ont colonisé les pays de la périphérie européenne via la financiarisation de l’euro ce qui a favorisé l’extension massive de la dette de ces pays et les banques et les exportateurs ont réalisé d’immenses profits au détriment de ces pays périphériques. Dès lors les actifs et les intérêts de la dette affluent vers le noyau central de l’Europe. Le sauvetage de la Grèce n’a que très marginalement profité aux citoyens de ce pays : à peine 8 % des 284 milliards d’euros ayant servi au renflouement de la dette grecque sont arrivés jusqu’au citoyen grec, l’essentiel est allé vers les puissances financières pour le paiement des intérêts. Le noyau central européen a dénudé la Grèce de son indépendance financière et politique, exactement comme l’ont fait les puissances coloniales au XIXe siècle avec les pays africains et indo-asiatiques en les privant de leurs ressources, de leurs biens et de leur indépendance politique.

En substance le noyau central de l’UE a atteint la perfection du néo-colonialisme mais aussi du néo-féodalisme. Les nations périphériques sont en réalité les débiteurs néo-coloniaux du noyau et les contribuables des nations du noyau central sont maintenant les serfs féodaux dont le travail est dédié à la production de biens dans le cadre du schéma global de financiarisation et qui ne feront que se dégrader. Ce néo-colonialisme profite à la fois à l’aristocratie du noyau central mais également aux oligarchies de la périphérie. Il suffit de constater comment la Grèce a été littéralement ruinée.

L’UE a atteint la phase finale du modèle néo-colonial de financiarisation et avec celui-ci il n’y a plus de marchés à exploiter, il n’y a plus d’actifs à dépouiller et les serfs (les « gilets jaunes ») du noyau central se lassent d’être systématiquement dépouillés par la kleptocratie européenne.

À ce stade, l’aristocratie financière se trouve aux prises avec un dilemme insoluble : l’annulation des créances en souffrance annule également les flux d’actifs et de revenus, car chaque dette constitue l’actif et le flux de revenus du noyau central. Lorsque tous ces actifs fantômes seront reconnus comme sans valeur alors le système implosera.

Cet épuisement du système néo-colonial-néo-féodal mis en place en Europe était inévitable et il en résultera le déclin et la chute du projet européen d’intégration et d’exploitation de type colonial des pays de l’UE par les oligarques au pouvoir.

La Grèce et les accords « COP21 » : une vue de l’esprit !

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La Grèce était entrée triomphalement dans l’Union monétaire européenne à la suite d’un gros truquage de ses comptes nationaux par Goldman-Sachs, l’ex-employeur de Mario Draghi, et c’était merveilleux d’avoir un membre de l’union aux portes de la Turquie. Les Allemands se sont frotté les mains car ils vendaient et allaient vendre encore plus d’armes à la Grèce pour se protéger des velléités agressives des Ottomans qui n’ont jamais digéré la dissolution de leur Empire en 1918. Aujourd’hui la Grèce est un pays pauvre, peut-être le plus pauvre de l’Union Européenne et quand on est pauvre il faut faire avec sa pauvreté !

La Grèce ne respectera certainement pas les accords sur le climat de Paris car elle n’en a pas les moyens et elle cherche de l’argent par tous les moyens et tous les moyens sont bons également pour en économiser afin d’accumuler quelques maigres devises pour rembourser ses dettes (essentiellement détenues par l’Allemagne qui a vendu des armes au pays …). Le port du Pyrée n’est plus à vendre il appartient déjà à la Chine et pour réduire ses importations de gaz et de pétrole la Grèce exploite une gigantesque mine de charbon de mauvaise qualité pour produire le tiers de son électricité domestique. C’est la mine de Ptolemaida flanquée d’une grosse centrale électrique ultra-polluante construite par … les Allemands car les Teutons s’y connaissent en énergie polluante. Avec la Pologne, la République Tchèque, l’Allemagne et la Grèce, ces quatre pays représentent le tiers de la production mondiale de charbon. Le charbon a encore de beaux jours devant lui n’en déplaise aux pourfendeurs des émissions de carbone !

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La Grèce ne peut donc pas se permettre de cesser cette exploitation et elle se moque des accords de Paris comme d’ailleurs les quatre autres pays mentionnés ci-dessus quoiqu’en pensent des organisations terroristes comme Greenpeace car cesser l’exploitation du charbon serait tout simplement suicidaire. De plus exploiter cette mine de charbon située dans l’ouest de la Macédoine (non pas indépendante mais une province grecque, tout ce qu’il y a de plus grecque) a créé plus de 10000 emplois locaux et personne ne se plaint ni ne se plaindra. Conclusion : un pays « pauvre » comme la Grèce ou la Pologne, un peu moins pauvre, ne pourra jamais se conformer aux accords de Paris, c’est un fait, point barre.

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Adapté d’un article paru dans le Guardian surtout pour les illustrations car comme chacun sait le Guardian est un journal de gauche vendu aux idées surréalistes de Greenpeace.

À Athènes une pute c’est 4 euros de l’heure, trouvez mieux !

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En Grèce, il y a tellement de prostituées dans les rues des grandes villes, souvent des lycéennes ou des étudiantes, que les bordels ont été contraints de fermer leurs portes car ils n’avaient plus assez de clients pour pouvoir payer leur licence. Un heure avec une fille âgée d’à peine 17 ans coûte maintenant 4 euros. La fille a ensuite de quoi se payer un cheesecake pour 1 euro 20 et il lui reste un peu d’argent pour parer à ses frais de logement ou plus prosaïquement pour acheter un cahier et un stylo à bille. Toutes les filles des pays de l’est de l’Europe ont disparu car leurs tarifs étaient il y a à peine trois ans de 50 euros de l’heure car les Grecques n’avaient pas pour habitude de se prostituer.

Je ne raconte pas n’importe quoi. Cette information parue dans le très sérieux The Times a été reprise par Tyler Durden dans son blog Zerohedge ce 28 novembre.

Voilà où en est la Grèce ! Le pays vend ses bijoux de famille, des îles, les compagnies d’électricité et de distribution d’eau, les ports mais ça ne suffit pas pour que le peuple puisse se nourrir et les lycéennes vendent leur vertu pour simplement survivre. La Grèce a emprunté aux banques allemandes pour acheter des sous-marins made in Germany et pendant ce temps-là les filles continuent à se prostituer car elles n’ont pas le choix. Si elles ne vendaient pas leur corps au premier venu elles crèveraient de faim. Voilà ce que l’Europe a fait de la Grèce : seule l’industrie du sexe est devenue compétitive dans ce pays.

L’enquête a été réalisée par le Professeur de sociologie Gregory Lazos de l’Université Panteion d’Athènes pendant ces trois dernières années sur 18500 prostituées des principales villes du pays. Triste tableau …

Source et illustration : The Times repris par Zerohedge.com

Billet d’humeur politique : quel avenir pour l’Europe ? Le chaos.

On ne peut que constater avec effroi que l’Union Européenne n’est qu’une construction artificielle autour d’une Commission qui n’a aucune légitimité démocratique mais détient le pouvoir absolu, d’un Parlement incroyablement coûteux sans réel pouvoir et d’une monnaie qui n’a fait qu’accentuer les disparités entre les pays du nord et du sud. Cette monnaie commune, très pratique par ailleurs, est surveillée de près par la BundesBank et ce n’est pas un hasard si les sièges de la BCE, de la Banque centrale allemande, de Deutsche Bank (la plus grosse banque d’Europe) et de la bourse allemande sont tous à Francfort, en quelque sorte le « Wall Street européen » en dehors naturellement de la City. De ce fait l’Union Européenne est soumise aux exigences des Allemands avec un gouverneur central, cerise sur ce gâteau de billets, qui est un ex de Goldman-Sachs, banque d’affaires ayant organisé en sous-main la fraude grecque pour son admissibilité dans l’Union Européenne.

Venons-en au problème des réfugiés du Moyen-Orient qui fuient les exactions de fous de dieu sanguinaires financés par l’Arabie Saoudite et armés et entrainés par les Américains. Angela Merkel, cette démagogue écolo crypto-marxiste, il faut appeler un chat un chat, elle qui a tout de même vécu une grande partie de sa vie endoctrinée par le régime est-allemand (ça laisse indubitablement des traces), veut imposer ses vues de « mamie protectrice » aux autres pays européens pour accueillir des réfugiés qui auront immédiatement droit à toutes sortes d’aides payées par les contribuables afin que les gouvernements se donnent bonne conscience. C’est facile à comprendre, l’Allemagne manque de main-d’oeuvre car les baby-boomers de l’après-guerre partent massivement à la retraite. Faut-il donc que tous les pays européens imposent des efforts à leur propre population pour accueillir ces réfugiés et ainsi soulager les capacités d’intégration de l’Allemagne ? Les fondations même de l’Europe sont menacées non pas par cet afflux d’exilés volontaires comme le prétendent certains politiciens mais par l’autoritarisme allemand qui, vassal des USA depuis 1945, veut imposer sa vision politique et économique à tous les autres pays européens. Pour ma part, mais je ne partage mon opinion qu’avec moi-même comme disait très justement Desproges, je parierai volontiers que les Anglais vont choisir une désolidarisation de l’Union Européenne lors des prochaines élections et le parti conservateur restera au pouvoir, tant mieux pour les Anglais !

Et si vous voulez encore une louche pour le dessert, je rappelle que les frontaliers français qui travaillent dans le Duché du Luxembourg (il y en a à peu près cent mille) perçoivent des salaires mirobolants et ne sont que de simples RMIstes en France qui ont droit à la CMU (je ne sais pas si ce truc existe toujours sous ce nom) et également à des aides pour le chauffage – il fait déjà froid dans les Ardennes, 5° ce matin – on ferait la révolution pour moins que ça mais ce sont les lois européennes de bonne entente entre voisins… Pour les réfugiés politiques en provenance du Moyen-Orient il faudra revoir la copie !

Billet d’humeur politique

Guerre ou pas guerre : tout va se décider dans les Balkans, encore une fois.

Les conflits européens ont souvent débuté par des troubles dans les Balkans. On a évité le pire avec le démantèlement de la Yougoslavie au prix d’un certain nombre de massacres et de ruines de villages millénaires. Les intérêts stratégiques en jeu étaient tels que les USA, qui mettent leur nez partour depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, en ont profité pour imposer leurs vues expansionnistes et hégémoniques. La guerre du Kosovo a été organisée par les Américains, les meurtres, les pillages, les viols et les tortures n’ont jamais ému qui que ce soit puisque cette guerre, c’était pour la bonne cause, la pax americana et l’instauration de « démocraties » dans cette région des Balkans, lieu de passage et de fusion de peuples divers, assemblages de miettes du passé où on toujours cohabité des chrétiens et des musulmans dans un morcellement de minuscules régions que Tito avait réussi à fédérer dans une paix relative. La Grèce fait partie des Balkans. C’est un pays de religion orthodoxe et la religion en Grèce a beaucoup plus d’importance que tous les pouvoirs politiques qui se sont succédé à Athènes. L’Église orthodoxe grecque est liée à celle de Moscou, je le rappellais dans un précédent billet, et il n’y a qu’un pas facile à franchir pour donner une nouvelle signification à l’intervention de la banque Goldman-Sachs en Grèce pour « mettre de l’ordre » dans le dossier d’adhésion de la Grèce à l’Union Monétaire Européenne, sur ordre du Département d’Etat Américain. Cette hypothèse est tout à fait plausible.

La Grèce est donc – depuis qu’elle est gouvernée par des communistes – la mêche reliée à la grosse bombe dont l’explosion prochaine risque non seulement de secouer les marchés financiers mais aussi et surtout d’attiser les tensions entre le bloc USA-OTAN-Union Européenne et la Russie. En effet, Tsipras n’a pas dissimulé ses allées et venues à Moscou pour solliciter une aide financière de Poutine et ce dernier aurait répondu favorablement avec en contre-partie (rien n’est gratuit) le passage sur le sol grec d’un gazoduc avec de confortables royalties à la clé. Tout ça c’est très bien pour la Grèce mais les dirigeants américains pourraient devenir nerveux car la Grèce fait partie de l’OTAN et un rapprochement de ce pays avec la Russie pourrait donner des idées à l’Espagne et au Portugal. Mais ce n’est pas tout, le gazoduc russe passant par la Turquie et devant déboucher sur la Grèce est une excellente occasion pour la Turquie de se rapprocher de la Grèce, son voisin et ennemi juré. On peut parier que Poutine pousse ces deux pays à s’entendre – dans l’intérêt de la Russie, naturellement – alors il n’y a aucune surprise à avoir quand la Turquie propose son aide financière à la Grèce (voir le lien trouvé sur le blog LeContrarien de Charles Sannat) !

Dans un sens ce serait une façon élégante de dénouer la crise russo-américaine et un nouveau conflit européen, voire mondial, pourrait ainsi être évité. Reste à savoir ce que les stratèges américains vont décider. Pourquoi ne pas assassiner Tsipras, un accident d’avion ou de voiture, ça arrive tellement facilement ! Une fois encore le sort de l’Europe et peut-être du monde entier est suspendu aux événements en cours dans les Balkans. Restons optimistes : il suffirait que les Européens se réveillent et disent une bonne fois pour toute aux Américains que cette fois ça suffit …

Lien : http://fr.sputniknews.com/international/20150630/1016786692.html#ixzz3eZ9Z3Usq

Billet d’humeur politique

La Grèce revit depuis quelques années un drame moderne et non plus antique comme ce fut le cas avec Sophocle ou Euripide. La Grèce est devenue communiste il y a peu et elle fait ami-ami avec la Russie orthodoxe et la Chine communiste. Tout pour déplaire à Washington qui, avec son bras séculier le FMI, tentera d’asservir encore plus la population grecque pour en quelque sorte la punir d’avoir mis des communistes au pouvoir à Athènes. Il n’y a plus aucun doute, dans quelques mois, avant la fin de l’année, ce sera une nouvelle dictature militaire mise en place par la CIA qui détiendra le pouvoir à l’ombre de l’Acropole. Si Poutine aide la Grèce à se sortir du guêpier consciencieusement construit par Merkel, les Américains avec des hedge funds vautours ayant pignon sur rue à Wall Street et l’assentiment de l’ensemble de la Communauté Européenne, il est quasiment certain que l’avenir de la Grèce sera une dictature aux ordres de Washington. Comme le Parlement grec ne ratifiera pas les accords (encore hypothétiques) actuellement négociés à Bruxelles ou ailleurs, ça n’a pas d’importance, sous la pression du peuple grec, le scénario est déjà écrit !

Finalement de bonnes petites dictatures gentilles et douillettes en France, en Espagne, en Italie, au Portugal … téléguidées par les USA, et surveillées par l’Allemagne et la Grande-Bretagne, pourquoi pas ? D’autant plus qu’il n’y a déjà plus de démocratie dans tous ces pays.

Billet d’humeur politique : à propos de ce qui se passe en Europe

J’ai déjà mis en ligne un court billet relatif au projet de gazoduc entre la Russie, premier producteur de gaz du monde, et l’Europe via la Turquie et la Grèce, la Macédoine et enfin les autres pays qui ont émergé à la suite du démantèlement de la Yougoslavie. Pour payer ses dettes la Grèce n’a plus le choix, vendre le Parthénon au plus offrant, le port du Pirée (c’est déjà en grande partie le cas) et quelques dizaines d’îles à de richissimes sexagénaires quelle que soit leur nationalité. Mais pour les débouchés du gaz naturel russe vers l’Europe ça pose problème, non pas aux pays concernés par le tracé du tuyau en question mais à Washington ! Inutile de revenir sur le fait que Coca-Cola Co possède des milliers d’hectares de vignobles en Macédoine et qu’il ne s’est strictement jamais rien passé durant les évènements relatifs au démantèlement de l’ex-Yougoslavie pour cette raison comme il ne s’est rien passé non plus en Albanie, pays stratégiquement important aux yeux de Washington pour sa richesse en chrome.

Bref, cette entrée en matière était destinée à situer les enjeux stratégiques de Washington afin de priver la Russie de débouchés vers le sud de l’Europe de son gaz naturel. On ne peut qu’être admiratif sur la constance des visée hégémoniques des USA sur l’Europe et aucun leader d’aucun pays d’Europe ne semble s’inquiéter de cette situation. Si les intérêts des USA – les vignobles de Coca-Cola ne sont devenus qu’un épiphénomène dans la stratégie actuelle des néoconservateurs américains – sont de barrer les débouchés vers l’Europe du gazoduc que la Russie projète très sérieusement de construire, alors on comprend aisément que les USA avec leurs ONGs et filiales de la CIA omniprésentes en Europe en profitent pour fomenter, un peu comme à Hong-Kong (mais ça n’a pas fonctionné au grand dam de Washington) ou sur la place Maiden à Kiev (ça a vraiment bien fonctionné), des mouvements « populaires » opposés à ce projet. À tel point que les USA préparent en ce moment même une partition pure et simple de la Macédoine entre la Bulgarie, acquise à l’hégémonie de Washington et l’Albanie qui n’a rien d’autre à faire que de la fermer, les Américains sont très bien installés au Kosovo. Les limiers de la CIA reposent leurs agissements souterrains sur le fait, qui peut être mis facilement en doute d’ailleurs, que l’ouest du pays, je parle de la Macédoine, est peuplé d’une forte minorité « albanaise », c’est-à-dire musulmane, et que la partie orientale est majoritairement chrétienne orthodoxe. Dans l’opinion des politiciens qui gravitent autour de la Maison-Blanche être chrétien orthodoxe est équivalent à faire aveu d’allégeance à Moscou, au Pope de l’Eglise orthodoxe et à Poutine, comme c’est le cas en Serbie ou dans l’est de l’Ukraine. Sauf que si certains pays ont été déjà bien pris en main par la CIA comme la Roumanie ou la Bulgarie le simple business d’un transit de gaz russe vers l’Europe pourrait remettre en question les visées de Washington.

Il n’empêche que l’on ne peut pas exclure « un événement fortuit » pouvant déclencher des troubles locaux tels que cette partition puisse être l’occasion pour la Bulgarie, maintenant pieds et poings liés à Washington et à l’OTAN, de provoquer un conflit régional, un autre – pas si loin de l’Ukraine – qui affaiblirait encore plus le pouvoir de Moscou. La situation est telle aujourd’hui que la Bulgarie attend que l’Albanie fasse le premier geste agressif et ça ne saurait tarder, les ONGs américaines financées par la CIA et le Département d’Etat sont sur le qui-vive ! Le Kosovo est virtuellement occupé par les Américains, on oublie de le mentionner car ce n’est pas politiquement correct. Mais pour la Maison-Blanche ce mini-Etat revêtait une importance stratégique indéniable (qui justifiait les massacres organisés par les Américains lors de la dite « guerre du Kosovo » mais ça ne figurera jamais dans les livres d’histoire) dans la mesure où la présence américaine permettait (et permet toujours) de contrôler l’état des lieux dans la région. Le changement politique récent en Grèce, un gouvernement communiste – il ne faut masquer la réalité – qui n’a pas d’autre choix que de se vendre à la Chine et à la Russie pour honorer ses dettes auprès du FMI ou de l’Allemagne, vassale notoire depuis la fin de la seconde guerre mondiale des USA (jamais l’armée américaine n’a quitté le sol allemand comme au Japon d’ailleurs) et principal pays concerné par la dette grecque, ce changement est une source de préoccupations indescriptibles pour le Département d’Etat américain. Car en effet Tsipras n’a plus vraiment d’autre choix que de brader ce qui reste encore à négocier au plus offrant et le droit de passage d’un gazoduc en Grèce serait une gigantesque source pérenne de revenus.

Les USA, non contents d’avoir semé un foutoir invraisemblable en Ukraine, pays où les retraités, les anciens combattants (dans l’armée soviétique), les sinistrés de Tchernobyl et les invalides civils ne touchent plus aucun subside de l’Etat depuis plus de trois mois car le pays n’a plus une tune en poche, ont décidé maintenant de s’attaquer à la Grèce en créant un nouveau front anti-russe, cette fois en Macédoine. Encore une fois, et il est opportun de le rappeler, les USA, vis-à-vis des médias occidentaux, n’agissent jamais directement mais par Nations interposées afin de se dédouaner de leurs ignominies.

Et pendant ce temps-là, en France, on pense déjà aux vacances après un mois de mai harassant, mises à part une petite chute de la bourse qui ne saurait que s’aggraver – tout de même près de 8 % en une semaine – et une petite canicule certainement provoquée par le changement climatique, tout roule mais est-ce que les citoyens lambda ont conscience qu’ils vont devoir chacun payer 600 euros, tous âges confondus, pour apurer la dette grecque que détient la France ? Bien sûr que non ! Ce sont les Américains qui en ont décidé ainsi et si ça ne suffit pas, eh bien il y aura une nouvelle guerre pour le plus grand bien de l’industrie de l’armement américaine avec peut-être plein d’ogives nucléaires comme pour commémorer les deux bombes lâchées sur deux paisibles villes japonaises les 6 et 9 août 1945.

Voilà très schématiquement où en sont les Européens, marionnettes lascives et totalement putifiées par Washington, mais ils vont sentir très bientôt le vent de la misère, 70 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale il en faut une autre, et il est déjà trop tard pour se ressaisir, les bruits de bottes se font de plus en plus pressants et sur deux fronts différents, aux portes de l’Europe et dans bien d’autres endroits de la planète. Affligeant …