Le Roundup revient sur le devant de la scène européenne

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Depuis 1974, année mémorable pour la firme Monsanto qui commercialisa pour la première fois le glyphosate sous le nom de Roundup, combien y a-t-il eu de morts prouvées comme étant la conséquence directe de cet herbicide alors que des centaines de millions de personnes ont utilisé ce produit ?

Au début des années 1990 une Australienne s’est suicidée en avalant une bonne louche de cet herbicide, c’est tout ! Après autopsie réalisée à la demande de Monsanto (bien que ce fait n’ait jamais été officiellement reconnu) il fut prouvé sans contestation possible qu’elle était morte en raison d’un oedème pulmonaire fulgurant dont la cause était la formulation contenant des tensioactifs puissants et non pas la matière active elle-même du Roundup. Avalez une louche de liquide pour vaisselle les conséquences seront identiques : vous mourrez d’un oedème pulmonaire. Toutes les études consistant à rechercher la toxicité ou la carcinogénicité du glyphosate ont été réalisées avec la matière active et non la formulation de ce produit : elles sont donc toutes sans valeur. Pour un chimiste ou un biochimiste qui connait son métier il est impossible que la molécule de glyphosate puisse interférer avec l’ADN d’une quelconque manière que ce soit et provoquer l’apparition de cancers. C’est pourtant ce que l’organisme onusien IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer) a déclaré il y a maintenant deux années en classant le glyphosate parmi les carcinogènes potentiels, un qualificatif obscur qui a relancé la controverse sur cet herbicide utilisé dans le monde entier en raison de son efficacité et de son coût modéré depuis plus de 40 ans.

L’Echa – agence européenne des produits chimiques – vient de conclure (15 mars 2017) que le glyphosate ne présentait aucun effet carcinogène dans la foulée des recommandations de l’EFSA (Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire) qui allaient dans le même sens. Comme on pouvait s’y attendre l’ONG multinationale et tentaculaire Greenpeace n’a pas attendu pour monter au créneau et bombarder du haut de sa superbe les experts tant de l’Echa que de l’EFSA en considérant que les conclusions de ces organismes étaient sans valeur, arguant du fait que ces experts travaillaient pour le compte de Monsanto ou avait été payés au moins quelques mois durant leur carrière par cette firme.

Il faut dire que Greenpeace excelle dans la stratégie du mélange des genres pour mieux entretenir la confusion. Le raisonnement de cet organisme qui oeuvre pour semer la terreur est le suivant : puisque Monsanto a mis au point des plantes génétiquement modifiées pour résister au glyphosate, le glyphosate est donc dangereux comme les plantes transgéniques le sont ou sont supposées l’être. En effet, la bête noire de Greenpeace est la firme Monsanto et tous les moyens – y compris les plus fallacieux – sont bons pour ternir la réputation de cette firme. À la suite des conclusions de l’Echa l’Agence Européenne pour la Protection des Cultures (ECPA) a déclaré qu’enfin la science prévalait sur les décisions politiques largement inspirées des conclusions erronées de Greenpeace et des fonctionnaires de l’IARC.

Puisque ce billet mentionne Monsanto, le leader mondial des plantes vivrières de grande culture génétiquement modifiées, la situation est identique à celle du Roundup. Depuis maintenant 40 ans que les êtres humains et les animaux consomment ou utilisent des plantes transgéniques et leurs produits dérivés, je pense au soja, au maïs et au coton, combien de personnes (ou d’animaux) se sont retrouvés indisposés ou malades après avoir consommé ces produits ? Combien de cas de relation directe de cause à effet ont été dûment répertoriés et étudiés ? Si j’ai mentionné le coton il ne faut pas oublier que la plupart des huiles végétales utilisées en cuisine contiennent des quantités non négligeables d’huile de graines de coton. Quant à la lécithine de soja transgénique elle se retrouve dans toutes les sauces et mayonnaises industrielles dans le monde entier …

Mais revenons au glyphosate. Pour l’anecdote, je me souviens avoir eu une discussion haletante avec des « formulateurs », ces spécialistes de la mise au point de formules permettant à une molécule chimique de pénétrer dans une plante, un insecte ou un champignon phytopathogène. Les formules mises au point par les firmes agrochimiques sont tenues secrètes. Elle ne sont protégées par aucun brevet car il s’agit d’un savoir-faire industriel. Personne ne connait la composition exacte des formulations qui contiennent parfois jusqu’à dix produits différents ! J’avais demandé à un formulateur si telle molécule dont j’avais mis en évidence la présence dans un champignon phytopathogène provenant de la dégradation d’un fongicide pouvait elle-même être considérée comme un fongicide potentiel. À la simple vue de la molécule il me répondit tout simplement « certainement pas, il faut la formuler « . Je découvris ainsi l’aspect parfois empirique de cette discipline particulière de l’agrochimie.

Greenpeace ne veut pas en rester là et a organisé une pétition citoyenne à l’échelle européenne pour que, forte d’un million de signatures, cette ONG puisse officiellement infléchir la Commission Européenne afin qu’elle ne revienne pas sur l’interdiction de l’utilisation du glyphosate et qu’elle entérine une autre décision beaucoup plus inquiétante pour le monde agricole, la réduction de l’usage des pesticides quels qu’ils soient à l’échelle européenne et à terme l’interdiction totale de leur utilisation. Autant dire que les agriculteurs qui se trouvent tous dans une situation économique précaire apprécieront les errements idéologiques infondés de cette ONG dont le rôle consiste uniquement à répandre la terreur, une terreur totalement infondée …

Source partielle : The Guardian

Selon l’EFSA nous vivons dangereusement : le cas du Nutella

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L’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA) a commandé une étude relative à l’huile de palme, suivez mon regard … Comme l’huile de palme est dans le collimateurs des écologistes car elle entraine un déforestation préjudiciable au climat de la planète, l’étude rendue à l’EFSA en a conclu que l’huile de palme était dangereuse pour la santé, CQFD ! L’organisme nommé CONTAM, acronyme de « Contaminents dans la chaine alimentaire » dépendant de l’EFSA, s’est fendu d’un gros pavé de prose aride cosigné par 21 personnes et disponible pour n’importe quel quidam qui voudrait se faire une idée de la dangerosité de notre vie quotidienne en suivant le doi: 10.2903/j.efsa.2016.4426 . Je conseille à mes lecteurs courageux de se plonger dans la lecture de cet illisible document, ils comprendront dès les premières lignes qu’il s’agit d’un document de propagande. Il aura fallu près de 9 mois depuis sa publication pour que ce pamphlet commence à créer des remous dans la presse car il attaque particulièrement l’entreprise italienne Ferrero, mondialement connue pour son produit leader le Nutella, sans la nommer !

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Le raffinage de l’huile de palme comprend diverses étapes qui ne modifient pas notoirement sa composition ou, dans tous les cas, ne font pas apparaître les produits incriminés par l’EFSA comme étant – et cet organisme ne s’encombre pas d’écarts de langage – cancérigènes pas seulement probables comme a tendance à le déclarer l’IARC, mais certains. Au delà de 120 °C il apparaît des quantités dangereuses, selon cette étude, de dérivés tels que des esters du glycidol ou des esters de mono-chloropropanediol et cette situation est particulière à l’huile de palme … comme si les autres huiles végétales ne présentaient pas le même type de transformation chimique au delà de 120 °C ! Le tableau 11 de cette publication de l’EFSA est pourtant clair : les huiles végétales autres que l’huile de palme contiennent 4 mg/kg de dérivés « indésirables » alors que l’huile de palme en contient 5 mg. La belle affaire qui a suffi pour encore plus incriminer l’huile de palme et par voie de conséquence culpabiliser la société Ferrero.

On se trouve donc devant une imposture, une de plus, des organisations satellites de la Commission Européenne. Pour l’EFSA, tout est dangereux : cuire du pain ou griller des toasts est dangereux car il se forme de l’acrylamide, les barbecues sont à proscrire, les confitures et les conserves contiennent des furanes, etc, etc. Je n’invente rien tout se trouve dans cette courte vidéo : https://youtube.be/yedloySByx4 disponible en plusieurs langues. C’est tout simplement effarant. Ce ne sont pas les aliments qu’on fait cuire selon nos habitudes alimentaires locales et parfois centenaires, c’est la vie qui est dangereuse car on en meurt inévitablement. Les fonctionnaires de l’EFSA devraient se reconvertir au macramé, au moins ils feraient quelque chose de concret !

Source et illustration : yournewswire.com

La Commission Européenne serait-elle déjà prise dans la nasse du TTIP ?

Hier matin comme tous les matins j’ai ouvert le blog Insolentiae.com de Charles Sannat et j’ai eu la stupeur d’apprendre que cet économiste soit roulait pour Greenpeace (voir le lien) soit ne comprenait rien à ce qu’il relatait dans son billet. Je lui ai envoyé un message pour lui rappeler vertement qu’il était dans l’erreur et j’ai été d’autant plus énervé que je n’ai pas eu de réponse à mon mail. Que Charles Sannat parle de l’EFSA et de Monsanto et d’une collusion évidente entre ces deux entités me paraît pour le moins être un raccourci idéologique, à moins que …

En tant qu’économiste ce monsieur, pour qui j’ai par ailleurs beaucoup de respect, devrait plutôt parler du TTIP toujours en cours de négociation dans le plus opaque des secrets. J’en profite donc ici proposer à mes lecteurs un billet de Paul Craig Roberts paru le 9 novembre dont j’ai fait une traduction la plus fidèle possible et qui était justement prêt à être mis en ligne hier. Y-a-t’il déjà des pressions de la part des firmes américaines sur les institutions européennes ? Je ne ferai qu’un commentaire en fin de billet.

Le nouvel esclavage des peuples occidentaux (Paul Craig Roberts)

Le nouvel esclavage des peuples occidentaux se met en place à plusieurs niveaux. L’un d’eux au sujet duquel j’ai déjà écrit de nombreux articles pendant plus de dix ans est la délocalisation du travail manufacturier. Les Américains, par exemple, participent de moins en moins à la production des biens et services qui leur sont proposés.

À un autre niveau nous faisons l’expérience de la financiarisation de l’économie occidentale au sujet de laquelle Michael Hudson est un expert ( « Killing the Host » , lien ). la financiarisation consiste à supprimer toute présence publique dans l’économie et convertir les surplus économique en intérêts pour secteur financier. Ces deux niveaux privent les peuples de toute perspective économique. Un troisième niveau d’asservissement prive ces peuples de droits politiques. Le TPP et le TTIP annihilent toute souveraineté politique au niveau national et et met la gouvernance entre les mains des grandes corporations. Ces traités appelés « partenariats commerciaux » n’ont rien à voir avec le commerce. Ces traités négociés dans le secret procurent une totale immunité aux grandes corporations contre les lois des pays dans lesquelles elles font du business. Ce but est atteint en déclarant toute interférence législative présente ou à venir de la part des gouvernements nationaux et des institutions supranationales (cas de l’Union Européenne) comme étant une contrainte pour le business et les profits des grandes corporations pouvant faire l’objet de poursuite devant des tribunaux organisés dans ce but (par le traité lui-même) qui peuvent condamner les gouvernement souverains à des pénalités financières. Par exemple l’interdiction des OGMs en France et dans d’autres pays européens serait en contradiction avec les termes du TTIP : tout simplement la démocratie est remplacée par les règles des grandes corporations !

J’ai écrit cela à longueur de billets. D’autres personnalités comme par exemple Chris Hedges pensent au contraire que ces traités seraient un bien pour éliminer tout simplement les gouvernement représentatifs des populations (voir le lien).

Les corporations achètent le pouvoir à peu de frais. Ils ont acheté la totalité de la Chambre des Représentants ( USA ) pour juste un peu moins de 200 millions de dollars. C’est ce que les corporations ont payé pour accélérer le processus de négociation en permettant au représentant américain de négocier en secret sans que le Congrès puisse avoir accès aux termes de ces négociations (voir le lien). En d’autres termes les agents des corporations américaines négocient directement avec les représentants des corporations des pays qui seront membres des accords de partenariat et cette poignée de personnalités bien subornées écrivent un accord qui permet à ces corporations de supplanter les pouvoirs nationaux des pays membres. Aucun négociateur ne représente les peuples ou les intérêts publics. Les gouvernements (et les législateurs, en France les députés) seront grassement rémunérés pour ratifier cet accord.

Une fois que ce partenariat sera concrètement mis en place, les gouvernements seront de facto privatisés. Il n’y aura plus aucune législature, plus de présidents ni de premiers ministres ni de juges. Les tribunaux des corporations décideront des lois et des régulations.

À l’évidence ces accords de partenariat auront des conséquences inattendues. Par exemple, la Russie et la Chine sont exclues de ces accords comme l’Iran, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, encore que l’Inde ait été achetée par l’agrobusiness nord-américain en provoquant la destruction prévisible du système de production alimentaire auto-suffisant de ce pays. Ces pays constitueront les seuls endroits où une souveraineté nationale existera encore de pair avec un contrôle démocratique des institutions par les peuples. Toute liberté et toute forme de démocratie aura disparu des pays vassaux européens et du Sud-Est asiatique ayant avalisé ces accords.

Une autre possibilité pourra être une violente révolution dans tous ces pays nouveaux-esclaves des corporations pour éradiquer totalement les « Un pour Cent » ). Une fois par exemple que les Français découvriront qu’ils ont perdu le contrôle de leur nourriture au profit de l’agrobusiness (Monsanto par exemple) les membres du gouvernement français qui ont permis par ces traités d’inonder la France de ces produits toxiques seront tout simplement massacrés dans les rues.

Des évènements de ce genre sont tout à fait probables dans les pays européens quand les peuples découvriront qu’ils ont perdu tout contrôle sur tous les aspects de leur vie et qu’il ne leur reste plus qu’un choix, se révolter ou mourir …

Commentaire : objectivement on ne peut pas considérer que les plantes transgéniques (OGMs) soient toxiques pour la santé. Par contre on peut être à juste titre inquiété par les animaux d’élevage bourrés d’hormones et d’antibiotiques, une pratique vastement répandue aux USA et supposée être interdite en Europe. Par contre les pratiques des grandes corporations américaines impliquées dans l’élaboration de l’alimentation industrielle que j’appelle malbouffe sont directement à incriminer. Je pense pêle-mêle aux sirops de maïs enrichis en fructose et aux huiles partiellement hydrogénées ainsi qu’aux additifs introduits dans les aliments industriels. Certains Etats américains ont d’ailleurs commencé timidement à interdire ces pratiques mais les intérêts financiers sont tellement considérables que le combat ressemble à celui de David contre Goliath. Le sous-titre du livre de Michael Hudson est le suivant : « Comment les parasites de la finance et la dette détruisent l’économie globale », tout un programme !

Liens :

http://insolentiae.com/2015/11/13/scandaleux-les-produits-monsanto-sont-bio-et-cest-leurope-qui-le-dit-ledito-de-charles-sannat/

http://www.paulcraigroberts.org/2015/11/09/the-re-enserfment-of-western-peoples-paul-craig-roberts/

http://www.opednews.com/articles/1/The-Most-Brazen-Corporate-by-Chris-Hedges-American-Hypocrisy_Americans-For-Prosperity_Corporate-Citizenship_Corporate-Crime-151107-882.html

http://www.opednews.com/articles/Almost-200-Million-Donate-by-Paola-Casale-Banking_Congress_Control_Corporations-150620-523.html

http://www.levyinstitute.org/scholars/michael-hudson et http://michael-hudson.com/2015/09/killing-the-host-the-book/

Relire aussi : https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/06/20/reflexions-sur-le-ttp-le-ttip-et-le-tisa/

La fin prochaine de la malbouffe industrielle ?

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La FDA américaine a finalement admis que les « trans-fat » ou acides gras « trans » apparaissant lors de l’hydrogénation des graisses végétales pour fabriquer par exemple de la margarine qui ne rancit pas sont mauvaises pour la santé. Dans trois ans ces produits industriels contre nature seront définitivement interdits, du moins sur le territoire américain. L’Europe traine encore les pieds car les écologistes dont le rôle devrait pourtant être de se pencher sur ce grave problème s’occupent plus de politique et d’autres sornettes que de la santé des consommateurs. L’EFSA (European Food Safety Authority) publie des documents, certes, mais il semble que la santé des consommateurs ne soit pas sa préoccupation première. Ce sont les OGMs et l’étiquetage des denrées alimentaires qui préoccupe ces fonctionnaires qui au final ne servent pas à grand-chose. On est d’ailleurs étonné de l’inertie de cette administration comprenant une multitude de comités et de « task-forces » dédiées à des problèmes secondaires alors que les vrais sujets sont mis de côté. Et ce n’est pas un hasard car comme la plupart des institutions européennes l’EFSA est soumise au lobbying incessant des géants du secteur agroalimentaire. Aller obliger par une directive administrative un producteur industriel de beurre de cacahuète à ne plus commercialiser que le produit non hydrogéné, il répondra que c’est impossible car en 48 heures son produit sentira tellement mauvais qu’il sera devenu immangeable et il rétorquera au législateur que c’est pour cette raison que le beurre de cacahuète est hydrogéné, peu importe la santé du consommateur.

L’industrie agro-alimentaire entre les mains de gigantesques multinationales a fait en sorte que le consommateur soit satisfait par un produit quel qu’il soit comme les doughnuts par exemple. Si cette pâtisserie était fabriquée avec des graisses non hydrogénées, beurre ou graisses animales, il faudrait la vendre le jour de sa fabrication or c’est tout simplement impossible ! Des milliers d’aliments industriels préparés avec des acides gras « trans » peuvent séjourner plusieurs jours sur les linéaires des supermarchés et effectuer un retour en arrière pour préserver la santé des consommateurs semble irréaliste tant les habitudes des industriels mais aussi des consommateurs ont rendu ces produits irremplaçables … et il y en a des milliers !

Et il n’y a pas que les acides gras trans, le cas du sirop de maïs enrichi en fructose est presque caricatural car ce produit est infiniment moins coûteux que le sucre de betterave ou de canne et à l’abri de la fluctuation des cours de ces deux cultures car le maïs est la première céréale en volume produite dans le monde. La production industrielle à grande échelle de sirop de maïs consiste à effectuer des traitements enzymatiques du sucre après hydrolyse acide de l’amidon et il existe deux qualités de sirop, le grade 42 et le grade 55 correspondant aux pourcentages de fructose effectivement présent dans le mélange. Les raisons justifiant cette production industrielle contre nature sont de deux ordres : manipuler un sucre liquide plutôt que cristallisé est plus simple industriellement et le pouvoir sucrant du mélange est 1,5 fois plus élevé que celui du sucre de canne ou de betterave. Or comme pour les acides gras trans qui sont l’une des causes premières d’inflammations en particulier des artères, le fructose est un puissant perturbateur de la régulation de la glycémie, d’une part, et du métabolisme des graisses d’autre part car le fructose ne peut être avantageusement métabolisé que pour la synthèse d’acides gras.

On est devant un cocktail mortel quand une préparation industrielle contient ces deux vrais poisons que constituent les acides gras « trans » et le sirop de maïs pour la plus grande satisfaction des papilles gustatives mais pas du tout pour la santé de l’organisme. L’émergence industrielle des huiles hydrogénées fut favorisée par une campagne publicitaire à la limite de l’honnêteté qui prétendait que les acides gras insaturés étaient nocifs pour les artères, or l’effet des acides gras trans est exactement le contraire de celui dont on incriminait les acides gras insaturés : augmentation des triglycérides et du « mauvais » cholestérol dans le sang ! Il aura fallu exactement 12 ans pour que la FDA et l’EFSA lancent une alerte qui ne sera effectivement respectée qu’en 2018. Combien de personnes sont mortes d’accidents coronariens depuis la fin des années 50 et l’apparition des premières margarines, substituts bon marché du beurre ? C’est une bonne question à laquelle personne n’osera répondre.

Ce que l’on peut dire de cette histoire est que la science louvoie et oscille entre ce qui semble être deux extrêmes : tout est bon ou tout est mauvais. La science bio-médicale n’est pas une discipline figée mais elle évolue avec la sophistication des moyens modernes d’investigation. La nutrition est devenue une discipline scientifique à part entière et il est donc nécessaire de faire évoluer les (mauvaises) habitudes prises par le consommateur sous l’impulsion implacable du marketing organisé par les industriels de la malbouffe. Le corps médical insiste sur le fait que pour préserver sa santé il faut varier la nourriture et se nourrir modérément mais aussi et surtout revenir à une nourriture plus saine qu’on prépare à la maison avec des ingrédients traditionnels. Bon appétit !

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Note : depuis le début des années 2000 la consommation de sirop de maïs a légèrement diminué aux USA et celle de sucre de table (betterave ou canne) augmenté. Pour ce qui concerne les sirops de maïs (HFCS) cette diminution n’est pas un effet direct des régulations de la FDA mais une utilisation du maïs pour produire de l’éthanol qui est incorporé à raison de 10 % dans de nombreux véhicules automobiles selon les régulations mises en place :

Source : Science News

Dans la rubrique malbouffe : fructose et Chicken-Nuggets

Dans la rubrique malbouffe, on n’est jamais en manque d’informations d’autant plus que les problèmes sociétaux provenant de l’épidémie d’obésité amplifient la prise de conscience des décideurs comme par exemple l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA), un organisme typiquement indépendant qui décide de ce qui est bon ou mauvais pour la santé des citoyens européens sur lesquels elle veille comme une poule veille sur ses poussins. Las ! Les méchants lobbyistes des grosses firmes de l’agro-alimentaire sont là, dans les couloirs et les petites salles de réunion des institutions européennes de Bruxelles, pour rappeler à l’EFSA qu’il ne faut pas trop en faire en usant du chantage à l’emploi, l’argument massue pour convaincre ces bureaucrates que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes de la santé. C’est grâce à l’EFSA qu’on peut se rassurer en lisant les étiquetages des denrées alimentaires d’origine industrielle les indications du genre « meilleur avant … voir la date sur le fond de la barquette » qui obligent les grandes et petites surfaces à jeter jusqu’à 40 % des produits alimentaires encore parfaitement comestibles et sans danger pour la santé. Bref, tout est organisé entre les industriels de la malbouffe et les bureaucrates de Bruxelles pour que le chaland soit rassuré et continue à s’intoxiquer les yeux fermés et en toute confiance. Le cas du fructose est typique de cet état de choses. Le fructose est un agent sucrant plus puissant que le sucre de table, lui-même composé d’une molécule de glucose liée à une molécule de fructose. Le fructose est produit industriellement à partir du jus sucré obtenu par hydrolyse de l’amidon de maïs, on appelle ça le sirop de maïs, le sale truc dont on recouvre les pâtisseries à grands coups de pinceaux pour qu’elles se conservent plus longtemps sans se dessécher. Et pour faire mieux encore, on rajoute du fructose purifié à ce sirop pour qu’il soit encore plus sucrant. Là où les choses se compliquent un peu (beaucoup) c’est que les diabétiques sont contents parce que le fructose n’a que peu d’effets sur la glycémie sanguine et sur le taux d’insuline. Mais c’est un leurre métabolique car ce fructose est péniblement dégradé pour une petite partie dans le foie pour aboutir à la production d’acides gras et en grande partie rejeté dans les selles et l’urine. C’est sur la base de cette observation incomplète que les grands groupes industriels de l’agro-alimentaire ont mis le fructose en avant pour une utilisation quasi généralisée dans une multitude de produits alimentaires. C’était ignorer que pour supporter des quantités artificiellement massives de fructose, il faut être en bonne santé, c’est-à-dire ni diabétique, ni obèse, ni sujet à des problèmes d’artères ou de cœur. Dans le cas contraire, en particulier pour les diabétiques, c’est une catastrophe car le fructose est alors beaucoup plus rapidement transformé en graisses dans le foie, aggravant la prise de poids et les problèmes coronariens pour ne citer que ceux-là. L’EFSA a donc autorisé l’enrichissement en fructose d’une multitude de produits industriels de manière criminelle, oui ! Ces bureaucrates de Bruxelles à la solde des grands groupes industriels sont des criminels qui ont pris des décisions basées sur des résultats scientifiques biaisés pourtant régulièrement remis en cause par de nombreux nutritionnistes et équipes de biologistes sans pour autant revoir leur copie favorable aux industriels … (Illustration : The Guardian)

Fructose Lustig

 

Venons-en au produit phare des fast-food, le « Chicken-Nugget », littéralement la pépite de poulet ! J’ai rencontré un jour un chercheur d’or dans l’out-back australien qui avait trouvé avec un vieux détecteur de métaux des surplus de l’armée une pépite d’or grosse comme mon pouce et qui avait payé une tournée de Four X Heavy à tous les consommateurs du bar du petit hôtel où je me trouvais ce jour-là. Je précise à mes lecteurs que la Four X Heavy est un genre de bière type Guinness revue et corrigée à la mode australienne et réservée exclusivement aux buveurs de bière avertis. Mais revenons aux « Chicken-Nuggets » si prisés des enfants et des adultes après les avoir enduit d’une sauce totalement industrielle dont je tairai les ingrédients car ce n’est pas l’objet de ce présent billet. Le Docteur Richard deShazo de l’Université du Mississippi a voulu en avoir le cœur net et a examiné en détail ces petits bouts garantis pur poulet « élevé au grand air et nourri exclusivement avec des produits bio », mais c’est bien sûr, plus la publicité est mensongère, plus les ventes augmentent. Ce professeur de médecine pédiatrique a autopsié des Chicken-Nuggets et mis des coupes de ces bouts de poulets sous son microscope et il a été plutôt horrifié (voir la photo, source Université du Mississippi) de constater qu’on trouve de tout et pas que de la viande, du muscle si on veut. Comment sont fabriqués (industriellement) les Chicken-Nuggets, telle est la question. Les poulets sont traités industriellement. Les parties du poulet qui ne nécessitent pas de valorisation, les cuisses, les ailes et les filets de « blanc » sont séparés du reste du poulet, traités avec des conservateurs, ensachés sous vide, congelés et expédiés aux grossistes. La carcasse est alors soumise à des traitements chimiques et enzymatiques pour qu’il ne reste en bout de chaine que des os d’un côté et un magma informe d’un autre côté qui va servir à préparer ces bouts de viande pompeusement appelés pépites. Ce magma contenant des bouts d’os, des résidus d’intestin, de viscères et de peau, mais dont la teneur en protéines musculaires n’atteint que rarement 40 % est retraité à l’aide d’adjuvants, du sel, du fructose (vous avez bien lu, ce n’est pas une faute de copié-collé) et du glutamate (mono-sodium-glutamate ou MSG) pour amplifier le goût et d’autres enzymes pour en faire un semblant de morceau de viande de poulet dont l’aspect sera soigneusement dissimulé à l’aide d’un enrobage de composition ultra-secrète pudiquement appelé panure en français pour être frit sans trop retenir d’huile afin de préserver la santé des consommateurs. Et le tour est joué. Il faut ajouter que le résidu de carcasse impropre à la consommation est mélangé aux plumes et transformé en granulés pour nourrir les poissons et les crevettes d’élevage.

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Comme aurait dit Lavoisier, rien ne se perd, tout se transforme. Pourquoi on appelle ces infâmes trucs dont les enfants raffolent des pépites, tout simplement parce qu’on réalise des profits mirobolants, sans aller perdre son temps avec un détecteur de métaux, avec de la merde qui contient au final dans votre barquette en carton, restez assis, 56 % de graisses, 25 % de sucres et 19 % de protéines, c’est une moyenne mais ça fait tout de même peur.

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Conclusion : Bon appétit …   

Abeilles: conclusions inquiétantes de l’EFSA sur l’impact des pesticides

 

BRUXELLES – La Commission européenne pourrait proposer d’interdire l’utilisation de certains pesticides après les conclusions inquiétantes rendues mercredi par l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur leur impact létal pour les abeilles.

L’EFSA a rendu mercredi des conclusions inquiétantes sur l’impact de trois types de produits sur le nectar et le pollen, a expliqué Frédéric Vincent, porte-parole de Tonio Borg, commissaire européen en charge de la Santé et des Consommateurs.

Il a indiqué que cet avis avait été demandé par la Commission.

Une lettre va être adressée cette semaine au groupe allemand Bayer et au suisse Syngenta, qui produisent les pesticides comportant les trois néonicotinoïdes incriminés –clothianidin, imidacloprid et thiamethoxam–, notamment le Cruiser OSR, pour leur demander de réagir à ce rapport, a annoncé M. Vincent, précisant que les deux groupes avaient jusqu’au 25 janvier pour répondre.

D’autre part, la Commission européenne a décidé d’inscrire le sujet à l’ordre du jour de la réunion du comité permanent de l’UE en charge de ces questions prévue le 31 janvier. La Commission, avec les Etats membres, prendra les mesures qui s’imposent, a conclu le porte-parole.

Des Etats membres ont déjà pris des mesures au plan national. La France a ainsi retiré le 29 juillet l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Cruiser OSR utilisé en traitement de semence pour le colza. Reste son usage pour le maïs qui, bien que contesté, n’a pas été à ce stade définitivement banni.

L’Italie et l’Allemagne interdisent l’usage des pesticides incriminés seulement pour le maïs, les Pays-Bas pour traiter les plantes qui attirent les abeilles, et la Slovénie pour toutes les plantes.

L’idée de la Commission européenne est d’arrêter une ligne de conduite au niveau de l’UE et d’aller si nécessaire vers une interdiction des produits incriminés.

Au fil des ans, les études scientifiques ont permis d’établir que les pesticides dits systémiques ou néonicotinoïdes ont bien un impact létal sur les abeilles, qu’ils désorientent, au point que certaines ne savent plus revenir à leurs ruches. En une quinzaine d’années, leur mortalité est passée de 5 à 30%.

Les apiculteurs ont déjà obtenu le retrait du Régent et du Gaucho (Bayer). Les fabricants insistent de leur côté sur l’impact économique de la suppression de leurs pesticides.

L’entreprise est prête à coopérer avec la Commission européenne et les Etats membres de l’UE et à développer des solutions pragmatiques pour aborder les lacunes en termes de données évoquées par l’EFSA, a réagi le groupe allemand dans un communiqué.

Sa division d’agrochimie, Bayer CropScience, rappelle que les nombreuses données rassemblées par le groupe ont été examinées par l’UE et les Etats membres et confirment que ses produits ne présentent aucun risque inacceptable.

Nous sommes convaincus que les nouvelles conclusions de l’EFSA ne changent rien à la qualité et à la validité de cette évaluation des risques, a ajouté le groupe.

Selon lui, la recherche a montré que plusieurs facteurs expliquent le déclin de la population des abeilles, le principal étant un acarien parasite de l’espèce Varroa.

Bayer CropScience s’engage à une utilisation responsable des néonicotinoïdes et investit dans un programme destiné à réduire leurs effets sur les abeilles, a encore affirmé l’entreprise.

L’agrochimiste suisse Syngenta a de son côté vigoureusement contesté les conclusions de l’EFSA.

Il est clair pour nous que l’EFSA s’est trouvée sous pression politique pour produire une évaluation hâtive et insuffisante, a déclaré John Atkin, le directeur opérationnel de Syngenta.

Le rapport n’a pas tenu compte des études scientifiques exhaustives qui ont précédé le lancement des néonicotinoïdes, ni des rapports de surveillance effectués dans les champs sur plusieurs années, selon le groupe suisse.

Ce rapport n’est pas digne de l’EFSA et de ses scientifiques, a ajouté John Atkin.

Syngenta mettra tous les moyens à sa disposition pour défendre l’utilisation de ce type de produit, a précisé le groupe dans un communiqué.

Une interdiction des néonicotinoïdes pourrait menacer 50.000 emplois et se traduire par un perte économique de 17 milliards d’euros à travers l’Europe sur les cinq prochaines années, selon l’agrochimiste bâlois.


(©AFP / 16 janvier 2013 18h22)

On croit rêver en lisant cette dépêche d’agence pour diverses raisons que je vais tenter d’énumérer et expliquer pour mes lecteurs.

Les néonicotinoïdes commercialisés par Syngenta et Bayer sont des insecticides systémiques, c’est-à-dire qu’ils se répandent dans toute la plante par l’intermédiaire de la sève. Ils sont utilisés notamment dans l’enrobage des semences et se retrouvent donc au niveau des fleurs au moment où justement les insectes pollinisateurs, dont les abeilles, viennent récupérer le pollen et le transporter vers d’autres fleurs au cours de leur mission de collecte de nourriture pour la ruche ou le nid des bourdons (par exemple) et la présence de traces de ces pesticides va désorienter les abeilles qui ne retrouveront pas leur ruche et seront alors condamnées à une mort certaine.

Voilà un peu ce qui se passe dans la réalité. Les grandes compagnies chimiques dont la dépêche d’agence cite le nom nient la réalité en prétendant sans aucune preuve à l’appui que le peu de pesticide susceptible de se retrouver au niveau des infloraisons ne peut pas expliquer la décimation des abeilles pourtant observée par les apiculteurs. On ne peut pas dire que les apiculteurs agissent sciemment contre les chimistes, ils ont simplement observé que leurs colonies d’abeilles étaient décimées, un point c’est tout. Les grands groupes chimiques semblent ignorer quel serait le désastre résultant de la disparition des insectes pollinisateurs : chute des rendements agricoles, pénuries alimentaires pires qu’une grande sécheresse, et bien sûr une frofonde crise du monde agricole. Ces éléments sont prouvés et diverses études de prospective impartiale l’ont montré.

Si l’interdiction des néonicotinoïdes devait être décidée, et j’espère qu’elle le sera, ces entreprises prétendent que cette interdiction risquera la perte de 50000 emplois et une perte financière de 17 milliards d’euros.

Alors là, je ris à en pleurer !

Autant chez Syngenta que Bayer, au plus une centaine de personnes dans chacune des sociétés est concernée par la production de ces pesticides et disons qu’une autre centaine de personnes est concernée par la formulation et l’encapsulation des semences si ces dernières sociétés sont impliquées dans la commercialisation des semences dites enrobées. Disons 400 et j’hallucine quand ces gens-là prétendent qu’il en résulterait une perte de 50000 emplois, premier mensonge. Pour la perte financière, sachant que les profits réalisés sont incroyablement élevés (la matière active revient à une dizaine de dollars par kilogramme et est revendue sous forme d’enrobage quelques dizaines de milliers de dollars) ils font un calcul arithmétique fallacieux prenant en compte la perte qui pourrait être induite par l’interdiction de l’usage de ces produits, mais une perte de profits et non pas une perte au niveau des coûts de production puisqu’ils sont dérisoires comme je l’ai mentionné ci-dessus. C’est donc un deuxième mensonge flagrant. Les dirigeants européens préoccupés à juste titre par la protection des insectes pollinisateurs vont-ils baisser leur culotte devant les lobbyistes agressifs qui rodent dans les couloirs des instances européennes tant à Bruxelles qu’à Strasbourg ou vont-ils enfin assumer leurs responsabilités ?

A suivre …