COP21 : Crise du carbone en Europe !

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Quelques heures avant le début du raout mondain COP21 qui doit statuer sur l’avenir des émissions de carbone et sur la manière la plus profitable de les taxer la Commission Européenne a mis en ligne un document étrange dont voici en capture d’écran l’introduction (voir le lien).

En 2014 malgré une augmentation du produit intérieur brut européen de 1,4 % les émissions de carbone de l’Europe ont diminué de 5,4 % par rapport à 2013. La France a été le meilleur troisième élève après la Slovaquie et le Royaume-Uni avec 8,4 % d’émissions en moins. Je ne suis pas économiste ni introduit dans les couloirs de la Commission mais ces données laissent franchement rêveur. Le document tente de se rattraper en « suggérant » que cette baisse s’explique par une chute de 4,5 % des émissions industrielles, y compris le secteur de l’énergie, un hiver particulièrement doux qui a réduit la demande pour le chauffage de 10 % et une diminution de 0,5 % de la consommation de carburant pour les automobiles.

Comment les fonctionnaires de la Commission font-ils leur calcul, c’est là la question et elle mérite un examen critique sérieux. Prenons les trois combustibles fossiles les plus utilisés en considérant que le charbon c’est 100 % de carbone, et les combustibles liquides pour automobiles et chauffage sont constitués de 100 % d’octane pour simplifier les calculs. Une tonne de charbon produit 3,6 tonnes de CO2, une tonne de gaz naturel produit 2,7 tonnes de CO2 et une tonne de combustible liquide produit 3 tonnes de CO2. C’est d’ailleurs sur cette base qu’on considère le gaz naturel comme le « moins polluant » et le charbon le « plus » polluant, ce qui ne veut strictement rien dire. Ces calculs ne sont pas rigoureux mais ils donnent une bonne idée de l’ordre de grandeur des milliards de tonnes de CO2 émis par l’Europe, 7,1 tonnes par habitant et par an en 2014 …

Il a donc fallu compiler tous les tonnages de combustibles fossiles utilisés en Europe pour arriver aux données présentées dans ce rapport car il n’y a pas d’autre protocole de calcul possible.

On ne peut que constater qu’après tout l’Europe est déjà un très bon élève dans la préservation du climat et qu’elle n’a que faire de cette COP21 puisque les émissions de carbone sont maintenant de 23 % inférieures à celles de 1990 !

Mais en réalité ces statistiques, si elles sont rigoureusement exactes, font ressortir que l’Europe est en récession, beaucoup plus gravement qu’on ne le dit, car qui dit baisse de la consommation d’énergie sous-entend une baisse de l’activité économique et ce maigre accroissement de 1,4 % du produit intérieur brut européen pour l’année 2014 n’est qu’un miroir aux alouettes alimenté par la planche à billets de la Banque Centrale Européenne. D’autre part il est pour le moins hasardeux de considérer que les moulins à vent et les panneaux solaires ont contribué à cette baisse d’émission de CO2 à moins qu’au cours de l’année 2014 il y ait toujours eu un vent soutenu et que Soleil ait brillé 24h/24, ce que ce document ne mentionne pas …

Comme je le disais dans un précédent billet de ce blog on nous ment sans aucune espèce de retenue ni de honte. C’est quand le début de la grande crise ?

Source : https://ec.europa.eu/jrc/en/news/global-growth-co2-emissions-stagnates

La gigantesque gabegie de l’écologie politique française

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En dehors de la Suède, si on considère que la Californie est un Etat au même titre par exemple que l’Espagne ou la France, cet « Etat », donc, est le deuxième meilleur élève au monde dans le classement des émissions de carbone après … la France ! Le classement se fait en considérant le nombre de dollars générés dans le produit intérieur par unité de carbone émis dans l’atmosphère. Les incitations de l’Etat de Californie à développer des technologies moins voraces en énergie ont porté leurs fruits puisqu’en 25 ans la quantité totale d’énergie consommée a diminué de 20 % alors que durant la même période l’économie s’est accrue de 40 %.

Dans cette optique la Californie s’est engagée à poursuivre sa politique d’efficacité énergétique et de développement de l’énergie photovoltaïque dans les zones désertiques ainsi que l’optimisation de la smart-grid électrique en d’autres termes la mise en place d’un réseau intelligent de distribution de l’électricité. La société Pacific Gas and Electric (PG&E) produit déjà 50 % de son électricité à partir de sources n’émettant pas de carbone : nucléaire et hydroélectrique. Un autre volet est l’incitation à l’achat de voitures électriques. Le parc de voitures électriques californien représente déjà plus de 30 % de tous les véhicules de ce type dans le monde.

Qu’en est-il en France ? La politique politicienne électoraliste de Hollande a conduit à décider de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et cette décision est sans appel comme vient EDF de se le voir signifier sèchement par Ségolène, fermeture devant être effective dès la mise en fonctionnement de l’EPR de Flamanville. Or EDF a constaté que la construction de cette usine a encore pris du retard et qu’il est inenvisageable qu’elle puisse être raccordée au réseau avant au mieux 2020, au mieux voulant dire s’il n’y a pas d’autres retards comme pour l’EPR de Finlande dont la construction accuse un retard de 10 ans ! Alors que la France compte 35 millions de véhicules automobiles et que la puissance moyenne de ces derniers est de 136 chevaux, soit 100 kW, (ou encore 50 fers à repasser !) les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim permettraient de recharger chaque jour 9 millions de voitures électriques dans l’hypothèse où ces dernières ne seraient utilisées que 2 heures par jour, c’est-à-dire comme le quart du parc de véhicules de tourisme français. Quand on sait que près de 40 % des émissions de carbone françaises proviennent des véhicules automobiles, on peut raisonnablement se demander de quelle manière les écologistes, dont l’emblématique Ségolène, raisonnent. Ça ne doit pas être très clair dans leur tête : seule l’idéologie est importante, les réalités économiques passent au second plan. L’histoire récente fourmille d’exemples catastrophiques de ce genre quand on mélange l’idéologie et l’économie.

Elon Musk est un entrepreneur visionnaire et ce n’est pas un idéologue, CQFD.

Source : San Francisco Gate ( blog.sfgate.com/ ) et (re)voir aussi les billets de ce blog datés du 17 février 2012 et du 18 mars 2014, illustration Tesla modèle S