Crise climatique. L’énergie nucléaire, une réalité dérangeante

Crise climatique. L’énergie nucléaire, une réalité dérangeante

Ce billet est la traduction d’un commentaire de Milt Caplan, fondateur de la MZ Consulting, société spécialisée dans l’analyse des aspects économiques de l’énergie nucléaire. Caplan est également membre actif de la World Nuclear Association. Il a été invité à visionner en avant-première le dernier film d’Al Gore : « An Inconvenient Sequel : Truth to Power » (Une conséquence qui dérange : la vérité sur l’énergie). Voici son commentaire paru sur le site de World Nuclear News dans une traduction aussi fidèle que possible.

Tout en montrant des glaciers qui fondent et des évènements météorologiques extrêmes, il est fait état du développement des énergies renouvelables permettant d’entrevoir un futur accessible. Le film revendique le fait qu’il a y déjà des comtés et des petites villes qui sont presque 100 % « renouvelables » et il est fait mention de cette autonomie atteinte parfois durant quelques jours* (voir notes en fin de billet). Ce dernier point a été commenté à la suite de la publication récente du rapport très médiatisé et populaire de Mark Jacobson* qui prétend qu’en 2050 les USA seront 100 % « renouvelables ». Cet objectif ne peut tout simplement pas être atteint, et il est grand temps de se concentrer sur un plus large panier de solutions énergétiques qui peuvent réellement résoudre la crise du climat.

Après avoir vu le film (c’est Milt Caplan qui commente) je suis allé sur le site web du Climate Reality Project et je me suis enregistré pour recevoir des informations. Le premier message sollicitait les lecteurs pour une donation dans la rubrique « Science Matters » (la science : c’est important). Et en effet la science est importante. La science dit que l’énergie nucléaire produit de larges quantités d’énergie sans carbone, toujours disponible et à un prix modique. Dans les faits lorsque l’ouragan Harvey s’est abattu sur le Texas et a inondé Houston les deux réacteurs nucléaires du South Texas Project n’ont pas cessé de fonctionner et assuré la fourniture d’électricité. Si l’on veut résoudre la crise climatique alors toute la science est importante et pas seulement celle qui ne défend qu’un seul point de vue.

Cependant, il y a aussi d’importantes leçons à apprendre de ce film pour l’énergie nucléaire. Tout d’abord les mouvements écologistes de défense de l’environnement ont réussi une manoeuvre sémantique remarquable en associant le terme « renouvelable » à « faible empreinte carbone » et à « propre ». Ces trois mots sont devenus synonymes. Il y a peu de réactions du public quand ces mouvements activistes prétendent que les « renouvelables » sont LA solution à la crise climatique. En réalité c’est le terme « faible empreinte carbonée » qui est le plus approprié. Tous les pays qui font des projections ne mentionnent dans celles-ci que les renouvelables et non pas les énergies à faible empreinte carbone. S’il y avait réellement une crise du climat alors se limiter pour la juguler à la seule solution renouvelables et faible carbone ne pourra pas permettre d’atteindre ce but.

Il n’y a pas de doute : Al Gore est un champion très crédible du combat contre le changement du climat. L’énergie nucléaire n’a pas de tel orateur bien qu’il y ait des changements dans l’air. Il y a maintenant des organisations non-gouvernementales pro-nucléaire tout à fait crédibles. Al Gore propose des formations à ceux qui désirent devenir des défenseurs du climat avec des cours théoriques et des instruments de propagande. C’est ce dont manque l’industrie nucléaire. S’il y a déjà des sites de formation comme la Canadian Nuclear Association, le Nuclear energy Institute et les vastes ressources de la World Nuclear Association il faut faire encore mieux et il y a du travail sur la planche. Nous vivons aujourd’hui dans un monde de l’information et du visuel, il faut montrer des photos, des graphiques et des tableaux les plus parlants possible. Dans ces présentations il faudra également inclure des faits relatifs aux autres sources d’énergie bas carbone comme l’éolien et le solaire ainsi que des informations sur des pays comme l’Allemagne dont la politique énergétique va à la catastrophe.

Pour conclure, si le film de Gore est exact et que le monde court à la catastrophe climatique, il est complêtement insensé de ne pas utiliser toutes les options disponibles pour contourner cette crise. Se limiter aux seules options clairement insuffisantes est irraisonné, c’est même de la folie. Il faut être dérangeant et demander que le nucléaire joue un rôle significatif dans ce combat pour sauver le climat et que cette source d’énergie fasse la différence parce que la réalité dérangeante est au contraire que le tout-renouvelable ne peut en aucun cas être la solution. Il faudrait demander aux organisations de défense de l’environnement si la décarbonisation est bien leur enjeu réel. Imaginons un instant un monde soudainement 100 % nucléaire y compris avec un parc automobile 100 % électrique, il n’y aurait alors plus aucune émission de carbone (voir note) alors la crise climatique serait terminée. Est-ce qu’Al Gore considérerait cela comme une victoire ? Je n’en sais strictement rien …

Notes. 1. Mark Jacobson est Professeur d’ingéniérie environnementale à l’Université de Stanford. Il a publié en juillet 2017 un rapport qui a fait grand bruit dans les milieux militants écologistes, rapport qui prétend que les USA peuvent ne plus utiliser de combustibles carbonés à l’horizon 2050 en développant les énergies solaires, éoliennes et hydrauliques, seules sources, selon lui, d’énergies propres et renouvelables. Une utopie.

2. Dans le terme « propre » il s’agit d’une consommation zéro de combustibles carbonés fossiles. Des industries telles que les cimenteries continueront à émettre du carbone car le CO2 est un sous-produit fatal de cette production. Il en est de même pour le traitement des minerais de nombreux métaux qui sont pour la plupart des oxydes qu’il faut traiter avec un agent réducteur (terme de chimie), le plus souvent du charbon et parfois le bois, qui va fatalement produire du CO2.

3. L’exemple de l’Ile de El Hierro dans l’archipel des Canaries est caricatural dans le registre « renouvelable ». Des investissements pharaoniques en provenance en partie du Japon mais surtout de la Communauté Européenne pour une petite île dont la population atteint à peine 10000 habitants devaient être théoriquement bien utilisés, sur le papier du moins, pour fournir selon la propagande (voir le lien ci-dessous) 100 % de l’énergie électrique 365 jours par an. Un réservoir d’eau douce au niveau de la mer, un autre réservoir artificiel en altitude et pompage de l’eau douce (provenant d’une usine de dessalage, il faut le rappeler) quand des éoliennes et quelques panneaux solaires fonctionnent pouvant permettre un turbinage supposé constant et répondant à la demande, car la demande en électricité ne suit pas la vitesse du vent ni les alternances jour-nuit, devaient suffire à satisfaire les besoins en énergie de l’île. Après environ trois ans de retour sur expérience il s’avère que les groupes électrogènes n’ont jamais cessé de fonctionner. L’île n’a jamais réussi la prouesse d’être totalement « renouvelable » et il se consomme dans cette île autant de gasoil qu’il y a trois ans. Un bel exemple de l’ineptie totale – une vérité dérangeante – des énergies renouvelables qui ne sont, à l’évidence, pas adaptées au monde moderne et ne le seront jamais. Enfin, pourquoi le Japon a investi dans un tel projet ? Tout simplement pour tester en grandeur nature si une telle configuration pouvait être appliquée aux nombreuses petites îles de ce pays qui ne peuvent pas être reliées au réseau principal en raison de leur éloignement. L’expérience de El Hierro est un fiasco total et personne n’ose en parler ouvertement. Il est recommandé de masquer ce genre de catastrophe au public. Les installations finiront comme beaucoup d’autres projets « renouvelables » en ruine au milieu de nulle part.

Lien : https://static1.squarespace.com/static/57766ea7d482e9b4340d1531/t/57f4eaaed482e9ea7f3ff323/1475668686930/El+Hierro+Wind-Pumped+hydro+power+station%2C+Alberto+Castaneda+Quintero.pdf

Crise climatique : les biocarburants et les moulins à vent, une grosse arnaque idéologique

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Dans le registre des « énergies renouvelables » dont la finalité est de « sauver le climat » tous les spécialistes dans le domaine de l’énergie savent que les moulins à vent et les panneaux solaires ne pourront jamais remplacer une bonne vieille centrale électrique à charbon ou à uranium. Ces investissements ne servent qu’à pomper de l’argent du porte-monnaie des contribuables abrutis par la propagande écologiste pour enrichir des multinationales et des investisseurs qui se moquent totalement du « bilan carbone » désastreux de ces installations.

Mais il y a bien pire ! Dans la catégorie, donc, des renouvelables les biocarburants font figure de champions de l’escroquerie idéologique mise en place par les écologistes ultra-politisés qui imposent leurs délires aux gouvernements.

Venons-en donc aux biocarburants, essentiellement l’éthanol ajouté jusqu’à 10 % dans l’essence dans de nombreux pays dont par exemple le Brésil et les USA. Les biocarburants accélèrent le cycle naturel du carbone puisque le CO2 immobilisé par les plantes, canne à sucre ou maïs, est réémis instantanément à l’échelle géologique ce qui n’est évidemment pas le cas des combustibles fossiles immobilisés depuis des centaines de millions d’années dans la croute terrestre. En théorie, un concept défendu par les écologistes, le bilan carbone des biocarburants est nul. Pourtant toutes les études sérieuses réalisées par exemple au Laboratoire National d’Oak Ridge ou à la Duke University ont montré sans ambiguïté que ce n’est pas du tout la réalité. Dans le cas de l’éthanol produit à partir de maïs la prétendue « neutralité carbone » de ce biocarburant est un doux rêve : seulement 37 % du CO2 séquestré par la plante doit être effectivement pris en compte dans le bilan carbone si toutes les étapes de production du dit biocarburant jusqu’à l’utilisateur final sont prises en compte. en d’autres termes les biocarburants produisent deux fois plus de CO2 qu’ils ne sont supposés en économiser, si je peux me permettre d’utiliser une telle image.

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Les biocarburants à base de canne à sucre ou de maïs augmentent donc paradoxalement (pour les écologistes c’est le terme qui conviendra) la teneur en CO2 de l’atmosphère en perturbant le cycle naturel du carbone et en tenant compte du bilan global de leur production qui est pour le moins catastrophique. Il en est exactement de même pour le méthane produit à partir de biomasse de quelque provenance que ce soit. Le bilan carbone est tout aussi catastrophique. On se trouve donc devant une autre imposture organisée par les écologistes et reprise par les politiciens qui sont devenus totalement prisonniers de l’idéologie écologiste maintenant mondialisée : non seulement les contribuables de tous les pays vont se trouver appauvris pour financer ces énergies renouvelables mais ce n’est pas malgré ces efforts que le gaz carbonique atmosphérique, supposé présenter un effet de serre, diminuera, apparemment c’est le contraire qui se produit en ce qui concerne les biocarburants …

Pour ce qui concerne les moulins à vent, l’expérience de l’Ile d’El Hierro dans l’archipel des Canaries est l’exemple emblématique du fiasco idéologique des énergies dites renouvelables. Les moulins à vent étaient censés rendre cette île « propre » pour sa production d’électricité, c’est-à-dire n’utilisant que le vent … C’est effectivement du vent (!) car la consommation de fuel léger pour faire tourner les groupes électrogènes n’a pas diminué d’une goutte depuis la mise en place de l’installation très coûteuse supposée rendre cette île « zéro carbone ». À méditer.

Source et illustrations : Climate Central (climatecentral.org) et fermenteur de biomasse en Grande-Bretagne

Redressement improductif ! (Montebourg)

Montebourg veut une filière industrielle du stockage de l’électricité

PARIS – Le ministre du Redressement Productif Arnaud Montebourg a défendu jeudi la constitution en France d’une filière industrielle du stockage de l’électricité, un domaine jugé essentiel pour accompagner l’essor des énergies renouvelables.

Nous souhaitons constituer une filière industrielle du stockage, a déclaré le ministre devant un parterre de représentants des écoindustries, rassemblés à Bercy.

Il s’agirait de batteries, mais aussi de toute autre technologie (…) Franchement, je vois défiler dans mon bureau beaucoup d’idées extraordinaires qui sortent de l’esprit des entrepreneurs de France et qui me paraissent dignes d’intérêt, a indiqué M. Montebourg.

Le ministre a défendu une stratégie de soutien aux technologies émergentes par multifécondation, consistant à ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier.

Nous favorisons la multifécondation. Pour être sûrs d’avoir un bébé, comme dans la procréation médicalement assistée, c’est ce qu’on fait là, on est obligés de bombarder les ovules pour augmenter les chances de la naissance, a plaisanté le ministre.

Donc nous y allons très fort, le redressement productif prend tout son sens, a-t-il lancé, en déclenchant les rires.

Le stockage d’électricité à grande échelle est un des points faibles de l’équation énergétique mondiale. A moins d’utiliser de grands barrages hydrauliques et des batteries à la taille encore limitée, l’électricité doit être consommée en même temps qu’elle est produite.

Plusieurs énergies renouvelables comme le photovoltaïque ou l’éolien produisant de façon intermittente, le stockage d’électricité permettrait de ne pas avoir à recourir à d’autres moyens de production quand le vent ne souffle pas ou le soleil ne brille pas.

De nombreuses technologies –encore non compétitives– émergent depuis quelques années, souvent en consommant l’électricité pour produire un gaz, puis en réutilisant ce gaz pour générer du courant.


(©AFP / 04 avril 2013 11h47)

Je suis tombé par un heureux hasard sur cette dépêche d’agence surréaliste et truffée d’idioties tellement énormes que je me permets de mettre en doute les capacités intellectuelles du ministre du redressement contre-productif. Monsieur Montebourg devrait retourner dans son fief charolais peigner les vaches dans le sens du poil et cesser de se gonfler le jabot en racontant des imbécillités qui font à coup sûr sourire les professionnels de l’énergie dont les ingénieurs d’EDF. Il n’existe qu’un moyen de stockage de l’électricité réaliste et économiquement viable, le pompage de l’eau vers des barrages d’altitude ou des retenues collinaires suivi de turbinage pour produire l’électricité ainsi stockée sous forme d’énergie potentielle avec des rendements tout à fait satisfaisants et largement éprouvés (moins de 10 % de perte). Cette pratique est mise en œuvre par EDF en France depuis de nombreuses années et par toutes les compagnies de production d’électricité de par le monde quand la configuration du relief est favorable. Elucubrer à propos de batteries relève du délire, produire de l’hydrogène par électrolyse également car le stockage de l’hydrogène est lui-même énergivore.

Je reprends un des mots de Montebourg : « Donc nous y allons très fort, le redressement productif prend tout son sens », j’ai tenté de trouver une explication à ce trait d’humour mais je suis resté perplexe car il semble bien que Montebourg semble être détenteur de la science infuse des énergies nouvelles qui sont selon lui la seule alternative possible pour sauver l’humanité toute entière et en particulier les Français. Désolé Monsieur Montebourg mais vos déclarations tonitruantes sont un non-sens et vos grandes idées granguignolesques sont vouées à l’échec. Avant de parler, documentez-vous pour éviter le ridicule.

Pour information le Japon est sur le point de terminer une installation de stockage de l’énergie éolienne sur l’île de El Hierro (Canaries) en pompant de l’eau de mer dans une retenue en altitude. L’équipement résistant à l’eau de mer existe (pompe et turbine) et les Japonais n’ont pas envisagé un seul instant d’installer des batteries ou de procéder à l’électrolyse de l’eau pour produire de l’hydrogène, ils ont les pieds sur terre !