Les anticonceptionnels : un autre gigantesque scandale sanitaire à l’horizon ?

Patricia-Hunt

Cette fois, le scandale pourrait être d’ampleur planétaire et les malthusiens de tous bords, y compris les écologistes, Greenpeace en tête, vont pouvoir se réjouir ! La fertilité masculine diminue dramatiquement et les ovules des femmes sont tout simplement inutiles car de moins en moins capables de produire un embryon viable. Parallèlement l’ensemble de la population se dégrade au niveau des facultés intellectuelles en raison d’interconnexions neuronales défectueuses, tout pour plaire !

C’est en étudiant l’effet du bisphénol A (BPA) sur la maturation des gonades au cours de la vie foetale et leur fonctionnement durant l’âge adulte qu’une équipe du Centre de Biologie Reproductive de l’Université de l’Etat de Washington à Pullman dirigée par le Docteur Patricia Hunt que l’idée lui est venue de comparer les effets de cet additif universellement utilisé pour la production de matières plastiques et de films à usage alimentaire ainsi que de papier thermosensible avec les effets du 17-alpha-ethynyl-estradiol (EE), l’un des anticonceptionnels les plus utilisés dans le monde.

Car la situation est devenue plus qu’alarmante. Par exemple au Danemark, plus de 40 % des hommes produisent un sperme qui fait qu’ils sont tout simplement stériles. Non seulement les spermatozoïdes sont déficients mais leur nombre est devenu ridiculement faible. Tout ça parce que durant la vie foetale, c’est-à-dire lors de la formation des testicules, ces derniers ont été exposés à des perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A mais pire encore par l’EE résiduel qui se retrouve maintenant partout sur la planète y compris dans les eaux dites minérales conditionnées dans des bouteilles qui, en plus, dégagent du BPA, car ce produit de synthèse, je veux parler de l’EE qui enrichit les laboratoires pharmaceutiques n’est pas dégradé par le traitement des eaux résiduaires.

Pour comprendre comment cette catastrophe sanitaire planétaire a pu apparaître, il faut faire un petit retour sur le processus de la conception. Les gamètes femelles sont constitués d’ovules qui ne possèdent que la moitié du patrimoine génétique. Ces ovules en nombre limité se forment au cours de la croissance foetale. Du côté des gamètes mâles, et c’est là où se situe le problème le plus critique, les spermatozoïdes proviennent de cellules germinales diploïdes et un processus appelé méiose réduit de moitié le nombre de chromosomes lors de la maturation des spermatozoïdes. Au moment de la conception chaque moitié des chromosomes s’apparie avec son correspondant pour former un embryon avec ce qui est communément appelé un œuf qui aura 2n chromosomes.

Or les perturbateurs endocriniens genre bisphénol A ou EE perturbent aussi durablement la méiose testiculaire. Il y a tout lieu de penser que le bisphénol S présente la même activité monstrueusement délétère pour l’avenir de l’humanité. Pour les femmes, le mal est déjà fait dès la naissance et avec un peu de chance, au moins un ou deux ovules sont encore en bon état. Mais chez les hommes la situation ne fait que s’aggraver avec le temps : la qualité du sperme diminue de 2 à 3 % chaque année, que ce soit en Europe, au Japon ou aux USA … Tout simplement effrayant. Le syndrome s’appelle la dysgenèse testiculaire et il semble maintenant prouvé qu’il soit acquis durant le développement foetal et qu’il soit irréversible. C’est en tous les cas ce qu’a montré l’étude très détaillée dirigée par le Professeur Hunt parue dans la revue à comité de lecture PlosOne (voir le DOI) en utilisant des souris. Comme certaines lignées de souris utilisées en laboratoire sont apparues insensibles aux perturbateurs endocriniens des souris « sauvages » ont aussi été utilisées dans cette étude. La différence réside dans le fait que les lignées de souris établies pour les études scientifiques sont le plus souvent des animaux ayant subi durant des successions de générations une endogamie intense. Les souris « sauvages » constituent donc un modèle plus proche de l’homme car l’endogamie chez l’homme est proscrite en raison d’un certain nombre de tabous parfaitement justifiés. L’effet des perturbateurs endocriniens se fait sentir non seulement au cours de la maturation des spermatozoïdes mais il induit l’apparition de nombreux défauts au cours de la recombinaison des gamètes avec des appariements des chromosomes totalement erratiques. Les effets de l’éthynyl-estradiol sont décelables à des doses inférieures au milliardième de gramme, ce n’est pas encore homéopathique mais presque !!!

Les questions qui se posent à la lecture de cet article de PlosOne, disponible en ligne, sont très dérangeantes. Qu’on interdise les bisphénol A et S ainsi que les phtalates largement utilisés pour les bouteilles en plastique dites polyéthylène-téréphtalates (PET) de qualité supposée alimentaire pourrait remettre en question et très profondément l’ensemble de l’organisation de l’industrie agro-alimentaire. Quelques exemples permettent de situer l’ampleur du problème : interdire les canettes métalliques, les emballages de lait, de jus de fruits et de bien d’autres aliments et boissons en carton comportant un liner intérieur contenant du BPA, interdire les pots de yaourt en plastique, interdire les films recouvrant les pizzas congelées et de multitudes autres aliments, le BPA se dissout tout simplement dans les graisses du fromage râpé et du jambon … et la liste est immensément longue, ce jusqu’aux bouteilles de shampooing ! Qu’on interdise les anticonceptionnels est une autre histoire qui risque de créer de profonds remous auprès de la gent féminine (et féministe) qui s’est habituée à ce confort promu par des Simone Weil par exemple (responsable mais pas coupable) mais il apparaît urgent d’y songer.

Dans les deux cas de figure il s’agit quelque part de l’avenir de l’humanité et c’est beaucoup plus préoccupant que le réchauffement climatique global ou les OGMs ou encore l’énergie nucléaire et bien d’autres avancées technologiques, il s’agit tout simplement de la mise en danger de la perpétuation de l’espèce humaine, et pas seulement, car de nombreux animaux dont en particulier les poissons de rivière sont aussi concernés par cette pollution dévastatrice à l’échelle planétaire …

Source : PLOS Genetics, 2015; 11 (1): e1004949 DOI: 10.1371/journal.pgen.1004949 , illustration Docteur Patricia Hunt ( https://news.wsu.edu/2015/01/22/wsu-researchers-see-effect-of-bpa-and-estradiol-on-sperm-development/#.VMaeJlvUfIN )

Pourquoi la ménopause ?

Puisque je parlais de sexe il y a quelques jours, je vais aujourd’hui parler de la ménopause, une situation partagée par les femmes, les baleines et les chimpanzés (uniquement en captivité). Il s’agit donc d’une exception dans le monde vivant. Or l’apparition de la ménopause chez les femmes ne trouve pas d’explication satisfaisante tant au niveau de l’évolution (les créationnistes n’y croient pas mais c’est leur problème) que d’un point de vue strictement biologique. On a avancé qu’un nombre limité d’ovocytes dans l’ovaire devait provoquer inexorablement l’apparition de la ménopause. Or cette hypothèse contredit les faits car la ménopause apparaît tout aussi bien et presque au même âge chez des femmes multipares car durant chaque grossesse, l’ovaire cesse son activité. Une autre hypothèse serait que l’allongement de l’espérance de vie est récente et qu’autrefois, quand l’espérance de vie était de moins de 50 ans, on n’observait le phénomène que chez les femmes qui avaient la chance ou l’incongruité de vivre longtemps. D’autres biologistes ont avancé que le coût de la reproduction (grossesse et allaitement) induisait des détériorations physiologiques amplifiant la susceptibilité à l’infertilité (ménopause). On a aussi avancé que la ménopause n’existait que pour éviter que de « vieux » ovocytes soient fertilisés et conduisent à une descendance défectueuse, en quelque sorte une protection naturelle mais cette hypothèse ne tient pas non plus car il arrive que des femmes portent encore un enfant parfaitement viable aux alentours de l’age statistique d’apparition de la ménopause. Il y a aussi l’hypothèse dite de « la grand-mère » qui prétend qu’une femme ménopausée peut se consacrer entièrement à ses petits-enfants puisqu’elle ne peut plus procréer, un peu spécieux tout de même. Le fait que les hommes soient fertiles jusqu’à un age avancé et peuvent avoir (et ont) des enfants avec des femmes beaucoup plus jeunes qu’eux pourrait aussi expliquer que les femmes deviennent infertiles comme si le rôle du « patriarche » était de faire croître et multiplier la tribu nonobstant le fait que les femmes « d’un age » deviennent infertiles (lourde allusion à la Bible mais les scientifiques font ce qu’ils peuvent) car la ménopause n’a pas infléchi l’organisation patriarcale des sociétés primitives telles qu’on a pu encore en observer à la fin du XIXe et au début du XXe siècles, et enfin cette limite quasi physiologique de la fertilité féminine serait enfin le résultat d’une sorte de gestion des ressources disponibles pour la survie de l’espèce si on se place sur un plan strictement évolutif. Bref, pas vraiment d’explication satisfaisante.

En réalité des biologistes de l’Université McMaster au Canada ont tenté de trouver une explication à l’apparition de la ménopause chez la femme et se sont aperçu un peu fortuitement à l’aide de simulations que la modification du statut hormonal chez la femme était induit par le simple fait que l’homme a tendance à s’intéresser dans un but reproductif à des partenaires plus jeunes dans le seul but de perpétuer l’espèce et non pas par attirance physique comme on pourrait le croire dans une première analyse, sachant que l’homme reste fertile jusqu’à un age avancé et que le risque de grossesses avortées chez une femme approchant l’age critique de l’infertilité combiné au risque d’une viabilité réduite de l’enfant l’oriente instinctivement à s’accoupler à des femmes plus jeunes. Le modèle avait pour but de trouver une explication à l’apparition de la ménopause et non pas d’expliquer le comportement sexuel masculin mais en mettant uniquement l’accent sur l’évolution possible de la physiologie de la femme. On sait très bien que la ménopause est accompagnée d’une modification du statut hormonal conduisant à un arrêt de l’ovulation. D’après le modèle développé par ces biologistes, compte tenu du fait que l’enfant humain est l’une des progénitures nécessitant le plus d’attention de la part des parents (et grands-parents, cf l’hypothèse de la grand-mère) dans le règne des vertébrés, l’ensemble de ces paramètres permet d’approcher une explication rationnelle de l’apparition au cours de l’évolution de la ménopause chez la femme : une longue fertilité chez l’homme attiré par des partenaires plus jeunes combinée à un arrêt de l’ovulation chez la femme pouvant en être une conséquence.

 

Source : PlosOne