Où le gluten fait reparler de lui …

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En Australie comme d’ailleurs partout dans le monde, une personne sur cent est réellement intolérante au gluten mais il se trouve qu’on assiste à un phénomène curieux et inexplicable, le nombre de personnes se déclarant souffrantes de la maladie coeliaque est en constante augmentation. Gluten ou pas elles ont des problèmes digestifs récurrents que l’on attribue, c’est nouveau, ça vient de sortir, à la maladie coeliaque non dépendante du gluten. Rien qu’aux USA on compte déjà plus de 18 millions de ces nouveaux malades et la plupart d’entre eux ont supprimé le gluten de leur alimentation sans qu’une quelconque amélioration ait pu être constatée par eux-mêmes et naturellement aussi par le corps médical qui reste perplexe.

Jessica Biesiekierski, médecin à l’université Monash a recruté des participants dans la ville de Melbourne pour en avoir le cœur net. Sur les 248 personnes ayant répondu à l’appel, 147 ont subi des examens complémentaires pour déterminer les causes réelles de leur sensibilité digestive et seulement 40 ont été retenues pour des tests plus approfondis. D’une moyenne d’âge de 43 ans, 88 % des sujets étaient des femmes et les deux tiers d’entre elles avaient délibérément opté pour un régime sans gluten par choix personnel plutôt que pour des raisons médicales et souvent parce qu’elles avaient suivi les conseils d’un prédicateur en médecine alternative, membre de l’Eglise de Scientologie Digestive. Sur le lot étudié, seuls 28 % des volontaires souffraient de maladie coeliaque non dépendante du gluten, Un autre quart souffrait de symptômes digestifs variés hors de contrôle bien que s’étant soumis volontairement à un strict régime sans gluten et un petit tiers restant se plaignait de troubles digestifs alors qu’ils n’avaient pas éliminé le gluten de leur régime ! A n’y rien comprendre …

Pourtant le Docteur Biesiekierski persévéra pour en avoir le cœur net. Trente-sept de ses sujets d’expérimentation (volontaires) auto-proclamés souffrant de maladie coeliaque bien que soumis tout aussi volontairement à un régime strictement sans gluten furent alors plus profondément étudiés. Ce qui intriguait cette biologiste était une possible relation entre les aliments contenant normalement (et naturellement) du gluten et qui étaient aussi riches en ce qu’on peut appeler des FODMAPs. Cet acronyme barbare désigne les mono-, di- et polysaccharides du genre fructanes, galactans et autres polyols naturellement présents dans la nourriture et en particulier la farine de blé, orge, avoine (c’est plutôt pour les chevaux) et sarrazin, bref, des céréales glutenisées à mort pour provoquer des haut-le-coeur à ces adeptes de l’alimentation aseptisée et contrôlée. Après des essais en double aveugle, avec placebo, du genre Docteur Knock revus et corrigés pour respecter la bonne pratique de laboratoire, il parut clair, sinon limpide, que ces FODMAPs avaient un effet évident sur la qualité de la digestion des sujets étudiés. Ce qui surprit, tout de même un peu, c’est qu’au cours de ces essais, elle introduisit subrepticement du gluten dans les rations alimentaires de certains de ses volontaires et elle s’aperçut qu’il n’y avait aucun changement ! En réalité les flatulences et autres désagréments intestinaux éminemment passagers dont souffraient ses volontaires, essentiellement des femmes, étaient tout simplement le résultat de la fermentation des oligosaccharides par les bactéries intestinales qui dégagent des gaz (du vilain CO2 et du vilain méthane) et entrainent quelques douleurs, surtout au niveau du nombril et encore plus sûrement si on passe son temps à le contempler dans un psyché !

Conclusion pas si évidente, il vaut mieux avoir une bonne flore intestinale pour mieux digérer. La qualité de cette flore est un véritable capital à respecter si l’on veut être en bonne santé et tout abus d’antibiotiques ou autres poisons abondamment prescrits par des médecins peu regardants est également à proscrire …

Source : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24740495