Qui détient de la dette américaine et pourquoi ?

Capture d’écran 2018-05-22 à 14.11.22.png

Alors que Donald Trump menace la Chine de mesures de rétorsions douanières, Pékin a pourtant acheté entre Janvier et Mars 2018 pour 20 milliards de dollars d’obligations (bonds) émises par le Trésor américain. Bien qu’ayant vendu sur les marchés des bonds US durant toute l’année 2016 la Chine a de nouveau investi en T-bonds durant une grande partie de 2017, les dirigeants de Pékin pensant que le nouveau président allait « se calmer » un peu dans ses élans guerriers au sujet de la Corée du Nord. Les mouvements de capitaux peuvent en effet être considérés comme un indicateur des tendances géopolitiques. Peut-être aussi que les ventes de 2016 étaient provoquées par l’élection d’Hillary Clinton qui était donnée comme probable président. Bref, il est possible de spéculer mais établir de telles relations de cause à effet peut se révéler hasardeux.

Le Japon qui comme la Chine dispose de réserves de change gigantesques libellées en dollars a poursuivi son mouvement de vente de bonds US depuis l’année 2016. Cent milliards de dollars revendus sur les marchés c’est peu quand on sait que que Japon détient aujourd’hui quelque chose comme 1050 milliards de dollars de bonds US. Japon et Chine sont les deux principaux créditeurs des Etats-Unis. viennent ensuite par ordre décroissant et loin derrière l’Irlande (318 milliards), le Brésil (286 milliards), la City de Londres (264 milliards), la Suisse (245 milliards), les iles Caïman (243 milliards), le Luxembourg, Hong-Kong, Taïwan, l’Inde, l’Arabie Saoudite, la Belgique. Il est intéressant de noter que l’Allemagne, quatrième puissance économique mondiale, ne détient que 76 milliards de dollars de dette américaine. Globalement les USA sont endettés auprès de non-résidents à hauteur de 6294 milliards de dollars.

Comment les contribuables américains vont-ils rembourser tous ces détenteurs non-résidents de bonds US ? Cette question est d’autant plus angoissante que l’on assiste à une remontée des taux spectaculaire sur les bonds à court terme (3 mois) qui ont rendu les dividendes des actions sur le S&P 500 moins attractives. L’avenir de la finance mondiale semble de plus en plus sombre ou alors comme le mentionnait Simone Wapler (Chronique Agora) les grands argentiers de ce monde finiront-ils par décider d’un jubilée généralisé ? Ou aussi une bonne guerre quelque part, et pourquoi pas avec l’Iran qui a ouvertement déclaré qu’il accepterait contre son pétrole d’autres devises. Car c’est l’avenir du dollar qui se joue …

Source et illustration : WolfStreet