Les nanotechnologies au secours des diabétiques

Il y a les seringues pour s’injecter de l’insuline encore faut-il ne pas se tromper sur la dose nécessaire à un instant donné, il y a aussi les pompes programmées pour injecter de l’insuline pendant une durée déterminée et maintenant il y aura une nouvelle nano-technique tellement ingénieuse que je n’ai pas pu résister à écrire ce billet. L’idée est venue de chercheurs de l’Université de Chapel Hill en Caroline du Nord et du MIT à Boston. Ils ont emprisonné de l’insuline cristallisée dans des micro-billes qui peuvent être injectées par voie sous-cutanée. D’abord pour éviter que les billes ne se dispersent, ils ont imaginé deux sortes de micro-capsules perméables aux petites molécules circulant dans le sang constituées de dextrans, les unes chargées positivement et faites de chitosan, un polymère proche de la chitine des ailes d’insecte et constituant de la carapace des crevettes et les autres chargées négativement et faites d’alginate extrait des algues comme son nom l’indique. Ces deux produits sont parfaitement tolérés par l’organisme, les alginates sont d’ailleurs des additifs alimentaires bien connus. Les micro-billes négatives et positives s’attirent et forment des agrégats qui restent dans la zone de l’injection sous-cutanée. Mais là où l’astuce est encore plus frappante c’est qu’avec l’insuline ces capsule contiennent aussi un enzyme appelé glucose oxydase qui convertit le glucose en acide gluconique quand le glucose sanguin pénètre dans les micro-capsules. L’acidification qui en résulte, un peu comme ce qui se passe dans l’estomac, dissout l’enveloppe de la microcapsule et l’insuline est libérée dans les vaisseaux sous-cutanés et va progressivement vers le foie. Comme l’insuline joue alors son rôle, le taux de glucose dans le sang diminue et la glucose oxydase n’a plus assez de glucose à oxyder et le relâchement d’insuline est stoppé jusqu’à une nouvelle élévation du niveau de sucre sanguin. C’est un peu ce que l’on a pu observer chez des sujets normaux car le pancréas ne sécrète pas en continu l’insuline mais de manière oscillatoire avec une période de trois à six minutes. C’est donc le taux de glucose sanguin qui commande en temps réel la diffusion de l’insuline exactement comme ce qui se passe dans le pancréas.

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Pour tester leur idées les biologistes ont utilisé des souris modifiées génétiquement pour être diabétiques. Une seule injection de micro-billes par voie sous-cutanée a permis de réguler leur taux de sucre pendant plus de dix jours. Pour ceux, diabétiques ou non, qui sont opposés par idéologie plus que par conviction scientifique aux OGM, il faut rappeller que l’insuline injectable est produite par génie génétique et que l’utilisation de souris génétiquement modifiées a permis de valider cette nouvelle technique qui fera dans un avenir proche l’objet d’essais cliniques, quant aux nano-technologies, elles réservent encore de nombreuses surprises dans tous les domaines.

 

Source : news.ncsu.edu, illustration : ACS Nano