Digressions au sujet de la biomasse terrestre

Tous les êtres vivants ayant envahi l’ensemble de la planète Terre sont dépendants pour leur survie d’une forme d’énergie universelle c’est-à-dire ubiquitaire dont le représentant commun à toutes ces espèces est l’ATP, abréviation d’adénosine triphosphate. Qu’il s’agisse des algues unicellulaires photosynthétiques ou des bactéries, des invertébrés, des insectes ou des vertébrés dont l’homme fait partie la seule forme d’énergie qu’une cellule est capable d’utiliser pour ses besoins propres est cet ATP. Cette molécule présente particularité de posséder une liaison chimique entre deux phosphates dite “riche” en énergie. La machinerie cellulaire capable de produire cette molécule est la mitochondrie chez tous les êtres vivants incapables d’utiliser l’énergie des photons solaires et le chloroplaste chez les plantes terrestres et les algues, y compris les algues unicellulaires et certaines bactéries dont le chloroplastes est peu différencié.

Pour produire cet ATP il faut ce que l’on appelle trivialement un combustible pour les êtres vivants incapables d’utiliser l’énergie solaire. Or ce processus de production de l’ATP conduit à un déchet fatal, c’est-à-dire incontournable, qui est le CO2 et dans la très grande majorité des êtres vivants ce combustible est le glucose. La synthèse du glucose nécessite de l’énergie gratuitement fournie par le Soleil pour les plantes et les algues. Les êtres vivants non synthétisants sont incapables de fabriquer du glucose par conséquent nous êtres humains au bout du processus de l’évolution sommes contraints de trouver du glucose et ce “combustible” indispensable à notre survie nous le trouvons chez les plantes comme par exemple les pommes de terre ou les fruits. La synthèse de ce glucose a nécessité de l’énergie mais aussi la fixation de CO2, c’est la raison pour laquelle on appel ces sucres des “carbonhydrates” mais il ne faut pas oublier que les plantes, dans l’obscurité de la nuit, rejettent du CO2 car leur métabolisme ne s’arrête pas quand il n’y a plus de photons solaires. En résumé dans un monde idéal il devrait exister un équilibre entre l’énergie produite sous forme de glucose par tous les êtres vivants photosynthétisants et fixant du CO2 et tous les autres êtres vivants dépendant du glucose pour leur survie mais produisant alors du CO2.

Il s’agit d’une vision très schématique qui décrit la réalité telle que nous la vivons sur la Terre, ce que l’on appelle la biosphère, dépend donc du carbone sous forme de CO2. Chaque fois qu’un être humain respire il emmagasine de l’oxygène pour “brûler” une source carbonée, le glucose en l’occurence, et il rejète du CO2 et tous les êtres vivants font de même. La situation est favorable en terme de “bilan carbone” uniquement chez les plantes et les algues pluricellulaires ou monocellulaires et certaines bactéries disposant de systèmes de capture des photons solaires comme les cyanobactéries. Les seuls représentant du monde vivants incapables de produire leur propre énergie sous forme d’ATP sont les parasites comme par exemple les virus.

Nous êtres humains faisons partie de cet ensemble qui est appelé la “biosphère” qu’on devrait plutôt appeler la “carbosphère”. Mais oublions ce néologisme et contentons nous de parler de biosphère. Il y a quelques années des chercheurs du California Institute of Technology, le CalTech, ont fait un recensement minutieux de tous les membres de cette biosphère et cet immense travail a fait l’objet d’une publication que les personnes intéressées par la biosphère devraient avoir lu. L’article publié dans les PNAS est disponible :www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1711842115 et il fourmille de données incontestables qui ont pour avantage de remettre à leur juste place tous ceux qui prétendent que le carbone est néfaste pour la survie de l’humanité et le climat. J’avais écrit sur ce blog un article au sujet de cette publication le 5 juin 2018 et le présent billet apporte des éclaircissements. Dans les informations supplémentaires attachées à cet article (www.pnas.org/content/suppl/2018/O7/13/1711842115.DC1 ) on trouve une autre représentation globale de cette biomasse et l’unité de mesure utilisée est la gigatonne de carbone (Gtc).

La représentation de Voronoi à laquelle nous ne sommes pas habitués est figurée aussi sous forme de “camembert”, restons français, et elle montre trois faits incontournables. La fixation de carbone par les plantes, les algues, le phytoplancton et les bactéries photosynthétiques dont la quantité est négligeable mais je les ai mentionné par honnêteté, compte tenu de la médiocrité du rendement du processus de fixation du carbone (voir plus loin), représente 84 % de l’ensemble de la biosphère. Le reste de cette biosphère dépend donc directement pour sa survie des 450 gigatonnes que représentent ces êtres vivants capables de fixer du carbone. Et dans sa grandeur incommensurable l’ensemble de l’humanité représente 0,01 % de l’ensemble de la biosphère. Je ne voudrais pas être vexant mais il y a 3 fois plus de mollusques que d’êtres humains en gigatonnes de carbone.

La nature a donc bien fait les choses puisque le processus de fixation du carbone est désastreux en termes de rendement. L’explication tient en un mot : le très mauvais fonctionnement de l’enzyme clé intervenant dans cette fixation du carbone. Il s’agit de la RuBisCO ( https://en.wikipedia.org/wiki/RuBisCO ) , le seul enzyme capable dans la nature de fixer le carbone inorganique sous forme de CO2. L’idéal serait de modifier judicieusement cette protéine afin qu’elle ne souffre plus trop de la présence de l’oxygène atmosphérique qui est un puissant inhibiteur de son activité. La RuBisCO est de très loin l’enzyme le plus abondant sur la Terre (voir infra) et il est à l’origine de la vie.

Maintenant je vais formuler ici quelques remarques indispensables pour clarifier les esprits. Quand ont prétend que le CO2 est néfaste pour le climat il faut bien se souvenir que le CO2 est source de toute vie sur la Terre. D’ailleurs depuis la fin du dernier “petit âge glaciaire” qui se termina à la fin du XIXe siècle, le taux de CO2 atmosphérique n’a cessé d’augmenter en raison également de la révolution industrielle et la conséquence aisément mesurable à l’aide de satellites est un reverdissement de la planète car le rapport CO2/O2 a très légèrement augmenté. Le réchauffement relatif du climat a provoqué un petit dégazage des océans dès le début du vingtième siècle et ce dégazage a finalement été bénéfique pour la biosphère végétale. Il faut chercher presque en vain la présence de mammifères et d’oiseaux sauvages dont les adeptes de la protection de la biosphère font grand cas. C’est tout simplement de la propagande. Certes, quand il n’y avait encore qu’une poignée d’Homo sapiens sur la planète il y a 50000 ans ces animaux sauvages servaient de nourriture pour nos ancêtres. L’avènement de l’agriculture et de l’élevage, fruits d’un long travail d’adaptation et de sélection par nos ancêtres depuis le début de l’Holocène il y a une douzaine de milliers d’années a relativement freiné ce que d’aucuns appellent une extermination de ces espèces sauvages. Je vais être un peu dérangeant mais la planète se passerait très bien d’animaux sauvages. Je suis désolé pour les écolos germanopratins ou du quartier du Marais à Paris. 

Notes additionnelles. Si pour les plantes (en vert dans les diagrammes) on ne prend en considération que les feuilles à l’exclusion des troncs, des racines et des branches , les algues étant uniquement constituées de feuilles, cela représente 150 Gtc et la RuBisCO représente 30 % des protéines solubles de ces 150 Gtc. En me référant à la quantité de protéines solubles obtenues à partir de 1 kg d’épinards on obtient environ 100 grammes de protéines solubles si l’extraction se déroule correctement. Dans la représentation ci-dessus la RuBisCO représente donc approximativement et à elle seul 25 Gtc, soit 400 fois plus que l’ensemble de l’humanité en Gtc !! Il s’agit donc bien de l’enzyme le plus abondant de la planète. La molécule d’ATP contient également un sucre, le ribose, et ce sucre est synthétisé par le cellule à partir du glucose. Enfin la principale source de glucose est constituée des céréales, des tubercules, pommes de terre, betteraves, tarot, patate douce, manioc, … et des fruits.

2023 : L’Europe vers un déclin irréversible …

Non contents d’avoir organisé une situation énergétique délicate en infligeant des sanctions à la Russie lors de l’annexion de la Crimée en 2015 à la suite d’un référendum démocratique des habitants de la péninsule, l’Europe a emboité le pas de l’OTAN et de l’Oncle Sam lorsque la Russie a décidé de sauver la vie des habitants russophones du Donbass bombardés quotidiennement et privés de leurs droits civiques. Ces sanctions se sont retournées contre l’Europe dont toute la population, les petites et grandes entreprises souffrent du renchérissement du prix de l’énergie. Les boulangers baissent le rideau et ce n’est pas anecdotique car l’Europe également ne produit plus d’aluminium, plus d’acier et les chaines de montage des voitures sont à l’arrêt. La situation de l’économie de l’Europe va encore se dégrader avec une série de mesures prises à la légère comme c’est toujours le cas depuis la création de « ce machin » dirigé par des technocrates qui n’ont aucune idée du monde réel. Mais il y a précisément un réel danger pour les populations qui va se concrétiser au cours de l’année 2023. Il s’agit du secteur agricole.

En effet, une série de décisions provenant des gauchistes écolos va inévitablement pénaliser le secteur agricole européen pourtant dynamique. L’augmentation du prix des engrais de synthèse, les interdictions ou sévères restrictions successives de l’utilisation de pesticides comme le glyphosate ou les néonicotinoïdes combinées à l’augmentation du prix des carburants va tout simplement conduire les acteurs du secteur agricole à cesser leur activité. Le secteur de l’élevage bovin est également menacé par ces mêmes progressistes de gauche car ils considèrent que la viande rouge est néfaste pour le climat. Un pays comme la France qui, en Europe occidentale détient les meilleurs terres arables et une diversité de ses terroirs inégalée est devenue importatrice nette de denrées agricoles, un comble. Les Pays-Bas ont décidé de réduire de moitié les têtes de bétail pour les raisons invoquées ci-dessus, et la doxa « bio » décourage les agriculteurs traditionnels de produire encore quoi que ce soit. L’obtention du label « bio » est complexe et les contrôles incessants découragent ces agriculteurs, leur témérité n’est même plus récompensée par les gains espérés puisque toute augmentation des prix des denrées alimentaires est devenue la bête noire des gouvernements.

Les producteurs d’oeufs sont menacés de contrôles en permanence et un nombre croissants d’éleveurs industriels de porcs et de volaille cessent leur activité en raison de l’augmentation du coût de l’énergie.

L’étincelle qui fut à l’origine de la révolution française provenait du manque de pain, est-ce nécessaire de le rappeler. Certes le pain n’occupe plus la place centrale qui était la sienne au XVIIIe siècle. Néanmoins l’inflation qui frappe les produits alimentaires, jusqu’à 40 % d’augmentation pour certains produits de consommation courante comme les pâtes, correspond à cette disette de pain qui décida les mères de famille parisiennes à aller chercher le roi à Versailles. Ce petit rappel historique est là pour signifier que la situation est explosive. Le réveil après les agapes de fin d’année sera douloureux. L’Europe s’achemine vers la famine et il est déjà trop tard pour y remédier. Tout ça va mal se terminer … Un beau vœu de nouvelle année.

Mondialisation et écologie : les deux branches d’une même idéologie

Je venais juste de commencer à traduire pour les fidèles lecteurs un article de Peter Koenig paru sur le site GlobalResearch lorsque j’ai interrompu cette tâche un peu aride après avoir trouvé une excellente traduction parue sur le site ReseauInternational et dont voici le lien :

L’article original se trouve ici : https://www.globalresearch.ca/when-green-turns-brown-nobody-notices/5794474

Tout est parfaitement et clairement exposé dans cet article et je n’ai rien à ajouter. En quelques mots les « Verts » veulent détruire les économies, d’abord occidentales, car il y a trop d’êtres humains, trop de pollution, trop de gaz carbonique, trop de voitures, trop de consommation, trop de tout ce que la civilisation moderne a apporté pour améliorer le confort des hommes. Ce que veulent les « Verts » est un retour au dix-neuvième siècle et même plus en arrière encore, avant la révolution industrielle avec une planète Terre comptant un demi-milliard d’êtres humains au plus. Il faudra trouver d’autres virus plus méchants que le dernier en date, organiser encore plus de restrictions et de privations pour atteindre le grand dessein d’un Klaus Schwab ou d’un Bill Gates. Il faut simplement espérer que la chasse et la destruction de ces élites s’organisera très vite car les mois et les années passent et la propagande a fait perdre à la majorité des peuples tout bon sens et toute perception de la réalité de la situation.

En effet, la situation énergétique de l’Europe occidentale a été soigneusement préparée par ces « Verts » qui ont tout fait pour brider les investissements en direction des grandes compagnies pétrolières. Celles-ci n’investissent depuis près de 20 ans à peine 15 % de ce qu’elles investissaient dans la prospection et l’exploitation de nouveaux gisements 20 ans plus tôt. Elles n’ont pas non plus investi dans le développement du transport des tuyaux pour transporter gaz ou pétrole. Depuis onze ans maintenant l’Allemagne a démantelé son parc nucléaire et la France, sous la pression des Verts a choisi la même voie. Ce n’est pas avec des moulins à vent et des panneaux solaires qu’on peut faire fonctionner l’économie d’un pays comme la France ou l’Italie et encore moins l’Allemagne.

Ce qui est affligeant est que le peuple n’a pas compris les causes premières de cette situation présente. J’ai écrit un billet sur ce blog au sujet d’un black-out européen généralisé et c’est effrayant. À relire : https://jacqueshenry.wordpress.com/2019/10/22/petite-histoire-pas-du-tout-fictive-un-black-out-generalise-en-europe-occidentale/

Demain 28 septembre, pas de billet.

Le G7 a décidé de l’extension de vie des centrales nucléaires existantes

Les dirigeants des grands pays industrialisés du Groupe des Sept (G7) encouragent la prolongation de la durée de vie utile des réacteurs nucléaires existants et soutiennent la relance d’autres pays afin de contribuer à atteindre l’objectif d’un approvisionnement énergétique sûr et à faible émission de carbone, ont déclaré les représentants de l’industrie nucléaire.

Dans un message conjoint dans le cadre du sommet des dirigeants en Allemagne les 26 et 27 juin, l’Association nucléaire canadienne, le Japan Atomic Industries Forum, Nucleareurope, le Nuclear Energy Institute des États-Unis, la Nuclear Industry Association du Royaume-Uni et la World Nuclear Association ont demandé aux dirigeants du G7 d’encourager autant que possible la prolongation de la durée de vie utile des réacteurs nucléaires et soutenir le redémarrage d’autres réacteurs exploitables. Les organisations affirment que, selon l’Agence internationale de l’énergie, prolonger la durée de vie des réacteurs existants est la méthode la moins coûteuse pour assurer une production supplémentaire d’électricité à faible teneur en carbone.

Il est urgent d’inclure l’énergie nucléaire dans les cadres de politique de financement écologique nationaux et internationaux, signalant que l’industrie nucléaire est prête à jouer un rôle clé dans la lutte mondiale contre les changements climatiques non seulement dans les pays du G7, mais aussi dans les économies en développement. Il sera aussi nécessaire de fixer des objectifs ambitieux pour de nouveaux projets de capacité nationale, appuyés par des instruments politiques pragmatiques et des cadres réglementaires efficaces.

Il sera également nécessaire de soutenir le développement de technologies nucléaires de petite taille et de pointe qui élargiront la gamme d’applications auxquelles l’énergie nucléaire peut être appliquée, afin d’offrir une décarbonisation plus profonde et plus large au-delà des secteurs de production d’électricité.

« L’engagement du G7 à s’éloigner des combustibles fossiles nécessitera des investissements dans les technologies à faibles émissions de carbone, combinés à des politiques solides qui accéléreront davantage la transition vers un système énergétique propre et sûr. Il est prouvé que la combinaison de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables fait de la décarbonisation rapide et durable de la production d’électricité un objectif réalisable ». En outre « L’énergie nucléaire est une solution accessible, abordable, propre et fiable pour les pays qui cherchent à abandonner les combustibles fossiles et à réaliser une transition énergétique juste et équitable. La construction et l’exploitation de chaque centrale nucléaire génèrent des milliers d’emplois hautement qualifiés, soutiennent la chaîne d’approvisionnement et stimulent les économies locales ».

« Au-delà de la production d’électricité, les technologies nucléaires ont un énorme potentiel pour décarboniser d’autres secteurs de l’économie – les transports, les produits chimiques et la sidérurgie, entre autres – grâce à l’approvisionnement thermique et à la production d’hydrogène ».

L’appel à envisager de prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires existants, et d’envisager la réouverture des réacteurs qui ont récemment fermé, se situe dans le contexte de la flambée des prix de l’énergie et des questions relatives à la sécurité et à l’approvisionnement énergétiques à la suite de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Le Financial Times a rapporté qu’un haut fonctionnaire de l’administration du président américain Joe Biden a déclaré mercredi aux journalistes qu’ils s’attendent à ce que les dirigeants du G7 débattent des mesures visant à « stabiliser les marchés mondiaux de l’énergie » alors que Washington recherche encore plus de coopération des pays occidentaux pour endiguer les prix des hydrocarbures devenus un fardeau pour les économies. Le Conseil européen de Lisbonne a déjà adopté, en décembre, un rapport sur la mise en œuvre d’une stratégie en vue de contenir les prix élevés des produits de base qui pèsent sur l’économie mondiale.

L’Allemagne cherche à assurer un approvisionnement énergétique stable et à réduire sa dépendance au gaz russe, mais elle n’a pas encore modifié son plan de retrait à la fin de 2022 de ses trois derniers réacteurs exploitables. Le Royaume-Uni compte six centrales nucléaires, qui fournissent environ 16 % de l’électricité du pays, mais la plupart devraient être retirées d’ici la fin de la décennie. Enfin la France modernise les systèmes de sécurité passif de l’îlot nucléaire de près de la moitié de ses réacteurs et la Belgique n’a pas encore statué sur une sortie éventuelle du nucléaire.

Source : World Nuclear News. Remarques : Le Président français va-t-il décider de la remise en exploitation des deux réacteurs de l’usine de Fessenheim ? Son idée de développer des petits réacteurs modulaires révèle sa totale méconnaissance de la structure du réseau de transport électrique français et par conséquent des questions énergétiques dans leur ensemble. Ces « petits réacteurs » d’une puissance très inférieure à une quelconque centrale électrique brûlant du charbon, à peine 250 MW électriques, seraient éventuellement envisageables dans les départements et territoires d’outre-mer mais certainement pas en métropole. Enfin la disparition de l’expertise technique française dans le domaine de l’énergie nucléaire rend caduque ce genre de projet. Que les autorités reconnaissent enfin que la fermeture de l’usine de Fessenheim fut une très grave erreur et sa remise en exploitation correspondrait au bas mot à environ une dizaine de petits réacteurs modulaires auxquels rêve le Président françaisJe rappelle que le seul pays ayant développé des petits réacteurs nucléaires à usage civil est la Russie. Ces installations sont dérivées de la technologie utilisée pour les brise-glace. Il n’y a donc pas d’innovation particulière. Cependant de telles unités requièrent de l’uranium enrichi à 20 % d’isotope 235 afin d’atteindre une taille compacte du réacteur lui-même et ce simple fait devra conduire l’IAEA à redéfinir les règles appliquées à ce type de réacteur. En effet, les brise-glace, les sous-marins et les porte-avion à propulsion nucléaire relèvent des armées et de leur juridiction propre et non du nucléaire civil.

Et si la France remettait en exploitation ses mines de charbon ?

Alors qu’il y a encore une année le prix de la tonne de charbon sur les marchés était de l’ordre de 90 dollars la tonne métrique, aujourd’hui 9 mars 2022 pour des raisons de conjoncture géopolitique cette même tonne de charbon a atteint 420 dollars (10 mars 2022) au grand dam des tenants des investissements ESG. Le charbon c’est sale, ça pollue et pire encore c’est un peu radioactif. C’est la bête noire des écologistes, sans faire de jeu de mots. Une petite mine de charbon capable d’extraire 1000 tonnes (30 camions de 40 tonnes) par semaine réaliserait un chiffre d’affaire brut hebdomadaire de 400000 dollars ! Il existe en France deux sites susceptibles d’être exploités à ciel ouvert après seulement quelques semaines de travaux de terrassement. Il s’agit des gisements dits de Decize et de Verneuil. Mais il existe une multitude d’autres gisements encore exploitables et pour certains d’entre eux également à ciel ouvert car il est devenu impossible de remettre en exploitation des mines profondes comme par exemple dans le nord de la France.

Certes, il faudrait un immense courage pour un entrepreneur-investisseur désirant se lances dans l’aventure risquée de mise en exploitation d’une mine de charbon sur le sol français. Il rencontrerait l’administration et le code minier, puis le ministère de l’écologie et de l’environnement et enfin les marchés car aussi vite qu’il a monté le cours de la tonne de charbon pourrait chuter. Néanmoins le sous-sol français est négligé pour toutes ces raisons malgré la diversité de minerais, si l’on considère le charbon comme un minerai, depuis l’or jusqu’au talc en passant par l’uranium. Mais non ! Il ne faut pas défigurer le paysage de la douce France et plutôt que d’exploiter du charbon à des fins mercantiles il est plus approprié d’installer des éoliennes géantes qui, elles, sont installées pour préserver le climat sans défigurer le paysage, un peu mais moins qu’une mine de charbon ou un derrick de fracking. C’était de l’humour …

Personnellement je trouve que la France a choisi une impasse mortelle pour son économie en interdisant l’exploitation de gaz et d’huile de roche mère. Puisque tout forage exploratoire est interdit personne ne connaît la richesse du sous-sol du sud-ouest et du nord du Bassin Parisien. Le mot d’ordre est « on ne touche pas au sous-sol ». Car comme la balance commerciale de la France est franchement déficitaire elle continuera à l’être en important maintenant à prix d’or du charbon, du gaz et du pétrole. Non, la France n’est pas près de ses sous puisqu’elle continue à emprunter à des taux d’intérêt proches de zéro. On appelle ça une « gestion de père de famille gâteux ». Il est souvent arrivé par le passé que des chefs d’entreprise ayant fait fortune décident de claquer leur fortune aux jeux, aux courses ou avec des « créatures » comme cela était dit pudiquement au début du vingtième siècle. Aujourd’hui la France dilapide ce qui lui reste de fortune avec une créature infiniment plus gourmande : l’écologie, et ce sera sa perte.

Pourquoi on va tous payer pour le gaz et l’essence ?

Lorsque le vieux Joe s’est installé à la Maison-Blanche l’une des premières mesures fut d’arrêter autoritairement l’exploitation de gaz de schiste, on dit aussi de roche mère. Alors qu’il y a encore un an les USA étaient exportateurs nets de gaz naturel et qu’ils promettaient monts et merveilles à des pays comme la Pologne de s’affranchir grâce au GNL américain du gaz russe la situation s’est totalement inversée en quelques mois. Les Etats-Unis sont aujourd’hui à nouveau importateurs de gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar et ils n’exportent plus aucun distillat. L’arrêt de la construction de l’oléoduc XXL supposé transporter le pétrole lourd issu des schistes bitumineux de l’Ontario a précipité la dégradation du paysage énergétique mondial. En effet, une grande majorité des raffineries texanes avaient besoin de ce pétrole lourd puisqu’elles étaient parfaitement adaptées au pétrole du Vénézuéla qui est frappé d’interdiction d’importation par Washington.

La conséquence de cette situation critique états-unienne est un renchérissement inattendu mais extrême des prix du gaz et du pétrole dans le monde entier. Comme c’est toujours le cas, ce sont les pays européens et les pays asiatiques qui paieront la facture, il suffit de se souvenir de la crise des sub-primes car il y a un grand nombre de similitudes avec la crise énergétique mondiale actuelle. En effet les produits pétroliers, gaz naturel compris, sont payés sur le marché mondial en dollars US, les transactions sont contrôlées par les Américains en temps réel et la demande asiatique contribue à ce renchérissement du prix du gaz, de celui du pétrole et bientôt du prix à la pompe des carburants sans oublier celui des distillats utilisés pour le chauffage domestique. Les décisions prises à Washington pour sauver le climat et l’environnement vont donc avoir des répercussions dramatiques dans le monde entier.

Par un effet automatique le prix du charbon a considérablement augmenté car il devient évident que le prix de l’énergie, quelle que soit sa forme originelle, est traité de manière identique sur les marchés. Une nouveauté dans cette situation : le prix de l’uranium a également augmenté ! Le Japon et la Corée continueront à vivre car ils ont signé des contrats avec le Qatar pour le gaz et d’autres pays pour le pétrole, mais que va-t-il se passer pour le Portugal par exemple ? Rien ou presque rien sinon des troubles sociaux quand les ménages devront choisir entre se chauffer durant l’hiver ou se nourrir. La mise en place de la « carbon tax » aux USA n’est certainement pas étrangère à ces augmentations du prix de l’énergie (carbonée). L’Europe va suivre cette tendance et la situation risque de se compliquer dangereusement dans les prochains mois.

L’autre volet de cette situation économique internationale tendue est la forte augmentation du « Baltic dry index », un marqueur précoce de l’activité maritime. Personnellement, n’étant pas analyste économique, je ne trouve pas d’explication au brusque doublement du prix du fret maritime, doublement depuis le début de l’année 2021, autre que la très grave récession provoquée par la pandémie qui aurait provoqué la faillite de nombreux affréteurs maritimes et la reprise économique, même timide, serait la cause de ce renchérissement du BDI. À suivre de très près car finalement ces soubresauts mondiaux pourraient aussi être un signe d’une imminente crise monétaire mondiale, et dans ce cas nous paieront tous chèrement une telle crise.

À tous les facteurs il faut enfin ajouter les premières retombées des investissements pharaoniques européens dans les énergies renouvelables, en particulier les moulins à vent, dont l’efficacité est médiocre voire nulle. Ce sont des milliers de milliards d’euros (voir note) dépensés en pure perte qu’il eut été beaucoup plus judicieux de consacrer à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires moins coûteux que ces fameux EPRs que seuls les Chinois ont été capables de construire dans les délais impartis. Belle démonstration de la gestion européenne de l’énergie, douteuse dans son ensemble. L’Europe ne récolte que les fruits de ce qu’elle a semé.

Source partielle : Fox Business

Note. La Banque Mondiale évoque un montant de 89000 milliards de dollars pour atteindre les objectifs de décarbonisation dans les seuls pays développés à l’horizon 2035, « étonnant, non ? » comme aurait dit Desproges …

Les critères ESG vont accélérer la misère des pays de l’Afrique sub-saharienne

Les pays d’Afrique ont besoin de sources d’énergie fiable et non de l’hypocrisie des pays riches

Au début du mois d’avril 2021, sept pays européens se sont engagés à mettre fin à leur soutien financier pour les projets de combustibles fossiles à l’étranger. Ils rejoignent les États-Unis et d’autres pays européens dans l’arrêt du financement des projets d’infrastructure énergétique dans les pays pauvres qui dépendent du charbon, du gaz et du pétrole. Cette interdiction entraînera la pauvreté dans des régions telles que l’Afrique subsaharienne, mais n’aura que peu d’impact sur les émissions de carbone du monde.

L’Afrique représente environ 17% de la population mondiale, mais moins de 4% des émissions de carbone annuelles. Il n’est pas loyal que les pays riches luttent contre le changement climatique en pénalisant le développement des pays à faible revenu au nom de la résilience climatique. Au lieu de cela, les pays riches devraient aider les gouvernements africains à poursuivre un large éventail de sources d’énergie pour un développement rapide et durable.

L’infrastructure faisant appel aux combustibles fossiles qui existe déjà en Afrique est à forte intensité de carbone et sert à ses pays les plus riches. L’Afrique du Sud et plusieurs pays d’Afrique du Nord ont ensemble les deux tiers de la capacité de génération d’électricité du continent. Les 48 autres pays ont une capacité de 81 gigawatts entre eux, sur un total de 244 gigawatts pour le reste de l’Afrique et 9 740 Gigawatts pour le monde. L’Ethiopien moyen ne consomme que 130 kilowatt-heure d’électricité par an, soit le montant qu’un citoyen des États-Unis consomme en 4 jours.

Ce déséquilibre est à la fois une cause et une conséquence du manque d’infrastructures modernes en l’Afrique. Pour des centaines de millions de personnes sur ce continent, l’énergie est rare, la nourriture coûte cher et est souvent importée, et un emploi à temps plein est difficile à trouver. Une grande partie de ce qui est nécessaire au développement – routes, écoles, logements, énergie fiable – ne peut être réalisée rapidement avec une énergie décarbonée dite verte uniquement.

Le gaz naturel est un combustible fossile, mais il pourrait contribuer considérablement pour sortir efficacement les communautés de la pauvreté. Il est à peu près deux fois plus efficace du point de vue des émissions de carbone qu’une source d’énergie comme le charbon et est abondant dans de nombreux pays africains hors de l’Afrique du Nord, y compris le Nigéria, le Mozambique, l’Angola et la République démocratique du Congo. Le Energy for Growth Hub, un réseau de recherche international, estime que si les 48 pays triplaient leur consommation d’électricité la nuit grâce à une utilisation du gaz naturel, les émissions de carbone résultant représenteraient moins de 1% du total mondial.

Le gaz naturel offre également le meilleur moyen de moderniser la production et le transport de la nourriture. Malgré des efforts impressionnants dans les systèmes d’irrigation solaire à travers l’Afrique, le gaz naturel est toujours meilleur pour l’agriculture à grande échelle car il est fiable, peu coûteux et brûle plus proprement que d’autres combustibles fossiles. Il peut être stocké jusqu’à son utilisation. C’est l’une des meilleures matières premières pour produire des engrais synthétiques; Il peut alimenter des voitures, des bus, des camions et des navires, ainsi que des systèmes de stockage réfrigérés. Cela signifie que moins de nourriture se gâteront et les agriculteurs peuvent fournir plus de nourriture avec moins de terres.

Une interdiction des investissements non ESG dans les combustibles fossiles n’aura aucune incidence pour propulser la croissance des énergies renouvelables en Afrique car cette croissance est déjà en cours. L’électricité pour l’Éthiopie, le Kenya, le Malawi, le Mozambique et l’Ouganda – qui représentent ensemble un cinquième de la population de l’Afrique – provient principalement de ressources renouvelables telles que l’énergie hydroélectrique. De plus, le développement des combustibles fossiles peut être utilisé comme des sources renouvelables, posant les bases pour des projets plus ambitieux. Une thèse de doctorat soutenue en 2020 a révélé que des générateurs de gaz mobiles seraient essentiels pour que l’Afrique du Sud accélère sa transition vers une électricité renouvelable, car les sources du vent et de l’énergie solaire sont trop imprévisibles si elles étaient développées. L’offre intermittente d’un grand parc éolien au Kenya a rendu très coûteux le fonctionnement du réseau de distribution électrique.

Les critiques surviendront à l’encontre de ceux qui participent au développement des combustibles fossiles. Les gouvernements locaux tenteront alors de trouver des sources d’investissement dans les énergies renouvelables mais ces gouvernements pourraient a contrario subir la pression des lobbies des carburants fossiles. On comprend ces préoccupations, mais, parlant comme défenseur de la durabilité, on comprend que les combustibles fossiles sont encore nécessaires. Les institutions financières internationales doivent donner la priorité au financement des projets énergétiques renouvelables dans la mesure du possible et les pays riches doivent investir dans la recherche et le développement qui diminueront les coûts des énergies renouvelables. Ils ne doivent pas non plus escompter le sort de la pauvreté : près de 600 millions d’Africains n’ont pas d’accès fiable à l’électricité. Dans la logique du réchauffement climatique les catastrophes naturelles et autres risques climatiques deviendront plus fréquents, la nécessité de routes, d’hôpitaux, de réseaux de puissance fiables, de systèmes d’alerte, d’approvisionnements alimentaires robustes et d’autres infrastructures nécessitant une énergie fiable deviendra alors plus préoccupante.

Plutôt que d’interdire les combustibles fossiles dans les projets de développement, l’Union européenne, les États-Unis et la Banque mondiale devraient adopter des critères de financement qui envisagent la croissance économique aux côtés de l’impact sur le climat. Par exemple, l’exploitation d’une ressource substantielle de 4200 milliards de mètres cubes de gaz naturel le long de la frontière Tanzanie-Mozambique élargirait l’accès à l’électricité et générerait des revenus indispensables dans deux pays à faible revenu et à faible développement. On peux imaginer un système à plusieurs niveaux dans lequel les pays disposant de revenus plus faibles par habitant, de faibles émissions ou d’une utilisation élevée d’énergie verte sont considérés comme plus éligibles aux projets de développement qui dépendent des combustibles fossiles. Toute infrastructure construite doit être moderne et bien entretenue, afin de réduire les déchets causés par des fuites et la nécessité de brûler le méthane dans les gisements.

La plupart des émissions de carbone entraînant un réchauffement climatique proviennent de pays riches, qui reposent toujours sur des combustibles fossiles. Ce serait la hauteur de l’injustice climatique d’imposer des restrictions aux nations les plus axées sur les infrastructures modernes et les moins responsables des défis du climat mondial.

Traduction d’un article de Vijaya Ramachandran paru dans revue Nature :

https://doi.org/10.1038/d41586-021-01020-z

Autre source : https://scholar.google.com/scholar?cluster=97184080316210347&hl=en&as_sdt=2005&sciodt=0,5

Note. Vijaya Ramachandran est une collaboratrice du Center for Global Development. Elle a également travaillé à la Banque Mondiale.

NordStream-II, un enjeu européen majeur et vital

À l’époque maintenant révolue de l’administration Trump la Maison-Blanche était particulièrement hostile au gazoduc Nordstream-II pour diverses raisons, d’abord la « russophobie » prédominante mais aussi et surtout le marché allemand potentiel du gaz liquéfié en provenance des multiples puits forés dans la roche-mère américaine auquel il fallait trouver un débouché vers l’Europe et en particulier l’Allemagne était le client solvable visé. Cette politique américaine entrait dans le cadre du vieux dessein américain de main-mise sur l’Europe datant de la fin de la deuxième guerre mondiale. Depuis les évènements d’Ukraine largement fomentés par l’administration Obama (il a été nobélisé pour ses faits d’armes) et le rattachement de la Crimée après un référendum populaire de tous les habitants de cette péninsule à la Russie le projet NordStream-II a fait l’objet d’une multitude de chantages de la part des USA. L’Ukraine, se voyant privée à terme des revenus engendrés par le passage du premier gazoduc traversant son territoire depuis la Russie vers l’Europe, a organisé un forcing constant sur la Maison-Blanche pour ruiner le projet NordStream-II. Forts de l’extraterritorialité de leurs lois les américains ont menacé de sanctions tous les actionnaires du projet : Gasprom, Royal Dutch Shell, OMV et Engie pour ne citer que les plus emblématiques. Ce projet d’un montant de 9,5 milliards de dollars est garanti par une série de banques qui ont très gros à perdre en cas d’arrêt définitif de ce projet : Euler Hermes, coordinateur, Crédit Agricole, Société Générale, Commerzbank, Unicredit, Deutsche Bank, SMBC (Japon), RBS, … Une multitude d’entreprises européennes sont impliquées dans ce projet ainsi que Sumitomo ou encore Rolls-Royce (Sources Wikipedia).

Avec l’arrivée du vieux Joe Biden la donne a quelque peu changé, en apparence du moins, puisque la pression des écologistes américains a brusquement remis en question la fracturation hydraulique des roches-mères et les nouvelles explorations semblent restreintes. L’Allemagne, montrée du doigts, cette fois par les écologistes allemands et français, a un réel besoin de ce gaz russe pour réduire sa consommation de charbon. Pourtant le Président français pousse la chancelière allemande à abandonner le projet NordStream alors qu’il est presque achevé, conformément à sa politique de totale soumission à la Maison-Blanche. Il semble d’ailleurs qu’il n’ait pas encore digéré que le locataire de la Maison-Blanche a changé … De son côté la Pologne, évincée de ce projet, ne dit mot et va probablement se tourner soit vers la France, soit vers les USA, pour lancer un programme de nucléaire civil audacieux et s’affranchir également de son charbon pourtant domestique pour la production d’électricité. C’est sans ignorer la présidente de la Commission européenne qui est une crypto-écologiste notoire et qui rappelle à la Pologne les engagements « verts » de la Commission.

Un autre point qui n’a peut-être rien à voir avec le projet NordStream est l’affaire Navalny mais que Macron a osé mentionner. Comme le leader de la contestation à Hong-Kong, Navalny est piloté par la CIA. Comme à son habitude ce service de la CIA a procuré des documents photographiques susceptibles de ternir l’image de Vladimir Poutine. Or il se trouve que la photo qui a fait le tour du monde et représentant l’hypothétique palace personnel de Poutine n’est autre qu’un hôtel de luxe en construction situé dans le sud de l’Allemagne au bord d’un lac. Comme chacun sait l’Allemagne est sous la haute surveillance de la CIA (cf les écoutes téléphoniques dont a été victime Angela Merkel) et cette histoire Navalny arrive à point nommé pour discréditer l’utilité du projet NordStream, une sorte de complot ourdi par l’administration Trump mais repris au galop par le vieux Joe.

On en arrive donc au problème récurrent du choix de la source d’énergie pour la production d’énergie électrique. L’Allemagne a décidé de démanteler la totalité de son parc nucléaire et la Pologne subit la pression des écologistes de la Commission européenne pour s’affranchir de son charbon. Il lui reste le choix entre les moulins à vent + les panneaux solaires ou l’énergie nucléaire et, bien pensante, la Commission de Bruxelles songe à pousser la Pologne à s’adresser aux Américains ou aux Français pour construire des centrales nucléaires. Drôle de choix quand on sait que les Etats-Unis n’ont pas construit une seule centrale nucléaire depuis plus de 30 ans et que la France est incapable de respecter les délais de construction tant de l’EPR finlandais que de l’EPR français. Le projet britannique d’Hinkley Point C arrivera-t-il à son terme un jour ? Nul ne le sait. Autant les Américains que les Français ont perdu dramatiquement leur savoir-faire dans le domaine du nucléaire civil.

Pour rappel les deux EPR chinois de Taishan ont été construits en 9 ans et la technologie des turbines Arabelle, fleuron d’Alstom-Energie vendu par Macron aux Américains, a été cédée clés en main à la société chinoise Dongfang Electric. Il ne reste donc dans le monde que deux pays capables de construire des réacteurs nucléaires : la Chine et … la Russie. Il est difficile d’imaginer que la Pologne fasse appel à la Russie car ce pays est son ennemi héréditaire. Pour ce qui concerne la Chine, le « China-bashing » systématique organisé par les USA et repris stupidement par l’Europe complique la situation. La Pologne n’a pas d’autre choix que de continuer à extraire son charbon pour produire son électricité quoiqu’en pense la Présidente de la Commission européenne.

Moralité de cette sombre histoire : si l’Europe occidentale refuse de normaliser ses relations avec la Russie elle signe par conséquent son arrêt de mort économique. Le « Green New Deal » à l’européenne décidé par Madame Van der Leyen est déjà un arrêt de mort. L’arrêt du projet NordStream provoquera des tensions au niveau des banques européennes qui seront un autre facteur d’accélération du collapsus généralisé de l’économie européenne. Sans la création d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural » cette Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui va tout simplement disparaître …

Pour ceux de mes lecteurs qui désireraient approfondir mon analyse cette conversation me paraît intéressante : https://www.youtube.com/watch?v=DgLlxpFue34&t=62s

Comment le plus repoussant conte de fée climatique a gagné la bataille

La science n’est pas censée induire en erreur. Elle est censée être précise, rigoureuse et circonspecte.

Article de Donna Laframboise paru sur son site nofrakkingconsensus.com/

Ces dernières années, quelque chose de sournois et dénué d’éthique s’est produit. Les autorités ont commencé à parler du pire scénario climatique comme si c’était notre avenir probable.

Il y a plus d’une décennie, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a élaboré quatre contes de fées pour décrire comment les humains pourraient avoir un impact sur le climat d’ici 2100. Il y avait un scénario optimiste, deux scénarios de milieu de gamme et un scénario pessimiste. Ce dernier est connu sous le nom de RCP8.5 (je le pense comme Ridiculous Climate Prophecy 8 point 5).

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En janvier, Zeke Hausfather et Glenn Peters ont publié un commentaire dans Nature rappelant à tous que le RCP8.5 n’est pas une vision réaliste de l’avenir. Il représente un monde dystopique improbable et à haut risque (ce sont leurs mots) dans lequel « les dés sont chargés des pires résultats ». Cela ne peut pas devenir une réalité, soulignent-ils, à moins que l’humanité ne brûle cinq fois plus de charbon que nous ne le faisons actuellement, « un montant supérieur à certaines estimations des réserves de charbon récupérables ». Chaque fois que le RCP8.5 est mentionné, disent-ils, il devrait être clairement étiqueté comme un «pire cas improbable».

Leur plaidoyer est sans équivoque.

Nous devons tous – des spécialistes des sciences physiques et des modélisateurs de l’impact climatique aux communicateurs et décideurs – cesser de présenter le pire des scénarios comme le plus probable. L’analyste climatique américain Roger Pielke Jr. a également écrit trois articles qui documentent comment le RCP8.5 « a fait passer une valeur llimite extrême au centre des discussions sur les politiques climatiques », corrompant au passage de grandes parties de la littérature scientifique (voir les liens en fin de billet). Lui aussi appelle la vision RCP8.5 du futur imaginaire et impossible.

L’économiste canadien Ross McKitrick sonne également la sonnette d’alarme. Le RCP8.5, dit-il, est « un brûlot qui prédit des augmentations historiquement sans précédent des émissions mondiales de CO2 ». En utilisant des mots comme invraisemblable, improbable, exagéré et distorsion, il indique clairement que le seul endroit où cette vision de l’avenir existe est dans les imaginations délirantes.

« Personne ne croit sérieusement », dit-il, « que l’augmentation de la consommation de charbon décrite par le RCP8.5 soit même possible ».

Même les journalistes qui ont médité sur la menace climatique se réveillent. Dans un article intitulé « Nous obtenons une image plus claire de l’avenir climatique – et ce n’est pas aussi mauvais qu’il le paraissait autrefois » (lien), David Wallace-Wells rapporte que la plupart des experts qu’il a interviewés «m’ont dit qu’ils ne considéraient pas le RCP8.5 comme un scénario plausible. » D’ici 2100, rappelez-vous, l’adolescente Greta Thunberg aura 97 ans. Wallace-Wells observe que toute tentative de prédire à quoi ressemblera le monde dans un avenir proche n’est en réalité qu’un « jeu insensé ». Dans ses mots : La projection de la consommation mondiale d’énergie en 2100 équivaut à des projections en lesquelles ont devait croire faites en 1940 sur notre situation actuelle.

Pourtant, c’est à cela que sert en grande partie la «science» du climat – et le «journalisme» sur le climat. En 2018, la première page du New York Times annonçait : le rapport américain sur le climat met en garde contre les dommages causés à l’environnement et la contraction de l’économie. Cela a commencé ainsi : Un important rapport scientifique publié (lien) par 13 agences fédérales présente les avertissements les plus frappants à ce jour sur les conséquences du changement climatique pour les États-Unis, prévoyant que si des mesures importantes ne sont pas prises pour freiner le réchauffement climatique, les dégâts vont frapper jusqu’à 10 pour cent de la taille de l’économie américaine à la fin du siècle.

Plus incroyable, ce « rapport scientifique majeur » prend le RCP8.5 au sérieux. Appelant cela un « scénario de base », la page 6 du rapport le présente comme une possibilité réaliste plutôt que comme une hallucination farfelue : Le RCP8.5 est généralement associé à une croissance démographique plus élevée, à moins d’innovations technologiques et à une intensité carbone plus élevée du mix énergétique mondial.

Cela signifie que le rapport est dénué de toute qualité, peu importe le nombre d’organismes fédéraux impliqués dans sa création. Mais le Times n’a pas dit cela aux lecteurs.

LIENS:

https://nofrakkingconsensus.com/wp-content/uploads/2020/06/NCA2018_page6_RCP8dot5.pdf

Le Times n’a pas non plus informé pleinement les lecteurs de Michael Oppenheimer, cité dans cet article. Il n’est pas seulement « un professeur de géosciences et d’affaires internationales à Princeton », comme le Times le décrit. Au contraire, comme le montre clairement sa biographie en ligne, il « a rejoint l’Université de Princeton après plus de deux décennies avec l’Environmental Defence Fund (EDF), une organisation environnementale non gouvernementale, où il a été chef scientifique et directeur du « Climate and Air Program ». Un homme qui a passé deux décennies sur la masse salariale d’une riche organisation militante dominée par des avocats ne peut pas être considéré comme un scientifique impartial. Il a un point de vue précis, un objectif. Le public a le droit de le savoir. Autres liens

Hausfather & Peters, Emissions – the ‘business as usual’ story is misleading

Changement climatique : le problème des 75 % selon Bill Gates

Bill Gates tient un blog (gatesnotes) et on y trouve des pépites comme celle qu’il a laissé le 17 Octobre 2018 et que je relate ici. Quelles innovations viennent à l’esprit quand on veut combattre le « réchauffement du climat » partant du principe que ce réchauffement est provoqué par le CO2 rejeté dans l’atmosphère par l’activité humaine ? Il vient immédiatement à l’esprit que les moulins à vent et les panneaux solaires c’est exactement ce à quoi presque tout le monde pense. Les prix des turbines des éoliennes et des panneaux solaires ont considérablement diminué ces dix dernières années et de nombreux pays ont décidé que ces sources d’énergie électrique contribueront à la maîtrise du climat. C’est une bonne nouvelle pour les pays qui sont très ensoleillés ou qui sont traversés par des vents constants. Mais la nuit et sans vent il y a un problème toujours pas résolu et qui ne le sera peut-être jamais : on ne sait pas stocker l’énergie électrique à grande échelle et il faudra peut-être attendre des dizaines d’années pour voir apparaître des technologies permettant de maîtriser ce problème.

En réalité, comme le souligne Bill Gates, et il a raison, la production électrique dans le monde n’est responsable que de 25 % des émissions du CO2 accusé d’être la cause du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. Si toute l’énergie électrique produite devenait par un coup de baguette magique totalement exempte de rejets de carbone par quel autre coup de baguette magique pourra-t-on gérer les 75 % de rejets de CO2 restant ? Selon l’IPCC il y a urgence et dans dix ans il faudra disposer de technologies adéquates pour atteindre les objectifs fixés d’une réduction de 80 % des émissions de carbone à l’horizon 2050.

D’où proviennent les émissions de carbone ? Je ne sais pas si le vieux Bill est végétarien mais le graphique qu’il a mis sur son blog laisse rêveur :

Capture d’écran 2019-01-05 à 12.25.57.png

À noter que les flatulences et les pétulences des animaux à corne sont considérées comme des gaz à effet de serre et sont exprimées ici en équivalents de CO2, ce qui fait que l’agriculture représente 24 % des émissions (en équivalent) de carbone. Si Bill Gates était honnête avec lui-même il devrait soustraire de cette estimation tout le carbone immobilisé sous forme d’herbe, de maïs et d’autres aliments proposés au bétail par la photosynthèse végétale … Il est raisonnable de penser que le bilan global en carbone de l’élevage est proche de zéro. Il n’empêche que des commandos de « vegans » n’en pensent pas moins et organisent des actions terroristes à l’encontre des boucheries et des abattoirs pour sensibiliser l’opinion au problème des pêts des bestiaux !

Bill Gates a bien appris sa leçon (?) quand il prétend que les transports ne représentent que 14 % des émissions de carbone et les bâtiments avec des gens qui y vivent ou y travaillent seulement 6 % de ces émissions. Naturellement Gates ne cite pas ses sources, il a probablement sorti ces chiffres de son chapeau. Quant à quantifier l’industrie de seulement 21 % des émissions totales de carbone, on peut encore se poser des questions. Gates, qui est un grand voyageur dans son jet privé considère que le poste d’émissions de carbone transports est fortement alourdi par les bateaux, les avions et les camions, ben voyons !

Finalement en dehors des oeuvres humanitaires supervisées par son épouse Melinda, le vieux Bill écrit n’importe quoi.

Source et illustration gatesnotes daté du 17 octobre 2018