La grande extinction du Dévonien-Carbonifère : une nouvelle explication

Les géologues ont tenté d’expliquer l’extinction du Dévonien-Carbonifère par la disparition de la couche d’ozone entourant la Terre en raison d’un réchauffement brutal du climat mais les arguments avancés n’étaient pas vraiment étayés par des évidences scientifiques irréfutables. Cette extinction massive eut lieu il y a 350 millions d’années et l’hypothèse d’éruptions volcaniques massives fut également avancée. Cependant la difficulté consiste à trouver des traces d’un événement cataclysmique ayant provoqué cette extinction dans les couches géologiques car le remodelage de la croute terrestre a toujours été incessant. La palynologie ou étude des pollens, dans le cas présent fossiles, a montré que ces pollens présentaient des malformations témoins de dégradations sévères de l’environnement comme par exemple des dommages profonds dus à d’intenses radiations UV-B. Ce rayonnement UV-B intense favorisé par une disparition de la couche d’ozone aurait catalysé la formation de radicaux hypochlorite ClO ayant contribué à la disparition de toute vie à la surface de la Terre pendant plusieurs dizaines de milliers d’années, seules des espèces marines et quelques espèces terrestres souterraines auraient survécu.

La nouvelle hypothèse est l’explosion d’une supernova qui génère un puissant flux de rayons gamma, de rayons X, de neutrons et de particules ionisées et poussières atteignant la Terre longtemps après l’explosion elle-même puisque voyageant à des vitesses inférieures à celle de la lumière. Pour prouver que cette hypothèse n’est pas une vue de l’esprit les géophysiciens de l’Université d’Urbana-Champaigne dans l’Etat d’Illinois ont donc recherché la présence de radio-isotopes dans des couches géologiques correspondant à cette extinction du Dévonien-Carbonifère. Les candidats sont le Samarium-146, l’uranium-235 et le plutonium-244 contenus dans les poussières ayant atteint la Terre à la suite de cette explosion. Les géophysiciens ont donc trouvé un champ d’investigation passionnant consistant à trouver des couches géologiques présentant un rapport isotopique samarium-146/samarium-144 favorable, de l’ordre de 0,2, pour être expliqué par un événement cosmique. À cette échelle de temps l’incertitude de quelques centaines de milliers d’années est acceptable. Il reste à trouver un reste d’explosion de supernova dans l’environnement immédiat de la Terre, c’est-à-dire à moins de 50 à 100 années-lumière. Pour se faire une idée de la distance entre le soleil et l’étoile la plus proche, celle-ci est de 4,24 années-lumière et les géantes rouges instables les plus proches, Bételgeuse et Antarès se trouvent à 500-600 années-lumière du Soleil, trop éloignée pour son explosion efface toute trace de vie sur Terre. Elles n’ont pas encore explosé, il reste quelques espoirs …

Source : http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1072/pnas.2013774117