Un bébé avec deux mamans et un papa !

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C’est après avoir eu deux enfants souffrant d’une maladie génétique grave véhiculée par l’ADN mitochondrial qu’un couple de Jordaniens a décidé de recourir à une expérimentation maintenant bien maitrisée avec des singes en laboratoire : faire appel à une mère donneuse d’ovocyte pour que l’enfant à naître soit exempt de cette maladie. Il s’agit d’une donation de mitochondries puisque ces organites sub-cellulaires fournisseurs d’énergie ne sont transmis que par la mère. L’ADN des mitochondries ne code que pour 37 gènes et si l’un d’entre eux porte une mutation, celle-ci est en général létale car elle entraine de graves troubles du métabolisme énergétique.

L’oeuf de la mère donneuse a donc été débarrassé par micromanipulation de son gamète (ou noyau) puis dans lequel a été implanté celui de la mère génétique. Le nouvel oeuf ainsi produit contenait donc des mitochondries saines provenant de cette « mère » donneuse. L’oeuf a alors été fécondé par les gamètes du père (les spermatozoïdes) et l’oeuf fécondé a été implanté dans l’utérus de la mère biologique. La grossesse s’est déroulée normalement et le corps médical a attendu quelques mois après la naissance pour être certain que l’enfant ne souffrait pas de cette mutation qui avait été transmise auparavant à deux reprises à deux de ses enfants décédés l’un à l’âge de six ans et l’autre à 8 mois. Il s’agit d’un cas relativement rare car l’incidence de la transmission d’une telle mutation est de l’ordre de 1 % malgré le fait que la mère possède pourtant près du quart de ses mitochondries porteuses de cette mutation et par conséquent défectueuses. Il s’agit du syndrome de Leigh qui atteint le système d’oxydation des mitochondries entrainant une acidose fatale à relativement court terme due à l’accumulation d’acide lactique dans le sang et le liquide céphalo-rachidien et provoquant des dommages généralisés tant musculaires que neurologiques conduisant à une mort rapide.

Les parents se sont adressé au New Hope Fertility Center de New-York et la « manipulation » mitochondriale proprement dite a été effectuée au Mexique car elle est interdite aux USA. Ce n’est pas une première mondiale car d’autres enfants sont nés de « deux » mères et d’un père mais seul un quart de ces enfants particuliers purent survivre. La manipulation effectuée à Londres fut en effet un peu différente dans la mesure où l’ovocyte de la mère biologique fut vidé de son contenu cytoplasmique qui fut remplacé par celui d’une « mère » donneuse de mitochondries. Le problème dans ce cas est qu’il reste trop de mitochondries défectueuses dans l’ovocyte ainsi manipulé. L’approche choisie par le Docteur John Zhang du New Hope Fertility Center semble donc être la mieux adaptée pour cette thérapeutique génétique d’un nouveau genre.

Source : New Scientist

Implantation de l’embryon, comment ça marche

Normalement l’ovocyte est fécondé par un spermatozoïde dans la trompe de Fallope et l’oeuf fertilisé ou zygote séjourne entre trois et six jours dans ce tube où il ne trouve normalement pas à s’implanter. Ce n’est qu’après une petite semaine que le zygote commence à se structurer pour pouvoir reconnaître l’endomètre, la paroi interne de l’utérus, et s’en accommoder pour trouver les nutriments nécessaires à son développement ultérieur. Il faut dire que ces derniers huit jours l’oeuf fécondé a vécu sur ses propres réserves et a parcouru le chemin inverse de celui parcouru par les spermatozoïdes, tout de même quelques dizaines de kilomètres pour un adulte, en courant parce qu’il a urgence. L’oeuf fécondé s’est peut-être laissé porter par quelques sécrétions dans la trompe mais tout de même, il faut vite trouver à se nourrir. C’est ce caractère d’urgence qui fait que parfois le zygote s’implante par erreur dans la trompe et c’est la catastrophe assurée pour la mère.

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On n’avait jusqu’à présent pas la moindre idée du mécanisme d’implantation du zygote dans l’endomètre et on n’avait jamais vu sous un microscope comment les choses se passaient réellement. Pour bien comprendre ce processus il faut d’abord se souvenir que le zygote, on ne peut pas vraiment parler d’embryon à ce stade, arrive dans l’utérus après cette longue marche au stade de multiplication de huit cellules entourées de la membrane originale de l’oeuf appelée le trophoblaste et il est carrément à l’étroit mais surtout il n’y a presque plus rien à manger !

A ce stade le zygote est appelé morula. C’est un peu compliqué mais les scientifiques aiment bien donner un nom à toute chose pour s’y reconnaître et ne pas se compliquer la vie. Au cours d’une fécondation in vitro, les techniciennes de la clinique observent le zygote avec un loupe binoculaire à fort grossissement et quand il arrive à ce stade de huit cellules il est implanté dans l’utérus de la mère. Il faut maintenir l’oeuf fécondé pendant plus de cinq jours en culture pour arriver à ce stade, un peu comme cela se passe dans la réalité, c’est-à-dire tout au cours de ce voyage le long de la trompe de Fallope. Après l’implantation c’est la nature qui fait le reste et on ignore comment ça se passe au niveau cellulaire. En quelques heures seulement, le zygote prêt à s’implanter et qu’on appelle maintenant le blastocyste subit des changements considérables pour se préparer à l’implantation parce qu’il y a urgence, je l’ai déjà dit. Dans le même temps l’utérus ou plutôt l’endomètre reçoit des signaux chimiques de la part du blastocyste, pardon du morula, qui est très occupé de son côté à se transformer en blastocyste, pour accueillir l’embryon. Ces signaux, très mal connus, induisent une production délirante d’hormone lutéinisante (LH) sécrétée par l’hypophyse qui prépare l’endomètre à recevoir le blastocyste. C’est un peu compliqué mais c’est toujours comme ça avec le vivant. Et l’instant est critique car juste au moment où il va s’implanter le trophoblaste éclate, on pourrait dire en d’autres termes que le petit poussin sort de son œuf et va se mettre bien au chaud sous les plumes que constitue l’endomètre.

Pour voir comment les choses se passent, une équipe de biologistes de l’Université de Cambridge a eu l’idée géniale de reconstituer in vitro un endomètre avec un gel et un milieu de culture cellulaire rappelant les conditions existant in vivo dans l’utérus. Le gel présentait la même élasticité et porosité que l’endomètre. Mais pour pouvoir suivre l’évolution du blastocyste juste avant et pendant cette implantation cette fois in vitro, il a fallu imaginer un gel transparent pour pouvoir effectuer des observations visuelles au microscope et réaliser un film des évènements. Le blastocyste plus ou moins sphérique se restructure avant d’entrer en contact avec l’endomètre et forme un amas de cellules en forme de coins provenant de l’enveloppe (le trophoblaste) sur le point d’éclater et ce sont ces cellules qui envahissent l’endomètre artificiel qui a été imaginé par le Docteur Magdalena Zernicka-Goetz à Cambridge. Ces cellules s’organisent en rosette (voir la photo ci-dessous) et participent donc à une sorte de fusion entre le trophoblaste et l’endomètre pour constituer ensuite le placenta grâce auquel l’embryon va pour survivre et se développer. Tout ce processus ne dure que quelques heures et le moindre faux pas est fatal pour l’oeuf fécondé, mais comme on a coutume de le dire la nature fait bien les choses y compris quand il s’agit de processus aussi complexes. Tous les évènements ont été suivi par microscopie en fluorescence à l’aide d’anticorps dirigés spécifiquement contre diverses protéines et eux-mêmes marqués à l’aide de molécules fluorescentes. Reste à déterminer comment les cellules du trophoblaste communiquent entre elles pour former cette rosette qui est une sorte de plantoir qui implante littéralement l’embryon dans l’endomètre !

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L’illustration montre à quoi ressemble un embryon de souris de 4 jours, disons 8 jours pour l’homme, au moment précis de l’implantation. Les cellules colorées par fluorescence en rose proviennent du trophoblaste et forment ce que le Professeur Zernicka-Goetz appelle une rosette. Les autres cellules du trophoblaste sont colorées en bleu et recouvertes de vert, coloration par fluorescence avec des anticorps spécifiques d’une glycoprotéine présente à la surface du blastocyste. Au centre de l’image, en bleu, on reconnaît les cellules de l’embryon au stade post-morula.

Les choses ne se passent donc pas du tout comme on le croyait, il n’y a pas mort des cellules du trophoblaste mais restructuration de ce dernier pour former la rosette et l’ensemble de cette restructuration se fait dynamiquement en mettant en jeu une série de protéines de structure dont des micro-fibrilles qui participent à la modification architecturale de la morula pour former le futur embryon.

Mes lecteurs noteront qu’en ces temps où il n’y a rien d’autre à faire que de débattre de grossesse pour autrui, un business qui se développe en Espagne – 25000 euros pour une GPA c’est bon à prendre – je n’ai pas parlé d’embryon avant l’implantation car pour ma part l’embryon n’a une existence réelle que quand il est devenu dépendant de la mère. Tout défaut dans le processus d’implantation conduit en effet à sa mort et l’embryon n’a donc pas d’existence avant l’implantation. C’est un point de vue que je ne partage naturellement qu’avec moi-même !

Pour les curieux, un très bel article richement illustré : http://download.cell.com/pdf/PIIS0092867414000750.pdf?intermediate=true

Source : Cambridge University News

La femme différente de l’homme ? Pas tant que ça …

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Cette comparaison de fonctionnement entre le cerveau masculin et le cerveau féminin est un pavé dans la mare égalitaire des NVB, NKM, MLP et autres néo-suffragettes qui sévissent dans le paysage politique français ou ailleurs et qui sont persuadées qu’« elles ont des couilles » comme les hommes. Pour ne rien cacher à mes lecteurs, c’est énervant. Certes, la Miss Lagarde est à la tête du FMI, une autre Miss va diriger la FED, Bernanke doit en manger sa barbe, et enfin la toute dernière Miss promue l’est à la tête de General Motors. En France, il y a eu Anne Lauvergeon dont on ne peut que reconnaître la compétence à la tête d’AREVA puisqu’elle a initié un certain nombre de projets qui sont en cours de concrétisation. Mais ces super-néo-suffragettes de l’industrie et de la finance sont des exceptions qui confirment la règle maintenant illustrée par résonance magnétique nucléaire fonctionnelle que le cerveau de la femme ne fonctionne pas comme celui de l’homme. Inutile de s’étendre sur ce type de résultat qui est, selon mon humble avis que je ne partage qu’avec moi-même, sinon contestable du moins superficiel car le cerveau est une machine extraordinairement complexe et ces études par IRM ne font qu’effleurer son fonctionnement.

Pour le reste, à l’évidence encore qu’apparente, la femme est différente de l’homme. En partant du cerveau, on trouve en descendant une paire de seins chez la femme alors que l’homme ne possède que de ridicules glandes mammaires complètement atrophiées avec un téton tout aussi ridicule mais cependant sensible aux excitations comme celui de la femme. Si on continue à descendre, il n’est pas nécessaire de prendre une loupe pour se rendre compte que la grande différence entre l’homme et la femme réside dans le fait qu’elle n’a pas d’organes sexuels externes visibles alors que l’homme exhibe fièrement son « service trois pièces ». Chez la femme tout est à l’intérieur, chez l’homme tout ou presque est à l’extérieur. L’explication n’est pas aussi simple qu’il y paraît car après tout dans les premiers jours de la vie embryonnaire bien malin celui qui pourrait dire sans se tromper, juste par le regard, si ce minuscule morceau de chaire va devenir un homme ou une femme. Et pourtant …

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Quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que si le sexe d’un homme ne ressemble en rien à celui d’une femme, pour des raisons fonctionnelles, il existe tout de même des ressemblances pas troublantes du tout puisqu’elles sont là pour rappeler une origine embryonnaire commune. Le premier détail est la présence du clitoris chez la femme, ou au moins sa partie visible, l’équivalent du gland de l’homme. Ces deux « organes » sont particulièrement innervés et donc sensibles au moindre contact intentionnel. Le clitoris n’est que la partie émergée, si l’on peut dire, non pas d’un iceberg, tout au contraire, mais d’un ensemble complexe dissimulé de part et d’autre de l’entrée du vagin qui n’est pas sans rappeler les corps caverneux du pénis de l’homme. Tous deux sont des tissus spéciaux dits érectiles et cette propriété a pour but chez la femme d’accroître la sensibilité du clitoris et chez l’homme de conduire à une fermeté du pénis afin qu’il soit apte à être introduit dans le vagin pour y déposer le plus près possible du col de l’utérus les gamètes nécessaires à la reproduction. Ce sont d’ailleurs prosaïquement les seules fonctions très finalistes du pénis et du vagin, ce dernier étant destiné à recevoir le premier pour l’accomplissement optimal de la fonction de perpétuation de l’espèce. Et les femmes en sont bien conscientes puisqu’elles savent très bien que leur vagin est pratiquement insensible et n’a pas pour fonction première de participer à la recherche du plaisir en dehors peut-être de son entrée, elle-même entourée de ces corps caverneux reliés au clitoris. Cette remarque purement anatomique pourrait donc expliquer que le pénis participe de loin à l’apparition du plaisir chez la femme en stimulant mécaniquement les prolongements caverneux du clitoris.

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Si on s’attarde sur la recherche d’autres convergences anatomiques a priori pas évidentes entre le sexe féminin et le sexe masculin, l’épiderme des petites lèvres de par son aspect n’est pas sans rappeler celui du scrotum, le sac qui contient les testicules, tout simplement parce que l’origine embryonnaire est la même mais la finalité différente. Les bourses, chez l’homme, pourquoi utiliser le pluriel pour définir cette partie des attributs sexuels de l’homme est une question à la quelle je ne trouve pas de réponse, on pourrait tout aussi bien dire « la bourse » (à l’instant où j’écris ce billet le CAC 40 est en progression de 0,54%), c’est cet sac qui peut être plissé au point d’avoir l’air d’être contracté à un moment puis être franchement relâché quelques minutes plus tard. Ces modifications perceptibles ont pour fonction de réguler la température du contenant, c’est-à-dire des testicules qui requièrent pour leur bon fonctionnement un environnement constant ou presque. Juste pour preuve de ce que j’avance sans avoir vérifié mes dires dans des articles spécialisés, allez vous baigner dans une eau fraiche et observez « votre » bourse (le CAC 40 pourrait inverser sa tendance haussière comme la courbe du chômage), elle est toute plissée, mettez vous au soleil et tout semblera se relâcher afin d’offrir plus de surface d’échange pour éliminer le surplus de chaleur. En est-il de même avec les petites lèvres, il faut demander à une femme de répondre car je n’ai jamais eu l’occasion de faire ce genre d’observation détaillée. L’illustration jointe ici est tirée de Wikipedia dont l’article (tapez labia dans Google et vous arrivez au site) ne fait aucunement mention de ce type de comportement des petites lèvres. Si le scrotum et les petites lèvres ont la même origine embryonnaire la seule fonction qu’on peut raisonnablement trouver aux petites lèvres est de protéger l’entrée du vagin quand elles se collent l’une à l’autre, disons quand le sexe est au repos. Enfin, on n’est pas loin de la réalité en affirmant que le scrotum (« la bourse ») était à l’origine (embryonnaire) formé de deux petites lèvres qui ont fusionné puisqu’un fin bourrelet serpente au milieu du scrotum attestant cette fusion alors que l’embryon n’était ni homme ni femme.

Une autre similitude lointaine qui rapproche les sexes de l’homme et de la femme dans leur morphologie et, pourrait-on dire, leur fonctionnement est la présence des sphincters striés qui contrôlent l’urètre. Chez l’homme, l’un d’eux favorise la recherche de l’érection et chez la femme il entraine par sa stimulation volontaire celle d’un réseau musculaire entourant l’entrée du vagin et donc intimement (pardonnez moi l’utilisation non intentionnelle de ce mot) lié aux corps caverneux cachés reliés au clitoris. Cette stimulation volontaire constitue un élément important chez la femme dans la recherche de son plaisir lorsqu’elle fait l’amour ou recherche son plaisir avec un accessoire ressemblant à un pénis (voir la photo d’un pénis issue également de Wikipedia) ce qui permet entre parenthèses à n’importe quelle femme de découvrir les fonctionnalités cachées de son sexe et de sa sexualité.

Résumons ; au tout début du développement de l’embryon, il n’y a ni homme ni femme, en fait plutôt une femme puisqu’après tout l’homme est à moitié femme car il possède un chromosome X (les féministes vont applaudir et je ne leur en voudrai pas). Une ébauche de pénis apparaît, elle se sépare en deux et son extrémité va devenir un clitoris tandis que ses deux moitiés vont ménager un espace pour le vagin. Chaque bordure de cette séparation va devenir les petites lèvres chez la femme et le scrotum chez l’homme. Quant aux poils pubiens qui n’apparaissent qu’à la puberté, je me demande toujours à quoi ça peut bien servir …

Tout compte fait, si le cerveau de l’homme et de la femme ne fonctionnent pas tout à fait de la même façon, en ce qui concerne le sexe, les similitudes anatomiques et d’origine embryonnaire sont étrangement troublantes et hormis la fonction liée à la procréation, clé-serrure ou pénis-vagin, autant la femme que l’homme disposent de tous les équipements nécessaires et suffisants pour allier cette fonction à la recherche du plaisir.

Bonne soirée …