Joli mois de mai !

Au mois d’avril près de 40000 chômeurs de plus en France, il n’y a pas lieu de se réjouir surtout quand certains commentateurs se gaussent en disant que c’est encore de la faute de Sarkozy, ou que c’est la faute de l’Europe, ou de l’Allemagne, ou de la mondialisation ou de la récession qui frappe durement l’Australie, pourquoi pas la faute aux Australiens pendant qu’on y est. Pendant ce temps, le président de la République croit dur comme fer, pour reprendre une expression bien connue des sidérurgistes, une espèce en voie de disparition dans l’Hexagone, que la courbe tendancielle du chômage va s’inverser avant la fin de l’année. Il a peut-être raison, je dis bien peut-être, comme je l’expliquait dans un précédent billet dont je laisse le lien ici :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/05/26/inversion-de-la-courbe-du-chomage-pour-la-fin-de-lannee/

et je reproduis pour la bonne compréhension de mes réflexions présentes la figure incluse dans ce billet :

635px-Pyramide_des_âges_France_2007

Pour le mois de mai, quand les statistiques seront rendues publiques, le chômage aura encore augmenté pour toutes sortes de raisons que j’énumère :

  • le mauvais temps, source de tous les malheurs du gouvernement,
  • les fruits et légumes tardent à arriver sur les étalages,
  • les cheptels sont complètement désorganisés, la transhumance est retardée, l’herbe ne pousse pas,
  • les abeilles peinent à trouver du pollen,
  • les travaux publics sont retardés pour cause d’intempéries,
  • la consommation électrique a augmenté,
  • les réservations touristiques ont chuté de 10 %,
  • l’activité économique a chuté au mois de mai de 20 % en raison des ponts et autres congés,
  • chute de 30 % de l’activité en restauration, les terrasses sont restées fermées.

Donc, il faut s’attendre pour le mois de mai à un nouveau record des statistiques du chômage et voir reculer d’autant l’inflexion dont parle, tel un disque rayé, le président. Pourtant malgré la gravité attendue pour ce mois de mai, il faut réexaminer la pyramide des âges pour comprendre que chaque année environ 800 000 personnes abandonnent la vie active car elles atteignent l’âge légal de la retraite et ce jusqu’en 2030 environ. Parmi ces huit cent mille personnes supposons qu’un tiers d’entre elles étaient inscrites au chômage durant l’année, cela représente donc 240 000 personnes qui ne s’inscriront plus au chômage puisqu’elles seront alors retraitées. Sur une année, ce sont donc vingt mille personnes par mois qui disparaissent des statistiques. Mes chiffres sont théoriques mais proches de la réalité, ils ne sont là que pour la bonne compréhension de mon argumentation. Il y a donc eu en théorie, je le répète, non pas 40000 chômeurs de plus en avril mais 40000 + 20000 = 60000, les vingt mille personnes supplémentaires étant celles partant à la retraite. Pour que la courbe d’accroissement du chômage s’infléchisse, c’est-à-dire que le nombre de demandeurs d’emploi ne croisse plus, il ne faudrait par mois pas plus de 20000 personnes nouvellement inscrites au chômage afin que les départs à la retraite compensent les nouveaux chômeurs. La différence est donc considérable puisqu’il faudrait que l’économie absorbe 40000 demandeurs d’emploi par mois. Je ne suis ni statisticien ni démographe mais la pyramide des ages le montre clairement, durant les vingt prochaines années, le départ à la retraite de huit cent mille personnes chaque année conduira à une libération de postes de travail qui compenseront, si on est optimiste, l’arrivée des nouvelles générations sur le marché du travail puisque l’accroissement de la population n’est plus le fait d’une augmentation de la fertilité, pourtant relativement élevée en France, comme on peut encore le voir sur le graphique ci-dessus, mais un prolongement de l’espérance de vie et un vieillissement progressif de la population car depuis 1976, les tranches d’age stagnent autour de 750000 personnes environ (par année). On peut en déduire selon une arithmétique basique que le système des retraites par répartition ne pourra pas perdurer très longtemps si rien n’est fait pour atténuer les effets du vieillissement de la population, en d’autres termes si l’age légal de départ à la retraite n’est pas soit tout simplement supprimé – chacun pouvant cesser le travail selon ses désirs – soit repoussé jusqu’à 65 ans, voire plus tard. Mais un tel changement impliquerait un abandon du système de Ponzi de la répartition, ce à quoi le gouvernement, bridé par les syndicats qui s’accrochent bec et ongles aux avantages dits acquis (depuis 1941 et ensuite les ordonnances de 1946), se refusera jusqu’à la faillite totale du système. Comme je le mentionnais dans mon précédent billet, reculer l’age légal de départ à la retraite conduirait à une aggravation immédiate du chômage, 20000 personnes supplémentaires incompressibles par mois, or le président ne peut pas prendre ce risque et il ne fera donc rien comme il est déjà coutumier du fait pour un tas d’autres dossiers urgents. Afin de résorber le chômage, s’impose donc une réforme drastique de la législation du travail s’appliquant à l’ensemble de la population, y compris la suppression de tous les particularismes des corporations protégées (encore une usine à gaz qui date du régime de Vichy) et une harmonisation de cette législation à tous les salariés, qu’ils soient du secteur privé ou du secteur public. Mais là aussi on toucherait aux acquis sociaux qui datent aussi du régime de Vichy. Aucun politicien n’a osé toucher à ces dispositions depuis 1941, il y a donc 72 ans que la France est entrée dans un état de sclérose incurable pour ne pas dire un état comateux  et si la situation était supportable durant les « trente glorieuses », conséquence de la reconstruction d’après-guerre, avec l’unification européenne et la mondialisation, cet immobilisme typiquement français va conduire le pays à la ruine.

Comme se plait à le dire H16, ce pays est foutu, et j’ajouterai , il n’y a plus rien à faire …

Voila ce qui attend la France !

La politique d’austérité menée par Mariano Rajoy en Espagne est désastreuse dans la mesure où elle n’a pas apporté de solution visible pour le chômage endémique et alarmant : augmentation de toutes sortes de taxes et impôts dont la TVA pour financer un déficit public et une dette inquiétante qui va atteindre bientôt 100 % du PIB, un peu comme en France. Mais trop d’impôt tue l’impôt : en un an l’ensemble des revenus de l’Etat espagnol a diminué de 5,3 %, les recettes de la TVA (malgré l’augmentation de septembre dernier) ont chuté de près de 10 %. Dans un pays où plus du quart de la population active est sans emploi fixe, je veux dire que sans le travail non déclaré l’explosion sociale généralisée aurait déjà eu lieu, le gouvernement de droite, qui applique pourtant une politique de gauche, n’a plus d’autre choix que de sortir de l’euro et de dévaluer la nouvelle peseta. Et pour la France ? Le même scénario est à craindre car les recettes fiscales ne sont pas inépuisables et la récession va mécaniquement les amoindrir. Les 25 ou 30 milliards de recettes supplémentaires prévues pour 2013 ne seront probablement pas collectés si la récession se poursuit jusqu’à fin 2014 comme l’OCDE vient de le prévoir. La dette enflera inexorablement pour financer les retraites, le mille-feuilles administratif, les 60000 postes supplémentaires de l’EducNat, la guerre au Mali, les festivités du 14 juillet, l’entretien de la Garde Républicaine et du Sénat qui ne servent absolument à rien ou le financement des syndicats et des partis politiques sans oublier les nombreuses associations qui ne servent aussi à rien, et pourtant j’en oublie. Alors, comme l’Espagne, l’Etat devra se déclarer en faillite et songer à quitter la zone euro à moins d’une prise de conscience des gouvernants avant que le pays soit en coma dépassé. La Commission Européenne vient encore de le rappeler et il est temps de considérer que la France est maintenant l’homme malade de l’Europe, malade de ses lois marxistes, de son administration pléthorique, de son monde politique scandaleusement coûteux, de son syndicalisme politisé, de sa protection sociale en faillite, de son droit du travail (salaire minimum et 35 heures) trop rigide, de son système de retraites non viable, bref des acquis sociaux devenus insupportables : trop d’Etat tue l’Etat, trop d’impôt tue l’impôt, voilà où en est la France en faillite programmée par l’incurie du gouvernement et du président.