L’Europe va plonger avant la fin de cette année dans une crise économique majeure

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Alors que l’Iran a déposé un recours auprès de la Cour de Justice Internationale (organisme dépendant des Nations-Unies) pour obtenir la suspension des sanctions US contre ses exportations de pétrole, l’Union Européenne se prépare au choc économique qu’elle devra subir lorsque les sanctions américaines seront entièrement appliquées le 4 novembre prochain. Les intentions américaines sont claires : réduire à zéro les exportations de pétrole iraniennes et mettre à genoux l’économie et la finance iraniennes. La conséquence sera une augmentation du prix du pétrole et les décisions de la Maison-Blanche affecteront les économies de bien d’autres pays. Les pays de l’Union Européenne encaisseront le choc ou bien se battront-elles contre les USA ?

L’Iran est le troisième plus important producteur de pétrole de l’OPEP après l’Arabie Saoudite et l’Irak avec une production quotidienne de 4 millions de barils. En ce moment de vastes régions du monde, Amérique du Nord, Europe et Asie du Sud-Est entrevoient une embellie économique qui a eu pour conséquence une augmentation de consommation de pétrole de 1,5 millions de barils par jour depuis 2017, augmentation qui a eu pour effet une augmentation du prix du pétrole. Comme l’Iran l’a déjà signalé, s’il est contraint de réduire ses exportations à zéro (l’objectif de la Maison-Blanche) l’OPEP ne pourra pas faire face à la demande des pays importateurs. La conséquence sera une tension sur les prix qui aura pour effet d’entraver la croissance économique de tous les pays importateurs. Les USA doivent donc s’assurer, avant de mettre en place leur embargo sur le pétrole iranien, que le marché mondial du pétrole soit approvisionné. Mais à la vue de la demande actuelle en pétrole cet objectif n’est qu’un voeu pieux car les exportations du Vénézuela s’effondrent et l’OPEP a conclu un accord avec la Russie pour réduire de 1,8 millions de barils par jour la production par rapport à celle de 2017.

Les firmes pétrolières occidentales cessent déjà leurs opérations en Iran et les sanctions américaines atteignent les pays alliés des USA en particulier l’Union Européenne. Le bloc européen est dépendant des importations de pétrole à hauteur de 98 % et avec un euro qui commence à se déprécier par rapport au dollar, une augmentation du prix du pétrole ne pourra qu’aggraver la situation économique de l’Europe. Un pétrole plus coûteux va tout de suite compliquer la situation de l’économie allemande, fer de lance de l’ensemble de l’économie européenne. La politique exportatrice de l’Allemagne est en effet très sensible aux chocs économiques extérieurs. Les commandes de produits manufacturés allemands ont déjà considérablement réduit et selon des enquêtes récentes réalisées auprès des entreprises allemandes celles-ci indiquent qu’une augmentation du prix du pétrole sera gravement dommageable pour l’ensemble du tissu industriel allemand.

Si l’Europe doit craindre un effet négatif des sanctions contre l’Iran, la législation extra-territoriale américaine doit être également redoutée par les entreprises européennes : en se retirant du marché iranien elles vont de facto perdre des dizaines de milliards de dollars en raison des accords d’investissements sur le long terme ayant été conclus depuis la mise en place du traité qui a été dénoncé par les USA. Le cas de Total est emblématique. Cette société a signé un accord pluriannuel de 5 milliards de dollars avec l’Iran pour l’exploitation de l’immense gisement gazier de South Pars. Aujourd’hui Total se bat pour désinvestir en Iran avant la date du 4 novembre 2018. Dans cette perspective Total et Shell viennent de cesser toute importation de pétrole iranien. Les autres raffineurs européens ont également sensiblement réduit leurs achats de pétrole iranien alors que les gouvernement des pays européens tentent d’imaginer un statut de blocage des sanctions américaines pour protéger les entreprises européennes actives sur le sol iranien. Jean-Claude Junker a par exemple déclaré que « c’est une devoir pour l’Union Européenne de protéger le marché en Iran en particulier des petites et moyennes entreprises européennes ». Cette décision est entrée en vigueur le 7 août mais elle n’est pas claire car Bruxelles négocie toujours une protection de ces entreprises de taille moyenne. La décision européenne n’est pas seulement une résistance de principe mais elle repose sur une nécessité économique.

En effet l’Europe va se trouvée confrontée à deux défis avant la fin de cette année : non seulement les sanctions américaines contre l’Iran qui prendront effet le 4 novembre mais fin octobre les sanctions contre le géant russe de l’aluminium Rusal prendront également effet. Ainsi les pays membres de l’UE seront exposés à deux chocs : une raréfaction du pétrole et de l’aluminium, un véritable ouragan pour les indicateurs économiques.

Exactement comme pour l’Iran les USA n’ont pas consulté leurs partenaires européens en mettant en place au mois d’avril les sanctions contre Rusal. Presque immédiatement les marchés de la bauxite et de l’aluminium métal sont devenus chaotiques avec des prix à la hausse qui vont se répercuter sur les consommateurs finaux. Les acteurs du marché de l’aluminium de chaque côté de l’Atlantique ont tenté de rechercher d’autres fournisseurs sans grand succès et les négociants ont accepté d’emblée une augmentation de 20 % de l’aluminium métal. En Allemagne l’autorité Wirtschafts Vereinigung Metalle qui représente 655 entreprises métallurgiques a averti du risque de voir de nombreuses petites entreprises baisser le rideau en raison de l’augmentation du prix de l’aluminium mettant en danger une multitude d’autres petites et moyennes entreprises du pays. Le futur d’une myriade de petites entreprises sous-traitantes de grosses entités industrielles comme Daimler ou Volkswagen qui représentent 13 % de la force de travail européenne pourrait être compromis. Elles représentent, seulement en Allemagne, 60 % des emplois … Avec une augmentation prévisible du prix du pétrole autant dire que l’économie européenne – et allemande en particulier – va vivre une période noire avec des conséquences sur l’emploi incalculables.

La politique commerciale américaine choisie par le Président Donald Trump est clairement en conflit avec les intérêts essentiels des pays membres de l’Union Européenne : le pétrole et l’aluminium sont essentiels pour maintenir la santé de l’économie. Cette rafale de sanctions décidée par la Maison-Blanche doit être prise pour ce qu’elle est réellement : une menace existentielle pour la multitude d’entreprises européennes qui concourent au maintien de l’Union Européenne. Il reste à espérer que les autorités de Bruxelles ne baisseront pas leur culotte devant la Maison-Blanche (l’expression est de mon cru, en anglais « One can hope the Europeans will not waver in their determination to stand up to the White House« ).

Traduction par votre serviteur d’un article de Scott Belinski paru sur le site Oilprice.com il y a trois jours. Les ajouts entre parenthèses ne sont pas de l’auteur mais de votre serviteur pour une meilleure compréhension du texte original.

La crise financière mondiale : une nouvelle « turquerie » ?

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Je ne voudrais pas être considéré comme un cygne noir mais la situation financière de la Turquie se dégrade jour après jour et il est probable que la crise financière mondiale que les analystes redoutent ne surgira pas de l’Argentine ni de l’Italie ni encore du Portugal mais de l’ensemble des banques exposées aux risques politiques et économiques de la Turquie. Depuis que Erdogan a été réélu dictateur à vie de son pays, c’est ainsi que l’on peut voir les choses et ça n’a pas vraiment l’air de plaire aux Américains, la lira turque a dévissé et elle est en chute libre jour après jour. Quels sont les pays dont les banques ont consenti des prêts à la Turquie il y a quelques années quand les perspectives de développement de ce pays paraissaient mirifiques ?

Le classement est sans appel et éloquent :

France : 40,4 Md de dollars, GB : 23,9 Md de dollars, USA : 18,9 Md, Allemagne : 15,4 Md, Japon : 11,8 Md, Italie : 8,9 MD, Suisse : 6,4 Md et Canada 1,8 Md sans oublier les participations directes hasardeuses d’Unicredit (Italie) et BBVA (Espagne) dans des banques turques alors que la lira a perdu près de 75 % de sa valeur par rapport au dollar (et à l’euro) en quelques mois avec une inflation qui n’a rien à envier à celle que connut le Zimbabwe ou celle du Vénézuela aujourd’hui … Faut-il voir dans la déconfiture de la situation financière de la Turquie une action souterraine des USA qui n’apprécieraient pas le rapprochement récent entre ce pays la Chine et la Russie ou encore avec la Syrie, je ne me hasarderai pas à faire une telle analyse, toujours est-il que de grosses banques (« too big to fail ») françaises, italiennes et espagnoles vont se trouver confrontées dans les prochaines semaines sinon les prochains jours à de très graves difficultés et on peut raisonnablement penser que la BCE ne pourra rien faire pour les tirer d’affaires sinon mettre la planche à billets en surchauffe. Et dans ce cas l’euro se dépréciera par rapport au dollar. D’un autre point de vue le rapprochement entre la Turquie et la Russie et la Chine signifie peut-être que ces deux dernières puissances pourraient mettre la main au pot pour mieux asseoir leurs visées stratégiques sur la région. Encore faudrait-il que Erdogan, de plus en plus considéré par Washington comme un despote incontrôlable, quitte l’OTAN. Or les USA disposent de deux importantes bases militaires dans ce pays … Tout se complique.

Charles Gave avait averti il y a quelques mois ses lecteurs du danger d’une turquerie imminente, elle va se concrétiser !

Illustration : « Turquerie » par Maurice Quentin de La Tour (1704-1788)

Et maintenant, l’ère du dirigisme

Ce billet est un copié-collé d’un article paru dans les pages du Temps (Genève) sous la plume de Stéphane Garelli, professeur émérite, IMD et Université de Lausanne, publié vendredi 23 mars 2018 à 18:27

Le monde entre dans une nouvelle ère où les empires économiques et les blocs régionaux reprennent le dessus et où le politique l’emporte sur les marchés. Une deuxième période «Trente Glorieuses» s’achève. Depuis la chute du mur de Berlin, le monde a connu pendant trente ans une ouverture des marchés sans précédent. La globalisation était là. Aujourd’hui, une nouvelle ère s’ouvre, celle du dirigisme économique. Les signes avant-coureurs sont de plus en plus clairs.

Quand le président Trump a annoncé des mesures de protection sur l’acier et l’aluminium américains, les optimistes – il y en a et il en faut – ont voulu minimiser son action. Tous les présidents américains depuis Jimmy Carter ont adopté à un moment ou un autre des mesures protectionnistes, et l’économie mondiale a survécu.

Peu d’impact

Effectivement, les barrières tarifaires de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium auront relativement peu d’impact. Elles affecteront tout au plus 2% des importations américaines et 0,2% du produit intérieur brut (PIB), et de nombreux pays seront exclus. Mais ce qui a changé, c’est la logique qui justifie cette politique.

Auparavant, les présidents américains voulaient défendre l’emploi. Cette fois-ci, le président Trump fait recours à la section 232 de la loi sur l’expansion commerciale de 1962 qui dénonce une atteinte à la sécurité nationale. C’est le même motif qui l’a poussé récemment à bloquer le rachat de Qualcomm par Broadcom. En plaçant le débat sur une dimension politique, le président crée une belle pagaille: «America First».

«China First»

Car la Chine fait pareil. Malgré les déclarations du président Xi Jinping à Davos, la politique économique chinoise reste protectionniste et le marché intérieur difficile d’accès aux entreprises étrangères. Les grandes sociétés technologiques américaines le savent. Elles doivent, par exemple, composer avec les restrictions imposées sur la liberté d’expression sur Internet ou sur l’emplacement des serveurs de données personnelles. La priorité économique est de développer des entreprises purement chinoises: «China First».

La Russie emboîte le pas. Le président Poutine, lui aussi réélu presque à vie, continue de se détourner de l’Europe. Son modèle est le président chinois, pas Angela Merkel ni Emmanuel Macron. Les mesures de rétorsion politiques et économiques sont passées par là. Les relations commerciales avec l’Europe n’apportent pour lui que des problèmes. Qu’importe ce que pensent les autres: «Russia First».


Et même les Britanniques s’y mettent. Le Brexit est perçu par les entreprises comme une attaque contre l’ouverture des marchés et la libre circulation des biens et des personnes: un retour en arrière évalué à une surcharge de coût de 65 milliards d’euros. Pour certains, la perfide Albion a ressurgi: «Britain forever».

L’Europe isolée

Tout cela laisse l’Europe bien isolée. Mais pourquoi sommes-nous si attachés à ce concept de monde ouvert et global ? André Malraux estimait que la pensée européenne – la Grèce, le christianisme, la Révolution française, voire le marxisme – a posé le principe de valeurs universelles. La Déclaration des droits de l’homme est «universelle» et ne s’adresse pas qu’aux Français. Au contraire, la pensée chinoise, aussi admirable soit-elle, est une pensée pour la Chine et pour les Chinois.

Cet universalisme a structuré notre monde, politiquement avec les Nations unies, économiquement avec les Accords de Bretton Woods, qui ont créé le FMI, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce. Cette approche globale touche à sa fin. On pouvait s’attendre à ce que la Chine et la Russie n’y adhèrent pas entièrement. Mais quand les Etats-Unis et le Royaume-Uni abandonnent le multilatéralisme, cela fait trop.

Le monde entre donc dans une nouvelle ère où le dirigisme économique prévaut et où le politique l’emporte sur les marchés. Avec la multiplication de leaders forts, les empires économiques et les blocs régionaux reprennent le dessus. Pour les entreprises, le monde va devenir beaucoup plus compliqué. Les règles du jeu vont changer et l’OMC va être marginalisé. L’Europe affaiblie et sa pensée universelle marginalisée risquent de devenir un anachronisme. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles.

Les économistes ne savent plus quoi inventer !

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Des économistes de l’Université Notre Dame (Indiana) sont arrivés à établir une corrélation entre l’évolution du nombre de naissances et celle du PIB, il fallait y penser … Les grossesses arrivant à leur terme ont été prises en compte pour établir cette corrélation qui saute aux yeux ! Selon le Professeur d’économie Daniel Hungerman il est évident que la chute des naissances a « toujours » précédé d’un peu plus d’une année les crises économiques récentes, 1991, 2001 et 2008. Pour un couple désireux d’avoir des enfants il apparaît donc clairement qu’une récession économique va arriver et ce professeur de renchérir :  » un couple qui va aller (ou non) au lit connaît mieux l’économie que tous les experts en économie« .

Les conjectures sont nombreuses. Selon l’un des auteurs de cette étude en des temps d’incertitude économique et financière la fertilité féminine s’amenuiserait. Et si on suit l’évolution récente de la chute des naissances depuis 2014 et 2015 l’économie américaine aurait du entrer en récession en 2016 selon ces observations. Par quel mystère inexplicable – comme tous les mystères – la récession pourtant prévisible n’a pas eu lieu. Les astro-physiciens ou les botanistes détiennent peut-être la réponse.

Vu sur le site zerohedge

Le Pew Research Institute fait aussi de la propagande

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C’est une enquète du Pew Research Center qui vaut ce qu’on veut bien lui attribuer comme valeur : qu’est-ce qui nous fait le plus peur ? Il ressort que ce qui préoccupe le plus l’homme de la rue (et la femme, qu’on ne m’accuse pas de machisme, ce n’est qu’une expression car j’aurais pu aussi écrire bipède) est le terrorisme symbolisé par l’organisation ISIS. C’est normal, tous les pays complices des Américains dans leurs exactions et leurs destructions de pays qui selon eux menacent leur sécurité, sont concernés par des risques d’attentats sur leur sol. Qu’est-ce que nos gouvernants sont allés faire dans cette galère ? pourraient se dire très justement ces « hommes de la rue ». Quand et pourquoi Assad, Saddam Hussein et Khadaffi auraient-ils menacé de massacrer les enfants de nos écoles ? Avant le 11 septembre il n’y avait pas de menaces terroristes en Europe si mes souvenirs sont exacts, mais peut-être que ma mémoire me fait défaut … Certes, il y eut des anarchistes, des gauchistes et des indépendantistes en Allemagne, en Italie, en Espagne, mais ils ont fini par déposer les armes. Le terrorisme salafiste est motivé par un but précis, appliquer la charia dans ces pays de mécréants qui forment le coeur de la civilisation européenne. Il s’agit d’une nouvelle forme de guerre de religion que nos ancêtres ont connu. Le fanatisme fait partie de la nature humaine et il sera difficile de l’éradiquer.

La deuxième préoccupation, toujours selon le Pew Institute est le changement climatique : 61 % des personnes interrogées se sentent concernées par ce grave ( ? ) problème qui importe à la planète entière. La propagande mondialisée a bien fait son travail et nous sommes tous endoctrinés, depuis l’école primaire, par le « problème du climat » qui nous concerne tous. Nous consommons trop, nous faisons trop d’enfants (surtout les Africains), nous gaspillons, nous ne respectons plus rien, nous polluons, bref, nous détruisons la planète et son climat. La peur et la culpabilisation sont deux denrées commerciales qui se sont toujours bien vendues, songez aux trésors entreposés dans les caves du Vatican. Dans les années 1950 des promoteurs immobiliers ont fait fortune en vendant des abris anti-atomiques. Aujourd’hui, des entreprises à peine plus scrupuleuses font fortune en installant des moulins à vent qui ne servent pratiquement à rien sinon à tuer des millions d’oiseaux migrateurs ou sédentaires, diurnes ou nocturnes, et on accuse le changement climatique de provoquer la disparition des moineaux dans les grandes villes d’Europe, ben voyons ! Ce qu’il y a de plus insupportable dans cette propagande climatique qui ne repose sur aucune justification scientifique c’est son relent malthusien écoeurant.

Viennent ensuite les cyber-attaques et les risque de l’économie globalisée. L’enquète du Pew a été démocratiquement organisée, du moins espérons-le. Pour ma part je classerais les risques économiques et financiers en première place. L’endettement généralisé, les taux d’intérêts proches de zéro voire négatifs, du jamais vu dans l’histoire de l’humanité, ce sont deux facteurs qui devraient être bien plus effrayants que le terrorisme ou le climat. L’homme de la rue ne comprend rien à l’économie ni moi non plus mais force est de constater qu’imprimer des billets de banque qui ne reposent sur aucun actif tangible paraît tellement artificiel qu’il va bien un jour falloir revenir à la case départ et la crise économique qui s’ensuivra sera bien pire que le terrorisme ou le climat. Quant aux cyber-attaques, il serait assez désastreux qu’elles ciblent les robots boursiers car elles précipiteraient cette crise inéluctable et en tous points catastrophique que nous allons tous vivre et dont l’imminence n’échappe plus à personne.

Ensuite c’est un peu du grand n’importe quoi, les réfugiés et l’influence géopolitique des trois grandes puissances, USA, Russie et Chine. Le problème des réfugiés du Moyen-Orient et d’Afrique qui affecte principalement les pays européens a été provoqué par les interventions armées des USA et de l’OTAN. Nous devons nous en prendre qu’à nous-mêmes. Si les politiciens étaient honnêtes avec les citoyens dont ils ont la charge ils auraient du demander aux populations leur avis par une consultation populaire comme aimait le faire le Général de Gaulle, mais c’est devenu un petit entrefilet dans les livres d’histoire car ces politiciens méprisent leur peuple, c’est évident. Enfin l’influence des trois Grands sur la géopolitique est un jeu à trois joueurs : l’un des trois sera nécessairement perdant selon les alliances qu’ils décideront d’établir entre eux.

Je pense que l’avenir est déjà arrêté : ce sera la chute de l’empire américain à la faveur d’une crise économique infiniment plus profonde que celle de 1929 ou beaucoup plus banalement d’une nouvelle guerre civile américaine entre les pauvres, les très pauvres, et les riches, les très riches, la crise économique qui se profile provoquant alors cette guerre civile. La structure de la société américaine a atteint un tel degré de caricature qu’elle n’a plus d’avenir quand on sait que près de 100 millons de personnes ont à peine de quoi se nourrir et que quelques centaines de personnes accaparent 98 % des richesses du pays. Pour moi, le problème mondial numéro un, mais le Pew Institute s’est bien gardé de le mettre en évidence, c’est les USA, chez eux et dans le monde entier.

Source et illustration : assets.pewresearch.org paru le 1er août 2017

Pétrole, tout va bien ? Pas si sûr …

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Vitol, personne ne connaît cette société et n’en a jamais entendu parler. C’est pourtant le plus important acteur du négoce de pétrole dans le monde, un très gros business qui est entre les mains des 5 principales firmes se partageant ce gâteau (illustration). Chaque fluctuation du prix du baril de pétrole, à chaque seconde, que ce soit en Extrême-Orient ou en Europe, représente quelques milliards de dollars et il y a des gagnants et des perdants dans ce gigantesque jeu de roulette. Pourtant le moral de ces sociétés totalement opaques dont personne ne connait exactement la domiciliation exacte n’est pas au beau fixe.

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Malgré les affirmations récentes de la patronne du FMI qui comme chacun sait fait partie du club très sélect des personnes responsables mais pas coupables (cf. l’affaire Tapie), l’économie mondiale va décidément de plus en plus mal à tel point que le CEO de Vitol, un certain Monsieur Kho, a récemment déclaré que la réduction récente de la production décidée par l’OPEP n’avait eu pratiquement aucun effet sur l’évolution du prix du baril car la demande s’essouffle tant en Chine qu’en Inde, mais également dans de nombreux pays émergents ainsi qu’en Europe. De surcroît la reprise du pompage de pétrole aux USA n’arrange pas vraiment la situation. Les cours mondiaux du pétrole sont en effet à l’affut de l’état des stocks de brut et de produits raffinés sur le territoire américain. Or l’administration US dispose de tous les outils pour influer sur le cours du pétrole, si possible en publiant de fausses statistiques pour le plus grand bien de négociants comme Glencore, une multinationale implantée dans plus de 90 pays dans le monde et qui s’intéresse à toutes les matières premières sans exception, depuis le cuivre et le nickel en passant par le zinc, le charbon, les denrées alimentaires et naturellement le pétrole. Basée au Pays-Bas, Glencore est le concurrent direct de Vitol dans le négoce des produits pétroliers malgré le fait que son activité pétrolière est minoritaire au sein de ses activités.

L’Agence Internationale de l’Énergie, bien que tenant des propos rassurants, concède que la croissance molle va perdurer, l’injection massive de liquidités dans les circuits économiques par les grandes banques centrales, FED, BCE et BoJ, n’a pas eu les effets escomptés sur la croissance. Celle-ci est en berne, dans l’attente du cygne noir qui précipitera la grande crise économique mondiale que tous les responsables politiques redoutent. Les signaux avant-coureurs se trouvent parfois là où on ne les attend pas.

Source : Bloomberg

Au Japon tout va mal : Ah bon ?

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Quand on a trouvé plus malheureux que soi, on se sent plus heureux ou encore quand on a côtoyé une personne en mauvaise santé on se sent mieux. Bref, ces adages sont stupides et pourtant ils font les gorges chaudes des commentateurs économiques quand ils parlent du Japon pour mieux masquer l’état de délabrement des économies des pays européens, y compris de l’Allemagne qui n’arrive pas à récupérer de l’effet des sanctions à l’encontre de la Russie décrétées par l’Union Européenne sous la pression de Washington. Finalement les Anglais ont peut-être fait le bon choix en quittant ce panier de crabes morts qu’est devenue l’UE.

Mais revenons au Japon, peut-être le seul pays au monde qui ne trafique pas ses statistiques économiques comme je l’ai mentionné de nombreuses fois dans ce blog. Par exemple si on appliquait les méthodes de calcul de la dette utilisées au Japon à celle de la France celle-ci atteindrait allègrement trois fois le PIB, plus que les 2,9 fois officielles publiée par la BoJ. Je ne parle même pas de l’Italie et de l’Espagne, ce serait bien pire. Pour tout le reste c’est à l’avenant. J’ai parlé il y a quelques jours du taux de chômage et du taux d’embauche des jeunes diplômés au Japon. Qu’en est-il par exemple de l’Espagne, la quatrième économie de l’UE puisque le Royaume-Uni n’en fait plus virtuellement partie ? Ce sont près de 400000 jeunes diplômés, ingénieurs et ouvriers spécialisés qui quittent le pays chaque année depuis la crise de 2008. L’Espagne se vide de ses forces vives et obère gravement son avenir tout comme la France, pays où 40 % des diplômés ne trouvent pas d’embauche et quittent le pays définitivement. Au Japon 96,5 % des jeunes diplômés cru 2016 ont trouvé un travail …

Venons-en aux inégalités salariales en considérant d’abord les 1 % les plus aisés :
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Au Japon il ne dépassent pas 10 % de la totalité de la richesse créée alors qu’aux USA il atteint 17,5 %. J’ai tenté de trouver une telle statistique concernant l’UE, elle n’existe tout simplement pas car la disparité entre les pays composants cette Union ne conduiraient qu’à un chiffre sans signification. Pour les salaires, si on compare le salaire moyen d’un CEO (PDG en français) avec celui (moyen) d’un employé voici ce que ça donne : il n’y a pas de quoi pavoiser, le Japon est un pays plus égalitaire en ce qui concerne les salaires que bien d’autres pays de l’OCDE :
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Venons-en maintenant à l’emploi des femmes, cette fois comparé à la situation aux USA. En 2000 plus de 70 % des Américaines travaillaient. Aujourd’hui ce taux est tombé à 67 % alors que dans le même temps le nombre de Japonaises travaillant est passé de 60 à 67 %. Cette situation a gravement contribué au vieillissement de la population japonaise mais que dire à ce sujet de l’Italie, de l’Allemagne, de la Slovaquie ou encore et c’est récent de l’Espagne, pays où les taux de natalité sont en chute libre.
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En ce qui concerne l’innovation, le nerf de la création de richesse présente et à venir, les USA restent champions toutes catégories pour les entreprises innovantes – en considérant les 100 premières dans le monde – avec 49 entreprises. Vient ensuite le Japon avec 8 sociétés, suivi de la Chine et de la Grande-Bretagne :

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Juste un petit rappel de la créativité japonaise. Le train à grande vitesse Tokyo-Osaka fut mis sur les rails en octobre 1964. La première calculette de poche est originaire du Japon (1970) tout comme le walkman (1979). La LED bleue fut créée au Japon en 1990 et ouvrit la porte aux écrans de télévision plats. Le robot androïde apparut en 2003 tout comme les téléphones portables dits maintenant « smartphones » à écran tactile, les « kétaï » pour les Japonais.

L’opinion qu’ont les Américains des Japonais se résume en un tableau :

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Alors, que les analystes et les commentateurs économiques qui se complaisent à se faire interviewer sur les plateaux de télévision se ravisent : au Japon tout va beaucoup mieux que dans bien des pays européens. C’est le premier pays du monde pour la qualité de ses infrastructures, le deuxième du monde pour le nombre de brevets déposés. Quand le Japon s’ouvrira à une immigration contrôlée en accueillant des ressortissants étrangers respectueux des traditions du pays alors il sera envié par de nombreuses personnes …

Source : World Economic Forum, illustration quartier d’affaires de Shinjuku à Tokyo