Fermeture de Fessenheim : idéologie mensongère maintenant prouvée …

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Six ans après le grand tremblement de terre suivi par un terrifiant tsunami qui ravagea la côte est de l’île japonaise de Honshu des scientifiques japonais ont eu l’honnêteté de remettre les pendules à l’heure, preuves indéniables à l’appui, et c’est une grande surprise qui ne plaira pas à tout le monde, en particulier aux détracteurs de l’énergie nucléaire qui sévissent en Europe et en particulier en Allemagne, pays où les tout-puissants écologistes ont finalement obtenu la fermeture d’une centrale électrique jouxtant leur frontière – je parle du CPN de Fessenheim – qui se trouvait malencontreusement trop près de leur pays ! Un fait que n’a cessé de rappeler Corinne Lepage, une opportuniste notoire qui a usé de toutes les ressources possibles pour se faire valoir sur la scène politico-écologiste européenne. Bref, la centrale nucléaire de Fessenheim qui pourrait encore fonctionner sans aucun incident durant encore au moins 30 ans va finalement s’éteindre et avec elle ce qu’ont payé les contribuables français pour son édification ira à la poubelle. Ils apprécieront …

J’étais un honnête contribuable lors du développement de l’énergie nucléaire française et j’ai participé modestement et à ma mesure à la mise en place de l’indépendance énergétique de mon pays. Il serait de mon droit de demander des comptes à l’Etat Français à la vue de cet immense gâchis programmé par le Président Hollande sous la pression des écologistes allemands relayés par la mère de ses enfants, Mademoiselle Ségolène Royal, la putain de la République. C’est déjà arrivé dans l’histoire de France que des femelles s’occupent de ce qui ne les regardent pas mais Ségolène a dépassé les limites du supportable !

Bref, revenons donc à l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi qui fut provoqué par un gigantesque tsunami, un évènement qui a provoqué un levier de bouclier anti-nucléaire en Allemagne et par voie de conséquence en France avec l’introduction dans le programme de François Hollande de la fermeture de la « plus vieille » centrale nucléaire française, un doux euphémisme car cette usine bénéficie paradoxalement des améliorations les plus modernes en matière de pilotage et de sécurité …

Les Japonais, à la suite de l’accident provoqué par le tsunami du 11 mars 2011 à 14h45 heure locale, ont pris des mesures drastiques de précaution de la population complètement surréalistes ayant pour conséquence la déportation forcée de près de 100000 personnes en raison des mesures de radioactivité au sol relevées par des hélicoptères de l’armée américaine. C’est vrai ! Ce sont les Américains qui depuis 1945 ont disséminé des bases militaires sur tout le territoire du Japon et se sont d’abord et surtout soucié de leurs ressortissants. Les Japonais n’avaient qu’une importance secondaire à leurs yeux. J’insiste sur ce fait car il s’agit véritablement d’un coup monté comme la lecture de ce billet le montrera. Les autorités japonaises n’avaient aucun moyen au mois de mars 2011 de mesurer la radioactivité effectivement présente autour de la centrale électronucléaire de Fukushima-Daiichi et ils ont fait entièrement confiance aux relevés effectués par l’armée américaine.

Il se trouve que les autorités de la ville de Daté, située à 60 kilomètres au nord-ouest de la centrale nucléaire, ont mis en place quelques jours après le tsunami un réseau de surveillance systématique des radiations provoquées par les retombées de césium-137. Les scientifiques de l’Université de la ville de Fukushima travaillant conjointement avec celle de Tokyo se sont aperçu avec surprise que les données aériennes des radiations effectuées par les Américains et prises à la lettre par le gouvernement japonais et reprises par les médias du monde entier ne correspondaient absolument pas avec celle relevées au sol à l’aide des dosimètres distribués aux enfants et aux femmes enceintes dès les premiers jours suivant l’accident.

Ces données n’ont pas pu être exploitées immédiatement car il s’agit de détecteurs de rayons gamma qu’il faut renouveler chaque mois et ensuite dépouiller les résultats sur un échantillon significatif afin qu’elles soient réputées fiables. Près de 60000 personnes furent contraintes de porter 24/24 h un dosimètre et l’envoyer chaque mois au centre sanitaire de la ville en notant scrupuleusement combien de temps durant la journée ils avaient évolué à l’extérieur de leur logement. Il apparut à la suite du dépouillement et de l’analyse minutieuse des résultats que la radioactivité au sol avait été très largement surestimé – d’un facteur 5, ce qui est considérable – par les premiers relevés de l’armée américaine qui conduisit le gouvernement japonais à prendre des mesures d’évacuation totalement injustifiées provoquant un désastre sociétal considérable. Un facteur 5 est une erreur telle qu’elle ne peut être considérée que comme une manipulation préméditée !

Cette affaire constitue un véritable scandale non pas seulement pour les populations locales de la préfecture de Fukushima mais pour les retombées internationales subséquentes, en particulier pour l’industrie nucléaire allemande (dont j’ai dit un mot dans un précédent billet) mais aussi en ce qui concerne les velléités de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim dont les motifs ne sont finalement fondés que sur cette erreur grossière d’appréciation de la radioactivité au sol dans les environs de l’installation électrique de Fukushima-Daiichi quelques semaines seulement après le tsunami. Cette information fut reprise par François Hollande dans son programme électoral et on en connait la déplorable conséquence.

J’ose espérer que les prochains gouvernements tant français qu’allemands tiendront compte de ces donnée scientifiques sans aucune orientation idéologique de simples faits limpides incontestables (on peut douter des bonnes intentions des gouvernements à venir) comme mes lecteurs pourront le constater à la lecture de l’article cité en fin de billet.

Source : doi : 10.1088/1361-6498/37/1/1

Nouvelles de Fukushima-Daiichi

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Le 28 juillet 2016 la firme TEPCO a publié un rapport concernant l’état de l’intérieur du réacteur de l’unité 2 de la centrale électrique de Fukushima irréversiblement endommagée à la suite du tsunami géant du 11 mars 2011 qui fit plus de 20000 morts et disparus et des dégâts immenses dans toute l’île de Honshu. À défaut de pouvoir utiliser un robot d’inspection visuelle car la radioactivité est encore trop élevée, les ingénieurs et physiciens à pied d’oeuvre sur le site ont utilisé un détecteur de muons pour localiser et évaluer l’état du coeur du réacteur.

Les muons sont des particules de très haute énergie générés par la collision dans l’atmosphère de rayons cosmiques avec les molécules d’azote ou d’oxygène. Un certain nombre de ces particules relativistes atteignent la surface de la Terre à raison d’environ 10000 par m2 par minute. Ils sont alors absorbés par la matière solide et ionisent cette dernière. Les muons sont considérés comme la radiation ionisante la plus importante sur la Terre bien avant la radioactivité naturelle. Mais les muons sont également mis à profit pour réaliser une radiographie de la totalité de gros objets en étudiant la trajectoire des électrons émis lorsque ces muons pénètrent dans une masse de matière. C’est cette technique qui a été utilisée à la centrale de Fukushima pour se faire une idée de l’état du coeur du réacteur de l’unité 2. L’image fournie par TEPCO est parlante : tout le coeur du réacteur a fondu et s’est effondré au fond de la cuve du réacteur. C’est maintenant un gros tas informe de détritus radioactifs qui s’est solidifié au fond endommageant la cuve. Avant l’accident il y avait 160 tonnes d’assemblages de combustible et 15 tonnes d’auxiliaires de contrôle outre les quelques 115 tonnes de structures de soutien.

La tomographie par désintégration de muons a également indiqué qu’entre 70 et 100 tonnes de débris restent toujours dans leur position initiale dans le réacteur mais qu’au moins 160 tonnes de matériel se trouvent maintenant au fond de la cuve, essentiellement les assemblages de combustible. Il faudra utiliser des robots télécommandés pour se rendre compte des dommages subis par la cuve elle-même car elle n’est plus étanche.

La situation du coeur du réacteur de la tranche 1 est tout aussi désastreuse et un non spécialiste que je suis peut se demander comment il sera possible, un jour (mais quand ?), de réussir à sortir tout ce matériel, but final du « nettoyage » du site.

Source et illustration : TEPCO via World Nuclear News.

Greenpeace et le Japon depuis le 11 mars 2011 …

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Ce 11 mars 2016 est le cinquième anniversaire du grand tsunami qui ravagea l’île de Honshu au Japon et fit plus de 20000 morts et disparus. Les dégâts du tissu industriel de cette partie du Japon qui fut affectée jusqu’à la baie de Tokyo furent vite oubliés car la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi fut privée de sources d’électricité par la vague de 15 mètres de haut qui déferla sur le site. Il s’ensuivit l’accident que le monde entier connait. Un de mes amis vivant à Kawasaki, au sud de Tokyo sur la rive ouest de la baie, me raconta que durant plusieurs jours de nombreux incendies étaient parfaitement visibles de l’autre côté de cette immense rade naturelle entourée de zones industrielles, de raffineries de pétrole, d’aciéries, de chantiers navals et d’usines chimiques. On n’a jamais vraiment comptabilisé dans la presse le nombre de pompiers morts en tentant d’éteindre ces incendies, on n’a jamais non plus comptabilisé les pertes immenses des entreprises qui ont vu leurs installations disparaître en quelques minutes car le monde entier avait les yeux rivés sur la centrale nucléaire endommagée.

Le Japon s’en est remis. Aujourd’hui tout est redevenu normal ou presque. Je dis bien « ou presque » parce que Greenpeace Japan continue à donner de la voix, c’est son métier et son gagne-pain, en dénonçant la radioactivité « omniprésente » dans la préfecture de Fukushima. Il faut se rendre à l’évidence : Greenpeace alimente une désinformation constante qui va à l’encontre des faits réels. Plus de 80 % des zones évacuées à la suite de l’accident qui survint après le 11 mars 2011 ont été rendues aux populations. Les travaux de décontamination ont été couronnés de succès afin d’éliminer tout risque sanitaire auquel pourraient être exposées les populations. Les normes décrétées en pleine tourmente de culpabilisation par le gouvernement sont tellement strictes que si elles étaient appliquées internationalement des millions de kilomètres carrés seraient des zones interdites en raison de leur radioactivité naturelle. Imaginez une grande partie de la Bretagne, du Limousin, de l’Hérault et du Morvan, en France, zones interdites ! En moyenne la radioactivité artificielle introduite par l’accident de la centrale nucléaire dépasse à peine la radioactivité naturelle qu’on rencontre communément en France et dans de nombreux autres pays comme par exemple en Iran, au Brésil ou au Gabon. Est-il nécessaire de rappeler que le sol japonais est naturellement radioactif puisqu’il est d’origine volcanique et qu’il contient donc des quantités non négligeables de thorium et d’uranium …

Bref, en ce cinquième anniversaire du grand tsunami dévastateur du Kanto la parole revient donc à Greenpeace qui, conformément à sa rhétorique, se complait dans des approximations parfois délirantes du genre, je cite : « plus de 9 millions de m3 de déchets radioactifs ont été déjà accumulés dans près de 113000 sites dans la préfecture de Fukushima ». Et de surenchérir en citant au moins le pollen des cèdres qui est radioactif ainsi que les jeunes feuilles des arbres qui présentent de fortes concentrations de radiations. Ou encore des mutations observées chez les sapins, des mutations chez certains papillons, de l’ADN endommagé chez les vers de terre et une chute de la fertilité des hirondelles. Tout y passe pèle-mêle depuis les poissons de rivières hautement contaminés comme les boues des estuaires de ces mêmes rivières.

Pour Greenpeace, la préfecture de Fukushima n’est pas un endroit où il fait bon vivre. Ce serait, selon le discours de cette organisation dont le seul but est de semer la terreur, presque pire qu’à Tchernobyl.

Pour Greenpeace, la décision prise par Shinzo Abe de redémarrer des réacteurs nucléaires sur le sol japonais est un véritable crime contre la population japonaise. Et comme pour justifier sa propagande mensongère Greenpeace s’en prend alors aux négligences de la NRC américaine (Nuclear Regulatory Commission) qui « n’a pas tenu compte des leçons de Fukushima« . Pour Greenpeace beaucoup de centrales nucléaires américaines sont exposées à des risques de « melt-down ». On retrouve bien là les vieux démons fondateurs de cette organisation multinationale nuisible à tous les niveaux politiques et économiques, infiltrée dans tous les centres décisionnels de la planète, un véritable pouvoir supranational auquel plus personne ne peut échapper, une sorte de mafia idéologique de la pire espèce. Greenpeace est une organisation terroriste bien plus dangereuse que Daesh, une force obscure qu’il est devenu impossible de contrôler …

Source : Globalresearch.ca , Illustration : Une du journal Science.

Note 1 : En caractères italiques les approximations de Greenpeace fidèle à sa mission de désinformation.

Note 2 : Pour mémoire entre 1945 et 1980 les armées des USA, URSS, Grande-Bretagne, France et Chine ont fait exploser au total 520 bombes atomiques en surface, y compris celles qui furent larguées sur Hiroshima et Nagasaki. Quelles quantités de radioéléments ont été dispersées dans l’atmosphère sans avoir compromis significativement la santé de centaines de millions de personnes dans le monde entier pendant deux générations ? Est-ce que Greenpeace est capable de fournir des données précises sur ce point particulier plutôt que d’alimenter une polémique mensongère et stérile sur l’énergie nucléaire civile ?

Nouvelles de Fukushima

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La nouvelle patronne du METI (Ministère de l’Industrie et du Commerce), Yuko Obuchi, a visité la centrale nucléaire accidentée de Fukushima-Daiichi et constaté avec satisfaction que les travaux allaient bon train et dans la bonne direction tant en ce qui concerne le contrôle des rejets d’eau contaminée dans l’océan que de l’évacuation des assemblages de combustible usés ou le nettoyage des bâtiments réacteurs des unités endommagées. Le METI, qui a pris de facto le contrôle de TEPCO, fera tout pour que le démantèlement de cette centrale soit exemplaire insistant sur le fait que cette activité de longue haleine aura des retombées économiques bénéfiques pour la préfecture de Fukushima lourdement affectée non seulement par le tsunami géant du 11 mars 2011 mais également par la contamination au sol par le césium radioactif. Le gouvernement japonais s’est engagé à aider financièrement la région sur le long terme selon les propos tenus par Madame Obuchi lors de sa visite sur le site le 3 septembre.

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Sources : TEPCO et World Nuclear Association

Nouvelles de Fukushima (suite)

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Il est toujours difficile de pénétrer dans le bâtiment réacteur des unités 2 et 3 de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi endommagées par le tsunami du 11 mars 2011 qui conduisit à la fusion partielle des assemblages de combustible avec des feux d’hydrogène et l’émission de radioactivité (iode et césium) dans l’environnement. Afin d’atteindre l’enceinte des réacteurs et de se faire enfin une idée de l’état des cœurs des réacteurs la première étape consiste à nettoyer l’intérieur des bâtiments en particulier de l’unité 2 dont l’architecture externe n’a pas été endommagée. Pour ce faire il n’y a qu’une solution, la robotique, et les Japonais savent de quoi ils parlent quand il s’agit de robots. Mais pas seulement les Japonais car tous les exploitants de centrales nucléaires disposent de robots qui remplacent les interventions humaines lors des opérations de maintenance dans les zones chaudes comme par exemple les boites à eau des générateurs de vapeur.

Bref, la première opération consiste à passer un grand coup d’aspirateur pour éliminer le maximum de poussières et c’est ce que TEPCO a commencé à faire au premier étage de l’unité 2 avec le « Raccoon » un aspirateur-nettoyeur télécommandé de 35 kg possédant sa propre unité de soutien (voir photo, crédit TEPCO) qui renvoie les effluents à l’extérieur pour traitements ultérieurs.

Quand ce sera à peu près propre, un autre robot s’occupera des parois dont il détectera les contaminations grâce à des dosimètres embarqués. La machine (voir photo, crédit TEPCO) est une version modifiée d’un robot suédois Husqvarna DX-140 que Toshiba a spécialement adapté à cet effet. En plus d’une douzaine de caméras embarquées, le robot est capable de changer lui-même la tête de son bras articulé selon les besoins.

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Depuis novembre 2013 le « Raccoon » a préparé le terrain pour cet autre robot et le but est d’atteindre l’enceinte de confinement du réacteur afin d’introduire à l’intérieur du réacteur lui-même une caméra dont la mission sera d’observer l’état du cœur du réacteur. Mais on n’en est pas encore là, le temps n’est pas compté puisqu’il faudra peut-être au bas mot une vingtaine d’années pour réellement entrer dans le vif du sujet.

Fukushima Daiichi ice wall drilling - 460 (Tepco)

Quant à l’extérieur du site, si l’on peut dire, TEPCO vient de mettre en place l’équipement nécessaire pour isoler le site de l’océan tout proche à l’aide d’un mur souterrain congelé en creusant des trous, 1550 au total, proches les uns des autres et en y faisant circuler un liquide réfrigérant. Le but de l’opération est d’interdire aux eaux de ruissellement naturel d’atteindre les sous-sols des trois unités endommagées et d’être contaminées au passage avant d’aller naturellement rejoindre l’océan. Coût de l’opération 32 milliards de yens. En arrière plan de la foreuse on peut apercevoir le nouveau bâtiment protecteur de l’unité 1. J’espère que Janick Magne, ex candidate députée écolo pour les Français vivant en Asie, lira ce billet, juste pour la rassurer. A suivre, et je promets à mes lecteurs (surtout ceux qui résident au Japon) de leur communiquer toute information nouvelle sur le site de Fukushima-Daiichi chaque fois que celle-ci est disponible.

Pour en terminer, la faille de Tsuruga a été examiné par un groupe d’experts internationaux et ils n’ont rien pu déceler d’alarmant. Selon leur rapport cette faille est inactive depuis au moins 127000 ans. Pour information, sur ce site qui est donc considéré comme remplissant toutes les conditions de sécurité, il y a au moins un réacteur qui ne demande qu’à être remis en fonctionnement, la tranche Tsuruga-2 (PWR, 1160 MWe) qui pourrait encore être exploité au moins pendant 30 ans voire plus mais Janick Magne ne doit certainement pas apprécier ce genre d’information.

Nouvelles de Fukushima

Fukushima

Pendant que les opérations de décontamination des eaux de refroidissement des réacteurs endommagés suivent leur cours, parfois agrémentées d’incidents, la presse friande de nouvelles alarmantes monte en exergue le moindre petit problème de becquerels rejetés dans une mer naturellement radioactive comme d’ailleurs les granits de Bretagne, du Limousin ou du Morvan en France et aussi le sol volcanique du Japon. Bref, comme les techniciens n’ont pas toujours le temps d’effectuer des mesures exactes de la radioactivité de l’endroit ni des régions qui ont été contaminées par les émanations de césium après les explosions suite au tsunami du 11 mars 2011, le meilleur moyen de cartographier ces poches de radioactivité résiduelle et fluctuante est d’utiliser des moyens aériens.

Pour ce faire, un drone de fabrication japonaise est maintenant utilisé en routine. Il est basé à quelques kilomètres de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima-Daiichi et permet de mesurer l’évolution des niveaux de radioactivité de la région contaminée ainsi que ceux du site lui-même, ce qui constitue un renseignement précieux pour les personnels y travaillant. Le drone est basé dans la ville de Naime à quelques kilomètres de la centrale et envoie en temps réel les informations collectées au centre de décision du site. Il s’agit d’un engin développé conjointement par l’agence japonaise de l’énergie atomique et l’agence japonaise de l’exploration spatiale. Les relevés effectués sont plus précis que ceux obtenus par hélicoptère car ces derniers ne sont pas autorisés à descendre en dessous d’une altitude de 1000 pieds au dessus des zones « chaudes ». Les prochaines missions de ce drone permettront de réduire la surface des zones encore interdites permettant ainsi à une partie de la population de retourner dans ses foyers sans danger.

Source et illustration : Japanese Atomic Energy Agency (JAEA)

Nouvelles de Fukushima-Daiichi

 

Temporary groundwater storage tanks  460 (Tepco)

La société TEPCO qui, faut-il le rappeler, n’est en rien responsable du tremblement de terre du 11 mars 2011, a entrepris de divertir les eaux phréatiques des sous-sols des trois réacteurs endommagés à la suite du tsunami géant qui suivit ce tremblement de terre. Ces eaux se mélangent avec celles fortement contaminées se trouvant dans ces sous-sols en raison de fuites des eaux de refroidissement de ce qui reste du combustible par des fissures existant au niveau des enceintes des réacteurs. L’opération semble simple mais exige une logistique impeccable dans un environnement encore contaminé mais en voie de nettoyage afin de permettre aux personnels travaillant sur site un meilleur confort quotidien. Les eaux phréatiques qui s’acheminent normalement vers la mer sont donc pompées et stockées momentanément dans des réservoirs (voir la photo, document TEPCO) pour vérifications et rejetée ensuite dans l’océan si la contamination par du césium radioactif ne dépasse pas le niveau fixé administrativement à 10 désintégrations par seconde et par litre (10 Bq/l). Il faut reconnaître à ce sujet que le Japon, afin d’atténuer les angoisses des citoyens et en particulier des pêcheurs, a abaissé autoritairement ce taux acceptable à 10 Bq/l alors que l’OMS a fixé le seuil de tolérance à 100 Bq/l d’eau potable.

Cette norme de sécurité dix fois plus stricte que les normes internationalement admises a pour conséquence de compliquer sérieusement la tâche des techniciens et ingénieurs travaillant sur le site, mais bon, c’est rassurant … TEPCO espère ainsi réduire considérablement les volumes d’eau, cette fois contaminée par les fuites des réacteurs, d’un facteur 4 ce qui est tout à fait appréciable. Une série de puits a été creusée entre les collines et les bâtiments et les eaux phréatiques sont pompées en continu, contrôlées puis rejetées à la mer. Il faut garder en mémoire que la décontamination des eaux de refroidissement des réacteurs relève de la prouesse technique consistant à retirer quelques fractions de milligramme de césium radioactif et quelques fractions de microgramme d’autres radio-isotopes à forte activité dans chaque mètre cube d’eau. C’est un peu comme si on entreprenait de récupérer l’or qui se trouve naturellement dans l’eau de mer ! Enfin, il est utile de rappeler ici que l’eau de mer est naturellement radioactive et contient pour mémoire 47 microgrammes de potassium 40 par litre, 34 microgrammes de rubidium 87 et 16 microgrammes d’iode 129 toujours par litre (source National Academy of Sciences, USA), pour les plus abondants, à côté de traces de toute une série d’autres radio-isotopes naturellement présents dans la croute terrestre. Cette radioactivité est loin d’être négligeable mais fait partie de l’environnement dans lequel nous vivons.

Donc, en définitive, pas de quoi hérisser les poils d’un chat !