Tenter d’alimenter un réseau électrique avec des énergies 100% intermittentes conduit à une catastrophe économique

L’effort pour augmenter le pourcentage d’électricité produite par des sources renouvelables intermittentes comme le vent et l’énergie solaire entraîne inévitablement une augmentation importante du prix réel de l’électricité qui doit être payé par les consommateurs. Les augmentations de prix augmentent et s’accélèrent à mesure que le pourcentage d’électricité produite à partir des énergies renouvelables intermittentes augmente vers 100%. Ces affirmations peuvent sembler contre-intuitives, étant donné que le coût du combustible pour la production éolienne et solaire est nul. Cependant, une modélisation simple montre la raison de ce résultat apparemment contre-intuitif : la nécessité de quantités importantes et croissantes de systèmes de sauvegarde et de stockage coûteux – des choses qui ne sont pas du tout nécessaires dans les systèmes conventionnels à base de combustibles fossiles. Et ce n’est pas seulement par modélisation que nous savons que de telles augmentations de coûts seraient inévitables. Nous avons également une expérience réelle et croissante de ces quelques gouvernements nationaux qui ont tenté de produire de plus en plus de leur électricité à partir de ces énergies renouvelables. Cette expérience empirique prouve la vérité de l’augmentation de la proposition de prix à la consommation.

Dans les pays qui ont réussi à obtenir une production à partir d’énergies renouvelables allant jusqu’à environ 30% de leur approvisionnement total en électricité, le résultat a été un triplement approximatif du prix de l’électricité pour leurs consommateurs. Les quelques tentatives (essentiellement expérimentales) dont la production à partir d’énergies renouvelables est encore plus élevée que celles qui ont connu des augmentations de coûts encore plus importantes, pour des augmentations relativement mineures de la production à partir d’énergies renouvelables. À mesure que le pourcentage d’électricité provenant des énergies renouvelables augmente, les hausses de prix à la consommation s’accélèrent.

Aucune juridiction, province ou pays, – même expérimentalement – n’a encore réussi à faire augmenter le pourcentage de son électricité produite à partir des énergies renouvelables intermittentes bien au-delà de 50% sur une base annualisée. Pour accomplir l’exploit d’aller au-delà de 50% et de se rapprocher de 100%, le gestionnaire de réseau doit cesser de s’appuyer sur l’énergie de secours des combustibles fossiles pour les périodes d’obscurité et de calme, et passer alors à une certaine forme de stockage, très probablement de très grandes batteries. Le coût de ces batteries, suffisant pour alimenter une juridiction de millions de personnes, est énorme et devient rapidement le coût dominant du système. Des calculs relativement simples du coût des batteries suffisantes pour traverser une année dans une zone industrialisée moderne montrent que ce coût impliquerait une augmentation du prix de l’électricité d’un facteur 15 ou 20, voire plus.

Le fardeau d’une telle augmentation des prix de l’électricité pèserait le plus lourdement sur les personnes pauvres et à faible revenu.

La raison pour laquelle l’augmentation de la production d’énergie renouvelable entraîne une accélération des prix à la consommation est qu’un réseau électrique doit fonctionner avec une fiabilité à cent pour cent 24/7/365. Un réseau fiable nécessite une correspondance très étroite entre la puissance fournie et la puissance demandée minute par minute, voire une fraction de seconde. Mais les sources d’énergie éolienne et solaire connaissent des fluctuations importantes, imprévisibles et souvent soudaines de la puissance qu’elles fournissent. Par conséquent, dans un réseau utilisant de grandes quantités d’énergie éolienne et solaire, des éléments coûteux supplémentaires doivent être ajoutés au système pour uniformiser l’offre et l’adapter sans cesse à la demande. Ces éléments supplémentaires sont à l’origine de l’augmentation des coûts et donc de l’augmentation des prix à la consommation :

· Aux premiers stades de l’évolution vers une production croissante à partir d’énergies renouvelables intermittentes – par exemple, pour obtenir 10% de la production à partir des énergies renouvelables – un opérateur de réseau peut commencer par simplement ajouter de nouvelles éoliennes ou des panneaux solaires au système, et d’ici là accepter cette alimentation sur le réseau lorsqu’elle est disponible. Cependant, il y aura des moments importants où une telle puissance n’est pas disponible (par exemple, des nuits calmes). Par conséquent, la totalité ou la quasi-totalité des capacités de combustibles fossiles préexistantes doivent être maintenues, même si certaines d’entre elles peuvent être inactives la plupart du temps. Bien que le coût du carburant des énergies renouvelables soit nul, l’exploitant doit payer le coût en capital de deux systèmes qui se chevauchent et se dédoublent dans la mesure de la capacité renouvelable.

· Pour obtenir le pourcentage de production à partir d’énergies renouvelables au-delà d’environ 10% et dans une fourchette de 20 à 30%, l’opérateur peut alors tenter une expansion massive des sources renouvelables, de sorte que la capacité renouvelable devienne égale, voire un multiple de utilisation maximale. (Despays comme l’Allemagne et le Danemark ont ​suivi cette stratégie.) Avec une capacité renouvelable aussi massive, le système peut même fonctionner sans secours à certains moments de vent relativement faible ou d’une épaisse couche nuageuse. Cependant, aucune capacité excédentaire ne peut faire qu’un système éolien / solaire génère de l’électricité par une nuit complètement calme, ni aucune quantité significative par une journée d’hiver fortement couverte et calme. Si la sauvegarde provient d’installations utilisant des combustibles fossiles, la quasi-totalité du parc doit encore être maintenue. Comme la capacité éolienne / solaire atteint 100% et même 200% de la consommation de pointe, le coût en capital du système va doubler, voire tripler le coût en capital d’un système utilisant uniquement des combustibles fossiles. Mais, comme la plupart du temps les journées seront sombres, la nuit, et / ou calmes, le pourcentage d’électricité provenant des énergies renouvelables ne sera que d’environ 30%, et la diminution des émissions de carbone des centrales à combustible fossile de secours sera encore moindre, car elles doivent souvent être maintenus en «réserve de rotation» pour être prêtes à intervenir lorsque le vent et le soleil disparaissent.

· Si l’intention est de faire passer le pourcentage de production éolienne et solaire au-dessus de 30% puis à 50% et au-delà, alors par hypothèse, la sauvegarde des combustibles fossiles doit être graduellement supprimée, pour être remplacée progressivement par une sorte de stockage au fur et à mesure que le pourcentage de production à partir d’énergies renouvelables augmente. Les batteries sont la seule option de stockage possible dans la plupart des endroits. La quantité de capacité de stockage nécessaire s’accélère à mesure que le pourcentage de production à partir d’énergies renouvelables s’approche de 100%. En raison de la saisonnalité de la disponibilité du vent et du soleil, la plupart des emplacements nécessitent un mois ou plus de capacité de batterie pour obtenir un système entièrement éolien / solaire pendant une année. Le coût des batteries est énorme, et vient rapidement dominer de très loin le coût global du système. Dans les pays où un calcul a été effectué, le coût des batteries dépasse le PIB annuel total de ce pays et implique une augmentation du prix de l’électricité d’un facteur de 15, 20 ou plus.

Dans un article publié sur le site Web Energy Matters le 22 novembre 2018, Roger Andrews a présenté une analyse détaillée de ce qu’il faudrait pour accéder à un réseau électrique alimenté à 100% par des sources éoliennes et solaires, alimentées par des batteries. Le message de M. Andrews est disponible sur ce lien:  http://euanmearns.com/the-cost-of-wind-solar-power-batteries-included/. L’étude d’Andrews couvre deux cas, l’Allemagne et la Californie. Son analyse est détaillée, mais pas compliquée, et peut être reproduite ou contestée par toute personne compétente en arithmétique de base.

Andrews a collecté des données pour la production d’électricité au jour le jour pendant une année complète à partir de sources éoliennes et solaires existantes pour l’Allemagne et la Californie. Ces données révèlent immédiatement un problème fondamental, à savoir que le vent et le soleil sont non seulement intermittents au cours d’une journée ou d’une semaine donnée, mais ils varient également considérablement d’une saison à l’autre. Ainsi, par exemple, en Californie, le vent et le soleil produisent beaucoup plus d’électricité en été et en automne qu’en hiver et au printemps. Cela signifie que pour avoir un système entièrement éolien / solaire en Californie sauvegardé avec des batteries, vous avez besoin de batteries pour stocker l’énergie d’avril à octobre, pour être déchargées de novembre à mars. La quantité totale de stockage nécessaire s’élève à environ 25 000 GWh par an, soit plus que le taux d’utilisation actuel d’un mois complet. Les batteries pour un tel effort – même en supposant une baisse substantielle des prix actuels – coûteront quelque chose de l’ordre de 5000 milliards de dollars, ce qui est beaucoup plus que le PIB annuel complet de la Californie. Et ces piles devront être remplacées régulièrement. Andrews en conclut que le LCOE (Leveled Cost Of Energy, coût moyen de l’énergie) éolien + solaire combiné [coût actualisé de l’énergie] sans stockage était de 50 $ / MWh.

Il a ensuite estimé les LCOE éoliens + solaires avec les coûts en capital de stockage des batteries inclus. Il s’agissait d’un exercice simple, car la réduction de la production de base + charge suivant la proportion directe à l’augmentation de la production éolienne + solaire entraîne des LCOE qui sont les mêmes quel que soit le pourcentage de vent + solaire dans le mix de production. Le calculateur NREL (outil de calcul du National Renewable Energy Laboratory US) a montré ainsi :

· Cas A LCOE [Allemagne]: 699 $ / MWh

· Cas B du LCOE [Californie]: 1 096 $ / MWh

Ces LCOE d’une valeur ruineuse sont entièrement le résultat des coûts supplémentaires des batteries de stockage, qui dans les scénarios 100% éolien + solaire approchent 5000 milliards de dollars dans le cas A [Allemagne] et le cas B [Californie], par rapport aux coûts en capital éolien + solaire de ~ 300 milliards de dollars dans le cas A et ~ 160 milliards de dollars dans le cas B. En supposant que ces coûts supplémentaires soient répercutés sur les consommateurs dans les prix de l’électricité, cela représenterait des augmentations de prix d’un facteur d’environ 14 pour l’Allemagne et de 22 pour la Californie. (La différence provient d’une saisonnalité moindre en Allemagne qu’en Californie.)

Bien qu’aucun gouvernement n’ait encore essayé de tester les calculs d’Andrews en poussant la production à partir d’énergies renouvelables bien au-delà de 50% et vers 100%, beaucoup ont choisi de pousser la production à partir d’énergies renouvelables jusqu’à 30%, et certaines juridictions expérimentales sont passées à 50 % et un peu au-delà. Des données substantielles existent pour démontrer les résultats sur le coût du système électrique résultant, et donc quel serait l’effet sur le prix pour les consommateurs en supposant que le coût total est supporté par le consommateur. (Les juridictions expérimentales n’ont jusqu’à présent pas imposé la majeure partie des coûts au consommateur, mais cette approche ne fonctionnerait probablement pas pour un pays entier.)

Le graphique suivant, initialement préparé par Willis Eschenbach du site Web WattsUpWithThat, montre la relation quasi linéaire entre la capacité renouvelable installée par habitant (en watts / habitant) sur l’axe des x et le coût de l’électricité pour le consommateur (en centimes, d’euro ou de dollar, par kilowatt-heure) sur l’axe des y, où chaque point est un pays (https://wattsupwiththat.com/2015/08/03/obama-may-finally-succeed/ :

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L’Allemagne est le leader en Europe dans sa production d’électricité par habitant à partir d’énergies renouvelables, à travers son soi-disant Energiewende, ayant obtenu le pourcentage de son électricité éolienne et solaire jusqu’à environ 30%, et parfois un peu au-delà. Cependant, la conséquence de cet effort a été un triplement approximatif du coût de l’électricité pour les consommateurs, à environ 30 cents par kWh (le prix moyen à la consommation de l’électricité pour le consommateur aux États-Unis est d’environ 10 cents le kWh). Les analyses de la flambée des prix de l’électricité en Allemagne attribuent faussement le surcoût qui a nécessairement été engagé pour essayer de parvenir à une stabilité fonctionnelle système du réseau 24/7 avec tant de contribution des énergies renouvelables intermittentes.

Premièrement, une capacité éolienne et solaire «excédentaire» massive a été installée pour tenter de faire face aux jours de vent léger et de nuages épais. Et pour les nuits complètement calmes et les journées d’hiver couvertes où le vent et les sources solaires ne produisent rien ou presque, presque toute la flotte de centrales à combustibles fossiles a été maintenue et prête à fonctionner, même si ces sources finissent par être inactivées souvent. En fait, depuis que l’Allemagne a fermé toutes ses centrales nucléaires pendant cette période, elle a construit des centrales au charbon supplémentaires pour sauvegarder ses énergies renouvelables. Et puis, il a fallu trouver des moyens pour faire face à l’augmentation des l’électricité lorsque le vent et le soleil soufflent soudainement et brillent ensemble à pleine puissance en même temps.

Comme l’a noté Benny Peiser à la Global Warming Policy Foundation le 4 avril 2015 (http://www.thegwpf.com/benny-peiser-eus-green-energy-debacle-shows-the-futility-of-unilateral-climate-policies/) chaque tranche de 10 nouvelles unités, exprimé en kW d’installation d’énergie éolienne doit être complétée par environ huit unités de production d’énergie fossile. En effet, les centrales à combustibles fossiles doivent se mettre en marche soudainement pour répondre aux carences des énergies renouvelables intermittentes. En bref, les énergies renouvelables ne fournissent pas d’échappatoire à l’utilisation des combustibles fossiles sans lesquelles elles ne sont pas viables. Pour éviter les pannes d’électricité, le gouvernement doit subventionner les centrales à gaz et à charbon non rentables. La taxe sur les énergies renouvelables en Allemagne, taxe qui subventionne la production d’énergie verte, est passée de 14 milliards d’euros à 20 milliards d’euros en un an seulement en raison de l’expansion féroce des projets éoliens et solaires. Depuis l’introduction du prélèvement en 2000, la facture d’électricité du consommateur allemand type a doublé.

Pour illustrer davantage la relation entre le pourcentage d’électricité d’origine renouvelable et le coût de l’électricité pour le consommateur, considérons le cas de la Californie. La Californie est un «leader» aux États-Unis dans le domaine de la production d’électricité à partir de sources éoliennes et solaires. Selon la California Energy Commission, la Californie a obtenu en 2016 8,11% de son approvisionnement en électricité à partir du solaire et 9,06% à partir de éolien, pour un total de 17,17% de ces deux sources intermittentes ( http://www.energy.ca.gov/almanac/electricity_data/total_system_power.html ) Pour l’ensemble des États-Unis, le pourcentage de production éolienne et solaire était de 6,5% : https://www.eia.gov/tools/faqs/faq.php?id=427&t=3

Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, le prix moyen de l’électricité en Californie cette année-là était de 14,91 cents par kWh, contre une moyenne américaine de 10,10 cents par kWh; c’est-à-dire presque 50% plus élevé : https://www.eia.gov/electricity/monthly/epm_table_grapher.cfm?t=epmt_5_6_a.

Seules quelques petites juridictions ont tenté de faire passer le pourcentage de leur production d’électricité à partir d’énergies renouvelables bien au-delà des 30% atteints par l’Allemagne. Mais ces juridictions n’ont pas atteint des niveaux bien supérieurs à ceux de l’Allemagne, et même ces niveaux n’ont été atteints qu’à des coûts élevés et à des tarifs augmentant sans cesse pour l’utilisateur final. L’une de ces juridictions est l’île de Gapa, une petite île de seulement 178 personnes (97 maisons) en Corée du Sud. Un rapport sur le projet de l’île Gapa a été publié sur le site d’information de Hankyoreh en juillet 2016 : http://english.hani.co.kr/arti/english_edition/e_national/752623.html .

Avec une consommation électrique moyenne de 142 kW et une utilisation maximale de 230 kW, les insulaires ont installé une capacité éolienne et solaire de 674 kW – environ trois fois la consommation maximale, pour faire face au vent léger et au soleil faible. Ils ont également acheté une capacité de batterie pour environ huit heures d’utilisation moyenne. Le coût de la capacité éolienne et solaire ainsi que des batteries était d’environ 12,5 millions de dollars, soit environ 125 000 $ par ménage. Et avec tous ces investissements, les insulaires ne pouvaient encore obtenir qu’environ 42% de leur électricité du soleil et du vent en moyenne sur un mois complet. Même avec le stockage, ils avaient toujours besoin de la pleine capacité de sauvegarde des combustibles fossiles.

En appliquant un coût raisonnable du capital à un système comme celui de l’île Gapa et en considérant des éléments complémentaires du système, comme le stockage supplémentaire, qui seraient nécessaires pour pousser le pourcentage de la production totale à partir de sources renouvelables vers des niveaux plus élevés, on peut calculer qu’un système comme le projet de démonstration de Gapa pour l’ensemble des États-Unis entraînerait des prix de l’électricité d’au moins cinq fois leur niveau actuel, et plus probablement, beaucoup plus élevés. Et même alors, les États-Unis auraient du mal à obtenir 50% de l’électricité à partir des énergies renouvelables intermittentes.

Un projet de démonstration un peu plus vaste sur l’île espagnole d’El Hierro dans l’archipel des Canaries (environ 10 000 habitants) a donné des résultats similaires. L’idée sur El Hierro était de combiner un parc éolien massif avec un grand réservoir surélevé pour stocker l’eau, qui serait ensuite libérée en cas de vent faible pour équilibrer le réseau. El Hierro a la chance d’une géographie montagneuse, de sorte qu’un grand réservoir pourrait être placé à une altitude relativement élevée, à proximité des consommateurs d’électricité. L’investissement dans le système éolien / hydraulique s’élevait à environ 64,7 millions d’euros, soit environ 80 millions de dollars – ce qui s’ajoutait à ce qui était déjà un système fonctionnant aux combustibles fossiles, qui devait encore être conservé. Les opérations du projet El Hierro ont commencé en 2015 avec des attentes élevées pour une production 100% renouvelable, mais il n’est jamais arrivé à satisfaction totale : http://euanmearns.com/el-hierro-end-2017-performance-update/. En 2017, le pourcentage d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables a varié de 62,4% en septembre à seulement 24,7% en novembre, avec une moyenne globale pour l’année d’environ 40%. Sur la base des données d’exploitation réelles, M. Andrews a calculé que, pour atteindre l’objectif de 100% de production à partir du projet éolien / hydraulique, El Hierro devrait augmenter sa capacité d’éolienne d’environ 50% et la capacité de son réservoir par un facteur de 40. De toute évidence, il n’y a pas de place sur l’île pour mettre un réservoir aussi gigantesque et s’il y en avait, le coût ne serait pas dans les millions, mais dans les milliards. Et ce serait pour seulement 10 000 personnes.

Une nouvelle mise à jour des performances du système El Hierro par M. Andrews couvrant l’année 2018 a été publiée sur le site Energy Matters le 6 janvier 2019 et peut être consultée sur le site http://euanmearns.com/el-hierro-fourth-quarter-2018-performance-update/ . En 2018, le système El Hierro a fourni 56,6% de l’électricité de l’île (qui ne représentait que 13,0% de sa consommation totale d’énergie). Cependant, la production du système a considérablement varié au cours de l’année, produisant jusqu’à 74,2% de l’électricité de l’île au 3T 2018, mais seulement 27,7% au 4T. La production d’électricité de 27,7% au quatrième trimestre ne représentait que 6,4% de la consommation totale d’énergie de l’île.

Note : outre le réservoir collinaire il existe aussi un réservoir au niveau de la mer réceptionnant l’eau après turbinage pour être ensuite pompée à nouveau en altitude à l’aide de l’énergie éolienne. Cette eau a été préalablement produite par une usine de dessalage de l’eau de mer. La majeure partie de l’investissement a été prise en charge par le Japon.

La géographie des États-Unis ne permet pas un système de stockage d’eau comme celui d’El Hierro pour la plupart des régions du pays. Comme discuté ci-dessus, l’alternative au stockage par de grosses batteries, comme le type utilisé pour les automobiles Tesla, a des coûts potentiels vraiment stupéfiants, multipliant potentiellement le coût de l’électricité par bien plus d’un facteur 10, et même bien plus que par un facteur 20.

Une telle secousse économique frapperait durement tout le monde dans le pays, à l’exception peut-être de certaines des personnes les plus riches. Même les personnes à revenu intermédiaire et supérieur seraient obligées de réduire considérablement leur consommation d’énergie. Mais les pauvres et les personnes à faible revenu seraient de loin les plus durement touchés. Si les prix de l’électricité atteignaient dix ou vingt fois les niveaux actuels, pour la plupart des personnes à faible revenu ce qu’elles tiennent pour acquis, comme la lumière, la réfrigération et les ordinateurs deviendrait alors inaccessible. Ils seraient contraints à la précarité énergétique. C’est la voie que le Plan pour l’énergie propre (aux USA), sans le sursis de la Cour suprême, nous aurait certainement emmenés – dans l’hypothèse désormais profondément discréditée que le CO2 est un polluant (voir la section II ci-dessus).

Une nouvelle étude d’IHS Markit, Ensuring Resilient and Efficient Electricity Generation: The Value of the Current Diverse U.S. Power Supply Portfolio a examiné les effets économiques des politiques énergétiques fédérales et étatiques qui éloignent les services publics d’électricité du charbon, du nucléaire pour les rapprocher de l’hydroélectricité et des énergies renouvelables. IHS Markit prévoit que ces politiques entraîneront un triplement de la dépendance actuelle de 7% à l’énergie éolienne, solaire et à d’autres ressources intermittentes, les ressources alimentées au gaz naturel fournissant la majeure partie de la production. Les conclusions de l’étude sont que les distorsions actuelles du marché induites par les politiques conduiront à un réseau électrique américain moins rentable, moins fiable et moins résilient en raison du manque d’harmonisation entre les politiques fédérales et étatiques et les opérations du marché de gros de l’électricité. L’étude prévoit que ces politiques entraîneront des hausses importantes du prix de détail de l’électricité. Les effets économiques suivants de ces augmentations de prix sont prévisibles :

La hausse de 27% du prix de détail de l’électricité associée au cas de la diversité moins efficace entraîne une baisse du PIB réel américain de 0,8%, soit 158 ​​milliards de dollars (dollars pondérés 2016). Les impacts sur le marché du travail comme conséquence de cette diversité énergétique moins efficace impliquent une réduction d’un million d’emplois et une réduction du revenu réel disponible par ménage d’environ 845 $ (dollars de 2016) par an, soit 0,76% du revenu disponible moyen des ménages en 2016. Il convient de noter que l’augmentation prévue de 27% des prix de détail moyens de l’électricité est fondée sur la part des énergies éolienne et solaire qui a triplé, passant de 7% à «seulement» environ 21%. Les études de cas examinées ci-dessus montrent très clairement les énormes augmentations des prix de l’électricité qui résulteraient de la décision des décideurs politiques de faire passer la part des énergies renouvelables à un niveau supérieur.

De plus, l’étude a révélé que la distorsion actuelle du marché, dictée par les politiques fédérales et d’État, impliquera:

une variabilité accrue des factures mensuelles d’électricité des consommateurs d’environ 22% et un coût horaire supplémentaire de 75 milliards de dollars associé à des pannes de courant plus fréquentes. L’auteur principal de l’étude a déclaré que la diversité de l’approvisionnement est un fondement essentiel pour la sécurité et la fiabilité d’un système d’alimentation électrique qui est aussi grand et diversifié – et aussi d’une importance cruciale – que celui des États-Unis. Voir http://news.ihsmarkit.com/print/node/23497

De plus, les politiques qui encouragent une utilisation accrue de l’énergie éolienne et solaire entraîneraient probablement une réduction faible voire nulle du niveau des émissions de CO2 du secteur électrique. Ironiquement, répondre aux préoccupations liées au changement climatique avec les politiques fédérales et étatiques visant à subventionner et à rendre obligatoire la production d’électricité éolienne et solaire a eu pour conséquence involontaire de fausser les prix de gros du marché de l’électricité et de provoquer la fermeture anti-économique des centrales nucléaires – une source zéro émission – en raison des fluctuations du prix de gros du kWh. Le résultat est que certaines émissions de CO2 du système électrique restent constantes ou augmentent !

Article paru sur le site manhattancontrarian.com

Prochain billet mercredi 24 juin.

«Greenwashing»: un manuel pour déceler le vert du faux

Article paru dans le quotidien en ligne Le Temps (Genève) en cette fin de mois de décembre que je me suis permis de copier ici pour information. Mon blog étant gratuit et libre d’accès je n’ai pas cru nécessaire d’en informer la rédaction du Temps.

L’environnement est devenu un thème porteur, au point que l’utilisation de l’argument écologique est récurrente chez les entreprises. Une équipe de la rédaction du «Temps» a rédigé une liste de questions permettant de mesurer la sincérité du message environnemental.

Vraie démarche écologique ou simple ruse marketing? C’est la question que se posent chaque jour les journalistes de la rédaction, toutes rubriques confondues, face à la moisson de communiqués de presse qui vantent la fibre écologique des entreprises, mais aussi des institutions, voire des gouvernements.

La rhétorique de préservation de l’environnement est désormais omniprésente dans le discours public, elle capte l’attention des électeurs et des consommateurs. Parfois, elle relève du greenwashing, une pratique qui consiste à utiliser l’argument écologique dans le seul but d’améliorer son image. Et qui ne date pas d’hier, si l’on pense au principe très répandu de flanquer un logo en forme de petite fleur ou d’ours polaire, sur un emballage vert ou brun, pour rassurer quant à l’origine du produit.

Le bon sens et l’instinct permettent quasi toujours de déjouer les cas les plus flagrants, mais d’autres messages sont plus ambigus. Dans ce contexte et dans la suite de l’engagement du journal à traiter des problématiques environnementales, une poignée de journalistes économiques et scientifiques ont élaboré un manuel permettant de mesurer le degré de sincérité d’une démarche éco-responsable. Et, le cas échéant, de déceler un cas d’éco-blanchiment. Non pas pour écarter d’emblée l’information – encore moins pour donner des leçons de morale à quiconque – mais pour pouvoir décider de son traitement en connaissance de cause.

Ce manuel, rédigé au gré de l’expertise accumulée par les journalistes sur ce terrain, se veut un outil d’aide à la décision; il tient en sept questions, accompagnées d’une brève explication. Alors qu’il était d’abord conçu pour un usage interne, nous avons choisi de le mettre à la disposition de nos lecteurs, eux aussi toujours plus sollicités sur les thématiques environnementales, pour les accompagner dans la lecture des slogans publicitaires ou de leur journal.

Faciles à vérifier, les réponses – par oui ou par non – donnent des indices, pour situer en peu de temps l’information par rapport au message qu’elle véhicule. Une majorité de non doit éveiller le doute.

1. La démarche environnementale touche-t-elle au cœur d’activité de l’entité?

De la part d’une entreprise d’ameublement, par exemple, un message visant à encourager la mobilité douce auprès de ses collaborateurs n’a pas la même légitimité qu’une démarche environnementale ciblant son approvisionnement en bois.

2. Les objectifs annoncés sont-ils chiffrés et planifiés selon un calendrier et une méthode clairs?

Le message d’une entreprise qui annonce «réduire» son empreinte environnementale en précisant de combien, dans quel laps de temps et de quelle manière elle veut y parvenir sera plus crédible qu’un projet dont les contours demeurent vagues.

3. Le vocabulaire et les unités employés sont-ils précis?

Les termes «durable», «naturel» ou «responsable», tout comme les chiffres et unités (-30% d’énergie), doivent être clairement définis et vérifiables.

4. La démarche environnementale concerne-t-elle l’ensemble des activités de l’entreprise?

Une marque de vêtements qui concentre sa démarche environnementale sur une sélection de pièces uniquement n’aurait pas le même impact qu’une autre généralisant ces efforts à l’ensemble de son assortiment. Il est important de se demander si cette démarche est amenée à être étendue. Et si ce n’est pas le cas, quelle en est la raison.

5. L’entreprise est-elle suffisamment transparente sur sa chaîne d’approvisionnement et son circuit de distribution?

Une entreprise qui est capable de lister précisément ses fournisseurs, sous-traitants, distributeurs et autres intermédiaires donne un meilleur signal qu’une entreprise qui demeurerait évasive.

6. La personne chargée des questions environnementales est-elle membre de la direction générale de l’entreprise?

Le cas échéant, les projets environnementaux ont des chances de peser plus lourd dans la stratégie du groupe que si cette personne est rattachée aux services de communication ou de marketing, par exemple.

7. L’entreprise fait-elle amende honorable sur d’éventuelles critiques crédibles et récentes pour des atteintes à l’environnement?

Une entreprise dans le collimateur des ONG et de la justice pour des cas avérés de pollution des eaux, par exemple, devra fournir davantage d’efforts et de preuves de ses intentions qu’une entreprise dont la réputation n’a pas été mise à l’épreuve.

Bref commentaire personnel. Tous les bureaux, dans le monde entier, de l’agence de notation Moody’s ont banni les photocopieuses dans le but de préserver les forêts et de ne pas contribuer à la pollution avec les cartouches d’encre non recyclables. Il s’agit de soigner l’image de marque de cette société impliquée dans la « notation verte » des entreprises. La conséquence inattendue de cette décision louable à première vue est la suivante : les employés de Moody’s qui désirent archiver un document sous forme papier sont contraints d’aller faire des copies à leurs frais chez eux quand ils ont une imprimante (personnellement je n’ai pas d’imprimante) ou dans un magasin de proximité (convenience store genre 7-eleven) s’il en existe un, ce qui est loin d’être le cas dans tous les pays, en transportant sur eux une clé USB achetée à leurs frais. Par voie de conséquence ces personnels peuvent exposer le système informatique de l’entreprise à des risques, les clés USB étant réputées pour être un moyen d’ « infection virale » des ordinateurs.

 

Dans l’État de Washington on ne lésine pas avec l’écologie climatique

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Enterrer des morts nécessite des moyens mécaniques pour creuser les tombes qui consomment des produits pétroliers et la taille des pierres tombales, c’est pire, quant à la crémation autant dire que le four est très vorace en gaz naturel. Une architecte d’espaces verts atteinte d’un cancer incurable a mobilisé un ensemble de politiciens et d’experts pour statuer sur une alternative à ces coutumes d’un autre temps concernant la manière de prendre en charge la dépouille des morts. Cette personne, Briar Bates, a, toute sa vie passée, imaginé et conçu le magnifique parc entourant sa maison sise sur l’île Vashon près de Seattle, un passe-temps conforme à sa profession de paysagiste. Elle voulait y être enterrée mais pas n’importe comment. Aux USA, du moins dans l’État de Washington, il suffit de déclarer le parc de sa maison comme faisant office de cimetière pour obtenir l’autorisation d’y être enterré.

Cette femme a contacté une entreprise de compostage des ordures ménagères et qui traite également des résidus carnés d’abattoirs. Elle a donc préparé ses obsèques dans son jardin après que son corps ait été transformé en compost. Briar Bates avait toujours placé la nature et l’écologie au dessus de toute autre préoccupation. Selon ses proches c’était comme une religion, son centre spirituel était son jardin et le centre de sa vie, là où elle voudrait être enterrée mais sous une forme utile à la végétation. L’affaire a ému l’opinion et le gouverneur démocrate de l’État, Jay Inslee, a été sollicité pour qu’une loi autorise toute personne à donner son accord pour être « compostée » après son décès dans une installation industrielle contrôlée par le gouvernement. Ce serait toujours une tonne de CO2 économisée par corps composté selon la fondatrice de l’établissement dédié au compostage des dépouilles humaines. CQFD

Pour ma part il faut que j’aille remplir les formulaires de donation à l’Université de ma carcasse quand je mourrai et je me réjouis d’avance que de jolies étudiantes en médecine se réjouissent de me disséquer avec soin pour apprendre l’anatomie humaine. Chacun son truc.

Source et illustration : The Guardian

Comment se brosser les dents « écolo » ?

Il ne s’agit pas ici de faire la promotion d’une pâte dentifrice écologique 100 % bio, à vrai dire je ne sais même pas si ce genre de produit existe car je n’ai pas pris la peine de me documenter (j’enrichis la multinationale GlaxoSmithKline quand je me brosse les dents) mais plutôt les brosses à dent. Les manches en plastique des brosses à dent ne sont pas recyclables et grèvent le budget carbone de la planète et cette constatation a percuté le cerveau d’un travailleur social de Lausanne en Suisse. Il a donc suivi des cours de gestion d’entreprise à Fribourg (toujours en Suisse) et a créé sa « start-up » comme on dit, c’est à la mode, et avec une couleur écolo, verte si possible, ça peut rapporter gros.

Les poils des brosses à dent écologiques sont en nylon, un polymère synthétique dégradable avec le temps, les manches en bambou et l’emballage en carton recyclé avec un label vert qui précise que cet emballage et la brosse à dent sont 100 % exempts de bis-phénol A. Des poils en racines de chiendent auraient été encore plus écolos mais franchement plus compliqués à mettre en oeuvre. Et c’est un franc succès ! Le « start-upien » suisse produit maintenant des coques pour smart-phone et des protections pour ordinateurs portables en bambou, le must ! Comme c’est beau la vie en vert …

Source et illustration : 20min.ch

Quand Leonardo Di Caprio fait de l’écologie avec de l’argent sale …

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Pour se constituer une image « propre » l’acteur Di Caprio milite par le biais de sa « fondation » contre le réchauffement climatique et la déforestation, en particulier en Malaisie, pays qui abat systématiquement des centaines de milliers d’hectares de forêt pour planter des palmiers à huile. Ce genre de projet était supposé être financé par le fond d’investissement souverain 1MDB. Or la corruption généralisée malaise impliquant entre autres personnages le Premier Ministre Najib Razak et le financier sulfureux Joh Low a été révélée il y a quelques mois par les limiers de Wall Street mais aussi leurs homologues suisses.

L’affaire risque bien de faire grand bruit et définitivement ternir la réputation de l’acteur chéri d’Hollywood qui s’illustra dans « Le Loup de Wall-Street en 2013, un film dont le tournage fut financé par une société appartenant au beau-fils du Premier Ministre malais via 1MDB. Di Caprio n’a pas hésité à s’afficher dans des parties fines avec Joh Low en particulier à Saint-Tropez … De plus la « fondation » de Di Caprio n’en est pas à son premier scandale. Elle aurait reçu plusieurs millions de dollars d’1MDB par le truchement de société écrans off-shore versés sur des comptes en Suisse.

Lukas Straumann, directeur du fonds Bruno Manser à Bâle qui lutte contre le fléau de la corruption, a déclaré que, si Di Caprio ne se justifiait pas et ne remboursait pas l’Etat malais, cela discréditerait l’ensemble des fondations écologistes. Di Caprio « a choisi d’attendre que l’affaire se tasse » selon Straumann … Question : d’où provient le financement de Greenpeace ?

Source et illustration : Le Matin

Bill Gates mise sur le nucléaire de quatrième génération … et il a bien raison !

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En marge de la préparation du grand raout parisien au sujet de la perturbation climatique anthropogénique Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, s’en prend aux énergies dites « vertes » ou renouvelables. Et il n’y va pas par quatre chemins ce sacré Bill, il vient d’investir 1 milliard de dollars prélevés dans son porte-monnaie pour la recherche & développement dans sa firme nouvellement créée, TerraPower. On s’en doutait, il s’agit d’un réacteur nucléaire à neutrons rapides brûlant de l’uranium 238 appauvri dont les pays fabricant leur propre combustible à base d’uranium 235 enrichi à 4 % disposent en quantités telles que cette technologie permettra de fournir de l’électricité pendant des centaines d’années à l’humanité avec des coûts très faibles. TerraPower travaille en collaboration étroite avec le MIT pour la construction d’un réacteur prototype d’une puissance de 500 MW électriques. La technologie existe, le design du réacteur et son fonctionnement en continu permettront d’utiliser de manière optimale les neutrons afin d’atteindre des rendements améliorés. Ces améliorations permettront de « brûler » également les actinides à haute activité et c’est la raison pour laquelle le réacteur prototype qui coûtera 1,5 milliard de dollars – on est très loin des coûts monstrueux de l’EPR – est appelé le WAMSR, acronyme de Waste Annihilating Molten Salt Reactor. Ce réacteur « brûlera » en effet non seulement de l’uranium appauvri mais aussi le combustible usagé des réacteurs à neutrons lents, on y reviendra.

Pourquoi Bill Gates s’intéresse soudainement à l’énergie nucléaire, tout simplement parce que, dit-il « Il n’existe à l’heure actuelle aucune technologie de stockage avec des batteries permettant de fournir toute l’énergie électrique dont on a besoin exclusivement à partir des renouvelables car il est impératif de tenir compte des alternances jour-nuit et des longues périodes, inévitables également, de ciel couvert et d’absence de vent ». Gates considère à juste titre que les sommes colossales d’argent investies dans les énergies renouvelables telles qu’on les conçoit aujourd’hui, éolien et photovoltaïque, sont perdues d’avance car elles n’atteindront jamais leur but qui est de remplacer le pétrole et le charbon dans la production d’électricité, non seulement pour l’industrie, les services et les ménages mais également pour les transports à moins d’une diminution brutale de la population mondiale de plusieurs milliards d’habitants. Gates insiste sur le fait que c’est exactement ce que veulent les « verts » car ils savent, du moins ceux qui ne mentent pas, que le 100 % renouvelable est impossible à atteindre. Ce système mis en place ne peut perdurer qu’avec des subventions provenant de taxes que paient les utilisateurs finaux et il ne profite qu’à une petite poignée d’industriels. Le tournant politique pris ces dernières années pour développer les énergies renouvelables est une utopie vouée à une impasse. Ce gâchis doit donc, toujours selon Bill Gates, cesser et être réorienté vers la R&D dans les technologies nucléaires de quatrième génération.

Il est intéressant de noter que le CEO de TerraPower, John Gilleland, était avant d’occuper ce poste Managing Director pour les USA du projet ITER. Gilleland n’utilise pas non plus de périphrases à propos du projet ITER, je cite : « C’est un truc (ITER) sur lequel je ne peux même pas espérer pour mes petits-enfants. À TerraPower nous nous sommes focalisé sur la fission plutôt que sur la fusion parce qu’il faudra (pour la fusion) encore énormément de temps et d’investissements ». TerraPower a donc repris la technologie du MSR (Molten Salt Reactor) d’Oak Ridge qui fonctionna en continu et sans aucun indicent de 1965 à 1969 mais n’a pas encore déposé de brevets malgré le fourmillement d’idées nouvelles émanant de la collaboration du staff de la société avec les laboratoires du MIT.

L’autre direction de R&D est le TWR pour Travelling Wave Reactor, une technologie imaginée dans les années 1950 par Saveli Feinberg et qui ne nécessite aucun rechargement de combustible, donc aucun arrêt, pendant plus de 50 ans en « brûlant » de l’uranium 238 avec des neutrons rapides provenant d’uranium 235 enrichi à environ 10 %. Les supercalculateurs ont validé l’idée de Feinberg. Ce réacteur également de IVe génération sera aussi refroidi avec du sodium liquide et un prototype de 500 MW prévu aux alentours de 2020 (voir le lien).

TerraPower collabore étroitement avec la Chine et la Russie dans ces deux approches. Bill Gates nous réserve encore de belles surprises …

Lien : http://terrapower.com/pages/technology?/Technology.aspx

Source et illustration : The Register

Légende de l’illustration : « Pour Bill Gates, les énergies renouvelables sont inutiles. Il n’arrivera probablement pas à convaincre les passionnés de Linux ». Jeu de mots en direction de Windows 10, of course …

Les moulins à vent : un faux argument écologiste.

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Depuis que Samsung a annoncé à grand renfort de publicité la construction d’une usine géante de semi-conducteurs, toutes sortes de questions se sont posé sur l’opportunité et le bien-fondé d’un tel projet. Or il se trouve que Samsung (Corée), déjà le second fabricant de LEDs derrière Nichia (Japon), veut prendre le contrôle mondial des LEDs car la première activité de cette usine géante sera la production des chips utilisées pour la fabrication des LEDs. Osram (Allemagne), Philips (Pays-Bas) et General Electric (USA) ont vu progressivement leur secteur éclairage en perte de vitesse à tel point que ces deux dernières sociétés vont tout simplement abandonner ce secteur. Il est donc tout à fait compréhensible que Samsung veuille se positionner dans ce secteur comme leader mondial pour s’accaparer le marché d’Osram.

Que s’est-il passé dans le secteur de l’éclairage ces cinquante dernières années, tout simplement une évolution ou plutôt une révolution quand les LEDs ont été mises au point pour émettre de la lumière blanche trichromatique, certes un peu blafarde et crue, mais extrêmement avantageuse en terme de consommation d’énergie :

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L’éclairage consomme dans le monde entre 20 et 30 % de l’électricité produite et émet environ 6 % des « gaz à effet de serre ». J’ai bien mentionné entre guillemets ces gaz car mes lecteurs savent très bien que je ne crois pas à cette histoire d’effet de serre. Si on remplaçait tous les éclairages existants par des LEDs la consommation d’énergie électrique correspondante serait réduite de 40 % soit une économie de 100 milliards de dollars chaque année et en termes d’émission de carbone cela correspondrait à celle des trois quarts de tous les véhicules automobiles circulant aux USA ! Attention, ces données sont valables pour les USA. Autant dire que la contribution de l’éolien et du solaire apparaît dérisoire par comparaison : 6,5 et 2,5 % à l’horizon 2020 pour ce qui concerne encore les USA. Cette estimation est sensiblement identique pour la plupart des pays de l’OCDE selon une étude réalisée par la société Philips en 2013. Les LEDs mettent en jeu un semi-conducteur qui convertit directement l’électricité en photons, alors que la lampe à incandescence comme son nom l’indique utilise l’électricité pour chauffer un filament et l’éclairage fluorescent résulte d’une excitation d’un gaz par passage d’un courant à haut voltage. Cette même technologie des LEDs a permis de s’affranchir des écrans d’ordinateurs ou de télévisions encombrants et énergivores. La durée de vie des LEDs de nouvelle génération (Nichia, Samsung, MLS Electronics) est estimée à 20 ans alors que les lampes dites à basse énergie qui contiennent du mercure ont une durée de vie de au mieux cinq années.

L’abandon progressif des lampes à incandescence en Europe et au Japon, puis en Russie, en Chine et au Brésil notamment, a précipité les problèmes économiques d’Osram, Continental, General Electric ou Philips qui étaient assis sur la rente de situation des lampes à incandescence d’une durée de vie de deux ans en moyenne.

La conversion généralisée vers les LEDs va se précipiter, leur prix a baissé de 20 % en 2014 bien qu’elles soient encore dix fois plus coûteuses que les lampes à incandescence ou à halogènes. Comme il faut trois ans pour amortir ce surcoût, selon une étude de l’Institut McKinsey (voir le lien en fin de billet) il est d’ors et déjà rentable de remplacer les lampes à faible consommation en énergie par des LEDs. Les écologistes, jamais en reste dans leurs actions idéologiquement orientées vers une diminution drastique consommation de toute forme d’énergie, ont de facto obtenu l’interdiction des lampes compactes à faible consommation car elles contiennent du mercure et sont donc nocives pour l’environnement. À ce sujet il est très révélateur de constater que le Tea Party Nord-Américain s’est opposé en vain aux décisions prises par le législateur sous la pression des mouvements écologistes. Cette orientation a justement précipité la débâcle économique des activités éclairage de Philips, Siemens et General Electric.

On comprend donc parfaitement que Samsung se lance dans un investissement de l’ordre de 8 milliards de dollars pour une usine géante de production de semi-conducteurs sans mentionner explicitement qu’une grande partie de la production de cette usine sera consacrée aux LEDs. Finalement les économies d’énergie électrique réalisables en généralisant l’usage des LEDs rendent dérisoires les investissements pharaoniques dans les énergies renouvelables à grands renforts d’impôts et taxes diverses. Le mélange des genres que pratiquent les écologistes est révélateur de leur double langage car ils n’exposent qu’un aspect de leur idéologie surannée tout en dissimulant la vérité des faits qui sont en désaccord avec leurs thèses malthusiennes. Analysée globalement, cette histoire de CO2, de changement climatique et de consommation d’énergie est un faux problème. C’est peut-être la raison pour laquelle on a décerné le Prix Nobel de physique 2014 aux trois scientifiques japonais qui ont découvert les LEDs: Shuji Nakamura, Isamu Akasaki et Hiroshi Amano. Ils ont par leur invention très largement contribué au bien-être futur de l’humanité …

Source : Bloomberg

http://www.mckinsey.com/~/media/mckinsey/dotcom/client_service/automotive%20and%20assembly/lighting_the_way_perspectives_on_global_lighting_market_2012.ashx )

Retour aux origines ! Insectarien c’est très « tendance » !

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Régresser ? Non pas, mais retourner aux origines comme quand nos lointains ancêtres, à défaut de gibier, se nourrissaient de sauterelles ou de larves de termites selon l’endroit qu’ils avaient choisi pour vivre. Le rêve de Greenpeace, un monde sans élevages industriels, sans viande plus ou moins artificielle comme les chicken nuggets, sans colorants, sans rehausseurs de goût ni conservateurs, sans pesticides. Et c’est la nouvelle mode, « tendance », « in », manger des insectes, n’importe lesquels, ils sont presque tous bons pour la santé et … l’environnement. De plus ces bestioles se reproduisent à une vitesse astronomique, il y en a de partout, du vrai renouvelable, en un mot de l’écolo « durable » puisque la biomasse coléoptérique ou hémiptérique serait très supérieure à la biomasse humaine sur notre planète. Certes toutes ces petites bêtes dégagent du CO2 mais infiniment moins qu’un bœuf ou un cochon, ce n’est donc que du bonheur !

Même l’Organisation des Nations-Unies, le temple de la bien-pensance dans de nombreux domaines, a déclaré que les insectes étaient bons pour la santé et l’environnement. Les insectes n’ont pas attendu les déclarations de l’ONU pour coloniser la terre entière y compris les quelques 2000 d’entre eux déclarés bons pour la santé. Je ne sais pas si je vais me décider à supprimer le bacon qui accompagne mes œufs au plat du petit-déjeuner par un petit tas de sauterelles grillées, ce serait pourtant tellement écolo-compatible ! Je me souviens m’être risqué à manger des « cucarachas » à Tijuana. Il s’agissait en fait d’un truc craquant sous la dent entouré de chocolat noir, une petite barre protéinée au chocolat, rien à voir avec cette saloperie toxique de Kit-Kat, mais un bon gros cafard noir comme il en pullule en Californie grillé sur une poêle à frire sans matière grasse ajoutée et trempé dans du chocolat fondu … Après tout on mange bien des crevettes, des escargots et des grenouilles (du moins les Français) alors pourquoi pas des insectes !

La mode écolo fait donc fureur dans ce nouveau domaine de la gastronomie et toutes sortes de petites sociétés fleurissent et prospèrent en proposant des poudres d’insectes, des barres chocolatées aux insectes, des biscuits à la poudre d’insectes, des boissons énergisantes à la poudre de grillon (voir photo ci-dessous) et ce business d’un genre nouveau fait fureur dans les fitness-clubs et les bars branchés de New-York ou de San Francisco parce qu’on est là dans le vrai écolo durable et renouvelable, du solide, du tangible, pas de la théorie fumeuse. Plus besoin de redouter la présence d’antennes ou de pattes, c’est broyé, c’est nature et c’est bon pour la santé : pas beaucoup de sucre, des fibres, que des bons acides gras et une teneur en protéines défiant toute concurrence ! Cent grammes de poudre de grillon c’est 13 grammes de protéines alors qu’un œuf ne contient que 7 grammes de protéines, que du bonheur je vous dis ! La société Exo (exoprotein.com) propose pour 36 dollars 12 barres chocolatées fourrées à la poudre de grillon. Chaque barre contient 10 grammes de protéines de grillon (cricket en anglais à ne pas confondre avec le criquet, l’une des plaies bibliques d’Egypte) mais la bonne vieille sauterelle ferait tout aussi bien l’affaire. Les fourmis et les larves de termites vont bientôt concurrencer le grillon pourtant très facile à élever.

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Bref, il faut néanmoins ne pas trop s’aventurer à récolter soi-même ses propres insectes lors d’une promenade champêtre car certains d’entre eux sont toxiques et enfin la société Exo met en garde l’amateur de poudre de grillon, l’organisme doit prendre le temps de s’accoutumer à ce nouvel aliment, donc pas de précipitation non plus, même si on est très pressé de collaborer concrètement au développement durable écolo-approuvé et labellisé par Greenpeace avec une pastille verte ou le WWF avec un petit panda. René Redzepi, chef au restaurant Noma du Claridge de Londres s’est risqué à proposer des fourmis vivantes à la crème fraiche, une mise en appétit avec une coupe de Laurent Perrier millésimé … On n’est plus vraiment dans l’écolo-compatible mais tout est permis si c’est « tendance ». Bon appétit !

Liens : http://www.bloomberg.com/news/2012-07-30/london-cocktail-marathon-awaits-olympics-drinkers-review.html

https://legacy.trycelery.com/shop/chirps

Scandale de l’éolien … en Grande-Bretagne

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Selon un article paru dans le Daily Mail en ligne ce jour, les compagnies d’électricité ont déjà payé 43 millions de livres aux « fermes » d’éoliennes pour qu’elle ne se connectent pas au réseau afin de ne pas perturber ce dernier qui n’avait pas besoin de ce surplus d’énergie électrique ! Naturellement cette colossale somme d’argent jetée au vent est payée par les consommateurs d’électricité, c’est-à-dire à peu près tout le monde y compris les industriels. Il s’agit de paiements dits de contrainte contractuelle. On croit rêver mais c’est pourtant la réalité et ce n’est qu’un début : en 2010 cette sorte de dédommagement était de 174000 livres, en 2012 elle atteignait 6 millions et en 2014 alors qu’il reste un bon mois et demi avant la fin de l’année 32 millions ont déjà été purement et simplement gaspillés pour la cause écologiste ! Il est vraiment temps de se ressaisir et de se révolter contre ces absurdes dispositions que prennent les politiciens pour satisfaire les « experts » en climatologie qui imposent leurs vues aux gouvernements. Quel gâchis !

Les écologistes se sont trompé d’ennemi, ce sont des criminels contre l’humanité !

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Je suis allé il y a quelques années rendre visite à un ami médecin du côté de Poindimié, au nord du « Rocher », à une journée de voiture de Nouméa, là où les tribus kanakes vivent encore très traditionnellement. Il me racontait que les pathologies les plus répandues sur son territoire étaient les maladies respiratoires qui touchent des familles entières, tout simplement parce qu’on fait la cuisine sur un feu ouvert au milieu de la case plus ou moins bien ventilée. Les poumons tant des enfants que des adultes ne résistent pas aux goudrons et les complications apparaissent très vite. La Nouvelle-Calédonie n’est pas du tout une exception puisqu’on estime que près de trois milliards de personnes dans le monde, tous âges confondus, sont exposées à cette pollution domestique au sens littéral du terme, l’atmosphère irrespirable de la maison. L’Organisation Mondiale de la Santé (WHO) estime pour sa part que près de 7 millions de personnes meurent prématurément chaque année en raison de la pollution de l’air des maisons d’habitation et pas seulement en milieu urbain soit 10 fois plus que les décès occasionnés par la malaria. Cette mortalité a surpassé au cours du XXe siècle toutes les pertes liées aux guerres ! Brûler des combustibles de mauvaise qualité, du bois vert, de la bouse de vache, du charbon de bois mal épuré et même des algues à peine séchées au soleil pour faire cuire un maigre repas familial constitue un danger mortel. Personne ne s’en soucie particulièrement. Les organisations onusiennes et non gouvernementales soutiennent que le changement climatique tue (ou risque de tuer) beaucoup plus de personnes …

Non seulement les feux ouverts et les fours à bois des maisons polluent gravement mais ils tuent tout aussi gravement et plutôt que d’investir dans la production d’électricité pour aider ces populations à mieux préserver leur santé, on préfère les laisser mourir car elles ne représentent à l’échelle de la planète que quelques pour-cent de la production de CO2, ce gaz tellement dangereux pour le climat qu’il ne faut pas en parler surtout quand il s’agit de populations insignifiantes sur le plan économique ou politique mondial. L’OPIC (Overseas Private Investment Corporation), un organisme américain impliqué dans le développement des pays concernés a réalisé une étude dont les conclusions sont parlantes : un investissement annuel de 10 milliards de dollars dans la production d’électricité à l’aide de turbines à gaz ou à fuel léger pourrait sortir de la pauvreté et de cette pollution mortelle 90 millions de personnes, chaque année au risque de me répéter, alors que la même somme investie dans le solaire ou l’éolien ne pourrait à peine atteindre le cinquième de ce résultat ! Dans les pays occidentaux, l’arrivée de l’électricité « à tous les étages » au XXe siècle a permis de réduire la pollution urbaine et des maisons avec en particulier les fours électriques et le chauffage électrique pourtant décrié par les écologistes. Selon les déclarations de Bill Gates sur son blog ( http://www.gatesnotes.com/ )

« Même si on veut rester sérieux en ce qui concerne le changement climatique, on ne doit pas résoudre le problème sur le dos des plus pauvres. D’une part, les pays pauvres représentent une faible part du problème des émissions de carbone. Ils ont désespérément besoin de sources d’énergie à un prix abordable pour alimenter une croissance économique qui sortira les populations de la misère. Ils ne peuvent pas se permettre de mettre en place des sources d’énergie « propres », et nous n’avons pas le droit de les abandonner en attendant que ces technologies deviennent financièrement abordables pour eux ». Pendant ce temps-là Obama, qui n’en est pas à une décision stupide près, vient d’interdire sur le territoire américain toute construction de nouvelles centrales électriques au charbon, au cas où les USA exporteraient de l’électricité vers le Mexique qui est répertorié par le WHO parmi les pays du monde où la pollution domestique par les feux ouverts est très préoccupante.

Vaste sujet qui mérite réflexion …

http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/air-pollution/en/