Fracking or not fracking ? Le cas du Dakota du Nord

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Depuis 2006 et l’éclatement de la bulle immobilière aux USA, le prix des logements n’a encore pas rattrapé les prix d’avant 2006 et le chômage, quoiqu’en disent les statistiques, complètement manipulées par le gouvernement fédéral (comme en France) est toujours alarmant. Un Etat Américain a pourtant refait surface et de manière spectaculaire, le Dakota du Nord. Le taux de croissance de l’économie de cet Etat a atteint en 2012 la valeur de 13,4 % et ça pourrait en faire rêver plus d’un, particulièrement en Europe où mis à part des pays comme les Etats Baltes qui sont partis de presque zéro et affichent une confortable croissance de 2 % en moyenne et la Grande-Bretagne dont la croissance est artificiellement tirée vers le haut par la place financière londonienne, ces 13,4 % de croissance sont tout simplement six fois plus élevés que la moyenne des 50 Etats Américains contigus. Montebourg en frétillerait de bonheur, lui qui a émis l’hypothèse iconoclaste et anti-écolo d’une éventualité du développement du fracking en France avec du propane sous pression, une technique pourtant écolo-compatible. Car pour le Dakota tout vient du fracking.

Au niveau du chômage, alors qu’en 2009 il culminait à 10 % de la population active de l’Etat, il est maintenant à 2,7 %, Hollande en jouirait en silence. Le Dakota du Nord a fait massivement appel à des travailleurs d’autres Etats pour satisfaire la demande. Parallèlement le secteur du bâtiment, complètement atone en France avec les lois totalement stupide de la Miss Duflot, se mesure par le prix moyen des logements dans le Dakota du Nord comme dans les autres Etats américains. Le prix offert reflète en effet très exactement la demande et l’offre dans ce secteur non régulé par des milliers de lois aussi idiotes les unes les autres comme en France. Le prix des logements qui avant la crise était de deux cent mille dollars a atteint de nouveau la valeur moyenne de 195000 dollars, soit 55 % plus élevé, également en moyenne, que tous les autres Etats américains. Ces deux indicateurs fondamentaux, emploi et bâtiment, suffisent à eux-mêmes. L’huile et le gaz sont les vrais moteurs de l’économie de l’Etat qui est devenu le deuxième après le Texas en terme de production d’hydrocarbures et les réserves sont immenses.

Résultat de cette croissance ? Encore plus de croissance ! Les salaires dans le secteur pétrolier peuvent atteindre 100000 dollars par an pour un ouvrier peu qualifié et il n’est pas difficile de comprendre que plus de pétrole et de gaz, c’est encore plus de richesse ! Et pas seulement dans le secteur pétrolier et le bâtiment. Les stations d’essence, les restaurants, les banques, les salons de coiffure, les travaux publics, tous les secteurs économiques embauchent à bras ouverts. Ces six derniers mois plus de 20000 nouveaux arrivants ont intégré sans difficulté l’économie locale. On peut rapprocher le cas du Dakota du Nord de la France dont les réserves potentielles en hydrocarbures pouvant être exploitées de manière dite non conventionnelle comptent parmi les plus importantes d’Europe, mais on peut également se poser la question d’actualité de l’incurie du gouvernement de la province des Iles Canaries, fermement opposé par idéologie à toute exploitation pétrolière au large des îles de Lanzarote et Fuerteventura alors que le chômage dans l’Archipel des Canaries est de 30 % et que le secteur du bâtiment est complètement arrêté depuis 2008. Quant à la France, elle est bien partie, minée de l’intérieur par des écolos malthusiens et déconnectés des réalités économiques, pour une belle récession durable et douloureuse pour l’ensemble des citoyens avec toutes les conséquences fâcheuses qu’il n’est pas difficile d’imaginer.

Alors la question est : « En France : fracking ou pas fracking ? »

Sources : CNN et Forbes

Fracking off-shore, la nouvelle frontière !

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Alors que la France persiste et signe dans son refus de toute exploration du sous-sol hexagonal pour au moins évaluer précisément les réserves potentielles en gaz et en huile pouvant être exploitées de manière non conventionnelle, en d’autres termes par fracking, traduisez fracturation, des géants de l’exploration pétrolière comme Halliburton Inc, Chevron, Shell ou encore Schlumberger Ltd se lancent dans le fracking à haut risque off-shore. Les plateaux continentaux et les mers peu profondes représentent plus du tiers de la surface des terres émergées et sont dans beaucoup de régions du globe extrêmement prometteurs en termes de réserves d’hydrocarbures. Pourquoi donc se priver et les sociétés précitées sont déjà à l’oeuvre dans le golfe du Mexique, au large du Brésil et de l’Afrique Équatoriale. Mais il y a aussi la mer de Chine convoitée par le pays éponyme, l’Océan Arctique presque dans son ensemble et le nord de la mer du Nord ou encore l’est et l’ouest de la Méditerranée, respectivement au large de la Turquie, Chypre et Israël ou au large de l’Espagne et de la Libye. La Manche, la mer d’Irlande et la mer d’Iroise seront revisitée également. Les réserves exploitables estimées sont considérables et le fameux « peak oil », cheval de bataille des écologistes n’est pas pour demain ni pour après-demain.

Pour faire hurler ces derniers, je veux parler des écolos, les plates-formes pétrolières opérant en mode fracking en haute mer disposent d’unités de traitement des effluents liquides après séparation du gaz et de l’huile sur des plate-formes flottantes satellites accolées à l’installation centrale de forage, en réalité un bateau de 150 mètres de long ou une plate-forme également flottante et les eaux traitées sont rejetées à la mer après analyse minutieuse des résidus. Le régulateur a donné son aval pour cette pratique moins coûteuse que l’acheminement par bateau des eaux usées vers la terre pour traitement ultérieur s’il en est encore besoin. L’un des principaux produits utilisés pour le fracking et qui soit susceptible de faire nerveux les écolos est un détergent qu’on retrouve dans n’importe quel produit pour vaisselle à la maison, c’est la raison d’ailleurs pour laquelle le régulateur a donné son autorisation de rejet en mer des eaux usées car les autres adjuvants sont anodins pour l’environnement maritime. Naturellement, en Californie et d’autres Etats du sud des USA il y a eu une levée de bouclier et des concerts d’aboiements pour interdire cette pratique au large par exemple de Los Angeles près des Catalina Islands où l’exploitation par fracking est déjà pourtant opérationnelle. Les mouvements écolos, comme à leur habitude, utilisent des formules sibyllines dans leur discours avec multiplication des conditionnels dans leur verbiage genre disque rayé car ils n’y connaissent rien malgré le fait que l’administration ad hoc ait procédé de manière indépendante et objective aux évaluations nécessaires et conclu qu’il n’y avait pas de danger tant pour la faune que la flore marine. Il est vrai que le retour d’expérience de l’accident de la plate-forme Deep Water Horizon en 2010 a laissé les observateurs, y compris les écolos, perplexes car l’ampleur attendue de la catastrophe environnementale n’a tout simplement pas eu lieu. Les courants et les vents ainsi que le plancton et les bactéries se sont chargé de nettoyer le Golfe du Mexique presque miraculeusement et en bien moins de temps qu’il n’en aurait fallu de la main de l’homme.

Pour ce qui concerne la France, le triangle Valence-Toulon-Béziers considéré comme un réservoir de gaz de schiste parmi les plus prometteurs d’Europe continentale verrait sa surface doublée par l’exploitation off-shore dans le Golfe du Lion. On peut rêver d’une France devenant le Qatar de l’Europe mais on n’en est malheureusement qu’à des tergiversations sans fin pour éventuellement accorder un permis exploratoire qui puisse déboucher sur une confirmation de la richesse potentielle de cette zone en hydrocarbures gazeux et liquides. Pour le moment la situation est bloquée par Mademoiselle Royal, mais pour combien de temps encore ? Un dégradation de la situation en Ukraine pourrait pousser le gouvernement à revoir sa copie dans l’urgence en faisant fi des objections des écologistes.

Source et illustration : Bloomberg

France : fracking ou pas fracking ? Question à 1000 milliards d’euros !

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La Russie et la Chine viennent de signer le contrat énergétique du siècle pour la livraison pendant 30 ans de 36 milliards de mètre-cube de gaz par an pour la modique somme de 400 milliards de dollars. Ce ne sera pourtant que 20 % des besoins chinois en gaz naturel … L’Europe ne peut qu’être inquiète de cette nouvelle et les décideurs politiques européens devraient songer à alléger la dépendance au gaz russe qui représente plus du tiers de la demande européenne. Et ce d’autant plus que la Russie pourrait très bien revoir ses contrats de livraison avec les pays européens par mesure de rétorsion après les sanctions prises par les Européens (lourdement appuyés par les USA dans ce sens) contre son pays à la suite des évènements d’Ukraine. Même si le méthane est inodore naturellement, tout ça ne sent pas très bon !

Quelle alternative à une réduction des importations de gaz russe vers l’Europe ? Il n’y en a pas beaucoup et ce ne sont pas quelques centaines de milliers de moulins à vent supplémentaires qui changeront la donne. Mais il y a plus inquiétant encore et on comprend que Poutine ait déjà gagné la partie en fin stratège qu’il est car il soutient ouvertement les opposants à la fracturation hydraulique en Europe et en particulier en France ( http://blogs.wsj.com/overheard/2011/12/15/putin’s-frack-attack/ ou http://www.nationalreview.com/article/377201/putins-anti-fracking-campaign-robert-zubrin ), bref, on ne peut pas faire plus clair et tous les arguments sont bons pour décourager les Européens dans leurs velléités de fracking sur leur propre sol.

Dans le cas de la France, c’est du pain béni, Poutine a eu l’audace de transmettre le message aux décideurs en leur brossant un tableau consternant sur les effets du fracking sur les paysages inoubliables et les douces rivières poissonneuses de la France profonde qui comme chacun sait contiennent zéro pesticides, zéro nitrates et zéro détergents. Mais il n’y a pas que Poutine pour être opposé au fracking en Europe, le film « Promised Land » de Gus Van Sant sur un scénario de Matt Damon avec ce dernier comme principal acteur a été financé par Abu Dhabi. On y voit un combat caricatural des écologistes contre le fracking et Abu Dhabi n’a pas non plus vraiment intérêt à voir les Européens se lancer dans le fracking à grande échelle!

Et pourtant la France est le deuxième pays d’Europe après la Pologne pour ses potentialités en gaz de roche mère. Les réserves probables ont été estimées avec précision par l’Administration américaine (U.S. Energy Information) à 3800 milliards de mètre-cube, de quoi alimenter la Chine pendant 20 ans selon les termes du contrat qui vient d’être signé entre ce pays et la Russie ! Le fracking fait peur parce qu’il y a des risques de pollution des nappes aquifères profondes et de pollution en surface. C’est à peu près le seul argument retenu par les écologistes et les politiciens manipulés par ces derniers. Sur des dizaines de milliers de forages effectués aux USA il y a eu, certes, quelques incidents mais les fortes amendes auxquelles sont exposés les exploitants en cas de pollution avérée a découragé le dilettantisme initial favorisé par la course au profit immédiat et les technologies se sont considérablement amélioré. La dernière innovation dans ce domaine, controversé en Europe pour la plus grande satisfaction de Poutine, pourrait bien conduire les politiciens à reconsidérer leur position surtout si les incertitudes sur l’approvisionnement en gaz russe perdurent ou se concrétisent. Il s’agit du fracking à l’aide de propane. Inutile de dire que le propane n’est pas plus dangereux que l’essence qu’on met dans sa voiture car il y a plus de 120 millions de foyers européens qui utilisent ce gaz pour se chauffer ou pour cuisiner et il n’y a « que » 12000 camions citerne de propane sur les routes d’Europe. De plus le propane comme fluide de fracking ne nécessite aucun autre additif et il remonte avec le méthane et part tout simplement dans les gazoducs sans autre traitement et si le forage touche de l’huile, le pétrole est un solvant naturel pour le propane ! Que des avantages …

Et pourtant quand Arnaud Montebourg a eu l’audace de déclarer qu’il fallait reconsidérer la disposition législative relative à l’interdiction du fracking dans l’Hexagone, conscient de ce progrès technologique respectueux de l’environnement, les écologistes ont immédiatement exercé leur chantage ignominieux habituel et Hollande, en désespoir de cause électoraliste, a tranché par la négative. Si on parle gros sous, les potentialités du fracking en France représentent au moins trois cent mille emplois industriels nouveaux, 30 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat chaque année et une réduction de 40 % du déficit commercial du pays, vraiment que de bonnes raisons de se pencher sérieusement sur le dossier. Au prix actuel du gaz naturel acheté à la Russie, moins coûteux que le gaz algérien qui doit être liquéfié, le seul bassin du sud-est de la France représenterait potentiellement en valeur 1000 milliards d’euros, ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les experts américains qui ont fait l’estimation !

La société américaine GasFrac a déjà validé la technologie aux USA avec plus de 1000 puits sans aucun incident en réalisant qu’elle était plus simple à mettre en oeuvre et plus économique que la fracturation hydraulique classique. La société Ecorp, détentrice de cette technologie a créé une joint-venture avec Total pour les premières opérations de forage en Grande-Bretagne avec cette technologie, les Anglais étant plutôt plus soucieux que les Français de leur environnement mais aussi beaucoup plus pragmatiques que ces derniers. Outre la Grande-Bretagne, cette même société est détentrice de licences d’exploitation par fracking accordées par la France et la Suisse mais pour l’instant la situation est bloquée en haut lieu, du moins en France, et en Suisse, n’en parlons même pas, il faudrait encore une votation pour débloquer la situation sérieusement ficelée par les écologistes. Toute la question à mille milliards d’euros est de savoir si Hollande va enfin prendre une décision favorable à des forages exploratoires compte tenu de l’état de délabrement inquiétant de la situation économique de la France.

La Pologne, coincée entre l’Allemagne, potentiel client pour son gaz obtenu par fracking, et la Russie qui peut à tout moment perturber son approvisionnement en gaz, a résolument opté pour le fracking qui est depuis quelques semaines particulièrement encourageant, l’exploitation industrielle vient en effet de débuter. Ce qui est paradoxal en Allemagne, dont les décideurs gouvernementaux sont aussi sous l’emprise idéologique des écolos, c’est qu’il y a aussi du gaz en particulier en Basse-Saxe et cela a été d’ors et déjà prouvé, mais le gouvernement laisse les électriciens dévaster des régions entières dans l’est du pays pour extraire la lignite à ciel ouvert en détruisant purement et simplement des dizaines de villages multi-centenaires et en autorisant des rejets non seulement de carbone dans l’atmosphère, passe encore, mais de millions de tonnes de poussières … radioactives alors que les centrales nucléaires du pays doivent toutes être fermées à brève échéance depuis la réaction hystérique post-Fukushima anti-nucléaire dans ce pays.

On nage dans un surréalisme incommensurable créé par les écologistes téléguidés à leur insu par la Russie alors que BP et Exxon viennent de créer une joint-venture avec Rosneft pour initier du fracking à grande échelle en Sibérie pour le plus grand bonheur de l’économie chinoise. Et pendant ce temps-là l’Europe et surtout la France s’enfonceront dans la pire des récessions. Il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir de l’incurie de nos politiciens !

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Billet inspiré d’un article paru dans Forbes Magazine

Et pour illustrer ce billet, s’il en était encore besoin :

Gaz de schiste: Hess Oil fait appel de l’interdiction d’un forage près de Paris

Paris – Le groupe pétrolier américain Hess Oil a fait appel de la décision du tribunal administratif de Melun qui lui avait interdit en mars de réaliser un forage d’exploration pétrolière dans la commune de Nonville (Seine-et-Marne), a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

L’appel a été déposé le 15 mai auprès de la cour administrative d’appel de Paris, ont-elles précisé à l’AFP.

Le 12 mars, le tribunal administratif de Melun avait interdit à Hess Oil de procéder à un forage d’exploration pétrolière à Nonville, une commune située à 70 kilomètres au sud-est de Paris, une décision présentée comme une première en France du côté des militants anti-gaz de schiste.

Le permis exclusif de recherche d’hydrocarbures détenu par le groupe n’avais cependant pas été annulé.

C’est une mauvaise surprise, a commenté Me Arnaud Gossement, avocat de la commune.

La bataille avait été homérique devant le tribunal administratif de Melun et son jugement s’était accompagné de beaucoup de motifs d’annulation du permis, a-t-il ajouté, estimant que ce projet fait l’unanimité contre lui sur le terrain.

De son côté, le groupe, qui n’a pas commenté cette information, a assuré à plusieurs reprises vouloir simplement sonder par des forages conventionnels le sous-sol du bassin parisien pour rechercher des hydrocarbures non exploités.

Ce projet de forage est contesté par les écologistes, qui soupçonnent Hess Oil, très investi dans les hydrocarbures non-conventionnels, de viser du pétrole de schiste.

La fracturation hydraulique, critiquée pour les risques qu’elle fait courir à l’environnement et interdite en France, est quasiment la seule technique disponible pour extraire ce type de pétrole.

(©AFP / 22 mai 2014 16h55)

Billet à paraître également sur le blog http://www.mauvaisenouvelle.fr/

Fracking et OGM, deux mots diabolisés en un parallèle intéressant …

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Il y a 65 ans la société d’ingénierie Halliburton expérimentait avec un succès mitigé la première fracturation hydraulique dans l’Oklahoma. Il y a 30 ans, la société Monsanto expérimentait en plein champs la première plante transgénique. Soixante-cinq années plus tard, les USA sont en passe d’être le premier producteur du monde de gaz naturel et le premier producteur de pétrole. Pour se faire une idée de la véritable révolution apportée par le fracking et la technique du forage horizontal il suffit de quelques données économiques : plus d’un million de puits ont été forés pour y effectuer la fracturation hydraulique avec au plus une dizaine d’incidents techniques, autant dire presque rien. Le Texas deviendra dans quelques mois le troisième producteur de pétrole (y compris par fracking) du monde derrière la Russie et le reste des USA. Ca laisse rêveur. Quant aux plantes transgéniques, la première plante transgénique plantée en plein champ, quelques plants seulement, était un tabac résistant à un antibiotique. Il fallut attendre trois autres années pour que la France et les USA, alors leaders mondiaux dans le domaine de la transgénèse végétale, développent ce même tabac, cette fois résistant au glyphosate. Depuis, près de trente plantes modifiées génétiquement sont cultivées dans le monde dans 29 pays sur une surface de près de 160 millions d’hectares.

Dans les deux cas, fracking et transgénèse végétale, le but final fut d’atteindre une amélioration technologique. Pour le gaz, il s’agissait à l’évidence d’extraire le gaz naturel et les huiles dans des roches dites « mères » impossibles à obtenir par les forages verticaux classiques. Pour les plantes transgéniques l’éventail d’amélioration est plus large, depuis la tomate ou la banane qui ne murissent pas, en passant par les améliorations nutritionnelles, ce sont les cas du riz doré enrichi en carotène, du maïs enrichi en folate ou plus récemment de la Camelina sativa (cameline ou lin bâtard) enrichie en acides omega-3 (voir un billet récent sur ce blog) dont les graines peuvent avantageusement servir de nourriture aux poissons marins d’élevage. La résistance aux ravageurs a été atteinte avec l’introduction d’un gène de Bacillus thuringiensis (Bt) pour le coton, le riz, le maïs, le tabac et bien d’autres plantes afin de réduire substantiellement l’usage de pesticides. La résistance aux herbicides a également été atteinte pour le glyphosate, le bromoxynil et le glufosinate pour faciliter le travail des agriculteurs. Enfin quelques plantes ont été génétiquement modifiées pour produire des médicaments.

La fracturation hydraulique a permis de diviser aux USA le prix du gaz naturel par trois. La production massive d’électricité à l’aide de turbines à gaz par cogénération a récemment permis aux USA de réduire le CO2 émis dans l’atmosphère et il est maintenant identique à ce qu’il était au début des années 90. Les industries manufacturières consommatrices de pétrole et d’énergie qui avaient délocalisé leurs productions sont revenues en grand nombre sur le territoire américain car l’énergie y est maintenant plus compétitive. Même une société comme Apple a déjà relocalisé une partie de sa production aux USA !

Les mouvements anti-fracking qui ont émergé un peu partout, y compris aux USA, objectaient que cette technologie freinerait le développement des biocarburants et comme il fallait trouver un genre de bouc-émissaire, le mot fracking a été élevé au rang de démon, le mot à ne pas prononcer ! C’est ainsi qu’avec la complaisance des médias et la puissance financière (d’origine pour le moins opaque) d’organisations non gouvernementales comme Greenpeace ou le WWF, tous les arguments y compris les plus fantaisistes ont été utilisés pour diaboliser la fracturation hydraulique comme étant la pire des atteintes à l’environnement nonobstant le fait que la production d’agrocarburant constitue en soi un véritable crime contre l’humanité mais ni Greenpeace ni le WWF n’ont l’air de s’en soucier comme pour le riz doré dont les campagnes hostiles orchestrées par les mêmes organisations constitue également un crime contre l’humanité. Chaque acre de culture vivrière converti en agrocarburant aux USA a eu un effet immédiat sur les cours des denrées alimentaires de base dans le monde entier, souvenez-vous des printemps arabes dont le ferment initial fut un renchérissement brutal du prix du pain en raison du boom des agrocarburants aux USA. Sans fracking, pardon fracturation hydraulique, les USA seraient encore au milieu d’une crise économique majeure depuis 2008 alors que cette technologie a créé plusieurs millions d’emplois y compris dans des Etats frappés de plein fouet par la récession. Les organisations non gouvernementales ont dépensé des dizaines de millions de dollars en pure perte et aux USA le consensus actuel est un rejet massif des idéologies malthusiennes de ces activistes cyniques, même si Obama a parfois tendance à les soutenir (cas du pipeline Keystone XXL).

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Pour les plantes transgéniques, la controverse alimentée par les mêmes opposants à la fracturation hydraulique fut initialement basée sur des arguments pseudo-scientifiques totalement erronés du genre toxicité pour les animaux et l’homme, résistance acquise aux pesticides, effets délétères sur l’environnement ou encore monopole des grandes compagnies agrochimiques. Certes, le paysage économique s’est considérablement élargi et il n’y a plus vraiment de monopoles puisqu’environ 40 sociétés de par le monde sont impliquées dans cette technologie. En 30 ans de retour d’expérience, jamais aucun effet alimentaire négatif n’a pu être documenté précisément, jamais aucun effet perturbateur sur l’environnement ou les écosystèmes n’a pu être répertorié que ce soit à petite ou grande échelle. Le seul effet négatif tangible est que les agrochimistes vendent moins de pesticides quand les agriculteurs cultivent des plantes exprimant la toxine Bt, coton, maïs, pomme de terre ou encore soja ! Mais ce dernier point est soigneusement passé sous silence par ces organisations car ils considèrent que c’est politiquement incorrect. Il serait plus approprié de dire idéologiquement incorrect.

Quid de la France ?

Inutile de s’étendre sur le cas de la France qui représente l’archétype de l’obscurantisme scientifique pour des raisons politiciennes et également idéologiques, notamment l’inique « principe de précaution ». Le précédent Président fit deux erreurs qui aggravent encore aujourd’hui l’état de délabrement de l’économie française, l’organisation de la grotesque foire écologique appelée « Grenelle de l’Environnement » immédiatement noyautée par les organisations non gouvernementales citées plus haut avec des représentants du monde politique essentiellement constitués de membres du nouveau parti écologique français, je veux nommer EELV, un amalgame d’opportunistes détestables et cyniques. Puis ce même ancien Président décréta pour des raisons purement électoralistes qu’on ne procéderait pas à une quelconque fracturation hydraulique dans le sous-sol français. Cette idéologie reprise par l’actuel Président allié d’EELV pour des raisons de tactique politicienne éhontée et tout aussi cynique a porté ses fruits : le prix de l’énergie ne cesse d’augmenter en raison des taxes multiples appliquées au kWh pour favoriser « le renouvelable » pour la plus grande satisfaction des partis écologistes et des organisations non gouvernementales nombreuses et variées qui, faut-il le rappeler, vivent avec les impôts des contribuables. Même cas de figure pour les plantes transgéniques et même démarche politicienne et idéologique obscurantiste initiée par le sieur Bové de triste envergure intellectuelle avec un escroc d’aussi détestable envergure comme Séralini qui en remet une couche, toutes médias immobilisées pour l’occasion, naturellement. Rien ne pourra s’améliorer avec l’actuel ministre de l’environnement et de l’énergie, ancien faucheur d’OGM (amnistié) et, cerise sur le gâteau, allergique à l’uranium, c’est désespérant pour la France, autrefois le pays des Lumières … Comme le dit si bien H16, ce pays est foutu.

Billet partiellement inspiré d’un article de Forbes, crédits photo Forbes et Wikipedia. 

Fracking ?

Le fracking est interdit en France jusqu’à nouvel ordre, tel en avait décidé le gouvernement de la précédente législature à des fins purement électoralistes dans le but d’attirer quelques voix des électeurs écolo-sympathisants de droite avant les élections présidentielle et municipales. Las ! La droite a perdu les élections et la gauche, épaulée par les écolo-sympathisants de tendance crypto-trotskyste plutôt que raisonnablement verte et responsable, n’a pas remis en question cette décision sarkozienne alors que de nombreuses autres lois, décrets et autres comités truc-muche institués par la droite ont été purement et simplement supprimés, sans parler des affaires pseudo-judiciaires. (Fin de l’aparté politique …)

 

L’un des arguments spécieux des écologistes pour interdire le fracking en France est « l’énorme » consommation d’eau que requiert cette technique, les risques de tremblement de terre induits et la pollution des nappes dites phréatiques. Pour ce qui concerne les nappes phréatiques, celles-ci sont pour la plupart très proches de la surface du sol et sont atteintes le plus souvent grâce à des puits creusés par nos ancêtres à la sueur de leur front ne dépassant que rarement la trentaine de mètres. A ne pas confondre avec les aquifères profonds tels ceux de l’Ile de France où on y puise de l’eau avec des puits de forage sensiblement identiques aux forages pétroliers de la même région, en Seine-et-Marne pour être plus précis, l’eau remontant à la surface par simple effet hydrostatique. On n’a encore jamais entendu parler de pollution de cet aquifère par les nombreux forages pétroliers effectués en région parisienne. Les pollutions enregistrées aux USA au cours des premières tentatives de fracking furent occasionnées par des rejets non contrôlés des eaux remontant au niveau des sites de forage qui n’étaient pas gérés de manière satisfaisante, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Pour les risques de tremblement de terre, on a effectivement noté des secousses à peine perceptibles dans le sud-ouest de l’Angleterre qui n’ont occasionné aucun dommage matériel. Ces secousses sont le résultat du réarrangement de micro-failles préexistantes ou induites par le fracking mais en aucun cas elles peuvent conduire à des effets dévastateurs comme le grand tremblement de terre du Kanto au Japon le 11 mars 2011, durablement présent dans les esprits, en tous les cas dans ma mémoire puisque quelques jours plus tard, me trouvant à Tokyo, j’ai ressenti une réplique d’intensité 6,9, un niveau considéré comme invraisemblable par les spécialistes en ce qui concerne le fracking, tout simplement parce que l’énergie nécessaire pour entrainer une telle secousse est hors d’atteinte. Mais revenons à l’eau. Au Texas et en Arizona, l’eau utilisée pour le fracking va être majoritairement une eau saumâtre existant en profondeur dans le bassin Permien riche en gaz et pétrole de schiste. Une étude récente émanant d’une agence indépendante, le CERES (http://www.ceres.org/about-us/who-we-are), non inféodée aux grands groupes pétroliers ni contrôlée par les politiciens ou de quelconques idéologues mais orientée professionnellement vers le développement durable avec notamment la « Union of Concerned Scientists », a conclu que les idées reçues sont souvent complètement éloignées de la réalité. Pour prendre l’exemple du Texas, le fracking qui a créé des dizaines de milliers d’emplois nouveaux dans cet Etat ces dernières années, augmenté de 14 % la production de pétrole et multiplié par six la production de gaz naturel consomme vingt fois moins d’eau que l’arrosage des pelouses des particuliers devant leur maison, ce qu’on appelle le « front-yard », pour satisfaire une obsession esthétique, et près de deux fois moins que ce que font partir en vapeur les 18 centrales électriques de l’Etat. De plus, cette eau est souvent impropre à la consommation et à l’arrosage puisqu’elle est souvent (au moins 25% pour le moment) saumâtre étant considéré que le bassin Permien du Texas renferme l’une des plus importantes réserves d’eau saumâtre des USA. Quand observera-t-on une telle objectivité en France ? On peut toujours rêver …

 

Source : CERES (voir le lien) via Forbes

Et si la France c’était le Texas …

La France « disposerait » de réserves de méthane dans son sous-sol suffisantes pour une consommation équivalente en volume actuel pendant près d’un siècle. Mais le hic de taille est que le ministère de l’écologie (et de l’énergie) dirigé par Madame Batho a interdit le logging sur le territoire de l’Hexagone.

Les compagnies pétrolières et gazières, avant même d’envisager d’avoir un permis d’exploration, ne pourront même pas procéder à des études sismiques pour évaluer la nature des formations géologiques profondes susceptibles d’être plus tard soumise au fracking afin de récupérer du méthane dans les cas les plus favorables. Voilà où on en est en France.

Juste pour situer l’énormité de l’ineptie du gouvernement français aveuglé par les écologistes on peut simplement prendre l’exemple du Texas. La production pétrolière de cet Etat déclinait depuis une vingtaine d’années pour atteindre bon an mal an un peu plus d’un million de barils par jour. Certes, le Texas a toujours été un producteur de pétrole et l’un des premiers au monde à se lancer dans cette aventure (revoir Giant avec James Dean) mais le fracking et le pompage assisté ont doublé la production de pétrole et aussi de méthane, en quelque sorte un sous-produit du pétrole puisqu’il est dissous dans ce dernier, le méthane étant lui-même un hydrocarbure. Et le nouveau boom pétrolier du Texas laisse rêveur : les compagnies pétrolières ont payé 12 milliards de dollars de taxes à l’Etat texan en 2012 avec un effet multiplicateur de 4 pour chaque dollar investi, en d’autres termes chaque fois qu’une compagnie pétrolière investit 1 dollar, les retombées sur l’économie de l’Etat équivalent à 4 dollars. En trois ans, le Texas, en déficit de 25 milliards de dollars en 2010 est maintenant devant un excédent budgétaire de 9 milliards !

En France, non seulement la balance commerciale est chroniquement déficitaire en grande partie en raison des importations de pétrole et de gaz naturel, mais le déficit se creuse mois après mois. L’Etat emprunte pour rembourser les titres de dette à maturité et les intérêts des dettes en cours, c’est presque ahurissant que le gouvernement se plie aux caprices d’une pimbèche ignorante des faits économiques fondamentaux du pays tout comme Jospin en son temps s’est laissé apitoyer par la crise ovarienne de Madame Voynet.

Depuis Tenerife, j’observe qu’une partie du port maritime est louée pour la construction de plate-formes pétrolières qui iront exploiter le pétrole au large du Sahara Occidental et du Maroc alors que les Canariens de la province de Las Palmas (Lanzarote et Fuerteventura) sont farouchement hostiles à toute exploitation dans les eaux territoriales canariennes parce qu’ils ont été endoctrinés par Greenpeace et le WWF et les partis écologistes gauchistes locaux qui n’y comprennent rien ont fait tellement de bruit et d’agitation que l’exploitation du pétrole est reportée sine die. La situation deviendra franchement comique quand la raffinerie de pétrole de Santa Cruz de Tenerife importera du pétrole du Maroc

La bêtise des écologistes n’a pas de frontière en Europe mais au Texas, business in business …

Source : Texas Tribune du 30 avril 2013

Toujours plus … profond !

Le groupe pétrolier américain Anadarko ne recule devant rien ! Après la catastrophe de la plate-forme pétrolière de BP, qu’à cela ne tienne, toujours plus profond … Sous 1930 mètres d’eau le forage a atteint 10450 mètres pour entrevoir des réserves qualifiées d’immenses, près d’un milliard de barils de « très bonne qualité » selon les termes de l’article du Financial Times repris par La Tribune de Genève aujourd’hui. Une telle prouesse technique n’était même pas envisageable il y a moins de dix ans. Et pourtant c’est chose faite. Alors que la fracturation sous haute pression bat son plein dans de nombreux Etats américains avec succès pour récupérer qui du gaz, qui du pétrole, le Golfe du Mexique n’a pas encore dit son dernier mot comme on peut le constater avec cette nouvelle découverte vertigineuse dans tous les sens du terme. Mais un détail me turlupine car bien que n’étant ni géologue ni pétrologue, si ce terme existe, pourquoi n’y aurait-il pas aussi du pétrole à dix mille mètres de profondeur sous la terre ferme et sous d’autres champs pétrolifères existants à une moindre profondeur. On a certainement éliminé cette hypothèse après de minutieuses explorations sismiques qu’on appelle logging, Pourquoi n’y aurait-il pas par exemple du pétrole sous l’Aquitaine à une telle profondeur, et puis aussi sous la ville de Paris. On peut légitimement se poser la question puisque les techniques du jour ont reculé les limites du possible … Le problème actuel est que les écologistes au gouvernement s’opposeront bec et ongle à ce type d’exploration … En attendant la balance commerciale de la France atteint aussi des déficits abyssaux.