Un autre scandale sanitaire en vue ? Les anti-diabète !

Il existe des traitements contre l’hyperglycémie liée au diabète de type II. Les composés chimiques sont tous des inhibiteurs d’un enzyme qui régule la quantité circulante d’une hormone gastro-intestinale appelée incrétine et apparaissant au début de la digestion. Cette hormone stimule la sécrétion d’insuline et diminue la production de glucagon, comme on pouvait s’y attendre mais elle est très rapidement détruite par l’enzyme que je mentionnais plus haut, une dipeptidyl peptidase. Inhiber cet enzyme revient donc à obliger le pancréas à sécréter de l’insuline avec comme conséquence directe une glycémie fortement diminuée, c’est le but recherché par les drogues anti diabète. Une famille de ces drogues est appelée gliptine dont la sitagliptine est la plus connue et commercialisée sous les noms poétiques de Januvia, Xelevia, Ristaben, Tesavel ou encore Janumet. Vous noterez la créativité sans limite des laboratoires pharmaceutiques pour trouver un nom accrocheur à leurs poisons. Bref, Merck, AstraZeneca et Bristol-Myers Squibb réalisent un chiffre d’affaire global d’environ 6 milliards de dollars par an avec ces gliptines. Actuellement aux Etats-Unis, 575 personnes sous Januvia souffrant de pancréatites et 43 autres souffrant de cancer de pancréas (tant qu’ils sont encore vivants) ont déposé plainte contre Merck. La plupart des médecins universitaires sont plus ou moins, plutôt plus que moins d’ailleurs, conseillers des grands groupes pharmaceutiques surtout quand leur spécialisation scientifique fait autorité. Grassement rétribués pour leurs conseils, ils n’ont jamais contesté les essais cliniques toujours réalisés sur des sujets sains (voir mon billet sur le Canderel) et si un de leurs collègues conteste les résultats lus et approuvés par l’administration qui délivre les autorisations de mise sur le marché, administration également toute dévouée aux grands groupes pharmaceutiques, alors la situation devient vite gênante. C’est un peu comme pour le Médiator. Il a suffi d’une voix au ton différent pour que le scandale éclate. C’est ce qui est en train d’arriver à l’identique aux USA où une diabétologue réputé, le Docteur Peter Butler, chef du service d’endocrinologie de la UCLA School of Medicine, a tiré la sonnette d’alarme en publiant un article dans Diabetes Journal qui montre clairement que ces médicaments administrés à tort et à travers par des endocrinologues endoctrinés par des visiteurs médicaux formatés pour faire vendre leurs spécialités en dépit des effets secondaires souvent mortels produisent effectivement des hyperplasies du pancréas suivies de cancers. Or 100 % des cancers du pancréas sont mortels et les pancréatites se concluent souvent par des cancers. Naturellement, les laboratoires cités plus haut ont immédiatement contesté les résultats arguant du fait que « l’absence d’évidence est une évidence de l’absence ». Et le Docteur Butler de conclure sont article en mentionnant que si l’IATA, l’agence internationale du transport aérien raisonnait de la même façon, plus personne ne prendrait un avion ou encore « on est innocent tant qu’on n’a pas prouvé qu’on est coupable » mais un tel principe appliqué à des sociétés qui ont conduit des essais cliniques bâclés et donc en définitive malhonnêtes conduit au désastre et au scandale attendu pour les gliptines, comme pour les statines et le cholestérol …

Source : http://care.diabetesjournals.org/content/early/2013/05/06/dc12-2713.full.pdf