Nouvelles des EPRs

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Sur site les ingénieurs et techniciens ont finalisé les tests à chaud de l’EPR en construction en tant que tranche 3 de la centrale nucléaire de Flamanville en France. Ces tests – qui ont débuté le 21 septembre de l’année dernière – visent à simuler les températures et les pressions auxquelles les systèmes du réacteur seront soumis en fonctionnement normal.

Les tests à chaud doivent garantir que les circuits de refroidissement et les systèmes de sûreté nucléaire fonctionnent correctement avant de charger le combustible. De nombreuses opérations ont été réalisées à Flamanville 3 pour la première fois lors de ces essais. Des conditions de fonctionnement normales ont été atteintes, avec de l’eau dans le circuit primaire à une température de 303ºC et une pression de 154 bars. Le refroidissement du circuit primaire par le circuit secondaire dans les générateurs de vapeur a également été réalisé. Des tests de coupure de courant ont également été effectués. Plus tôt ce mois-ci, la turbine de Flamanville 3 a été exploitée pour la première fois à vitesse nominale – 1500 tours par minute au cours de ces essais à chaud.

«Cela fait plus de 20 ans que nous n’avions pas réalisé d’essais à chaud sur une centrale [nucléaire] démarrant en France», a précisé Sébastien Bachère, directeur de la mise en service de Flamanville 3. «Il s’agit d’une étape déterminante pour le projet EPR. Avec plus de 1 000 tests effectués, 10 000 critères de conception testés et un taux de conformité de plus de 95%, nous pouvons être satisfaits des résultats de ces tests. »

La construction de l’EPR de Flamanville a débuté en décembre 2007, avec une exploitation commerciale initialement prévue en 2013. Le chargement de combustible dans le cœur du réacteur est désormais prévu pour fin 2022.

« Grâce aux tests à chaud, le fonctionnement du réacteur nucléaire a été étudié, y compris dans de nombreuses situations accidentelles, pour vérifier le bon fonctionnement des installations dans les configurations les plus restrictives possibles », a déclaré EDF. « Cette séquence a également permis de vérifier la capacité de l’équipe à exploiter le réacteur en toute sécurité. »

En décembre 2018, l’unité 1 de l’usine de Taishan dans la province chinoise du Guangdong est devenue le premier EPR à entrer en exploitation commerciale. Taishan 2 a commencé ses opérations commerciales en septembre 2019. Olkiluoto 3 en Finlande, le premier EPR du genre, a terminé des tests fonctionnels à chaud et se prépare à charger le combustible. Deux unités EPR sont également en construction dans le cadre du projet Hinkley Point C dans le Somerset, au Royaume-Uni.

Source : World Nuclear News

Notes. L’EPR français de Flamanville devait être construit en 5 ans pour un coût de 3,3 milliards d’euros. Finalement il sera mis en service en 2022 après 15 ans de chantier et 12,4 milliards d’euros. Les deux EPR chinois ont été mis en service après 9 ans de chantier pour un prix unitaire de 6,1 milliards d’euros. Quant à l’EPR finlandais d’Olkiluoto dont la construction a débuté en 2005 le coût final de cette installation n’est pas connu précisément car il existe un contentieux entre AREVA devenue une filiale d’EDF et la société finlandaise TVO mais il devrait dépasser 15 milliards d’euros et le surcoût sera pris en charge par les contribuables français via leur facture d’électricité alors qu’EDF est contraint, dans ces conditions financières pour le moins inquiétantes, à fermer les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim. Le peuple français est démuni de son patrimoine nucléaire civil, le seul secteur industriel fonctionnant encore à peu près correctement dans ce pays. Ce pays est foutu comme le dit H16 …

Qui connait mieux la vache que le paysan ?

Un  »ancien » du nucléaire tacle le Canard Enchaîné …  Excellent papier de quelqu’un dont la crédibilité peut difficilement être contestée… (voir note en fin de billet, illustration Centrale nucléaire de Tricastin, Wikipedia)

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Mon cher Canard,

Bien qu’étant un très ancien lecteur (depuis 40 ans), c’est la première fois que je prends la plume (pardon … le clavier !) pour t’écrire.

En effet, je t’ai été très fidèle pendant une vingtaine d’années. J’ai même une collection de tes exemplaires reliés en 8 volumes bisannuels magnifiques…  Mais lorsque je me suis aperçu que tu me trompais, ma fidélité s’est un peu émoussée et j’ai cessé de te lire toutes les semaines…

Qui suis-je ?  Un retraité, Ingénieur de formation, qui a traîné ses guêtres pendant 25 ans dans les centrales nucléaires françaises. J’ai été successivement Ingénieur, Chef de Service, Directeur Adjoint de Centrale, Directeur de centre de formation nucléaire, Inspecteur de Sûreté Nucléaire…

Sache que je ne tire aucune gloire de ces fonctions… mais si j’éprouve le besoin de les énumérer, c’est pour te dire que je connais plutôt bien mon Nucléaire !… Le fait d’avoir traîné pendant des années mes souliers et mes combinaisons parmi les tuyaux, les pompes et les réservoirs, d’avoir côtoyé quotidiennement les travailleurs de cette industrie, me donne, en tous cas je le crois, une certaine légitimité pour parler du sujet.

Sûrement plus que certains « scientifiques notoires », tels Monique SENE, dont je connais les travaux systématiquement à charge contre le Nucléaire depuis 25 ans, et qui travaillent principalement au fond de leur bureau, échafaudant des hypothèses et des conclusions pas toujours prouvées…mais toujours empreintes d’une certaine mauvaise foi.

 Ce préambule étant fait, tu dois comprendre pourquoi je me suis senti trompé par toi, de par tes positions systématiquement anti nucléaires où j’ai senti beaucoup plus d’idéologie que de rationalité ! Or, tu m’avais habitué  à l’objectivité et à la rationalité.

 Je vais m’appuyer sur ton article de ce jour qui traite des déchets nucléaires, non pas en énumérant des hypothèses ou des suppositions comme d’autres le font, mais en m’appuyant sur des faits réels et avérés. Les chiffres que je cite sont des chiffres tirés des rapports EDF, AREVA, de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) et de la Cour des Comptes. Il ne me reste qu’à faire quelques multiplications et divisions simples qu’Alzheimer ne m’empêche pas encore de faire…

Dernière précision : je ne suis guidé par AUCUN intérêt personnel … Seul l’intérêt que j’ai pour la vérité me guide !

 COÛTS DU NUCLEAIRE

Dans son rapport 2012, la Cour des Comptes avait chiffré à 258 Milliards le coût total du Nucléaire (hors déchets et démantèlement) depuis l’origine jusqu’en 2010…Hors, jusqu’en 2010, le Nucléaire  avait produit en France environ 14 000 Milliards de KWH…..Ce qui met le KWH  à  :  258/ 14000 = 0,0185 Euros /KWH ( 18,5 Euros par MWH )

Même en doublant ce chiffre (258 Milliards pour les déchets et le démantèlement ce qui est considérable) on arrive à 37 Euros par MWH ! Ce qui est loin des 75 ou 90 Euros que je lis dans ton article de ce jour !

Il est question de 1 Milliards de travaux préconisés par l’ASN  pour prolonger Fessenheim de 10 ans…En 10 ans les deux tranches de Fessenheim produiront 100 Milliards de KWH….Ce qui majorera le KWH de 1/100= 0,01 Euro  (10 Euros par MWH …. Est-ce rédhibitoire quand on le compare au coût des énergies renouvelables que je donne plus bas ?…). S’agissant de Fessenheim a-t-on chiffré l’investissement en réseau nécessaire pour garantir la sécurité électrique de l’Alsace lorsque cette centrale sera arrêtée?… Si elle s’arrête !

 Quant à l’EPR, la tête de série (toujours plus chère parce qu’elle essuie les plâtres) de Flamanville , il devrait couter  8 Milliards….somme considérable, certes !  Oui, mais elle devrait produire 600 Milliards de KWH au cours de sa vie…ce qui met l’investissement à 8 / 600 = 0,0133 Euros par KWH (13, 3 Euros par MWH)… même en triplant ce coût ( +16 Milliards) pour l’exploitation, la maintenance, les déchets et le démantèlement on arrive à 40 Euros par MWH…loin des 90 Euros que je lis dans ton article !

 D’ailleurs ces coûts sont cohérents avec le prix de vente des KWH nucléaires à  » prix coûtant » que pratique Mr PROGLIO, vis à vis des producteurs privés et que lui impose la loi NOME :  il vend à 42 Euros par MWH !  … et ce chiffre est contesté par ses clients, qui le trouvent trop élevé. Crois-tu que Mr PROGLIO est homme à vendre à perte ?

 COÛTS DU RENOUVELABLE

Je lis dans ton article que l’éolien coûterait un peu plus de de 90 Euros par MWH …. Si on se réfère aux installations existantes, (j’ai vérifié celles qui se trouvent dans ma région) les coûts sont proches de 180 Euros par MWH pour l’éolien terrestre et 250 Euros pour l’éolien marin ou le solaire (Pour information le charbon est à peu près à 120 Euros / MWH)… A noter que ces coûts ne comprennent ni la maintenance ni la déconstruction (élevé pour les panneaux solaires qui contiennent des métaux rares très toxiques).

Je passe sur les investissements en réseau supplémentaires qu’il est  nécessaire d’ effectuer  pour préserver l’intégrité de l’alimentation électrique .  En effet, s’agissant d’énergies intermittentes, susceptibles de varier très brutalement sur un aléa climatique soudain, elles peuvent mettre en péril la stabilité du réseau électrique…

Et puis, mon cher Canard, est ce que tu ne t’éclaires ou ne te chauffes que lorsqu’il y a du soleil ou du vent… ?

Pourquoi les « grands médias », à part Le Monde partiellement, ne nous informent-ils pas de l’arrêt du soutien des Gouvernements Espagnol et Anglais à l’énergie éolienne, jugeant que c’est un gouffre financier ? 

Pourquoi, Canard, ne nous dis-tu pas que 14 000 éoliennes sont en train de rouiller aux USA ?

Pourquoi, ne nous dis-tu pas que l’Allemagne, souvent citée en exemple, vient de stopper son soutien financier à l’éolien, jugeant que c’était un gouffre financier ? Il faut dire que la « transition énergétique » de l’Allemagne vient d’être évaluée à 1000 Milliards ! Pourquoi ne nous dis-tu pas qu’elle brûle massivement du charbon ( lignite ) pour remplacer les 8 réacteurs nucléaires qu’elle a arrêtés (elle n’arrive pas à arrêter ceux qui restent )….  et qu’un Allemand rejette trois fois plus de CO2 qu’un Français et paye son électricité 2 fois plus cher ? 

Les Français ont, sur leur facture d’électricité, une rubrique CSPE (Contribution au Service Public d’Electricité) qui représentait en 2012, environ 10 % du total…Cette CSPE comporte pour 60 % le surcoût lié  aux énergies renouvelables ….

Selon la CRE ce surcoût va passer de 2, 8 Milliards en 2013 à 3,5 Milliards en 2014 ce qui devrait générer une augmentation de la facture de 2 % (hors prix du KWH qui augmentera de son côté ) … 3,5 Milliards cela représente 5 % du CA d’EDF !…Si le solaire et l’éolien n’existaient pas la facture serait réduite d’autant !

Est-ce opportun d’imposer ce surcoût aux Français en période de crise ?   Au moment où on nous rebat les oreilles avec la compétitivité des entreprises, faut-il alourdir inutilement leur facture d’électricité ?

D’autant plus que le développement de ces énergies donne du travail aux étrangers (Chinois en particulier) et que les investisseurs, qui ont flairé le bon filon, sont aussi, pour la plupart étrangers !  Il parait (à vérifier) que même la mafia italienne a investi dans le domaine, en Allemagne, pour blanchir de l’argent sale!

 Je crois avoir apporté suffisamment d’éléments, qui montrent que la politique énergétique choisie par le Gouvernement, à travers la « transition énergétique », pour faire plaisir aux « arrivistes » Verts nous conduit à une catastrophe économique…

 SÛRETE NUCLEAIRE

Je te connais Canard…tu ne vas pas manquer de m’objecter que quels que soient les arguments économiques, la Sécurité n’a pas de prix…et tu auras raison ! Mais il faut pousser un peu plus loin l’analyse…

En tous domaines, le risque pris se mesure en multipliant les conséquences potentielles d’un accident par sa probabilité d’occurrence.

Pour ce qui concerne les conséquences d’un accident nous les connaissons à travers Tchernobyl et Fukushima ou tout au moins nous en avons une idée !  Je rappelle, tout de même qu’à Hiroshima et Nagasaki, la vie est aujourd’hui, 70 ans après, tout à fait normale.

Quant à la probabilité il est nécessaire de la réduire au maximum  par la qualité de la construction, de l’exploitation, de la maintenance et…du contrôle.

Pour avoir exercé les fonctions d’Inspecteur en Sûreté Nucléaire, je crois pouvoir affirmer que notre ASN est la meilleure au monde, de par son indépendance, sa compétence, sa rigueur et sa neutralité…Ce n’était pas le cas au Japon…et encore moins à Tchernobyl, où elle était inexistante.

 Dans ton journal, cher Canard, tu fais référence à St Laurent des Eaux où une partie du cœur a fondu…Oui c’est vrai …mais quelles conséquences pour l’environnement ?  A ma connaissance, quasiment aucune…et c’est cela qui est important !

 Là où tu dis la vérité, c’est lorsque tu dis nos réacteurs graphite gaz  présentaient le même défaut que Tchernobyl  : l’absence d’enceinte de confinement ….Mais ce qui est rassurant c’est que la France, a immédiatement pris la décision d’arrêter ses réacteurs graphite gaz après Tchernobyl :  Bugey 1, Chinon 2 et 3, St Laurent 1 et 2…Et dans les deux ans, ils étaient tous à l’arrêt ….A noter que cette technologie avait été voulue par De Gaulle pour ne pas copier les Américains …et leurs réacteurs à eau légère !

 Tu nous parles aussi, à juste titre, des fusions du cœur à TMI et à Fukushima….Encore exact, mais il ne faut pas faire d’amalgame…Fukushima est un réacteur à EAU BOUILLANTE avec une enceinte de confinement légère qui n’a pas résisté aux explosions d’Hydrogène (pourtant quelques temps auparavant Areva leur avait proposé des re-combineurs d’Hydrogène que TEPCO a refusés, les jugeant trop chers… (Tous nos réacteurs Français en sont pourvus)…..

Quant à TMI, l’accident confirme, en grandeur réelle, que le cœur d’un réacteur à EAU PRESSURISEE peut fondre presque entièrement SANS conséquence pour l’environnement !  Pourquoi ? Parce que l’enceinte de confinement a tenu…Au passage je t’informe que les enceintes de l’EPR sont encore plus résistantes que celles de TMI… Ce type de réacteur est le plus répandu au monde, et en France nous n’avons que ceux-là ! 

 Sachant qu’une probabilité n’est jamais nulle, le fait que JAMAIS il n’y a eu d’accident AVEC des rejets radioactifs sur un réacteur a EAU PRESSURISEE du type de ceux que nous avons en France, et qui est le plus répandu au monde, est plutôt rassurant  pour notre pays !

 CONCLUSION:

Mon cher Canard, j’ignore si je t’ai convaincu, mais j’espère au moins, t’avoir fait réfléchir…. Je te demande simplement lorsque tu t’empares d’un sujet, d’essayer de le traiter à charge ET à décharge …. comme tu m’y avais habitué ! 

Je ne peux pas terminer sans te faire deux remarques :

–  le « lobby Nucléaire » si cher aux Verts n’existe pas! Un lobby est en général là pour défendre des intérêts privés…et le CEA est 100% public et AREVA  et  EDF  sont à 85 % publics !  Alors que le « lobby privé renouvelable » est une réalité. Il est même soutenu par les Verts.

– le Professeur de Médecine Nucléaire Jean ARTUS du CHU de Montpellier, sommité internationale, qui n’a aucun lien, ni intérêt dans l’énergie nucléaire, écrivait, il y a quelques temps dans les journaux régionaux : « les écologistes mentent en matière de Nucléaire » ou encore « le Nucléaire est l’avenir de notre pays »!

Ne l’oublie pas, cher Canard quand tu parles de Nucléaire….

Avec toute ma sympathie….et peut-être, à nouveau, mes 1,20 Euros hebdomadaires ! Un lecteur (un peu) averti

Jean ABRAS

Note. Jean Abras, ingénieur diplômé de l’ENSAM, a fait carrière à l’EDF et l’a terminée comme ingénieur production au centre de production nucléaire de Tricastin de 1978 à 1990. Il a ensuite occupé un poste de responsabilité au sein de l’ASN jusqu’à son départ à la retraite.

Nouvelles des EPR de par le monde

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Alors que le second EPR chinois sur le site de Taishan a atteint la phase critique de la divergence neutronique, en d’autres termes que la fission de l’uranium 235 enrichi à 5 % s’auto-entretient en produisant de la chaleur, qu’en est-il des autres EPR ? Le réacteur EPR 1 du même site chinois dont la construction avait débuté en 2009 avait atteint le même stade le 6 juin 2018 et a été connecté au réseau trois semaines plus tard. La certification finale fut accordée le 13 décembre de la même année. En ce qui concerne l’EPR finlandais d’Olkiluoto, le combustible est en cours de chargement et il devrait être connecté au réseau électrique à la fin du mois d’octobre de cette année 2019. Son exploitation commerciale certifiée est prévue pour janvier 2020.

Venons-en à l’EPR franco-français puisque cette technologie a été développée en France avec la collaboration du groupe allemand Siemens. L’EPR de Flamanville est toujours en « construction », celle-ci débuta en décembre 2007. Toujours en construction signifie qu’il reste 6 soudures au niveau du circuit primaire de vapeur à réparer car elle sont considérées comme défectueuses par l’ASN, le « gendarme du nucléaire » français. L’EPR français ne sera probablement pas connecté au réseau avant la fin de l’année 2022 !

Il aura donc fallu au mieux 15 ans pour que l’EPR finlandais soit connecté au réseau, La construction des deux EPR chinois débuta respectivement en 2009 et 2010 et le premier à être connecté au réseau le fut 9 ans plus tard. Il en sera de même pour l’unité 2 du site de Taishan. Quand à l’EPR de Flamanville, au mieux, il sera connecté au réseau 15 ans après la première coulée de béton, comme l’EPR finlandais. Les dirigeants d’EDF, qui ne sont pas maîtres d’oeuvre en Chine, n’ont cessé de répéter qu’il faut toujours beaucoup de temps pour atteindre le stade du fonctionnement commercial d’un prototype. Il ne faut pas se moquer des observateurs. Le fait est que les Chinois sont plus efficaces que les Français ou les Européens d’une manière générale et ils en ont fait une brillante démonstration à Taishan.

Inutile d’insister sur les coûts que représentent les retards successifs qu’il serait fastidieux d’examiner ici dans le détail. Il faut retenir pour se faire une idée des capitaux engagés dans la construction de ces monstres que le coût global estimé pour un réacteur EPR britannique sur le site d’Hinckley Point C avoisinera les 10 milliards d’euros et sera environ le double de celui d’un réacteur Chinois sur le site de Taishan. Je tiens le pari que le prochain EPR construit en France le sera par une entreprise chinoise …

L’unité 1 de l’usine électronucléaire de Taishan est connectée au réseau

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EDF, acteur à hauteur de 30 % du projet conjoint avec Guangdong Taishan à 140 kilomètres à l’ouest d’Hong-Kong peut enfin se féliciter de voir que le premier EPR au monde vient d’être connecté au réseau électrique chinois. La deuxième unité EPR sur le même site devrait être connectée avant la fin de cette année 2018. Le chantier aura duré seulement 9 ans et ceci est le résultat de l’efficacité des entreprises chinoises. Il ne faut pas mettre sous le tapis le transfert massif de technologies depuis la France vers la Chine (c’était prévu dans le contrat de joint-venture) et il ne fait aucun doute que bientôt ce pays deviendra le leader incontesté de la technologie électronucléaire dans son ensemble. EDF peut se flatter d’être aussi devenu, par la force des choses à la suite de la débâcle d’Areva, le maître d’oeuvre des 3 autres EPR en cours de construction, Taishan 2, Flamanville 3 et Olkiluoto 3 lorsque les activités d’ingénierie d’Areva (ex-Framatome) ont été reprises mais il ne faut pas oublier que sans l’aide de l’Etat français, donc des contribuables, le projet d’Hinkley Point C en Grande-Bretagne n’aurait pas pu être concrétisé. Dans ce dernier projet la Chine est également partenaire d’EDF, curieuse situation assez paradoxale.

Où est l’époque dorée des constructions françaises de centrales nucléaires en Corée et en Afrique du sud (Koeberg) par Framatome ? La filière nucléaire française constituée d’entreprises étatiques a été mal gérée et elle continuera à se dégrader car EDF est maintenant obligé de s’occuper de moulins à vent en s’endettant monstrueusement alors que ce n’était pas sa vocation initiale, celle décidée par les plan quinquennaux des années 1960-1970. Il y avait à cette époque de vrais techniciens à la tête d’EDF et non pas des crânes d’oeuf incompétents. Chaque fois que l’Etat français actionnaire d’entreprises industrielles et commerciales veut diriger celles-ci il est certain que ce sera une catastrophe ! Et cette situation est exacerbée par la porosité entre le gouvernement français et les écologistes anti-nucléaires. Dans 20 ans ce sont les Chinois qui viendront construire de nouvelles unités sur le sol français car personne ne pourra s’en passer …

Enfin, pour terminer ce pamphlet, les syndicats dans leur ensemble s’inquiètent à juste titre de l’avenir de l’entreprise car le gouvernement constitué d’incapables veut obliger EDF à diversifier ses sources d’électricité, au risque de me répéter. Sous le fallacieux prétexte qu’il faut réduire l’empreinte carbone de l’entreprise (ah bon ?) les écologistes poussent le gouvernement à réorienter la politique énergétique alors qu’il faudrait en premier lieu, au sujet de cette empreinte, se préoccuper des transports mais ces mêmes écologistes ne veulent pas toucher à la fibre sensible des Français trop attachés à leur tas de tôle monté sur 4 roues (cf un prochain billet sur ce blog). Un choix critique confié à des ministres nullissimes qui ne connaissent même pas la loi d’Ohm. La France est déjà descendue dans les limbes et sera bientôt un pays classé parmi ceux du Tiers-Monde.

Source et illustration : CGNPC

Olkiluoto et la fin programmée de l’industrie nucléaire française

Le branchement au réseau électrique d’Olkiluoto encore repoussé : c’est un véritable feuilleton de mauvaise facture que réserve cette centrale électro-nucléaire d’Olkiluoto 3 en Finlande. TVO (Teollisuuden Voima Oyj) vient de recevoir une note d’Areva NP lui signifiant que finalement le réacteur EPR de conception franco-allemande ne serait que très probablement connecté au réseau qu’en mai 2019, si tout va bien … La dernière notification de ce genre date de septembre 2014 et prévoyait un raccordement vers la fin de l’année 2018. TVO a manifesté son profond mécontentement au sujet de ce nouveau délai et il a ajouté que la restructuration du secteur nucléaire français ne devait en aucun cas compromettre cette dernière annonce.

Pour les non-spécialistes, un réacteur nucléaire est d’abord testé à froid et la pression de l’ensemble de la structure et des équipements connexes est augmentée progressivement jusqu’à atteindre une valeur supérieure à celle d’un fonctionnement en exploitation de routine. Il s’agit de « timbrer » l’équipement. La deuxième étape consiste à réaliser les mêmes essais « à chaud » avec une source de chaleur qui n’est pas encore le combustible à base d’uranium faiblement enrichi. Des anomalies non répertoriées « à froid » peuvent apparaître dans ces conditions. Puis le réacteur est chargé avec du combustible. Il s’agit du troisième volet de ces essais qui permet de vérifier toute une série de détecteurs et de valider le bon fonctionnement de l’ensemble jusqu’au stade final qui est la mise en température nominale par la fission, un processus également progressif. Je résume mais c’est à peu près ainsi que les choses se passent.

Les essais à froid ont été effectués en juin de cette année 2017 à Olkiluoto et les essais à chaud sont programmés pour la fin de cette année. Le contrat de fourniture clé-en-main de cette installation a été signé en 2003, une éternité, et la mise en exploitation était programmée pour l’année 2009 ! TVO a déposé une plainte auprès de la Commission Européenne afin de désapprouver l’aide de 4,5 milliards d’euros de l’Etat français apportée à Areva lors de sa restructuration, craignant que le chantier d’Olkiluoto soit remis en question. La dite commission a bien spécifié, à la demande de la Finlande, qu’il était hors de question que le projet pâtisse de cette restructuration. Il n’en reste pas moins que l’énervement du gouvernement finlandais est parfaitement justifié.

Bien que les autorités politiques se défendent de considérer qu’elles ont « refilé la patate chaude » à EDF qui a absorbé de facto Areva NP c’est tout de même le cas. Les 4 milliards d’euros étant l’objet d’un litige entre TVO et Areva seront-ils pris en charge par le gouvernement français ou par EDF ? La réponse est simple : ce sont les contribuables français qui paieront avec leur facture d’électricité, cela ne fait aucun doute car EDF c’est l’Etat ! Et l’Etat c’est moi comme doit certainement le penser Macron qui, secondé par son ministricule de la transition énergétique renouvelable va devoir se dépêtrer dans ce dossier particulièrement savoureux mais très amer car il révèle la fin programmée de l’industrie nucléaire française. Pendant ce temps-là EDF dépense des milliards, contraint et forcé par le gouvernement gauchiste et écolo, pour installer des moulins à vent un peu partout ainsi que des hydroliennes, la dernière lubie de ces illuminés de l’église de scientologie climatique. À qui va profiter le crime, nul ne le sait précisément mais Olkiluoto et donc Areva NP, après Alstom tout simplement démantelé, le gouvernement français a tout fait pour mettre à genoux l’industrie nucléaire française, jadis un fleuron de technologie respecté dans le monde entier. Quel gâchis …

Note : source partielle et illustration World Nuclear News. L’illustration résume l’ensemble du propos de ce billet.

Electricité de France et petite chronique cinématographique: The Wrong Man (Alfred Hitchcock)

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Il y a plus de 30 ans j’ai travaillé quelques années comme consultant auprès d’EDF à Paris et j’étais chargé de promouvoir les technologies développées par cette société dans le domaine du nucléaire tant aux USA que dans d’autres pays, en particulier en Europe. C’était en France l’époque de la construction de nombreux réacteurs du type 900 MW électriques, une sorte de fabrication standardisée en série sous licence Westinghouse. Il s’agissait d’une stratégie définie par le gouvernement pour réduire les coûts d’implantation de ces sources d’énergie qui permettraient à la France de devenir autonome sur le plan énergétique pour la production d’électricité. C’était aussi l’époque de la finalisation de la ligne TVG Paris-Lyon, la seule ligne de train à grande vitesse rentable encore aujourd’hui dans le monde (avec le shinkansen reliant Tokyo à Osaka) et il fallait naturellement produire de l’électricité à un prix abordable et indépendamment des fluctuations des cours du pétrole. Bref, EDF construisait des centrales nucléaires un peu partout sur le territoire français. EDF était le maître d’oeuvre, le CEA contrôlait le combustible, normal c’était encore du ressort des militaires car ils étaient avides de plutonium, Framatome fournissait les chaudières et les échangeurs de chaleur et le reste était sous la responsabilité de contractants divers étroitement contrôlés par EDF qui disposait de ses propres bureaux d’étude et de ses centres de recherches et d’essais intra muros que j’ai tous visité.

C’était juste un petit rappel de cette époque dorée d’EDF alors présidée par Marcel Boiteux que j’eus l’honneur de rencontrer dans son bureau rue Murat, à Paris. C’était un électricien pur et dur et non pas un technocrate comme aujourd’hui qui ne pense qu’avec sa calculette dans la main et ne peut prendre aucune décision stratégique sans en référer au premier ministre voire au Président qui n’y connaissent naturellement rien du tout dans le domaine de l’énergie électrique. Boiteux (Normale Sup et Mines de Paris) vivait et raisonnait dans le réel, le concret, et il disposait d’un relative indépendance vis-à-vis du gouvernement, ce qui n’est plus du tout le cas maintenant, et c’est particulièrement déplorable (lire en fin de billet).

Comme j’habitais à Lyon et que je prenais le TGV chaque lundi matin pour me rendre à Paris, je garais ma vieille Renault R5 bleue marine dans les rues proches de la gare de Perrache pour prendre le premier train à destination de Paris. Il m’arrivait souvent de converser durant deux heures et demi avec Raymond Barre, alors maire de Lyon, ou d’autres personnalités car EDF me payait mes voyages en première classe, bien entendu. Un vendredi soir, à mon retour de Paris, après avoir retrouvé non sans mal mon véhicule et réintégré le domicile familial, mon épouse me présenta une convocation de la gendarmerie d’un village de la banlieue ouest de Lyon pour le lundi matin suivant.

Comme Manny Balestrero incarné dans le film d’Hitchcock « The Wrong Man » (1956) par Henry Fonda, un modeste joueur de contrebasse, je faillis bien être pris pour le faux coupable dans une histoire de hold-up à main armée.

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C’est un réel plaisir de relater cet évènement qui s’imprima dans ma mémoire avec une telle intensité en raison de l’angoisse indicible que j’éprouvais alors que je me souviens des moindres détails de mon entrevue avec les gendarmes. J’arrivais donc dans le parking de la gendarmerie avec ma vieille Renault R5 de couleur bleu-sombre, j’aurais utilisé le véhicule de mon épouse, la situation aurait pu être bien pire ou peut-être bien plus favorable, mais seul Alfred Hitchcock en aurait pu déceler les nuances. Bref, j’entrais dans les locaux de la gendarmerie plutôt décontracté et je présentais ma convocation. On me pria d’attendre une autre personne. Après avoir présenté mes documents d’identité je fus conduit dans une pièce où se trouvaient seulement une table et deux chaises – je n’invente rien – et un gendarme commença à me questionner. Tout y passa, exactement comme dans le film d’Hitchcock avec Henry Fonda, et je fus bouclé dans cette pièce plusieurs dizaines de minutes quand enfin le même gendarme revint vers moi.

J’avais un alibi, fort heureusement, qui fut vérifié par le gendarme en appelant la secrétaire du bureau qui commença à lui aboyer copieusement dans les oreilles (ce que j’appris plus tard de vive voix) car j’avais ce lundi matin-là deux rendez-vous importants et je n’avais évidemment pas pu la prévenir de mon absence au bureau. Le jour du hold-up qui eut lieu à Valence, dans la Drôme, des malfaiteurs avaient « emprunté » ma voiture pour réaliser leur forfait et avaient soigneusement remis mon véhicule près de la gare et, détail incroyable, remis de l’essence dans le réservoir. S’ils avaient oublié l’endroit exact où j’avais garé ma voiture, il en était de même en ce qui me concernait ! Ce détail intrigua au plus haut point les gendarmes quand je leur avais expliqué que le lundi matin très tôt je garais mon véhicule dans une rue près de la gare encore passablement endormi et que le vendredi soir il m’arrivait de marcher une dizaine de minutes avant de le retrouver. Pour eux j’étais coupable, le coupable tout trouvé, idéal pour leur hiérarchie. La secrétaire du bureau signala que selon ses notes et mon agenda le jour du hold-up en question je me trouvais à Strasbourg et que plusieurs personnes d’une moralité irréprochable pourraient aisément en témoigner.

Etre désigné comme un faux coupable par les rouages inextricables de l’administration policière puis pénitentiaire comme dans le film est une situation que je ne souhaite à personne. Ce fut pour moi une expérience que je n’ai jamais oublié. Il faut dire que je laissais mon véhicule non verrouillé, on avait déjà forcé la portière et volé mon auto-radio qui d’ailleurs ne fonctionnait plus depuis longtemps. En quelque sorte j’offrais ma voiture à n’importe quel malfaiteur, tout ça pour promouvoir les technologies développées par EDF qui aurait bien mieux fait de se focaliser sur les réacteurs type 900 MW plutôt que d’être soumis au gigantisme imposé par le gouvernement à la suite de la fusion, sous la houlette du CEA, de Framatome et de Creusot-Loire, une catastrophe stratégique que les contribuables n’ont pas fini de payer avec le présent projet insensé d’Hinkley Point C qui, selon les dernières nouvelles, verra un report de mise en service d’au moins 18 mois et un surcoût de plus de 3 milliards d’euros naturellement payés par les contribuables, cette fois-ci français car les Anglais ne veulent pas entendre parler de surcoût. J’ajouterai pour en terminer avec EDF que cette entreprise d’Etat fait dans le « renouvelable » contrainte et forcée par le gouvernement français qui lui a inoculé le virus vert contre lequel il n’existe toujours pas de vaccin : EDF en mourra, je n’en dirai pas plus.

Illustrations : captures d’écran du film d’Alfred Hitchcock avec Henry Fonda et Vera Miles.

Note. Marcel Boiteux a repris un principe dit d’élasticité des prix des services monopolistique d’Etat, la règle de Ramsey-Boiteux dont l’énoncé est le suivant (Wikipedia) :

Cette règle postule qu’un monopole naturel fait des pertes s’il doit fixer son prix à son coût marginal car il y a un coût initial important qu’il doit absorber. Ce monopole naturel va donc essayer de parvenir à l’équilibre. Il doit donc utiliser une tarification qualifiée de second rang qui est supérieure au coût marginal et inversement proportionnelle à l’élasticité de la demande : l’idée est de récupérer les coûts fixes sur les services les moins élastiques, la tarification non linéaire qui pèse plus sur les usagers captifs. Cette règle s’applique tout particulièrement aux services publics tels que les télécommunications, les transports et éventuellement la production d’électricité. En vertu de cette règle le régulateur (en l’occurence un gouvernement) doit laisser une certaine marge de manoeuvre tarifaire à l’opérateur (ici EDF). Ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui dans la mesure où le retour sur investissement des unités de production, compte tenu de leurs coûts élevés, ne permet plus d’optimiser les prix, situation aggravée par la fixation des prix autoritairement décidée par le gouvernement en ce qui concerne le kWh pour financer le développement des énergies dites renouvelables. Il est donc tout à fait probable que le prix du kWh facturé par EDF – je parle ici de la France – explose à brève échéance. Pour les curieux, voici le lien compréhensible pour un économiste (ce qui n’est pas le cas de votre serviteur) : https://en.wikipedia.org/wiki/Ramsey_problem

L’arrêt de mort d’EDF est signé

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Finalement le Ministre d’État (rien que ça !) chargé de la « transition écologique et solidaire » a signé l’arrêt de mort d’EDF. Deuxième de la hiérarchie gouvernementale après le Premier Ministre, cet individu dont l’opportunisme ne fait de doute à personne a donc repris mots pour mots les engagements pris à la sauvette par décret le 8 avril 2017 (décret 2017-508) par une autre opportuniste toute aussi incompétente que lui, je veux parler de Mademoiselle Ségolène, l’ex de l’ex-président. Il y a moins d’une semaine je relatais le Plan Macron (lien) de transition énergétique qui, chiffres à l’appui, n’est qu’une fanfaronnade électoraliste car il faut encore rassurer les Français allergiques à l’uranium avant les élections législatives. De Gaulle et Mesmer avaient une vraie vision de l’indépendance énergétique, du moins électrique, de la France en mettant en place un plan colossal d’équipement électronucléaire français qui fit (et fait encore) l’admiration du monde entier et qui fut financé par les contribuables (dont je fis partie) pour former un patrimoine industriel sans équivalent dans le monde.

Nicolas Hulot, faisant fi des réalités du monde moderne, a donc repris les thèses chères aux écologistes de tout poil, diminuer la part du nucléaire dans la production d’électricité française sans se demander un instant par quoi elle va être remplacée de manière fiable afin de garantir une sécurité nationale. L’exemple catastrophique de « transition énergétique » allemande qu’il a pourtant sous les yeux ne lui aura pas servi de leçon. Ce triste individu dont la notoriété fut financée par le plus grand groupe chimique d’Europe – à l’époque de ses reportages tonitruants en hélicoptère – a assis sa nouvelle fonction par je ne sais quel truchement de copinages obscurs. Il est tout simplement scandaleux de laisser libre cours à un tel pouvoir de malfaisance. Le nouveau président aurait eu beaucoup plus de crédibilité en nommant à un poste moins pompeux – disons tout simplement Ministre de l’Energie – un technicien connaissant le B-A BA de cette discipline dont dépend le développement économique.

Chers lecteurs contribuables et consommateurs d’énergie électrique, attendez-vous à des augmentations substantielles de vos notes d’électricité (et de gaz) dans les prochaines années que vous paierez tous par solidarité avec l’incurie gouvernementale. Cette affaire me rappelle celle de l’idiot à qui on montre la Lune de la main : il regarde le bout du doigt de l’observateur et continue à lui demander où se trouve la Lune. En d’autres termes Hulot ne fait qu’abonder dans les thèses écolos les plus radicales et les plus ringardes pour cultiver sa personnalité d’ex présentateur de télévision sans se soucier un seul instant de l’avenir du pays. Je serai mort avant d’assister au désastre annoncé d’une mort certaine d’EDF qui fut et est encore le plus beau fleuron industriel de la France et à qui cet énergumène de foire va confier la construction de moulins à vent à grands frais. Je n’ai que mon blog et mes larmes pour pleurer …

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/05/15/le-plan-macron-de-transition-energetique-une-utopie/

Nouvelles d’Hinkley Point C

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Finalement, sous la pression des gouvernements britannique et français, EDF Energy, filiale londonienne d’EDF, CGN (China General Nuclear), le 10 Downing Street et les grands absents du projet, c’est-à-dire les consommateurs britanniques d’électricité, ont signé le contrat scélérat autorisant le consortium EDF-CGN à vendre le MWh sortant des deux EPR pendant les premières 35 années d’exploitation au prix de 92,50 livres. Peu importe quelles seront les évolutions des prix du marché.

Ceux qui auraient dû être consultés, les consommateurs anglais, n’ont pas leur mot à dire : ils paieront et pas qu’un peu puisque la note qui leur sera infligée s’élèvera à 21 milliards de livres sterling, soit à la louche 25 milliards d’euros. Répartie sur une vie de consommateur cette somme s’élèvera à 12 livres par an et par ménage, de quoi faire passer la pilule en douceur avec aussi comme argument psychologique que ces kWs seront totalement « décarbonés », ben voyons …

Les dindons de la farce sont donc les consommateurs finaux et par extension les contribuables qui seront sollicités au cas où il y ait des retards dans l’exécution du projet, les deux gros monstres devant être connectés au réseau en 2025. Si ce n’était pas le cas, alors la clause tarifaire préférentielle deviendrait caduque et le projet deviendrait ainsi un gigantesque gouffre financier. Loin de moi l’idée de souhaiter un fiasco à Hinkley Point C mais quand on observe les déboires, les embrouilles juridiques et les retards à répétition de l’EPR finlandais à Olkiluoto et les manquements et autres erreurs à Flamanville, il y a de quoi se poser de sérieuses questions. Comme je le mentionnais dans un précédent billet sur ce blog si j’étais investisseur je ne mettrais pas un kopeck dans ce projet. Le chantier du réacteur EPR d’Olkiluoto-3 a démarré en 2005 et aux dernières nouvelles ce dernier devrait être connecté au réseau fin 2018. À Flamanville les travaux ont débuté en 2007 et l’EPR devrait produire ses premiers kWs fin 2018. Enfin l’EPR de Taishan-1 dont les premiers travaux ont débuté en 2009 devrait quant à lui être connecté dans le courant de l’année 2017 et son jumeau Taishan-2 au plus tard en 2018. On peut toujours rêver pour les délais de construction d’Hinkley Point c’est-à-dire moins de 9 années à condition que les Chinois apportent des Airbus A380 entiers d’ouvriers pour travailler sur le site … Tout retard pourrait coûter un maximum à EDF, aux Chinois partenaires à 30 % et naturellement aux contribuables français pour sauver EDF. Encore une fois l’optimisme reste de rigueur.

Sources : Bloomberg et World Nuclear News

EDF et Hinkley Point C : N’importe quoi !

 

C’est chose faite, après délibération le Conseil d’Administration d’EDF a approuvé l’engagement d’EDF dans le projet Hinkley Point C. C’est l’éléphant blanc radioactif comme le titrait ce jour l’agence Bloomberg sous la plume de Chris Bryant !

La dette d’EDF évolue aux alentours de 37 milliards d’euros à laquelle il faut ajouter le coût déjà planifié de 50 milliards des mêmes euros pour satisfaire aux directives de l’ASN lui permettant de prolonger l’exploitation des tranches 900 MW type Fessenheim. Il y a bien pire puisqu’EDF se trouve également en face d’une dette virtuelle de 22,5 milliards d’euros pour faire face au régime de retraites de ses agents qui est fastueuse et tout bénéfice pour la CGT qui gère ce coté sombre et ignoré du public de la manne du CCE de cette entreprise d’Etat hors normes.

S’engager maintenant dans le projet Hinkley Point pour une technologie issue d’Areva qui n’a pas encore fait ses preuves à hauteur de 20 milliards d’euros sur 10 ans sans comptabiliser les aléas et les retards est une pure fantaisie financière. Au final il en coutera au contribuable français, par ménage fiscal, la coquette somme de 5000 euros ( ! ) sans compter les primes supplémentaires relatives à la « transition énergétique.

On nage en plein délire politicien …

EDF : le gouvernement persiste dans l’erreur …

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Alors que le gouvernement français pousse EDF à persévérer dans le projet Hinkley Point C en Grande-Bretagne, la mise en chantier d’un nouvel EPR avec on ne sait pas trop quel financement, ce qui a d’ailleurs conduit le Directeur financier d’EDF à proprement claquer la porte, cette monstruosité technologique et financière se trouve laminée par la technologie des réacteurs dits SMR selon la terminologie de l’IAEA, l’agence internationale de l’énergie atomique. Le SMR – acronyme de Small Modular Reactor – est une technologie en kit, fabriquée en série pour atteindre un coût le plus bas possible, et dont la mise en oeuvre ne dépasse pas 3 à 5 ans. Depuis 2011 le Département de l’Énergie américain a fait le choix de privilégier cette technologie au détriment des grands projets de puissance électrique supérieure à 1000 MW électriques. À la suite d’un appel d’offre gouvernemental, des compagnies comme Westinghouse, Holtec, NuScale ou encore General Atomics ont présenté leurs projets. L’affaire a suivi son cours jusqu’à récemment lorsque la TVA, Tennessee Valley Authority, une compagnie d’électricité appartenant à l’Etat fédéral américain, a déposé un projet de SMR qui a été approuvé par la NRC et qui sera développé sur le site d’Oakridge avec l’appui technologique de la société Babcok & Wilcox.

Parallèlement, la Grande-Bretagne soutient financièrement le développement de SMRs sur son territoire alors que celui d’Hinkley Point est toujours pendant. On se trouve donc dans une situation où s’opposent les tenants du gigantisme et ceux des petits réacteurs modulaires de 300 MW beaucoup mieux adaptés aux réseaux de transport et de distribution existants. Pour résumer la situation actuelle dans le monde, les SMRs ont le vent en poupe : 11 SMRs sont en cours de construction en Chine, Corée du Sud, Russie et USA et 13 autres en sont encore au stade d’études d’ingénierie au Japon, en Russie, aux USA, en Inde, au Canada et au Pakistan. Mise à part la technologie chinoise, deux configurations sensiblement identiques sont développées aux USA par Babcock & Wilcox, d’une part, et par Westinghouse d’autre part. Quant à la Chine, CNNC propose une gamme de puissances électriques allant de 100 à 350 MW dans une configuration proche de celles choisies aux USA.

L’intérêt du SMR est sa structure modulaire, fabriquée en usine puis transportée sur site. Economiquement et à l’évidence, lorsque de grandes séries seront projetées le coût global de telles unités de production électrique pourra atteindre un milliard de dollars par 300 MW électriques prévues pour durer 60 ans avec un rechargement de combustible tous les deux ans et des systèmes de sécurité dits passifs c’est-à-dire ne nécessitant pas de redondance particulièrement coûteuse comme dans le cas de l’EPR. Il serait peut-être urgent qu’EDF revoie sa copie au sujet d’Hinkley Point C quand la tendance pour les nouveaux projets d’énergie nucléaire s’oriente à l’évidence vers les petites unités. Source : World Nuclear Association http://www.world-nuclear.org/information-library/nuclear-fuel-cycle/nuclear-power-reactors/small-nuclear-power-reactors.aspx