Greenpeace et le Japon depuis le 11 mars 2011 …

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Ce 11 mars 2016 est le cinquième anniversaire du grand tsunami qui ravagea l’île de Honshu au Japon et fit plus de 20000 morts et disparus. Les dégâts du tissu industriel de cette partie du Japon qui fut affectée jusqu’à la baie de Tokyo furent vite oubliés car la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi fut privée de sources d’électricité par la vague de 15 mètres de haut qui déferla sur le site. Il s’ensuivit l’accident que le monde entier connait. Un de mes amis vivant à Kawasaki, au sud de Tokyo sur la rive ouest de la baie, me raconta que durant plusieurs jours de nombreux incendies étaient parfaitement visibles de l’autre côté de cette immense rade naturelle entourée de zones industrielles, de raffineries de pétrole, d’aciéries, de chantiers navals et d’usines chimiques. On n’a jamais vraiment comptabilisé dans la presse le nombre de pompiers morts en tentant d’éteindre ces incendies, on n’a jamais non plus comptabilisé les pertes immenses des entreprises qui ont vu leurs installations disparaître en quelques minutes car le monde entier avait les yeux rivés sur la centrale nucléaire endommagée.

Le Japon s’en est remis. Aujourd’hui tout est redevenu normal ou presque. Je dis bien « ou presque » parce que Greenpeace Japan continue à donner de la voix, c’est son métier et son gagne-pain, en dénonçant la radioactivité « omniprésente » dans la préfecture de Fukushima. Il faut se rendre à l’évidence : Greenpeace alimente une désinformation constante qui va à l’encontre des faits réels. Plus de 80 % des zones évacuées à la suite de l’accident qui survint après le 11 mars 2011 ont été rendues aux populations. Les travaux de décontamination ont été couronnés de succès afin d’éliminer tout risque sanitaire auquel pourraient être exposées les populations. Les normes décrétées en pleine tourmente de culpabilisation par le gouvernement sont tellement strictes que si elles étaient appliquées internationalement des millions de kilomètres carrés seraient des zones interdites en raison de leur radioactivité naturelle. Imaginez une grande partie de la Bretagne, du Limousin, de l’Hérault et du Morvan, en France, zones interdites ! En moyenne la radioactivité artificielle introduite par l’accident de la centrale nucléaire dépasse à peine la radioactivité naturelle qu’on rencontre communément en France et dans de nombreux autres pays comme par exemple en Iran, au Brésil ou au Gabon. Est-il nécessaire de rappeler que le sol japonais est naturellement radioactif puisqu’il est d’origine volcanique et qu’il contient donc des quantités non négligeables de thorium et d’uranium …

Bref, en ce cinquième anniversaire du grand tsunami dévastateur du Kanto la parole revient donc à Greenpeace qui, conformément à sa rhétorique, se complait dans des approximations parfois délirantes du genre, je cite : « plus de 9 millions de m3 de déchets radioactifs ont été déjà accumulés dans près de 113000 sites dans la préfecture de Fukushima ». Et de surenchérir en citant au moins le pollen des cèdres qui est radioactif ainsi que les jeunes feuilles des arbres qui présentent de fortes concentrations de radiations. Ou encore des mutations observées chez les sapins, des mutations chez certains papillons, de l’ADN endommagé chez les vers de terre et une chute de la fertilité des hirondelles. Tout y passe pèle-mêle depuis les poissons de rivières hautement contaminés comme les boues des estuaires de ces mêmes rivières.

Pour Greenpeace, la préfecture de Fukushima n’est pas un endroit où il fait bon vivre. Ce serait, selon le discours de cette organisation dont le seul but est de semer la terreur, presque pire qu’à Tchernobyl.

Pour Greenpeace, la décision prise par Shinzo Abe de redémarrer des réacteurs nucléaires sur le sol japonais est un véritable crime contre la population japonaise. Et comme pour justifier sa propagande mensongère Greenpeace s’en prend alors aux négligences de la NRC américaine (Nuclear Regulatory Commission) qui « n’a pas tenu compte des leçons de Fukushima« . Pour Greenpeace beaucoup de centrales nucléaires américaines sont exposées à des risques de « melt-down ». On retrouve bien là les vieux démons fondateurs de cette organisation multinationale nuisible à tous les niveaux politiques et économiques, infiltrée dans tous les centres décisionnels de la planète, un véritable pouvoir supranational auquel plus personne ne peut échapper, une sorte de mafia idéologique de la pire espèce. Greenpeace est une organisation terroriste bien plus dangereuse que Daesh, une force obscure qu’il est devenu impossible de contrôler …

Source : Globalresearch.ca , Illustration : Une du journal Science.

Note 1 : En caractères italiques les approximations de Greenpeace fidèle à sa mission de désinformation.

Note 2 : Pour mémoire entre 1945 et 1980 les armées des USA, URSS, Grande-Bretagne, France et Chine ont fait exploser au total 520 bombes atomiques en surface, y compris celles qui furent larguées sur Hiroshima et Nagasaki. Quelles quantités de radioéléments ont été dispersées dans l’atmosphère sans avoir compromis significativement la santé de centaines de millions de personnes dans le monde entier pendant deux générations ? Est-ce que Greenpeace est capable de fournir des données précises sur ce point particulier plutôt que d’alimenter une polémique mensongère et stérile sur l’énergie nucléaire civile ?

Retombées nucléaires …

Quand les militaires, pressés par la société civile, se sont rendu compte que leurs essais nucléaires atmosphériques présentaient des risques pour l’ensemble de l’humanité en termes de retombées radioactives, dont les isotopes radioactifs du strontium, du césium et du carbone, le carbone 14, ils ont décidé d’arrêter leur délire en s’accordant sur l’arrêt de ces essais en 1963, il y a donc 50 ans. A part l’accident de Tchernobyl et dans une bien moindre mesure celui de Fukushima-Daiichi, il n’y donc plus eu de pollution radioactive atmosphérique, en particulier avec du carbone 14.

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Le carbone 14 se forme naturellement et de manière continue dans l’atmosphère par absorption de neutrons par l’azote, ces neutrons provenant de la désintégration de l’oxygène 18 formé par bombardement de l’oxygène 16 par des rayons cosmiques. Il se forme donc en permanence du carbone 14 que l’on retrouve sans qu’on le sache et sans qu’on s’en soucie vraiment dans les aliments, les fruits, les légumes, la viande et dans notre corps puisque notre corps est naturellement radioactif en raisons surtout de la présence, naturelle également, du potassium 40. Jusque là rien de vraiment nouveau sauf que pour le carbone 14, il n’y a plus d’injection non naturelle (due aux essais nucléaires, voir l’illustration ci-dessus) de cet isotope dans l’atmosphère. Or on connait très précisément la radioactivité de l’atmosphère et comme le carbone 14 a une durée de demi-vie de 5730 ans environ, on s’en sert pour dater les objets, vieux os de reliques et autres saint-suaires avec une précision assez surprenante. Des biologistes ont donc mis a profit le fait que connaissant précisément les quantités de carbone 14 en excès par rapport à sa formation normale dans l’atmosphère dues aux essais nucléaires on pourrait « dater » avec une très grande précision l’apparition dans certains tissus humains de cellules nouvellement formées à l’époque où eurent lieu ces essais nucléaires puis dans les années qui suivirent puisque cet « excès » de carbone 14 permettait d’atteindre une très grand précision dans les mesures. Comme on a depuis longtemps postulé que le nombre de neurones du cerveau ne variait pratiquement pas au cours de la vie, on a donc tenté de « dater » ces derniers sur les cerveaux de cadavres d’ages variés et ayant été exposés à différents stades de leur vie au carbone 14 naturel et artificiel. Contrairement à toute attente on s’est aperçu que le cerveau, au moins certaines partie de celui-ci, se régénérait tout au long de la vie à raison d’environ 1400 neurones par jour. Ce n’est pas énorme mais c’est loin d’être négligeable puisque ces « datations » ont permis d’estimer qu’on renouvelait au cours de notre vie plus du tiers des neurones d’une région cérébrale appelée hippocampe qui est cruciale pour les fonctions cognitives et la mémoire. Reste à trouver maintenant un moyen pour accélérer le remplacement des neurones mais c’est une autre histoire. Comme quoi, cette étude constitue une des rares retombées (radioactives) positives des essais nucléaires atmosphériques…

 

Source et crédit photo : eurekalert.org et wikipedia

Note : PTBT, traité bannissant les essais nucléaires atmosphériques