Encore une « mode » battue en brêche : le Resveratrol

 
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On a presque encensé les vertus extraordinaires du resveratrol, un don du dieu Bacchus que je vénère chaque jour en buvant un (ou deux) verre(s) de rouge à sa santé. Il était question que ce composé polyphénolique présent dans la peau du raisin rouge était la seule explication plausible de l’exception française, un des rares derniers faits qui puisse encore attirer les étrangers après la tour Eiffel, le Château de Versailles et celui de Chambord. Boire du vin rouge français, celui que les sénateurs ont classé patrimoine national, serait bénéfique pour la santé et pourtant des empêcheurs de picoler en rond de la Johns Hopkins University ont démontré qu’il n’en est rien, les effets bénéfiques du resveratrol c’est du pipeau, une pure invention.

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Pour démonter ce mythe qui ne concerne pas seulement le gros rouge mais également le cassis, le chocolat noir, l’arachide et quelques racines de plantes d’origine japonaise, une équipe de biologistes a étudié en détail une population de Toscane, région d’Italie d’où est originaire le Chianti et le Professeur Richard Semba ne mâche pas ses mots : « la croyance était que certains aliments et boissons contenant du resveratrol sont bons pour la santé, on n’a rien trouvé de tout ça ! ». Après 15 années d’étude et de suivi des urines de 783 personnes au delà de l’âge de 65 ans et toujours prêtes à lever le coude, la présence des résidus du métabolisme de cette molécule dans l’organisme a été mise en regard des données médicales de cette population essentiellement rurale. Tous étaient des gens normaux, entendons le ainsi, ne s’administraient pas de suppléments vitaminiques, ne suivaient aucun régime particulier et n’étaient pas sous un quelconque traitement médicamenteux. Durant l’étude, un tiers de ces vieux buveurs de vin moururent de leur bonne mort. En établissant une relation entre les causes de ces décès et les quantités de métabolites urinaires du resveratrol allant de la plus faible teneur à la plus forte aucune corrélation ne put être établie, que ce soit au niveau de la CRP (C-reactive protein), un marqueur de l’inflammation, des IL-6 et IL-1 beta, des interleukines qui interviennent dans la réponse immunitaire ou encore du TNF (tumor necrosis factor) supposé jouer un rôle dans la régression des tumeurs et favorisé par le resveratrol et enfin des taux de cancers variés et de maladies cardio-vasculaires. En conclusion de cette étude, aucun effet positif du resveratrol sur la santé n’a pu être décelé. Le vin rouge (et le chocolat) dont il ne faut pas abuser n’ont pas d’effet particulier sur la santé … 

C’est donc la fin scientifiquement prouvée du « french paradox » et les sénateurs devront revoir leur copie à la vue de ces travaux.

Source : Johns Hopkins University