Le grand « reset » basé sur l’énergie verte est voué à l’échec.

Avant propos. Après la pandémie coronavirale les « forces de l’ombre » ont immédiatement embrayé sur le climat et la situation préoccupante qui doit être traitée aussi efficacement que cette pandémie. Je fais de l’humour mais les chefs d’Etat européens ont insisté à l’issue de leurs négociations marathon que les capitaux débloqués pour aider les pays européens les plus fragilisés devraient respecter des « critères climatiques », je n’invente rien. On ne peut que s’attendre à de très mauvaises surprises. Ci-après figure la traduction d’un article de Gail Tverberg, une actuaire partageant en partie les thèses de Jean-Marc Jancovici au sujet de l’énergie et du pic pétrolier. On ne sait d’ailleurs pas trop si Jancovici s’inspire des thèse de Gail Tverberg ou l’inverse dans la mesure où Tverberg travaillait dès le début des années 1970 pour une compagnie d’assurance américaine, elle est donc bien plus âgée que Jancovici. Diplômée de l’Université de Chicago Tverberg s’est intéressée au cours de sa carrière à l’évolution des prix de l’énergie. Elle n’a jamais dissimulé sa sympathie pour les mouvements écologistes dont en particulier Greenpeace et elle est convaincue de l’imminence du réchauffement climatique. Ce long article que j’ai pris la peine de traduire puisqu’il ne figure nulle part en français a le mérite d’être clair et semble-t-il objectif. Pour Gail Tverberg, c’est du moins ce que j’ai compris, coronavirus ou pas, c’est le marché qui décidera et les décisions politiques ne pourront pas influer sur les tendances économiques à moins de continuer à détruire les économies occidentales. Dès lors l’épicentre mondial de l’économie se déplacera vers l’Extrême-Orient, et il est inutile de le nier c’est déjà le cas. J’ai inséré quelques remarques et précisions entre parenthèses et en italique.

Il semble qu’une réinitialisation d’une économie devrait fonctionner comme la réinitialisation d’un ordinateur : éteignez-le et rallumez-le : la plupart des problèmes devraient être résolus. Cependant, cela ne fonctionne pas vraiment de cette façon pour l’économie. Examinons quelques-uns des malentendus qui amènent les gens à croire que l’économie mondiale peut évoluer vers un avenir à énergie verte.

[1] L’économie ne ressemble pas vraiment à un ordinateur qui peut être allumé et éteint : l’économie est plutôt comparable à un corps humain mort, une fois éteinte.

Un ordinateur est quelque chose qui est fabriqué par des humains. Il y a un début et une fin au processus de création. L’ordinateur fonctionne parce que l’énergie sous forme de courant électrique le traverse. Nous pouvons couper et rallumer l’électricité. D’une manière ou d’une autre, presque comme par magie, les problèmes de logiciels sont résolus et le système fonctionne mieux après la réinitialisation qu’avant (ce qui n’est pas toujours le cas).

Même si l’économie ressemble à une construction faite par les humains, elle est vraiment extrêmement différente. En termes de physique, c’est une « structure dissipative ». L’économie ne peut « croître » qu’en raison de sa consommation d’énergie, comme le pétrole pour alimenter les camions et l’électricité pour alimenter les machines.

Le système s’auto-organise en ce sens que de nouvelles entreprises sont créées en fonction des ressources disponibles et du marché apparent des produits fabriqués à partir de ces ressources. Les anciennes entreprises disparaissent lorsque leurs produits ne sont plus nécessaires. Les clients décident de ce qu’ils achètent en fonction de leurs revenus, du montant de la dette dont ils disposent et du choix des produits disponibles sur le marché.

Il existe de nombreuses autres structures dissipatives. Les ouragans et les tornades sont des structures dissipatives. Les étoiles aussi. Les plantes et les animaux sont des structures dissipatives. Les écosystèmes de toutes sortes sont des structures dissipatives. Toutes ces choses grandissent pendant un certain temps et finissent par s’effondrer. Si leur source d’énergie est supprimée, ils échouent assez rapidement. La source d’énergie pour les humains est la nourriture de divers types; pour les plantes, c’est généralement la lumière du soleil (avec le CO2 comme aliment de base).

Penser que nous pouvons éteindre et rallumer l’économie revient presque à supposer que nous pouvons ressusciter les êtres humains après leur mort. C’est peut-être possible dans un sens religieux. Mais supposer que nous pouvons le faire avec une économie nécessite un énorme acte de foi.

[2] La croissance économique est assujettie à un modèle fini, plutôt que simplement augmenter sans limite.

De nombreuses personnes ont développé des modèles reflétant le fait que la croissance économique semble se produire par vagues ou par cycles. Ray Dalio montre un graphique décrivant sa vision du cycle économique dans un aperçu de son prochain livre « The Changing World Order ». La figure 1 est le graphique de Dalio, avec quelques annotations que j’ai ajoutées en bleu.

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Les modélisateurs de toutes sortes aimeraient penser qu’il n’y a pas de limites dans ce monde. En réalité, il y a de nombreuses limites. C’est le fait que les économies doivent contourner ces limites qui conduit à de tels cycles. Quelques exemples de limites incluent des terres arables inadéquates pour une population croissante, l’incapacité de lutter contre les agents pathogènes et un approvisionnement énergétique qui devient excessivement coûteux à produire. On peut s’attendre à ce que les cycles varient rapidement, à la fois à la hausse et à la baisse du cycle plus rapidement.

Le danger d’ignorer ces cycles est que les chercheurs ont tendance à créer des modèles de croissance économique future et de consommation d’énergie future qui sont loin d’être synchronisés avec ce à quoi on peut vraiment s’attendre. Les modèles précis doivent inclure au moins une version limitée du dépassement et de l’effondrement sur une base régulière. Les modèles de l’économie future ont tendance à être basés sur ce que les politiciens aimeraient croire ce qui se produira, plutôt que sur ce que l’on peut s’attendre à ce qu’il se produise dans le monde réel.

[3] Les prix des produits de base se comportent différemment à différents stades du cycle économique. Au cours de la seconde moitié du cycle économique, il devient difficile de maintenir les prix des matières premières suffisamment élevés pour les producteurs.

Il est communément admis que la demande de produits énergétiques sera toujours élevée, car tout le monde sait que nous avons besoin d’énergie. Ainsi, selon cette croyance, si nous avons la technologie pour extraire les combustibles fossiles, les prix finiront par augmenter suffisamment pour que les ressources en combustibles fossiles puissent être facilement extraites. Beaucoup de gens craignent que nous ne « manquions » de pétrole. Ils s’attendent à ce que les prix du pétrole augmentent pour compenser les pénuries. Ainsi, de nombreuses personnes pensent que pour maintenir un approvisionnement adéquat, nous devrions nous préoccuper de compléter les combustibles fossiles par l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.

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Si nous examinons les prix du pétrole (graphique 2), nous voyons qu’au moins récemment, ce n’est pas ainsi que les prix du pétrole se comportent réellement. Depuis la flambée des prix du pétrole en 2008, le gros problème est que les prix tombent trop bas pour les producteurs de pétrole. À des prix bien inférieurs à 100 dollars le baril, le développement de nombreux nouveaux champs pétrolifères n’est pas économique. Les bas prix du pétrole sont particulièrement un problème en 2020, car les restrictions de voyage associées à la pandémie de coronavirus réduisent la demande (et les prix) de pétrole même en dessous de ce qu’ils étaient auparavant.

Curieusement, les prix du charbon (figure 3) semblent suivre un modèle très similaire aux prix du pétrole, même si l’on pense généralement que le charbon est disponible en grande quantité, et que le pétrole est généralement considéré comme en état de pénurie.

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En comparant les figures 2 et 3, nous constatons que les prix du pétrole et du charbon ont atteint un sommet en 2008, puis ont fortement reculé. Le moment de cette baisse des prix correspond à la «crise de la dette» à la fin de 2008 qui est illustrée à la figure 1.

Les prix ont ensuite atteint un autre sommet en 2011, après plusieurs années de Quantitative Easing (QE). Le QE vise à maintenir le coût d’emprunt à un niveau bas, encourageant le recours à davantage de dette. Cette dette peut être utilisée par les citoyens pour acheter plus de produits fabriqués avec du charbon et du pétrole (comme des voitures et des panneaux solaires). Ainsi, le QE est un moyen d’augmenter la demande et donc de contribuer à augmenter les prix de l’énergie. Au cours de la période 2011-2014, le pétrole a pu mieux maintenir son prix que le charbon, peut-être en raison de sa pénurie d’approvisionnement. Une fois que les États-Unis ont mis fin à leur programme de QE en 2014, les prix du pétrole ont chuté brutalement (figure 2).

Les prix étaient très bas en 2015 et 2016 pour le charbon et le pétrole. La Chine a stimulé son économie et les prix du charbon et du pétrole ont pu augmenter à nouveau en 2017 et 2018. En 2019, les prix du pétrole et du charbon chutaient à nouveau. La figure 2 montre qu’en 2020, les prix du pétrole ont de nouveau chuté, à la suite de toute la destruction de la demande causée par tous les arrêts économiques provoqués par la pandémie. Les prix du charbon ont également chuté en 2020, selon Trading Economics ( https://tradingeconomics.com/commodity/coal ).

[4] Les prix bas depuis la mi-2008 semblent conduire à la fois au pic du pétrole brut et au pic du charbon. La production de pétrole brut a commencé à baisser en 2019 et devrait continuer de baisser en 2020. L’extraction du charbon devrait commencer à baisser en 2020.

Dans la dernière section, j’ai montré que le pétrole brut et le charbon ont tous deux le même problème : les prix ont tendance à être trop bas pour que les producteurs réalisent un profit en les extrayant. Pour cette raison, les investissements dans de nouveaux puits de pétrole sont réduits et des mines de charbon non rentables sont fermées ( https://www.oilandgas360.com/coronavirus-threatens-to-hobble-the-u-s-shale-oil-boom-for-years/ , https://www.argusmedia.com/en/news/2115543-china-outlines-coal-capacity-plan-for-2020 )

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La figure 4 montre que la production mondiale de pétrole brut n’a pas beaucoup augmenté depuis 2004. En fait, la production de l’OPEP n’a pas beaucoup augmenté depuis 2004, même si les pays de l’OPEP font état de réserves de pétrole élevées et, en théorie, ils pourraient pomper plus de pétrole s’ils le voulaient.

Au total, les données de BP montrent que la production mondiale de pétrole brut a chuté de 582 000 barils par jour si on compare 2019 à 2018. Cela représente une baisse de 2,0 millions de barils par jour de la production de l’OPEP, compensée par des augmentations plus faibles de la production aux États-Unis, au Canada et Russie. La production de pétrole brut devrait encore baisser en 2020, en raison de la faiblesse de la demande et des prix.

En raison de la faiblesse des prix du charbon, la production mondiale de charbon est sur un plateau cahoteux depuis 2011. Les prix semblent être encore plus bas en 2020 qu’en 2019, exerçant une pression à la baisse supplémentaire sur l’extraction du charbon en 2020.

[5] Les modélisateurs ont oublié le fait que l’extraction de combustibles fossiles disparaîtrait à cause des bas prix, laissant presque toutes les réserves et autres ressources dans le sol. Les modélisateurs ont plutôt supposé que les énergies renouvelables seraient toujours une extension d’un système alimenté par des combustibles fossiles.

Ce que la plupart des gens ne comprennent pas, c’est que les prix des produits de base sont fixés par les lois de la physique, de sorte que l’offre et la demande sont en équilibre. La demande est vraiment très proche de «l’abordabilité» (néologisme déduit de « affordability »). S’il y a trop de disparité salaire / richesse, les prix des matières premières ont tendance à baisser trop bas. Dans un monde globalisé, de nombreux travailleurs ne gagnent que quelques dollars par jour. En raison de leurs bas salaires, ces travailleurs faiblement rémunérés n’ont pas les moyens d’acheter une grande partie des biens et services du monde. L’utilisation de robots a tendance à produire un résultat similaire car les robots ne peuvent pas réellement acheter des biens et des services fabriqués par l’économie.

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Ainsi, les modélisateurs examinant le rendement énergétique de l’énergie investie (energy return on energy invested, EROI) pour l’éolien et le solaire ont supposé qu’ils seraient toujours utilisés à l’intérieur d’un système alimenté par des combustibles fossiles qui pourrait fournir un équilibrage fortement subventionné pour leur production intermittente. Ils ont fait des calculs comme si l’électricité intermittente équivaut à l’électricité qui peut être contrôlée pour fournir de l’électricité lorsque cela est nécessaire. Leurs calculs semblaient suggérer qu’il serait utile d’installer des énergies éolienne et solaire. Ce qui a été oublié, c’est que cela n’était possible que dans un système où d’autres carburants permettraient un équilibrage à un coût très bas. (EROI : https://en.wikipedia.org/wiki/Energy_return_on_investment )

[6] Le même problème de faible demande conduisant à des prix bas affecte des produits de toutes sortes. En conséquence, il est peu probable que de nombreuses ressources futures sur lesquelles les modélisateurs comptent, et sur lesquelles les entreprises dépendent pour emprunter, ne soient pas vraiment disponibles.

Des productions de toutes sortes sont affectées par une faible demande et des prix de vente bas. Le problème à l’origine des prix bas semble être lié à une spécialisation excessive, à une utilisation excessive des biens d’équipement pour remplacer la main-d’œuvre et à une mondialisation excessive. Ces questions sont toutes liées aux besoins d’une économie mondiale qui dépend d’un haut niveau de technologie. Dans une telle économie, une trop grande partie de la production de l’économie est consacrée à la production d’appareils et à la rémunération de travailleurs hautement qualifiés. Il en reste peu pour les travailleurs non qualifiés.

Les bas prix de vente des produits de base empêchent les employeurs de payer des salaires adéquats à la plupart de leurs travailleurs. Ces bas salaires, à leur tour, alimentent les soulèvements que nous avons constatés ces dernières années. Ces soulèvements font partie des «Révolutions et guerres» évoquées dans la figure 1. Il est difficile de voir comment ce problème disparaîtra sans un changement majeur de «l’ordre mondial», mentionné dans la même figure.

Étant donné que le problème des bas prix des produits de base est très présent, notre capacité à produire des batteries de secours de toutes sortes, y compris la capacité de fabriquer des batteries, devrait devenir un problème croissant. Les produits de base, comme le lithium, souffrent de prix bas, tout comme les prix bas du charbon et du pétrole. Ces bas prix entraînent des baisses de leur production et des soulèvements locaux (cf. les évènements de Bolivie et https://www.benchmarkminerals.com/lithiums-place-in-chiles-social-unrest/ ).

[7] Prises isolément les énergies renouvelables intermittentes ont une utilité très limitée. Leur vraie valeur est proche de zéro.

Si l’électricité n’est disponible que lorsque le soleil brille ou lorsque le vent souffle, l’industrie ne peut pas planifier son utilisation. Son utilisation doit être limitée aux applications où l’intermittence n’a pas d’importance, comme le pompage de l’eau pour que les animaux la boivent ou le dessalement de l’eau. Personne n’essaierait de fondre des métaux avec de l’électricité intermittente parce que les métaux se solidifieraient au mauvais moment, si l’électricité intermittente disparaissait soudainement. Personne n’alimenterait un ascenseur avec de l’électricité intermittente, car une personne pourrait facilement être piégée entre les étages. Les propriétaires n’utiliseraient pas l’électricité pour alimenter les réfrigérateurs, car il est fort probable que les aliments se gâtent lorsque l’électricité est coupée pendant de longues périodes. Les feux de signalisation fonctionnent parfois, mais pas d’autres.

Le Liban est un exemple de pays dont le système électrique ne fonctionne que par intermittence. Il est difficile d’imaginer qu’un autre pays veuille imiter le Liban. Le manque d’approvisionnement en électricité fiable a contribué à l’apparition des manifestations au Liban ( https://english.alarabiya.net/en/features/2019/10/25/Daily-power-cuts-expensive-generators-Electricity-woes-spark-Lebanon-protests )

[8] Le véritable coût de l’énergie éolienne et solaire a été caché à tout le monde, en utilisant des subventions dont le coût total est difficile à déterminer.

Chaque pays a sa propre façon de subventionner les énergies renouvelables. La plupart des pays accordent à l’éolien et à l’énergie solaire une subvention de priorité. Les investisseurs reçoivent également une rémunération à taux fixe. Ces deux éléments sont des subventions. Aux États-Unis, d’autres subventions sont enfouies dans le système fiscal. Récemment, il a été question d’utiliser le QE pour aider les fournisseurs d’énergie éolienne et solaire à réduire leur coût d’emprunt.

Les journaux rapportent régulièrement que le prix de l’énergie éolienne et solaire est à la «parité du réseau», mais ce n’est pas du tout comme si on comparait deux pommes dans un panier. Pour être utile, l’électricité doit être disponible lorsque les utilisateurs en ont besoin. Le coût du stockage est beaucoup trop élevé pour nous permettre de stocker l’électricité pendant des semaines ou des mois quand elle est produite.

Si nous devions utiliser l’électricité intermittente comme substitut aux combustibles fossiles en général, nous aurions besoin d’utiliser l’électricité intermittente pour chauffer les maisons et les bureaux en hiver. Le soleil est abondant en été, mais pas en hiver. Sans stockage, on ne peut même pas compter sur les panneaux solaires pour fournir aux propriétaires de la chaleur pour préparer le dîner après le coucher du soleil le soir. Une quantité incroyablement gigantesque de stockage serait nécessaire pour stocker la chaleur de l’été à l’hiver.

La Chine précise qu’elle dispose de 42 milliards de dollars de subventions non remboursables pour l’énergie propre, et ce montant augmente chaque année. Les pays s’appauvrissent maintenant et les impôts qu’ils peuvent percevoir sont moins élevés en raison de l’appauvrissement des populations. De ce fait leur capacité à subventionner un système électrique coûteux et peu fiable disparaît. ( https://www.bloombergquint.com/technology/china-has-a-42-billion-clean-energy-debt-and-it-s-getting-worse ).

[9] L’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique ne représente aujourd’hui qu’un peu moins de 10% de l’approvisionnement énergétique mondial.

Nous nous faisons des illusions si nous pensons que nous pouvons nous en sortir avec un si petit approvisionnement énergétique total.

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Peu de gens comprennent ce qu’une petite part de l’énergie éolienne et solaire du monde fournit aujourd’hui. Les montants indiqués à la figure 6 supposent que le dénominateur est l’énergie totale (y compris le pétrole, par exemple) et pas seulement l’électricité. En 2019, l’hydroélectricité représente 6,4% de l’approvisionnement énergétique mondial. Le vent représente 2,2% et le solaire 1,1%. L’ensemble des trois représente 9,7% de l’approvisionnement énergétique mondial.

Aucun de ces trois types d’énergie n’est adapté à la production d’aliments. Le pétrole est actuellement utilisé pour labourer les champs, fabriquer des engrais, des herbicides et des pesticides, et pour transporter les produits de l’agriculture réfrigérés jusqu’au marché.

[10] Peu de gens comprennent à quel point l’approvisionnement énergétique est important pour donner aux humains le contrôle sur d’autres espèces et agents pathogènes.

Le contrôle d’autres espèces et agents pathogènes a été un effort en plusieurs étapes. Ces dernières années, cet effort a impliqué des antibiotiques, des antiviraux et des vaccins. La pasteurisation est devenue une technique importante dès les années 1800.

Le contrôle humain sur d’autres espèces a commencé il y a plus de 100 000 ans, lorsque les humains ont appris à brûler de la biomasse pour de nombreuses utilisations, notamment pour la cuisson des aliments mais aussi pour effrayer les prédateurs ce qui a conduit à la destruction de forêts entières pour améliorer leur approvisionnement alimentaire. Dans mon article de 2018, « Supplemental energy puts humans in charge », j’ai exposé les preuves de l’importance du contrôle du feu par les humains. Dans les couches inférieures d’une grotte en Afrique du Sud, les grands félins étaient les dominateurs : il n’y avait pas de dépôts de carbone provenant du feu et des os humains rongés étaient dispersés autour de la grotte. Dans les couches supérieures de la même grotte, les humains avaient clairement pris le contrôle de l’espace. Il y avait des dépôts de carbone provenant de feux et des os de grands félins qui avaient été rongés par les humains étaient éparpillés autour de la grotte ( https://ourfiniteworld.com/2018/08/02/supplemental-energy-puts-humans-in-charge/ ).

Nous avons affaire au COVID-19 aujourd’hui. Les hôpitaux d’aujourd’hui ne sont possibles que grâce à un mix énergétique moderne. Les médicaments sont très souvent fabriqués à partir de pétrole. Les équipements de protection individuelle sont fabriqués dans des usines du monde entier et expédiés là où ils sont utilisés, généralement en utilisant du pétrole pour le transport.

Conclusion

Nous semblons en effet nous diriger vers une grande réinitialisation. Cependant, il y a peu de chances que l’énergie verte puisse jouer le plus qu’un petit rôle. Les dirigeants sont souvent confus dans leurs décisions en raison de la modélisation erronée qui a été effectuée. Étant donné que l’approvisionnement mondial en pétrole et en charbon semble décliner à court terme, les chances que la production de combustibles fossiles augmente un jour aussi haut que les hypothèses formulées dans les rapports du GIEC semblent très minces.

Il est vrai que certains appareils à énergie verte peuvent continuer à fonctionner pendant un certain temps. Mais, alors que l’économie mondiale continue de se dégrader, il sera de plus en plus difficile de fabriquer de nouveaux équipements d’énergie renouvelable et de réparer les systèmes existants. On peut s’attendre à ce que les prix de gros de l’électricité restent très bas, d’où la nécessité de continuer à subventionner les énergies éolienne et solaire.

La figure 1 indique que nous pouvons nous attendre à davantage de révolutions et de guerres à ce stade du cycle. Au moins une partie de ces troubles sera liée aux bas prix des produits de base et aux bas salaires. La mondialisation tendra à disparaître. La réparation des lignes de transport de l’électricité deviendra un problème croissant, tout comme de nombreuses autres tâches associées à la disponibilité de l’approvisionnement en énergie.

Source : https://ourfiniteworld.com/2020/07/17/why-a-great-reset-based-on-green-energy-isnt-possible/

Commentaire de votre serviteur. L’exposé de Gail Tverberg est sans appel. Sa conclusion est effrayante mais on n’est pas obligé d’y croire. Je reste optimiste quant à un sursaut de sagesse et de lucidité de la part du monde politique qui selon cette conclusion devrait craindre pour son avenir car à un moment ou à un autre les peuples se retourneront contre les politiciens. Mes lecteurs savent que je suis un fervent partisan de l’énergie nucléaire or Gail Tverberg ne mentionne jamais cette source d’énergie électrique dans son exposé. De mon point de vue un « grand reset » énergétique consisterait en une décision de dimension mondiale pour développer à une vitesse accélérée l’énergie nucléaire en privilégiant les « SMR », petits réacteurs nucléaires modulaires, adaptés aux réseaux d’électricité existants. Des organismes intergouvernementaux tels que l’IAEA pourraient voir étendre leurs missions pour contrôler le cycle du combustible ainsi que la sécurité des installations. Sans développement massif de l’énergie nucléaire l’humanité signe son arrêt de mort en se donnant les moyens d’éviter le scénario catastrophe de Ray Dalio (fig. 1) car l’énergie nucléaire est la seule alternative plausible d’autant plus qu’avec le développement attendu des réacteurs à neutrons rapides les réserves en uranium et thorium permettraient à l’humanité de vivre avec les standards de vie actuels pendant des dizaines de milliers d’années. La notion de « monde limité » (finite world) revêt alors une signification contestable.

 

Finance « responsable » : l’hydrogène revient dans la course

On parle beaucoup de voitures électriques, mais l’hydrogène revient dans la course. Ces dernières années, l’hydrogène avait été mis de côté en raison de sa dangerosité et de son coût très élevé. Pour l’instant, l’hydrogène est trop cher à produire et à distribuer, mais la recherche avance.

L’hydrogène est plus propre que les batteries lithium-ion. Dans la pile à combustible de la voiture, l’oxydation de l’hydrogène, associée à celle de l’oxygène de l’air, aboutit ainsi à la fabrication de courant électrique propulseur et d’un seul déchet : l’eau. Aujourd’hui, la majorité de l’hydrogène consommé – notamment par l’industrie – est produite par reformage de gaz naturel et de distillats de pétrole légers. Une solution bon marché, mais peu respectueuse de l’environnement et fortement émettrice de CO2. L’électrolyse de l’eau apparaît comme une technologie plus verte. À condition qu’elle soit alimentée par une électricité renouvelable. Mais le procédé coûte encore trop cher. Un coût lié, entre autres, à celui des catalyseurs utilisés qui sont à base de métaux précieux tels que le platine, le ruthénium ou l’iridium. Toutefois, des chercheurs mettent au point un catalyseur fer-nickel, une solution beaucoup plus rentable. Les grands groupes pétroliers européens intégrés, Shell, BP, Total, investissent dans l’hydrogène et les stations de recharge, car l’hydrogène est une affaire de chimie. Pour le moment, les piles à hydrogène sont plus utilisées pour les bus, les camions ou les bateaux.

Le gouvernement allemand va déployer €9 milliards pour développer la recherche dans l’hydrogène avec l’objectif de devenir le numéro un mondial des technologies de l’hydrogène. L’Union européenne a dévoilé sa stratégie sur l’hydrogène, fixant un objectif du mix énergétique à 12%-14% pour l’hydrogène en 2050 ; la Commission européenne estime les besoins en investissement entre 180 et 470 milliards d’euros d’ici à 2050. Une alliance va être créer, European Clean Hydrogen Alliance, réunissant industriels, Etats-membres et société civile, soit la production, la chimie, le stockage, le transport et les utilisateurs. La France a débloqué €1.5 milliard sur trois ans pour parvenir à un avion neutre en carbone en 2035, grâce à l’hydrogène. Daimler et Volvo ont annoncé la création d’une société commune consacrée à l’hydrogène.

L’intérêt marqué de l’Europe pour l’hydrogène vient du fait qu’elle a totalement raté l’industrie des batteries lithium, contrôlée par Tesla, la Chine, le Japon et la Corée du Sud, même s’il existe un projet avec Airbus. L’hydrogène est donc une grande opportunité pour l’Europe de marquer son empreinte dans une technologie verte.

Des groupes comme le Français Air Liquide ou le Norvégien Equinor devraient être impliqués dans ce développement. Les sociétés liées à l’hydrogène explosent en bourse. La nouvelle star de la bourse américaine, Nikola, a vu le cours de son action s’envoler (+423% en 2020), portant sa capitalisation boursière à $20 milliards, les investisseurs misant sur les ventes futures de camions électriques et à hydrogène. Le cours des actions du Canadien Ballard Power, le leader dans les piles à combustible, a progressé de 180% en 2020 et celui du Suédois PowerCell de 110%. Les investisseurs devront suivre attentivement le développement de l’hydrogène dans les prochaines années où il y aura des opportunités d’investissement.

Source : Heravest SA, Genève

Commentaire. Avec la grande majorité des technologies bas carbone les investisseurs se régalent car les entreprises impliquées dans ce créneau profitent d’investissements publics conséquents et de l’intérêt suscité auprès des pétroliers qu’il s’agisse de l’éolien puisqu’il faut des centrales électriques d’appoint consommant du gaz naturel pour pallier à l’irrégularité de la production éolienne et qu’il en est de même pour l’hydrogène dont la seule source économique actuellement est le pétrole ou le gaz par reforming catalytique. Il n’y a donc rien de nouveau sous le Soleil : les énergies dites vertes sont étroitement dépendantes des hydrocarbures et le seront encore longtemps. Et quand il n’y aura plus de pétrole il restera toujours le charbon pour aider au développement des énergies vertes …

Effets secondaires sordides de la « Green Energy »

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Alors que les appels à plus d’énergies renouvelables et à un montage idéologique de récupération verte post-Covid, les défenseurs des énergies renouvelables sont confrontés à des questions inconfortables sur les grandes quantités de matières premières nécessaires à leur révolution verte et à des allégations de travail forcé des enfants qui ternissent la base de leurs chaînes d’approvisionnement en matériaux de spécialité.

La transition mondiale vers les énergies renouvelables pourrait conduire à des violations des droits de l’homme et risquerait d’aggraver les inégalités entre l’Occident et le monde en développement. Pourtant les « verts-pastèque » insistent sur le fait que nous n’avons plus le choix car il s’agit selon eux d’un défi existentiel si on ne corrige pas drastiquement nos habitudes de vie alors que ces mêmes « verts » sont les premiers à revendiquer des postes de responsabilités pour s’ébattre dans les salons ministériels feutrés et rouler ostensiblement dans une voiture électrique dernier modèle pour l’achat de laquelle il faut au moins un salaire de vice-président de la sous-commission des énergies renouvelables placée sous la tutelle du Premier ministre … et cette situation n’est pas unique à la France et de loin. L’idéologie verte a envahi toutes les strates du monde politique depuis la Présidente de la Commission européenne jusqu’aux maires de petites villes de province. La vérité sur les énergies vertes est dérangeante et l’article ci-dessous paru sur le site d’Antony Watts (WattsUpWithThat) en apporte quelques preuves. Voici un article de Carl-Johan Karlsson et Katarina Zimmer, 18 Juin 2020 qui étaye ce commentaire.

Le changement climatique reste l’une des menaces les plus graves pour l’intégrité de la vie sur terre. Heureusement, de nombreux outils nécessaires pour arrêter de chauffer la planète existent déjà. L’utilisation des ressources énergétiques renouvelables se développe en Occident, mais la production de véhicules électriques, d’éoliennes et de cellules solaires doit être intensifiée. Pour s’approvisionner en énergie renouvelable d’ici 2050, une condition considérée comme nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius, les citoyens auront besoin d’un milliard de voitures électriques supplémentaires et d’une augmentation de plus de 30 fois de la capacité solaire photovoltaïque.

Mais alors que les économies occidentales s’attaquent à la crise climatique – bien qu’à un rythme extrêmement lent – une autre crise s’aggrave ailleurs. La fabrication de tous ces véhicules, panneaux et turbines nécessite des ressources telles que le cuivre, le lithium et le cobalt, qui, comme les combustibles fossiles, sont extraits du sol. Mais contrairement aux combustibles fossiles, de nombreuses matières premières pour l’énergie verte proviennent de manière disproportionnée des pays en développement.

Au cours des dernières années, l’extraction de cobalt en République démocratique du Congo a envahi la conscience du public, à commencer par un rapport d’Amnesty International de 2016 qui a révélé le travail des enfants sur les sites miniers non industriels de pays fournissant le cobalt qui se retrouve dans les téléphones intelligents et d’autres appareils dans le monde.

Les technologies renouvelables créent des problèmes éthiques aux deux extrémités de leur cycle de vie. Sovacool faisait partie d’une équipe de chercheurs qui a récemment visité les deux extrémités des chaînes d’approvisionnement technologiques : les sites d’extraction artisanale de cobalt au Congo, où les mineurs extraient le métal à l’aide d’outils rudimentaires ou de leurs mains, et les casses électroniques de déchets au Ghana, un cimetière mondial de l’électronique, tels que les panneaux solaires. Les conclusions de l’équipe révèlent un travail des enfants généralisé, l’assujettissement des minorités ethniques, la pollution toxique, la perte de biodiversité et les inégalités entre les sexes tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Une chose que FP (Foreign Policy, lien ci-dessous) ne précise pas, c’est l’ampleur même de l’augmentation de l’activité minière qui serait nécessaire pour transformer les systèmes énergétiques mondiaux. Un rapport de la Banque mondiale de 2019 a suggéré que la production de cobalt pour les batteries, dont une grande partie est produite à partir de sources souvent douteuses au Congo, devrait être augmentée de 1200% pour limiter le réchauffement climatique à au moins 2 °C.

Si le monde se démène pour adopter les énergies renouvelables, si la demande de cobalt augmente de 1200%, est-ce que quelqu’un pense que les seigneurs de la guerre qui exploitent de nombreuses mines de cobalt du Congo feront en quelque sorte un meilleur travail pour rechercher les enfants qu’ils exploitent ? Ou est-il plus probable que les conditions pour les enfants empirent encore ?

https://foreignpolicy.com/2020/06/18/green-energy-dirty-side-effects-renewable-transition-climate-change-cobalt-mining-human-rights-inequality/

Illustration : enfants extrayant du minerai de cobalt dans les mines de Kailo en RDC

Stockage de l’électricité : peut-être des solutions, mais pas avant 10 ans.

Les énergies dites renouvelables ou « vertes » , plus précisément les énergies éoliennes et photovoltaïques, partagent le même inconvénient : elles sont intermittentes. Pour une société moderne comme dans la plupart des pays de l’OCDE les énergies intermittentes ne sont pas acceptables car elles n’assurent pas le bon fonctionnement de la société. En effet ces sociétés « fonctionnent » 24 heures sur 24 que ce soit la vie d’une grande ville ou la production d’acier, de verre ou de ciment. Pour assurer la disponibilité en énergie électrique 24h/24 puisque c’est ce dont il s’agit ici les énergies intermittentes ne peuvent être incluses dans ce que les théoriciens appellent le « mix » énergétique que si, et seulement si, des capacités de stockage existent. Ces capacités de stockage doivent être capables de fournir à la demande de l’énergie à haute densité (cf. note en fin de billet) afin d’éviter toute perturbation du réseau électrique existant lui-même, dans la majorité des cas, maintenu à l’équilibre par des sources d’énergie haute densité comme les usines de production, que celles-ci utilisent du charbon, des fractions lourdes de pétrole, de l’uranium ou encore du gaz naturel. Il y a donc conceptuellement un problème technique si on veut injecter dans le réseau électrique des sources d’énergie basse densité comme le sont ces énergies renouvelables.

À ce jour il n’existe pas de systèmes de stockage autre que les retenues d’eau en altitude alimentées (et reconstituées) par pompage. Les énergies basse densité peuvent être mises à profit pour pomper de l’eau en altitude quand il y a du vent et/ou du soleil. Malheureusement la configuration géographique n’est que très rarement favorable pour réunir les conditions de proximité de ces sources d’énergie intermittentes avec des sites de stockage d’eau en altitude. Il faudrait, en effet, dans le meilleur des cas, que l’énergie électrique basse densité provenant de panneaux photovoltaïques ou de moulins à vent soit acheminée par une réseau dédié aux pompes de relevage de l’eau. Dans les plaines du nord de l’Allemagne recouvertes aujourd’hui d’une immense forêt de moulins à vent où se trouvent les reliefs montagneux permettant de mettre en place des stockages d’eau en altitude ?

L’unique autre solution de stockage est la mise en place de gigantesques batteries d’accumulateurs auxquelles sont adjoints des onduleurs puissants et des transformateurs géants capables d’injecter dans le réseau électrique existant une puissance soutenue de haute densité sous une tension de 450000 volts. On est loin, très loin, d’atteindre une telle configuration pour toutes sortes de raisons techniques. L’un des goulots d’étranglement majeurs interdisant le stockage de l’électricité à l’aide de batteries d’accumulateurs tient à la rareté des matières premières pour la fabrication de tels accumulateurs. Les piles les plus performantes à l’heure actuelle sont celles dites lithium-ion or les disponibilités en lithium économiquement rentables sont limitées. S’il y a un point positif dans les recherches scientifiques financées dans le cadre du « changement climatique » ce sont bien celles relatives à la mise au point d’accumulateurs électriques plus économiques faisant appel à des matériaux bon marché pour leur fabrication à très grande échelle afin de trouver une utilisation rationnelle et si possible rentable des énergies intermittentes dites « vertes ».

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C’est une collaboration improbable entre l’Université de Technologie Chalmers à Gôteborg en Suède et l’Institut national de Chimie de Slovénie à Ljubljana qui est sur le point de mettre la dernière touche à la mise au point de nouvelles batteries économiques. L’anode de la batterie est constituée d’aluminium, le métal le plus abondant dans la croute terrestre avec le silicium, et la cathode est une nano-structure organique composée d’anthraquinone recouvrant le conducteur final constitué de graphite. Cet arrangement permet une beaucoup plus haute densité électrique que le graphite seul. Il reste à résoudre l’optimisation de l’électrolyte afin d’atteindre la même densité d’énergie que celle des batteries lithium-ion. Les travaux en cours sont très prometteurs car ils mettent à profit le fait que l’aluminium est un métal trivalent alors que le lithium est monovalent. En d’autres termes chaque ion aluminium « compense » plusieurs électrons alors que l’ion lithium n’en « compense » qu’un seul. Il est raisonnable d’espérer que de telles batteries puissent être produites industriellement au cours des années 2020.

Est-ce que ce nouveau type de batteries sera « LA » solution pour stocker les énergies électriques intermittentes ? Il faudra attendre encore une dizaine d’années pour avoir un retour d’expérience tant économique qu’industrielle.

En conclusion les bonnes « vieilles » usines de production électrique, qu’elles utilisent du charbon ou de l’uranium, ont encore de beaux jours devant elles et choisir des transitions énergétiques aberrantes comme l’Allemagne ou la France est beaucoup trop prématuré tant que ces solutions de stockage ne seront pas disponibles à très grande échelle afin de permettre de produire une énergie électrique de haute densité à partir du vent et du soleil …

Note. La « densité » énergétique est un terme impropre qui traduit la puissance disponible. Celle-ci s’écrit P = U x I où P est la puissance en Watts, U le potentiel exprimé en Volts et I L’intensité exprimée en Ampères. Plus les grandeurs physiques U et I sont élevées plus la « densité » d’énergie est élevée. Un laminoir industriel pour profiler des rails de chemin de fer par exemple nécessite une énergie de 100000 kW. L’électrolyse de l’alumine pour produire l’aluminium métal est effectuée à l’aide d’un courant continu de 4,2 volts et 350000 ampères soit 1,47 MW !

Source et illustration : Chalmers University et doi : 10.1016/j.ensm.2019.07.033

Réflexions disparates sur le changement du climat (suite).

Le seul facteur agissant sur le climat est le Soleil

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Considérant, selon les études de nombreuses équipes de géophysiciens et de spécialistes du Soleil, que l’activité magnétique du Soleil va faiblir de manière spectaculaire et durable dans les prochaines années, quelles vont être les conséquences du refroidissement pourtant attendu mais nié par les instance onusiennes ? Ce qui est tout à fait surprenant est que l’IPCC n’a jamais pris en compte dans ses modèles les variations de l’activité magnétique solaire ni les variations de l’irradiance de l’astre atteignant la Terre. Il est maintenant prouvé sans ambiguité qu’une chute de l’activité magnétique du Soleil conduit à une diminution de la protection de la Terre contre les rayons cosmiques car le champ magnétique du Soleil devient moins robuste. Par voie de conséquence la couverture nuageuse de haute altitude augmente et elle réfléchit un partie croissance de l’énergie solaire incidente. La conséquence est un refroidissement général du climat.

(illustration trouvée sur la conférence du Docteur Nir Shaviv présentée à la dernière conférence internationale sur le changement du climat, CN = condensation nucleus, CCN=cloud condensation nucleus)

Un avenir proche très sombre

Les conséquences du refroidissement du climat prédites avec précision par les géophysiciens et les spécialistes du Soleil seront tout simplement catastrophiques. En rassemblant un grand nombre d’études relatives au climat des siècles et millénaires passés il est possible de se faire une idée de la situation à venir que nous allons tous vivre peut-être dans toute son ampleur dans moins de 5 ans. Tout d’abord la chute de l’activité solaire va provoquer un refroidissement des eaux océaniques de surface, température pratiquement synchrone avec les variations de cette activité solaire qui a été mise en évidence en mesurant les variations du niveau des océans (cf. un précédent billet sur ce blog). Cette variation du niveau des océans est une conséquence directe des variations de température des couches supérieures de l’eau des océans mais l’autre effet est une moindre évaporation de cette eau, donc une augmentation et une aggravation des périodes de sécheresse dans les zones de la planète dites tempérées, en gros dans l’hémisphère nord entre 30 et 60 degrés de latitude, là où il y a la plus importante production agricole. Les régions inter-tropicales ne subiront pas de conséquences directes car elles resteront, comme elles le sont aujourd’hui, chaudes et humides. Il en sera de même dans l’hémisphère sud pour les mêmes latitudes dites tempérées mais il y a beaucoup moins de terres émergés au sud. L’inertie des océans retardera heureusement les effets délétères du refroidissement du climat. Bref, la première conséquence du refroidissement du climat sera la persistance d’épisodes de sécheresse durant plusieurs mois, un désastre économique et social rapidement hors de contrôle. Il apparaîtra alors que le Brésil et l’Argentine, relativement protégées par cette inertie thermique des océans, deviendront les garde-manger du monde occidental alors que ces mêmes pays occidentaux critiquent la politique agricole du Président Bolsonaro, curieux n’est-il pas ?

Un autre conséquence que les spécialistes n’ont pas analysés, obnubilés par leur dogme du réchauffement d’origine humaine, sera l’apparition d’épisodes météorologiques violents. Cs épisodes sont attribués à l’optimum climatique moderne attribué à tort à l’activité humaine. Il n’est pas permis de douter un instant que la chute du gradient de température existant entre les pôles et la région inter-tropicale, conséquence de l’optimum climatique moderne qui a pris fin ces dernières années, ne sera pas suffisante pour diminuer la fréquence et la violence des évènements météorologiques. Seuls les épisodes de sécheresse prolongée seront redoutables. Par exemple au XVIIe siècle, lors du minimum solaire et climatique de Maunder les îles Canaries furent dévastées par une invasion de criquets provenant d’Afrique qui cherchaient de la nourriture. Les îles de Lanzarote et Fuerteventura ne s’en sont jamais remises : elles sont restées depuis lors globalement désertiques.

Les combustibles fossiles les grands coupables ?

Le volet suivant de l’imposture de l’IPCC est la relation entre le CO2 atmosphérique (0,04 %) et le réchauffement du climat établie de manière mensongère qui a provoqué une levée de boucliers contre les combustibles fossiles non seulement de la part des organisations non gouvernementales mais aussi et surtout de la part des décideurs politiques qui ont adopté des plans de décarbonisation insensés pour juguler ce réchauffement du climat.

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Les illustrations ci-dessus démontrent l’imposture de l’IPCC relative au rôle du CO2 dans le réchauffement contemporain et l’étrange concours de circonstances ayant permis la fabrique de cette fraude (voir le graphique CO2-temperature et Soleil-température dans le précédent billet, Willie Soon).

Le concept d’énergie verte ou renouvelable pour se passer des combustibles fossiles mais aussi de se passer de l’énergie nucléaire qui a été diabolisée par ces mêmes ONGs est un leurre, un doux rêve qui va paupériser en premier lieu les pays occidentaux dont les populations seront encouragées (et peut-être obligées par la loi) à moins consommer afin de réduire l’usage des combustibles fossiles selon la séquence : moins de consommation = moins d’énergie = moins de combustibles fossiles. Or l’énergie et son utilisation sont partout. Pour atteindre les objectifs irréalistes préconisés par l’IPCC il faudra se serrer la ceinture et vider nos poches, en d’autres termes devenir pauvres, très pauvres. Voilà ce qui attend les générations futures que nous, adultes et décideurs aujourd’hui, préparons pour ces générations futures si nous nous laissons encore manipuler par la propagande qui prétend que l’optimum climatique contemporain est (était) la conséquence d’une utilisation intensive des combustibles fossiles, un hoax en anglais, un mensonge entièrement construit par des fonctionnaires payés pour désinformer les peuples. L’énergie est le nerf central du développement, du développement sous toutes ses formes et dans tous les domaines. La Chine est devenue le premier consommateur d’énergie, conséquence de ses efforts pour avoir sorti en moins de 50 ans près de 900 millions de personnes de la pauvreté et leur procurer le statut de classe moyenne, une prouesse irréalisable sans énergie. Sans énergie la production agricole serait restée à des niveaux équivalents à celle du XIXe siècle. Toujours grâce à l’énergie la chimie et le bâtiment ont fait des progrès considérables.

Le spectre du manque d’énergies fossiles.

Je discutais il y a quelques jours avec un haut diplomate titulaire d’un PhD de l’Université de Stanford ayant effectué une grande partie de sa carrière au sein d’institutions financières internationales. Il pensait que le réchauffement du climat et le combat mondial contre ce réchauffement était une opportunité inespérée pour que les peuples prennent conscience des quantités limitées et donc nécessairement finies des énergies fossiles et qu’il fallait changer de paradigme civilisationnel. D’abord je lui rétorquais qu’il existe encore des réserves de gaz et de pétrole pour environ 80 ans et que seul le coût de l’extraction obligerait les populations à freiner l’utilisation de cette forme d’énergie. De plus les réserves de charbon sont suffisantes pour assurer une fourniture en énergie pour les 200 années à venir. Cependant, je lui faisait remarquer que le développement de l’énergie nucléaire pour produire de l’électricité, d’ailleurs préconisée par l’IPCC, était impératif afin de diminuer l’utilisation des énergies carbonées fossiles. Et puis j’ajoutais que j’étais optimiste en ce qui concerne la créativité humaine. Par conséquent il était hautement hasardeux de faire des prévisions sur le long terme. Il fut particulièrement surpris par mon optimisme.

Retour au XVIIIe siècle ?

Ce que prônent les organisations « non gouvernementales » (c’est faux elles sont toutes infiltré les gouvernements) est tout simplement un retour au style de vie du XVIIIe siècle, avant même l’invention de la machine à vapeur. Un retour en arrière tel que celui que veulent imposer ces ONGs n’est à l’évidence pas possible. L’explosion technologique et démographique qu’a connu le XXe siècle a été en majeure partie favorisée par l’optimum climatique contemporain exactement comme ce fut le cas aux XIe et XIIe siècles lors de l’optimum climatique médiéval qui vit l’édification des cathédrales. Le retour vers une période civilisationnelle sombre en raison d’un refroidissement du climat pourra être évité en mettant à profit les progrès technologiques récents. La créativité humaine fera le reste. Comme je disais à ce diplomate : il faut rester optimiste et rester sourd aux incantations des idéologues malthusiens qui veulent gouverner le monde par la force.

Mes lecteurs anglophones peuvent consacrer 12,5 minutes pour visionner ce documentaire de Tony Heller sur la fraude systématique et très bien organisée de l’IPCC : youtube.com/watch?v=8455KEDitpU&feature=youtu.be

et ceux qui ont apprécié peuvent voir cet autre documentaire :

youtube.com/watch?v=oYhCQv5tNsQ&feature=youtu.be

Aux dernières nouvelles, Madame Zharkova, dans un article récent paru dans la revue Nature, confirme que le climat va brutalement se refroidir dès 2020 et ce petit épisode « glaciaire » ne durera que … jusqu’en 2050-2060 ! De quoi provoquer d’immenses troubles planétaires dont tous les gouvernements du monde devraient se préoccuper dans l’urgence, l’urgence absolue.

Crise climatique : L’incohérence des partis écolos allemands

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À la suite du grand tsunami qui dévasta le 11 mars 2011 un grande partie des zones côtières de l’île de Honshu au Japon faisant plus de 20000 morts et disparus et provoquant l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, l’Allemagne décida sous l’impulsion des partis écologistes de fermer dans un délai de dix ans toutes ses installations électronucléaires qui fournissaient le cinquième de l’électricité du pays fin 2010. En 2022 et selon les décisions du gouvernement de Madame Merkel prises en 2011 toutes les centrales nucléaires du pays seront définitivement à l’arrêt. Or l’Allemagne a aussi ratifié le protocole de Paris issu de la COP21 de 2015. Il est donc devenu urgent pour le pays de développer de manière aussi rapide et massive que possible des installations de production électrique dites propres. Parmi ces énergies « vertes » ou propres (comme vous l’entendez) renouvelables de surcroît et sans danger pour l’atmosphère et le climat, selon les directives de l’IPCC, il y a les moulins à vent. Or l’Allemagne se trouve face à un problème toujours pas résolu et qui ne le sera jamais : il y a du vent « exploitable » dans les länders proches de la Mer du Nord alors que l’industrie est essentiellement concentrée au sud du pays, là où le vent est beaucoup plus capricieux.

De plus, en 5 ans le prix du kWh pour les particuliers a doublé en raison du coût exorbitant des sources d’énergie verte, particuliers qui se trouvent donc de facto pénalisés pour maintenir une industrie, nerf de l’économie allemande, à qui les compagnies d’électricité octroient des tarifs préférentiels sur ordre du gouvernement de Berlin. L’ensemble des consommateurs allemands financent donc l’industrie indirectement. Mais ce n’est pas tout ! Les grandes firmes industrielles impliquées dans les énergies vertes comme par exemple Siemens (qui a totalement abandonné ses activités nucléaires) maintiennent une pression constante pour installer le plus possible de moulins à vent, épaulés en ce sens par les partis verts ultra-puissants en Allemagne.

De plus, en prenant en compte le fait qu’un moulin à vent off-shore coûte 5 fois plus cher que son équivalent terrestre et que les espaces disponibles pour installer de nouveaux moulins sur la terre ferme s’est considérablement réduit il va falloir trouver une solution rapidement et ce d’ici la fin de l’année 2022. Il reste en effet aujourd’hui 8 réacteurs de 1300 MW électriques en fonctionnement ayant tous été construits entre 1984 et 1988, deux BWR et 6 PWR. Selon les critères de sécurité américains ces installations pourraient sans danger fonctionner encore 40 ans. Il faut donc remplacer 10900 MW électriques par des sources d’énergie propre et fiable avant 2022.

La loi allemande de protection de la faune interdit l’utilisation des moulins à vent entre le 1er mars et le 30 août afin de préserver la vie des oiseaux migrateurs dans les zones, plutôt mal définies, de passage de ces oiseaux, mouvements migratoires vers la Scandinavie justement très intenses dans les régions septentrionales de l’Allemagne. En dépit du fait que les observateurs de la Deutsche Wildtier Stiftung, La Fondation Allemande pour la Nature, a répertorié la mort de 250000 chauve-souris et 12000 rapaces chaque année y compris dans les zones où les moulins à vent sont interdits de fonctionnement entre les dates précisées ci-dessus, qu’à cela ne tienne, les Verts font paradoxalement pression pour que cette interdiction de fonctionnement ( loi fédérale de protection de la nature § 44, section 1 No.1) soit aménagée pour assurer une plus importante production d’électricité éolienne ! De plus, et en Allemagne on n’est plus à un paradoxe près, la destruction de forêts entières a été autorisée, comme par exemple dans le Schleswig-Holstein et le Mecklenburg, deux länders du nord du pays particulièrement boisés, pour y installer des moulins à vent (illustration).

Plus paradoxal encore, les partis verts s’opposent à la construction de lignes électriques à très haute tension pour acheminer l’énergie « verte » depuis les länders du nord vers ceux, industriels, du sud, Rhénanie, Bade-Würtenberg et Bavière. Tous ces exemples illustrent donc l’incohérence totale de la politique énergétique allemande et les dégâts irréversibles sur l’environnement qui en résultent.

Les générations futures apprécieront d’autant plus que l’énergie nucléaire est considérée à juste titre comme la seule alternative à la consommation de combustibles fossiles et malgré le fait que de plus en plus de scientifiques de valeur incontestable s’accordent pour affirmer que le CO2 n’a aucun effet notoire sur le climat et que l’optimum climatique moderne est maintenant terminé …

Source partielle et illustration : blog de Pierre Gosselin (notrickszone.com) avec sa permission.

Une dépêche d’agence de presse qui en dit long …

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Iberdrola: les nouvelles réglementations en Espagne pèsent sur les résultats

Madrid (awp/afp) – Le groupe énergétique espagnol Iberdrola a publié mercredi un bénéfice net en baisse de 9,5% à 2,33 milliards d’euros en 2014, sous le coup de mesures réglementaires plus contraignantes dans le secteur de l’énergie en Espagne.

Les analystes interrogés par le fournisseur d’informations financières Factset tablaient en moyenne sur 2,34 milliards d’euros.

A la Bourse de Madrid, l’action perdait 0,05% à 5,81 euros à 12H08, dans un marché en hausse de 0,97%.

Le chiffre d’affaires a baissé de 3,36% à 30,03 milliards en 2014, tandis que l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) a en revanche légèrement progressé, de 3,07% à 6,96 milliards, selon un communiqué.

Cette hausse a été possible grâce « à la contribution positive des différents pays (Royaume-Uni, Etats-Unis, Brésil et Mexique ndlr), qui ont compensé l’évolution plus mauvaise en Espagne », explique Iberdrola.

Les bénéfices dans ce pays ont été « impactés par les effets des modifications réglementaires et fiscales en Espagne (initiées en 2012), qui diminuent les revenus des différentes activités, avec une incidence particulière sur les énergies renouvelables ».

Iberdrola est très présent en Espagne dans le domaine des énergies renouvelables, dont l’essor a été soutenu par Madrid dans les années 2000. Mais cette politique a engendré un déficit de près de 26 milliards d’euros dû à la différence entre le prix régulé de l’électricité et son coût de production.

Ceci a conduit le gouvernement conservateur, arrivé au pouvoir en 2011, à réduire les aides aux énergies renouvelables et à mettre en place de nouvelles taxes sur la production d’énergie.

La dette nette d’Iberdrola s’élevait à 25,3 milliards d’euros à fin 2014.

(AWP / 18.02.2015 12h35)

Iberdrola sera-t-elle la première victime espagnole de la politique d’énergies vertes initiée par Zapatero ? Dans le pays de Cervantes, c’est hautement comique de constater que les politiciens qui ont favorisé l’essor incohérent des énergies renouvelables ont aussi ouvert la porte à la corruption et mis les banques le dos au mur avec une accumulation de créances douteuses invraisemblable depuis le revirement, à raison, de Rajoy, de ne plus persévérer dans le rachat des kWh venteux aléatoires des moulins installés n’importe où et n’importe comment pour satisfaire l’avidité de particuliers peu scrupuleux et de permettre à des investisseurs mafieux d’écouler de l’argent d’origine douteuse. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour asphyxier les compagnies d’électricité et c’est ce qui va probablement arriver pour Iberdrola. Vive l’écologie et les énergies renouvelables ! Au final ce seront les contribuables espagnols qui paieront la facture …

Illustration : siège d’Iberdrola à Bilbao

Ecotaxe sur le kWh ? Mais oui ça existe déjà !

Puisque je suis parfois soupçonné de déformer les faits, je laisse à mes lecteurs le plaisir de découvrir cette dépêche d’agence de ce soir. Je noterai simplement quelques contradictions que mes lecteurs auront également le loisir de découvrir. D’abord une augmentation programmée de 22 à 25 % des tarifs de l’énergie électrique alors que plus de la moitié du parc électronucléaire français est déjà amorti et qu’une seule tranche est actuellement en construction à Flamanville: difficile de comprendre cette décision. Ensuite les cours de l’uranium sont orientés à la hausse, certes, mais de telles augmentations ne sont pas justifiées pour cette seule raison. Enfin, Delphine déclare que cette prolongation de la durée d’utilisation des réacteurs nucléaires ne signifie pas que l’objectif gouvernemental de réduire la part de l’électricité nucléaire à 50 % en 2025 « est jeté aux orties ». C’est piquant comme remarque ! Car si cette durée d’utilisation est prolongée cela veut nécessairement dire que la consommation d’électricité doit mécaniquement augmenter de 25 % (approximativement) d’ici à 2025 car la fermeture programmée et électoralistement décidée par Hollande des deux tranches de Fessenheim sera compensée en puissance par l’EPR de Flamanville. La justification de ces augmentations de tarifs reste donc mystérieuse à moins de servir à financer les énergies dites « vertes ». En conclusion, mais Delphine ne le dit pas, ces augmentations constituent bel et bien un impôt pour satisfaire les délires des écologistes en obligeant EDF, entre autres acteurs du secteur de l’énergie, à se diversifier dans des programmes coûteux de stockage (hydrogène) ou de production « verte » (éoliennes, hydroliennes, photovoltaïque) sans un seul instant comprendre que les entreprises seront encore plus affaiblies par cette augmentation de l’énergie. En d’autres termes on peut appeler ces augmentations d’écotaxe sur le kWh !

Nucléaire: la prolongation comptable à 50 ans des centrales déjà décidée

PARIS – La décision de prolonger comptablement à 50 ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises d’EDF est déjà prise, a assuré mardi l’ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho dans un entretien au quotidien spécialisé Enerpresse.

Nous devons prolonger de manière comptable notre parc à 50 ans. Cette décision, de bon sens, est d’ailleurs déjà prise, elle figure dans la décision tarifaire de juillet dernier, a avancé la députée PS des Deux-Sèvres.

Mme Batho fait allusion au fait qu’en juin dernier la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) avait établi deux scénarios pour la hausse des prix de l’électricité de juillet, suivant que les centrales nucléaires d’EDF étaient amorties comptablement en 40 ans ou en 50 ans.

Dans le premier scénario, une hausse de 9,6% du tarif réglementé d’EDF était nécessaire, selon la CRE. Dans le scénario à 50 ans, l’augmentation n’était que de 6,8% en 2013. Dans les deux cas, la CRE recommandait +3,2% en 2014, +3,2% en 2015, ainsi qu’un rattrapage de 7,4% au titre de 2012. Soit une hausse de 22 ou de 25% suivant les scénarios.

Le gouvernement a finalement décidé d’une hausse de 5% en 2013, puis de 5% en 2014. Selon plusieurs sources proches du dossier, une hausse supplémentaire de 5% en 2015 est d’ores et déjà décidée, même si le gouvernement refuse de la confirmer. Soit un rythme plus proche du scénario à 50 ans, souligne Delphine Batho. 

De fait, au regard du rapport de la CRE sur les coûts, le scénario tarifaire qui est retenu est celui de la prolongation comptable du parc à 50 ans, a-t-elle déclaré à l’AFP mardi.

Mais selon la ministre, cette opération comptable ne signifie ni que tout le parc ira jusqu’à 50 ans, ni que l’objectif présidentiel de ramener la part de l’électricité nucléaire à 50% en 2025 est jeté aux orties.

Amortir à 50 ans le parc dans les comptes d’EDF est compatible avec le fait que certaines centrales fermeront à 40 ans de durée de vie, et d’autres seront prolongées jusqu’à 60 ans, déclare l’ex-ministre à Enerpresse.

Soyons clairs: il n’y a pas de contradiction entre la prolongation comptable de l’amortissement du parc et la réduction de la part du nucléaire, ajoute Mme Batho.

Son successeur, Philippe Martin, a assuré devant les députés mi-octobre que la décision sur la durée d’amortissement des centrales n’avait pas été prise.




(©AFP / 05 novembre 2013 16h21)