Hérodote n’avait pas rêvé …

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Il y a 2459 ans le grand historien grec Hérodote décrivit dans son ouvrage Historia les étranges bateaux qui naviguaient sur le Nil. Hérodote avait en effet visité l’Egypte et il fut particulièrement surpris par ces curieuses embarcations à fond plat et gouverne externe. Personne ne le crut : ces embarcations ne pouvaient pas exister telles qu’il les avait décrites, tout simplement. Hérodote insista en seulement une vingtaine de lignes de son ouvrage sur la technique utilisée pour construire la coque de ces bateaux appelés « baris » après une brève visite dans des chantiers navals. « Sur des membrures robustes ils insèrent des planches de deux coudées de large fixées avec des tenons. Puis ils assurent l’étanchéité entre les planches avec de l’étoupe faite de papyrus. Il y a un gouvernail qui traverse le haut de la quille. Le mât est en acacia et les voiles en papyrus tressé« .

Aucun archéologue ne crut le récit d’Hérodote jusqu’à la découverte dans les fonds marins près d’Aboukir des restes d’un de ces baris qui assuraient le commerce le long du Nil. Hérodote mentionnait de « longues cotes internes », en réalité les membrures. Les planches en acacia étaient maintenues ensemble par de longues nervures, certaines planches d’environ 2 mètres attachées aux nervures avec des chevilles. Le bateau pouvant atteindre une longueur de près de 30 mètres était dirigé par une gouverne solidaire d’une barre axiale traversant le haut de la coque.

Hérodote n’avait donc pas écrit n’importe quoi et la précision de sa description a stupéfait les archéologues car les restes de l’épave retrouvée dans la vase et de ce fait bien préservée ont parfaitement vérifié les affirmations du grand historien. Pour l’anecdote la cité engloutie de Thonis-Heraclion où les fouilles ont été effectuées se trouve à quelques centaines de mètres du rivage d’Aboukir.

Source et illustration : The Guardian

Courte revue de presse vespérale

Les nouvelles se précipitent : l’armée égyptienne massacre des islamistes dans une ville où ils faisaient régner la terreur avec, entre autres exactions, le massacre de chrétiens et la destruction de leurs lieux de culte. Tout va bien ! Les experts de l’ONU ont formellement déclaré que c’était bien du gaz Sarin (on s’en doutait) qui avait été utilisé le 21 août dans les faubourgs de Damas, mais leur mission n’indiquait pas la désignation des attaquants, avec des roquettes sol-sol de courte portée. Difficile d’imaginer l’armée syrienne prendre le risque d’en prendre plein les narines avec de telles armes … La Turquie vient d’abattre dans son espace aérien un hélicoptère syrien. Et pendant ce temps-là, on consulte en buvant des coups et en mangeant des petits-fours en attendant un vote des Nations-Unies. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’est pas un temporaire éloignement du spectre de la guerre qui explique une remontée des valeurs boursières, non, c’est la déclaration de Larry Summers, plutôt opposé aux « quantitative easing » de Bernanke (FED), qui a jeté l’éponge laissant la place à la dévouée Janet Yellen, épouse d’un prix Nobel d’économie, avec elle on peut avoir de l’espoir …

Suite de mon précédent billet

Je discutais avec mon fils aujourd’hui via Google + (notre conversation a certainement été enregistrée et analysée) au sujet des évènements du Proche-Orient. Depuis le Japon, il fait preuve d’une analyse assez objective de cette situation particulièrement préoccupante. D’après lui, tout se joue à Riyad, le fief des Wahhabites qui soutiennent les salafistes. L’Arabie Saoudite, le pays le plus obscurantiste et rétrograde qu’on puisse imaginer sur cette planète, l’Iran et les mollahs sont des amateurs dans ce domaine, tire les ficelles des pantins à son service dans tout le Moyen-Orient, depuis les affidés d’Al Qaeda lâchés comme des meutes de chiens enragés pour combattre le roumi partout où il se trouve et le chiite tout aussi méprisé que le « croisé » ou le sioniste. Un concentré de haine répandu partout, y compris dans les banlieues des grandes villes d’Europe occidentale, les pétro-dollars aidant. Ce qui s’est passé en Egypte est révélateur de ce qui va très probablement arriver en Syrie si les Américains, aidés de loin par les Français pour la bonne cause, se livrent à des frappes chirurgicales contre les intérêts du régime de Damas, multiculturel, multiconfessionnel et tolérant malgré ce qu’en disent les médias occidentaux intoxiqués par la Maison Blanche. En effet, les salafistes fous de dieu, financés par l’Arabie Saoudite, ont déjà massacré bon nombre de roumis, essentiellement des coptes et de petites communautés chrétiennes d’origine arménienne et s’en sont pris également aux chiites, les ennemis jurés des Wahhabites. Le cœur de la guerre civile syrienne fomentée par l’Arabie Saoudite est la réalisation d’un projet de gazoduc permettant d’acheminer le gaz du Qatar vers la Méditerranée puis l’Europe occidentale via la Jordanie. Le Qatar soutenait les Frères Musulmans en Egypte, des enfants de choeur en regard des salafistes, le Qatar a été évincé de la scène égyptienne, comme les Frères Musulmans et l’armée égyptienne, soutenue par Riyad, en a massacré un bon nombre pour les dissuader sinon définitivement du moins temporairement d’agir pour obtenir une aide financière substantielle de Riyad, ce qui fut fait au lendemain de la fusillade meurtrière du Caire, 9 milliards de dollars, une goutte de pétrole pour l’Arabie Saoudite. Maintenant, c’est le calme en Egypte, mais les Syriens d’Assad, alaouites-chiites, amis des Mollahs de Téhéran, se trouvent dans une situation critique depuis les morts gazés dont on ignore toujours les auteurs. Dans le contexte que je viens de décrire très schématiquement on peut se demander si cette utilisation de Sarin n’est pas une provocation des salafistes, tchétchènes et autres terroristes financés par Riyad oeuvrant en Syrie, tuant des leurs délibérément pour la bonne réalisation des plans stratégiques de l’Arabie Saoudite, avec l’appui maintenant avoué des USA. L’Arabie Saoudite, le pays où il y a le plus d’exécutions capitales dans le monde par rapport à la population d’une trentaine de millions d’habitants, où les femmes n’ont aucun droit civique et ne sont pas autorisées à conduire un véhicule automobile, ce pays, croulant sous les dollars, employant des esclaves venus des Philippines pour exécuter les basses tâches du quotidien, veut imposer sa loi dans la région. Et Hollande, au nom des Français qui l’ont élu président a l’intention de soutenir leur politique. Mais l’Iran ne l’entend pas de cette oreille. Pourquoi l’Iran veut se doter de l’arme nucléaire, tout simplement pour calmer Riyad, son roi, ses princes de pacotille (pas tant que ça, ils croulent sous les dollars) et sa police politique et religieuse implacable qui coupe la main du premier voleur venu et étête au sabre clair le moindre homosexuel ou lapide la femme adultère. Hollande devrait apprécier après le mariage pour tous … Bref, Hollande se trompe de cible et la Russie et l’Iran l’ont compris. L’ouverture d’un conflit international en Syrie serait l’occasion pour l’Iran d’en découdre une fois pour toutes avec ce régime moyenâgeux qui sème le trouble du Timor Oriental jusqu’au Maroc et bientôt dans les banlieues anglaises, françaises, belges ou allemandes. Peut-être d’ailleurs est-ce la raison de l’engagement de Hollande aux côtés d’Obama, à tout prix préserver le calme apparent des banlieues françaises endoctrinées par les salafistes télécommandés par Riyad …

Le printemps turc ?

Après « les Printemps Arabes », qualificatif pour le moins douteux, partout les « Frères Musulmans » ont pris le pouvoir en imposant la charia en lieu et place d’une vraie démocratie à l’occidentale et si ce ne sont pas franchement les Frères Musulmans, ce sont d’autres extrémistes ultra-religieux, ultra-surarmés et ultra-décidés à en découdre avec l’occidentalisation des pays qui ont vécu cet épisode controversé de libération du peuple « asservi » par des dictateurs cupides pour imposer la loi religieuse, supportés par l’Arabie Saoudite, un modèle de démocratie comme chacun sait, ou par l’Iran, un autre modèle de démocratie tout aussi notoire. Ce qu’il y a de presque hilarant (rire jaune) c’est le soutien inconditionnel des Européens dans ces processus de soit-disant démocratisation. En Turquie, le premier ministre Erdogan, assoiffé de pouvoir lui aussi, a voulu mettre son pays au pas en réduisant les libertés individuelles pourtant inscrites dans la Constitution du pays, un des rares pays au monde qui ne confondait pas la religion et les affaires de l’Etat, l’autre étant la France, depuis Kemal Ataturk. Le printemps turc était prévisible, et dans ce pays riche et aussi peuplé que l’Allemagne ça risque de faire très mal. Le contexte géopolitique régional se prête à une explosion de grande ampleur. Le pouvoir syrien, dont on voudra bien dire ce qu’on veut pour être politiquement correct, se bat contre ces mêmes illuminés du Coran qui ont pris le pouvoir en Tunisie, en Egypte et en Libye. Des sunnites soutenus par l’Arabie Saoudite et des chiites, dont Assad, soutenus par l’Iran s’entretuent en démolissant au passage le pays. Pour faire bonne figure, mais avec des arrières pensées à peine voilées, les fous de dieu libanais se sont invité à la partie de poker menteur pour aller massacrer du sunnite bien comme il faut. C’est le camp d’entrainement idéal pour ensuite s’en prendre à Israël. La Turquie fait partie de l’OTAN et si le pays plonge dans l’obscurantisme religieux, les répercussions jusqu’en Europe sont inimaginables. Il y a une forte minorité d’origine maghrébine en France mais il y a aussi une forte minorité d’origine turque en Allemagne, suivez mon regard. Les Allemands, par prudence, ont adopté le profil a minima lors de l’intervention franco-anglaise en Libye pour débouter le Colonel et laisser le champ libre aux extrémistes, belle illustration de l’ineptie à court terme de la politique européenne. Et ces mêmes Européens veulent maintenant armer les sunnites, encadrés par Al-Qaïda et le Hezbollah sous prétexte de faire dans l’humanitaire un peu à la Kouchner. C’est n’importe quoi. Décidément ce « printemps turc » est très inquiétant, surtout si on se trouve à Jérusalem …