La polémique s’amplifie après l’article de ELLE

Comme je le signalais dans un précédent billet (voir le lien), le magazine de caniveau ELLE s’est cru obligé, à la une pour bien faire passer le mensonge, de relater les délires d’une inconnue qui a cru bien faire d’attribuer une allergie alimentaire au maïs génétiquement modifié.

Elle-piece

Comme il est tout à fait probable que le comité de rédaction de ELLE (USA) n’a pas en son sein de scientifiques susceptibles d’avertir que telle ou telle publication pourrait donner lieu à une polémique négative pour son image (comme le Point.fr d’ailleurs qui a laissé sortir l’article ridiculement polémique de Consigny (voir mon billet de ce jour)) la réaction ne s’est pas fait attendre. Des milliers de témoignages et de protestations se sont manifesté, dénonçant la totale irresponsabilité du magazine ELLE (que je classe toujours comme de la presse de caniveau) qui s’est permis de faire l’apologie du mal que représentent les plantes génétiquement modifiées sans aucune évidence fermement appuyée sur des arguments scientifiques dûment prouvés. Depuis près de 20 ans que les divers maïs transgéniques sont cultivés aux USA (aujourd’hui plus de 90 % du maïs est génétiquement modifié en Amérique du Nord) jamais aucune pathologie n’a pu être directement reliée à ces plantes, que ce soit l’American Medical Association, la National Academy of Sciences, le National Institute of Health, ou encore la très parisienne Académie des Sciences et la très londonienne Royal Society, aucune de ces sociétés savantes qu’on ne peut en aucun cas accuser de collusion avec l’ennemi désigné par les écologistes qu’est la firme Monsanto, n’a pu démontrer de manière évidente que les plantes génétiquement modifiées avaient un effet délétère sur la santé. Aucun article scientifique soumis à revue par des pairs (peer review) n’a pu montrer (sauf cet escroc de Séralini cité par Forbes) un quelconque effet négatif de ces cultures. Le retour d’expérience est maintenant de près de 20 ans, beaucoup plus en temps et en volume que le retour d’expérience de certains médicaments contre lesquels je me suis exprimé comme les statines et certains anti-diabétiques. Mais qu’à cela ne tienne, une dizaine d’années de commercialisation et ce sont des dizaines de milliards de dollars de profits pour les grandes firmes pharmaceutiques. Il est totalement inconcevable que Monsanto ait pu prendre le risque insensé d’inonder la moitié de la planète avec des plantes transgéniques sans en avoir au préalable prouvé l’innocuité. Le magazine ELLE s’est fait proprement piéger par une comploteuse décidée à poursuivre Monsanto. Je cite un passage d’un article de Forbes : « In the course of reporting the piece, Shetterly spoke with a number of researchers and medical professionals who told her they couldn’t go on the record about their doubts about GMOs because they feared being sued by a biotech or agriculture company, or losing grant money provided by the private sector,” Elle writes. This is a tired but familiar anti-GMO allegation, absorbed by Shetterly and her editors at Elle. No responsible journalistic organization would dare make such a sweeping claim without actual evidence. » Ce qui peut se traduire et se résumer ainsi : Shetterly – la personne qui a lié son allergie alimentaire (oesophagite à éosinophiles) au maïs transgénique – a argumenté son cas auprès d’un grand nombre de personnalités médicales sans être entendue car des dernières craignaient de perdre tout appui financier de la part du secteur privé. Cette affirmation a été reprise par les éditeurs de ELLE et est en quelque sorte au cœur du « délit » et le journaliste de Forbes conclue en disant (si vous êtes anglophone ma traduction n’est pas littérale) qu’aucun journal ne prendrait un tel risque sans évidence (scientifique) prouvée. Mais le débat n’est pas clos, pour preuve il sert de nouvel écran de fumée en France après la décision du Conseil d’Etat d’annuler l’interdiction de culture du maïs MON810 ou maïs Bt. Reste à espérer que le débat à venir sera d’un niveau un peu plus élevé que le caniveau … Mais on peut en douter !

corn

Source et crédits photo : Forbes

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/09/la-presse-de-caniveau-elle-sempare-des-ogms-aux-usa/

La presse de caniveau (ELLE) s’empare des OGMs (aux USA)

Il y a eu Séralini en France qui a fristouillé ses résultats pseudo-expérimentaux pour faire passer son message idéologique d’anti-OGM comme pour plaire aux députés, sénateurs et autres ministres faucheurs de maïs  également anti-OGM viscéraux, il y a maintenant aux USA un allergologue qui y va à grandes louches démagogiques sans aucun fondement scientifique pour avancer le fait que les OGMs sont allergènes. Sa démarche est exemplaire dans sa malhonnêteté car, diagnostiquant une dermatose à éosinophiles chez une patiente, et ne trouvant aucun allergène (parmi des milliers répertoriés et disponibles en ligne pour le corps médical et le vulgum pecus : AllergenOnline, Université du Nebraska, Lincoln) auquel était sensible sa patiente en a conclu qu’elle était tout simplement allergique au maïs transgénique sans aucune autre forme d’investigation médicale. La patiente en question a relaté son expérience dans ELLE, un magazine américain lu par des millions de femmes partiellement ou totalement décérébrées qui ont immédiatement, il fallait s’y attendre, gobé l’information sans même prendre la peine de la digérer, je veux dire qu’elles ont pris pour argent comptant ce qu’elles lisaient. ELLE existe aussi en français, en espagnol et en d’autres langues pour satisfaire d’autres décérébrées sur tous les continents. Bref, pour déplaire aux détracteurs des OGMs, je préfère parler de plantes transgéniques, le terme est plus approprié et je vais expliquer à mes lecteurs pourquoi je vais ce distinguo lexical. Par OGM, on entend des plantes effectivement transgéniques, c’est-à-dire des plantes dont on a modifié de manière ciblée un de leur gènes, ou plutôt l’expression de ce gène comme par exemple la sur-expression de l’EPSP synthase dans le cas des plantes RoundUp Ready qui deviennent ainsi résistantes à l’herbicide. Le deuxième cas de transgénèse est l’introduction d’un gène étranger comme celui de la toxine Bt (MON810) rendant la plante non pas totalement résistante aux ravageurs mais moins susceptible à ces derniers. La toxine Bt n’a aucun effet sur la santé humaine, allez demander à un agriculteur « bio » qui répand parfois manuellement de la bouillie hors de prix de Bacillus thuringiensis sur ses cultures afin de préserver le label « bio » pour son exploitation si ce traitement l’a rendu malade, il vous répondra que non. Maintenant il y a trois autres méthodologies pour obtenir des plantes génétiquement modifiées. Le croisement manuel ou hybridation afin d’atteindre un caractère bénéfique pour la plante, c’est très long, couteux et aléatoire car les chances d’obtenir une plante réellement améliorée sont infimes. Si on disposait de quelques millénaires on arriverait peut-être à produire des tomates cubiques et bleues comme il a fallu quelques millénaires de sélection manuelle pour obtenir le maïs qu’on connait aujourd’hui à partir du maïs ancestral toujours présent dans des contrées reculées d’Amérique centrale. Une autre technique, peu connue et pourtant utilisée sur des milliers de plantes, céréales, légumes, bananiers, caféiers ou cacaoyers, et j’en passe, consiste à cultiver sur des rangées concentriques ces diverses plantes dont on voudrait bien améliorer un caractère donné dans un immense champ circulaire au centre duquel se trouve une source de radioactivité intense placée sur une tour. En irradiant les plantes à des doses décroissantes selon leur distance à la source radioactive, on espère ainsi induire des mutations bénéfiques. Ce type d’approche est contrôlé et financé en partie par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, organisme plus connu pour se soucier du programme nucléaire iranien. Les résultats sont également aléatoires et il en va de même de la dernière technique consistant à appliquer directement à la plante des agents chimiques mutagènes (également mutagènes pour l’homme) et attendre de voir ce qui se passe. Or si les méthodes classiques de croisements par tâtonnements sont longues et souvent décevantes, les deux dernières approches, irradiation et agents chimiques, sont encore plus aléatoires mais certains risques sanitaires valent la peine qu’on se risque à ces approches. Si par exemple tous les bananiers disparaissaient à cause d’une infection virale ou fongique, il faudrait repartir de bananiers sauvages résistants et par sélection établir une nouvelle variété mais le processus risquerait de durer plusieurs dizaines d’années par les approches classiques. Si, par contre, on identifie les ou les gène(s) impliqués dans la résistance du bananier à la maladie de Panama (pour ne citer que cet exemple) en quelques mois on pourra être capable d’obtenir des plants de bananiers résistants par transgénèse. Et à n’en pas douter, les enjeux économiques sont tels que même les détracteurs viscéraux des OGMs ne pourront qu’accepter les faits. Pour en revenir à cet allergologue américain, il a laissé sa patiente relater dans les pages de ELLE son histoire qui n’est basée sur aucun argument scientifique ou médical prouvé, bien au contraire, des milliers d’articles parus dans les plus grands journaux scientifiques du monde entier relatant des études indépendantes sur les plantes transgéniques n’ont jamais mis en évidence d’allergies directement liées à la transgénèse et aux conséquences pouvant être induites sur le profil protéique de ces plantes. Jamais aucune étude, depuis maintenant 18 années, n’a pu démontrer d’une manière ou d’une autre que les dites plantes présentaient un quelconque danger pour l’homme ou l’animal ou encore les insectes pollinisateurs. Tous les arguments des écologistes sont des contre-vérités infondées et montées de toute pièce comme ce que vient de faire cet allergologue peu scrupuleux. On en arrive à créer de toutes pièces une sorte de dogme, comme je le mentionnais dans un précédent billet, qui doit être accepté comme tel à moins de passer pour politiquement incorrect. C’est exactement ce qui s’est produit avec les vaccins quand on a prétendu sans aucune preuve à l’appui que l’hydroxyde d’aluminium utilisé comme adjuvant initiait la maladie d’Alzheimer. Triste monde plongeant progressivement dans un obscurantisme moyenâgeux pour la plus grand satisfaction des écologistes hébétés intellectuellement et pour certains lecteurs assidus de ELLE.

Source : Slate