Nouvelles du Japon. Samedi 13 février, 23h08 temps standard du Japon

Ce samedi, comme tous les jours j’étais connecté pour une conversation vidéo avec mon fils depuis Tokyo. Ici il était 14 heures passé lorsque subitement l’image se figea et le son fut coupé. Moins d’une minute plus tard mon fils put rétablir la liaison et il m’annonça qu’une grosse secousse tellurique venait de secouer sa maison pendant plusieurs secondes. Son épouse dormait et ses enfants étaient chez leurs grands-parents. Il n’y eut pas de dégats en dehors de quelques objets tombés au sol et l’eau de l’aquarium dangereusement agitée mais sans avoir débordé. J’assistais donc en direct à un tremblement de terre comme il y en a presque quotidiennement sur l’ensemble de l’archipel à différentes magnitude. Naturellement nous nous remémorâmes le grand tremblement du 11 mars 2011. Ce jour-là marqua l’ensemble de la population du Japon et endommagea son industrie, un événement qui resta gravé dans les mémoires et ne laissa comme souvenir aux Occidentaux que l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi.

La secousse de ce 13 février 2020 fut de magnitude 7,1, située à 60 kilomètres des côtes de la Préfecture de Fukushima et à 60 kilomètres de profondeur. Il s’agit d’une nouvelle réplique du grand tremblement de terre du 11 mars 2011

Les Occidentaux ne comprennent pas que le Japon est exposé aux pires risques naturels. Il y a des tremblements de terre, près de 300 par an de toutes sortes d’intensité, des tsunami, des typhons, des vagues de froid sibérien, de très fortes chaleurs l’été. Il fut un temps où la malaria sévissait jusqu’à Tokyo. Elle fut totalement éradiquée à la fin des années 1960. Il est dès lors très facile de comprendre le rapport très particulier des Japonais avec la nature et ses forces indomptables. En Europe la moindre petite canicule ou la plus petite vague de froid font la une des journaux et dans certains pays de cette Europe totalement déconnectée des réalités des éléments naturels, une canicule procure vite un prétexte pour créer un impôt sécheresse, par exemple.

Bref, les Japonais vivent quotidiennement avec les éléments naturels. Les Occidentaux ont l’outrecuidance de se prétendre capables de maîtriser ces éléments naturels comme par exemple modifier l’évolution du climat : c’est pire qu’une délirante prétention, c’est idiot et dangereux pour le bien-être des populations. Mais il y a bien pire. Au cours de l’épidémie de SARS-CoV-2 le Japon, très respectueux de sa Constitution (plus ou moins imposée par le Général McArthur à la fin de la seconde guerre mondiale), n’a jamais outrepassé la loi. Il n’y a jamais eu de confinement, ni de couvre-feu, ni de fermetures autoritaires des magasins, des universités ou des écoles. À ma connaissance seuls les bars à filles ont été fermés et les écoles ont été également fermées quelques semaines au printemps 2020. Le port du masque dans les lieux publics est laissé à l’appréciation de chacun. Le japon est un autre monde …

Dernière nouvelle : à 18h27, heure standard du Japon, ce dimanche 14 février un tremblement de terre de magnitude 4,5 a eu lieu au même endroit que la veille, la vie continue.