Pourquoi les poils des aisselles féminines provoquent-ils un tel outrage et un tel dégout ?

DSCF6529.jpg

Article paru sur le Guardian sous la plume de Yomi Adegoke

Si les aisselles poilues reviennent un peu à la mode une publicité de Nike mettant en vedette un top-modèle avec un peu de poils visibles a provoqué sur les réseaux sociaux des milliers de commentaires critiques. Julia Roberts, l’actrice adulée d’Hollywood fut l’une des premières à réhabiliter les poils des aisselles lors de la première du film Notting Hill (1999) de Roger Michell avec Hugh Grant, resplendissante dans une robe à paillettes rouge créée pour les magasins Vivienne Tam qu’elle acheta pour cette première. elle leva les bras et montra avec une certaine ostentation une toison des aisselles abondante. Ce geste fut immédiatement interprété comme un retournement féministe subversif contre les normes de beauté, sauf que ce n’était pas le cas. Vingt ans plus tard elle a avoué que son look n’était pas du tout une affirmation car elle avait oublié de raser ses aisselles et elle avait mal calculé la longueur des manches de sa robe.

Capture d’écran 2019-04-30 à 10.24.12.png

Les poils des aisselles restent un point de blocage bizarre pour les anti-féministes. Il y a quelques jours Nike a publié sur Instagram une photo montrant la mannequin et musicienne Annahstasia Enuke avec une petite quantité de poils visibles sous ses aisselles. En réponse des milliers de commentateurs ont exprimé leur indignation et leur dégoût. Quelques heures plus tard la marque de déodorants Nudd a répondu à une réaction défavorable contre sa propre annonce en ligne comportant des poils sous les aisselles.

Le cynisme qui sommeille en nous et les scandales suscités par la haine sur les médias sociaux au sujet de cette véritable histoire d’amour entre les marques comme Nike ou Nudd et les poils du corps justifient cette nouvelle approche de ces marques. On peut dire aussi que ces situations ont aussi leur importance en rappelant que les femmes ne sont plus alors obligées de subir des démangeaisons et des coupures sur le corps pour plaire au public. Cette haine et cette colère qui ne touche que les femmes est tout simplement incroyable et ceci d’autant plus quand on se hasarde à comparer l’absence de réactions quand les hommes font exactement la même chose.

Malgré les dissidences qui se manifestent les aisselles poilues redeviennent indéniablement en vogue. Parallèlement aux publicités les médias sociaux ont relancé la tendance des poils sous les aisselles en les teignant aux couleus de l’arc en ciel, une nouvelle approche popularisée par un grand nombre de blogueurs. Et contrairement à Julia Roberts les dessous des bras poilus constituent une déclaration tout à fait intentionnelle d’une tendance nouvelle de la mode. Par exemple Amandla Stenberg a assuré que ses fans savaient que sa toison sous les aisselles qu’elle arborait lors de la première de son film n’était pas un faux pas sous-titrant une image #drama#armpit.

Amandla Stenberg est une actrice et chanteuse américaine connue pour son apparition en tant que star dans le film Colombiana, tourné en France et dont le scenario est de Luc Besson. A. Stenberg, selon le magasine Glamour, a imité la toison des aisselles de Rudolph Valentino. L’épaisse toison sous les bras de Gigi Hadid a fait une apparition mémorable dans une vidéo du magazine Love. Jemima Kirke, Willow Smith, Madonna, Bella Thorne et Miley Cyrus sont parmi les autres personnes qui ont ébranlé ce qui semble être l’accessoire le plus tendance de la star.

Capture d’écran 2019-04-30 à 11.10.16.png

Cependant même toutes ces belles actrices n’ont pas été en mesure de rendre les poils du corps universellement acceptables. Pour légitimer leur amertume les commentateurs ont recours aux mêmes tactiques que celles employées lorsqu’ils abordent d’autres aspects du corps qui ne les concerne nullement comme par exemple le surpoids. Ce sont des tentatives à peine voilées pour dissimuler leur dégoût. L’ « hygiène » étant leur principale préoccupation celle-ci soulève une question : pourquoi les poils qui sont finalement comme les cheveux ne représentent-ils un danger sous les aisselles que pour la seule santé des femmes ?

Le féminisme : un tue-l’amour ?

Capture d’écran 2016-12-03 à 14.01.54.png

Je ne sais pas du tout si le titre de ce billet entre dans les normes de la complexe syntaxe de la langue française mais il décrit bien l’objet de ce billet. Tout d’abord je me permettrai de faire une remarque préliminaire sur la définition du féminisme. Les mouvements féministes émergèrent avec les suffragettes aux USA après la deuxième guerre mondiale puis ils ont atteint une sorte de paroxysme peu reluisant pour les femmes elles-mêmes avec le mouvement « Femen » tandis que certaines d’entre elles étaient fières de militer pour les LGBTs. Le féminisme est donc perçu par l’opinion comme un mouvement de revendications disparates. Or il n’en est rien.

Les relations hétérosexuelles entre une femme et un homme ont été pendant des millénaires considérées comme la normalité. Une femme se devait d’être « à la maison », procréer et élever sa progéniture tout en satisfaisant les désirs du père de ses enfants et être accessoirement satisfaite de cette relation elle-même. C’était la norme et elle reste toujours respectée dans de nombreux pays quelles que soient les cultures et les religions. Le concept d’égalité des genres est enfin apparu il y a quelques années dans les pays occidentaux et il a conduit alors à une nouvelle approche du féminisme que je considère pour ma part comme bénéfique bien que n’adhérant pas pour des raisons scientifiques à la théorie de l’égalité des genres.

Le féminisme, au moins dans les pays développés, est la résultante d’une modification des modes de vie. Prenons quelques exemples triviaux illustrant cette modification. Les progrès techniques ont permis par exemple la création de l’aspirateur pour faire le ménage, de la machine à laver pour laver le linge, puis du four électrique pour la cuisine et enfin du four à micro-ondes encore plus facile d’emploi. Ces nouveautés technologiques ont libéré un temps précieux aux « femmes à la maison ». Puis vint le « plateau télé » qui finit par totalement affranchir la femme (à la maison) de taches ménagères quotidiennement monotones. La femme a découvert qu’elle pouvait faire autre chose que se consacrer uniquement à ses enfants, sa maison et son époux.

Cette évolution qui remonte au milieu du XXe siècle a révolutionné le statut de la femme dans la société et de plus en plus d’entre elles travaillent d’égal à égal avec les hommes. J’ai connu des femmes conductrices de gros engins de travaux publics et des camionneuses au volant de semi-remorques de 40 tonnes … Sont-elles pour autant devenues des « hommasses », des êtres asexués ? Pas vraiment. Il y a cependant un côté très positif dans cet environnement où la femme joue un rôle de plus en plus concret dans la société : la femme prend maintenant volontiers l’initiative dans les relations amoureuses et sexuelles. C’est une conséquence directe de cette prise de conscience d’une sorte d’égalité entre femmes et hommes et c’est, de mon point de vue, tout à fait bénéfique. Le féminisme tel qu’on le perçoit est donc la conséquence d’une évolution civilisationnelle et non pas une création idéologique. La femme et l’homme sont devenus égaux pour une plus grande satisfaction de la vie de couple et une plus profonde stabilité de cette relation. La romance amoureuse n’a donc pas disparu et c’est maintenant à l’homme de maîtriser ses instincts de domination …

Billet inspiré d’un article paru dans The Conversation

La révolution féministe et le pouvoir de séduction : apologie du téton !

1795

Les femmes sont toutes séduisantes et elles le savent très bien. Elles usent et parfois abusent de ce pouvoir en le manifestant par une multitude de petits détails les plus imperceptibles ou au contraire tellement évidents qu’ils peuvent faire miauler jour et nuit une compagnie de matous. L’image est déplacée car ce sont les chattes qui pleurent la nuit à la recherche du mâle qui va soulager leur désir. Bref, ne nous égarons pas et revenons à un signe évident de séduction qui assura le succès de nombreuses suffragettes et starlettes dans les années 60-70. Je veux parler du pouvoir attractif des tétons. Aux alentours de ces années 70 apparurent les mouvements féministes et la mode du téton arrogant et opulent disparut avec une infinie tristesse. Encore une fois je ne parle pas du sein, de la poitrine, des wonder-bra, des prothèses siliconées ou gonflées à l’hélium, pas du tout, je parle du téton, autrement dit du petit bout du sein que le bébé nouveau-né se réjouit de pouvoir sucer. Puisque les soutien-gorge ont tendance à effacer l’arrogance de ce petit bout de chair molle, les modistes, jamais en manque d’inspiration, inventèrent vers 1970 le « nipple-bra », littéralement le soutien-gorge à tétons et l’effet est spectaculaire :

Capture d’écran 2015-05-05 à 10.32.05

Il n’y a qu’à contempler cette photo de Farrah Fawcett pour se rendre immédiatement compte qu’il y a ce petit détail franchement érotique mais pourtant anodin et naturel modifiant totalement la perception que n’importe quel homme peut avoir de cette star devant une telle photo évocatrice :

Capture d’écran 2015-05-06 à 17.09.35

Je me demande bien pourquoi les féministes se sont insurgé devant cette « instrumentalisation », selon elles, du corps de la femme dont la beauté et l’harmonie n’ont jamais cessé d’inspirer des milliers de peintres et de sculpteurs. Quoi de plus beau que le corps d’une femme ? Rodin n’a-t-il pas osé sculpter celui d’une vieille femme, La Vieille Haulmière, après avoir patiné la sublime Eve effarouchée devant sa nudité dévoilée au Maître. Ce sont deux femmes, toutes deux débordantes de beauté. Et pour une lamentable histoire de tétons les féministes on décrété que ceux-ci ne devaient plus transparaître à travers le moindre vêtement.

Capture d’écran 2015-05-06 à 19.06.12

Quelle tristesse !

Billet inspiré d’un article paru dans le Guardian (Jessica Valenti), Celle qui fut la Belle Haulmière (photo Musée Rodin)

Belle ou quelconque ?

Capture d’écran 2015-04-12 à 14.54.32

Cette vidéo qui a battu le record de visions en quelques jours montre des femmes entrant dans un shopping-hall en ayant le choix entre une porte indiquant moyenne, average, mot anglais pouvant se traduire aussi par quelconque et une autre porte indiquant belle, beautiful. Et ces femmes se classent spontanément dans l’une ou l’autre catégorie. La marque de produits de beauté et de soins du corps Dove a mis cette vidéo en ligne et elle révèle la propension des femmes à « paraître » en étant conscientes de leur état d’esprit au sujet de leur corps à tout moment https://www.youtube.com/watch?v=7DdM-4siaQw et on ne va certainement pas le leur reprocher !

Parallèlement une campagne publicitaire pour des « dessous chics » allant contre les canons de la mode anorexique se base sur une sorte de slogan également révélateur : toutes les femmes sont belles. Pourquoi alors emprunter la porte « quelconque » plutôt que la porte « belle » ?

Il s’agit de la remise en cause par la femme de la perception de son corps et par conséquent de la perception que peuvent en avoir l’entourage, les anonymes dans la rue ou le métro, les collègues de travail ou la caissière du supermarché. C’est cette stratégie qu’a adopté Lane Bryant pour lancer sa collection de lingerie « Cacique » et ça marche ! Les femmes se sentent ainsi décomplexées, regardez par vous même : http://mashable.com/2013/04/15/dove-ad-beauty-sketches/ .

Capture d’écran 2015-04-12 à 16.19.29

Pourquoi s’astreindre à manger des épinards sans crème ni croutons de pain et des yaourts zéro pour cent de matière grasse puisque toutes les femmes sont belles ! Et Dove a mis en ligne le clip vu en quelques jours par près d’un demi million de personnes qui vante la beauté de la femme indépendamment de toute autre considération. « Mesdames vous êtes plus belles que vous ne le croyez », aussi simple que cela pour vendre des produits de beauté ou de la lingerie.

Il était opportun de relater cette petite histoire : pour une fois, et c’est très rare, le marketing ne prend plus la femme pour un objet mais pour ce qu’elle est réellement …

Source : The Daily Beast

« Je suis contre le féminisme, je n’ai pas envie de perdre mes privilèges » (Hanna Arendt, 1958)

Capture d’écran 2015-02-24 à 09.53.24

Patricia Arquette reconnue à la cérémonie des Oscars comme meilleure actrice féminine de second rôle a transformé son petit discours de remerciement en une diatribe en faveur du féminisme. Je cite pêle-mêle quelques bribes de son discours très orienté égalité des genres, un doux relent des convictions du Tea Party qui comme chacun ne le sait pas en Europe est une sorte d’émanation des néo-cons en plus démagogique. Ahhh ! L’égalité des genres … C’est quoi au juste ? Les femmes veulent-elles se prendre pour des hommes ou bien l’inverse ? Rêvons-nous d’un monde asexué ou alors la différence chromosomique entre hommes et femmes est-elle une tare ? La Miss Arquette n’a pas mâché ses mots : « Il est temps pour toutes les femmes d’Amérique – et pour tous les hommes qui aiment les femmes et tous les homosexuels et tous les gens de couleur pour lesquels nous avons tous lutté – de lutter maintenant pour nous ». On ne peut pas faire mieux dans l’apologie du féminisme. Ce n’était pourtant pas tout à fait le discours qu’attendaient les vraies féministes politisées. Un peu rétrograde selon leur goût, car parmi les LGBT et les gens de couleur il y a aussi des femmes. Comme pour en rajouter une petite couche Arquette a déclaré qu’après tout il était fondamental « que les salaires des femmes soient égaux à ceux des hommes, ce n’en serait que bénéfique pour les femmes de toutes les races, pour leurs enfants et pour la société en général ».

Il n’y a pas erreur, Patricia Arquette a choisi la remise des Oscars pour toucher la plus grande audience qui lui était offerte par la retransmission télévisuelle de l’un des évènements les plus médiatisés aux USA. Tout ce bruit pour finalement pas grand chose, le Président Kennedy n’avait-il pas fait passer un amendement en 1963 sur l’égalité des salaires – à compétences égales – entre hommes et femmes. Cette décision ne fut jamais remise en cause.

Hanna Arendt avait dit : « Je suis contre le féminisme, je n’ai pas envie de perdre mes privilèges ». Belle déclaration à méditer car elle est éminemment ambigüe et aurait pu être le fait d’un homme. Après tout, en tant qu’homme, je peux aussi être contre le féminisme car je n’ai pas non plus envie de perdre mes privilèges … Mais au fait quels sont les privilèges de l’homme et comment les femmes les conceptualisent-elles ? Il est très facile d’établir par exemple une liste détaillée des zones érogènes de l’homme et de la femme, la femme est largement gagnante. Parce que l’homme est affublé d’un pénis la femme se sent affaiblie et frustrée, ben voyons ! N’est-ce pas de la mauvaise foi ? Il ne faut pas oublier les chromosomes et dans ce domaine, l’homme est incontestablement gagnant depuis qu’on sait que l’un des chromosomes X de la femme est silencieux, alors l’homme a donc le privilège de posséder un X et un Y, tous deux en parfait état de fonctionner, sauf que le chromosome Y ne sert qu’à la maturation des organes sexuels et à l’âge adulte n’est plus vraiment utile. On revient donc à la case départ en profitant au passage de mettre à mal la théorie du genre qui ne repose sur rien de tangible ni physiologiquement ni génétiquement. L’homme a besoin de la femme pour perpétuer l’espèce et transmettre ses gènes et la femme a également besoin de l’homme pour exactement les mêmes raisons. Féminisme, théorie du genre et autres billevesées alimentent un débat qui n’a pas lieu d’être. Patricia Arquette, finalement, aurait pu faire l’économie de son pamphlet féministe, la face du monde n’aurait pas changé …

Source : inspiré d’un article paru dans Daily Beast. LGBT : lesbiennes, gays, bi et trans. Hanna Arendt, philosophe, 1906-1975