La magie de l’eau …

Ce billet n’a pas la prétention d’être un cours de physique. Il rassemble en une prose compréhensible pour tous divers éléments recueillis dans la littérature scientifique qui permettent de comprendre pourquoi la Terre n’est pas une planète morte. D’abord la seule source d’énergie sous forme de chaleur dont dispose la Terre provient du Soleil et pourtant les divers gaz constituant la mince couche de l’atmosphère entourant la Terre sont essentiellement transparents aux rayons infra-rouge mis à part la vapeur d’eau. L’oxygène piège quant à elle les rayons ultra-violets dans les hautes couches de l’atmosphère, mais c’est une autre histoire. Alors puisque l’atmosphère est transparent aux rayons infra-rouge, me direz-vous, qu’est-ce qui réchauffe l’atmosphère terrestre ? La réponse est évidente et limpide : ce sont tout simplement les océans qui recouvrent plus de 70 % de la surface de la Terre !

Ah bon, et comment ? L’atmosphère contient entre 0,4 et 4 % de vapeur d’eau, soit de 10 à 100 fois plus que de gaz carbonique selon les zones du globe où on se trouve. Or l’eau est un composé chimique particulier qui requiert une formidable quantité d’énergie pour « changer d’état » (ou de phase) et c’est là que réside le secret de la Terre, secret jalousement unique dans notre système solaire.

Reprenons notre raisonnement : le Soleil chauffe directement les océans qui paraissent parfaitement noirs vus de l’espace mais aussi du huitième pont d’un gros navire, et c’est vrai. Les océans ne sont pas bleus, ils paraissent bleus parce qu’ils réfléchissent la couleur bleue de l’atmosphère. Les océans sont donc de formidables pièges pour l’énergie provenant du Soleil sous forme de chaleur, le destin final des rayons infra-rouges solaires.

Mais d’une façon ou d’une autre les océans doivent de débarrasser de toute cette chaleur car ils auraient fini par bouillir un jour … et c’est là qu’intervient le côté magique de l’eau.

En effet il faut beaucoup d’énergie pour vaporiser un litre d’eau : 2,25 millions de joules ou encore 9400 kiloCalories ou encore 610 Wh, trois unités physiques différentes pour l’énergie. Quand la vapeur d’eau s’élève dans l’atmosphère elle va avoir tendance à se condenser en gouttelettes qui vont former des nuages puisque, comme chacun a pu le constater, l’air devient plus frais au fur et à mesure qu’on gravit une montagne et c’est vrai aussi au niveau de l’Equateur, j’en ai moi-même fait l’expérience dans l’île d’Hiva-Oa aux Marquises. Au cours de ce deuxième « changement de phase » toute l’énergie en quelque sorte dépensée par l’océan pour vaporiser cette eau est intégralement restituée à l’atmosphère en vertu du premier principe de la thermodynamique. L’atmosphère, par voie de conséquence, se réchauffe quand des nuages se forment à partir de vapeur d’eau. Les nuages sont en réalité des aérosols constitués de petites gouttelettes d’eau et si pour une raison ou pour une autre, l’atmosphère n’étant jamais parfaitement immobile, ces nuages rencontrent des couches atmosphériques plus froides, alors ces gouttelettes se transforment en glace et là encore ce troisième « changement d’état » de l’eau, cette fois de liquide vers solide, restitue de l’énergie à l’atmosphère, certes beaucoup moins mais malgré tout à hauteur de 15 % de la quantité d’énergie restituée par le changement de phase de gaz vers liquide. Et encore une fois l’atmosphère se réchauffe !

Au final ce sont les océans qui chauffent l’atmosphère et non pas le Soleil comme on aurait tendance à le croire. Certes cette observation est contre-intuitive mais c’est pourtant la réalité et ce n’est possible que grâce à la vapeur d’eau …

Il reste un petit point de la magie de l’eau qu’il ne faut pas oublier de mentionner : la glace. Dans les hautes couches de l’atmosphère – en gros au delà de 5000 mètres d’altitude – les micro-cristaux de glace font office de miroir et réfléchissent le rayonnement infra-rouge en provenance du Soleil mais si la glace était plus lourde que l’eau liquide, que se passerait-il ? Il n’y aurait tout simplement pas de vie évoluée sur la Terre ! En effet les océans seraient gelés en permanence à l’exception d’une fine couche d’eau à leur surface : les océans ne seraient plus noirs mais blancs et ils réfléchiraient parfaitement le rayonnement infra-rouge solaire, l’atmosphère serait irrémédiablement froid et la Terre serait une planète inhospitalière … Voilà en très bref les bienfaits de la magie de l’eau.

Illustration : un nuage « vertical » surmonté de cristaux de glace pris en photo depuis le balcon de mon modeste logement il y a quelques jours

Scènes banales de la vie quotidienne (le 11 mars 2014)

J’étais complètement à court d’inspiration pour écrire un billet sur mon blog. Rien d’intéressant ! Les habituelles jérémiades de Fabius qui veut sévir parce que la Russie aurait annexé la Crimée, le troisième anniversaire de « Fukushima », quand on pense qu’il faudra plus de trente ans avant qu’on puisse avoir une petite idée de ce que le combustible est devenu dans les réacteurs, sans parler de l’eau contaminée qui s’accumule dans des dizaines de milliers de réservoirs fuyards, c’est tout ce qui a frappé les esprits, les OGM, les pesticides, la vague de chaleur sur l’Europe, la centrale au charbon de GDF-Suez en Italie qui a déjà fait des milliers de morts, et j’allais oublier les cancers de la thyroïde dans la province de Fukushima, mais si ! C’est nouveau, ça vient de ressortir pour ce troisième anniversaire et enfin l’avion de Malaysia Airlines qui reste toujours introuvable, vraiment rien d’intéressant, point barre.

Et pourtant j’ai fini par me sentir sollicité par un hasard inattendu comme d’ailleurs tous les hasards. Ce matin (donc hier 11 mars), vers 11 heures, après avoir rituellement bu mon café au soleil, tout de même avec un petit vent du nord désagréable, je suis revenu dans mon meublé, loué à un agent immobilier qui en est propriétaire, et j’ai constaté que la compagnie des eaux m’avait déconnecté. Plus d’eau ! Tout de suite une grosse panique. Dans ce genre de situation on comprend à quel point on est devenu dépendant de services basiques comme l’électricité, le téléphone et l’eau, en quelque sorte trois fluides essentiels pour la survie. On peut se passer de téléphone, surtout le cellulaire que j’utilise rarement et que je considère comme étant un parasite aussi nocif qu’une tique, on peut se passer de télévision tout aussi bien, d’ailleurs je n’ai pas de télévision chez moi et je m’en porte très bien ! L’eau c’est une utilité, comme disent les Anglo-saxons, vraiment basique. On en a besoin pour se laver les dents, le cul et les mains au minimum deux fois par jour sans oublier la douche matinale. Pour aggraver la situation, comme je ne parle pas vraiment l’espagnol, j’ai sollicité l’aide d’une amie francophone qui a aussi d’autres choses à faire et j’ai pu identifier le problème. Mon propriétaire qui ne loue ses possessions immobilières qu’aux étrangers pour éviter les problèmes avait tout simplement oublié de payer la facture d’eau ! Mon amie francophone, je viens de le dire, lui a carrément soufflé dans les bronches pour lui faire comprendre que tout Canarien qu’il est (mangeur de bananes) il pourrait avoir un peu de respect pour ses locataires, surtout les étrangers.

Bref, je suis allé in extremis à 19 heures payer la facture (que je n’avais jamais reçu) dans ce qu’on appelle ici un estanco, un peu comme un conveni au Japon, avec les références complexes qu’avait communiqué mon propriétaire à mon amie francophone pour que la compagnie des eaux puisse dans la demi heure qui suit le paiement débloquer mon compteur. Une référence à dix chiffres et une autre à douze caractères ainsi que le montant exact à payer, 49,61 euros dont 21,35 euros de taxe de coupure et de raccordement. Je me ferai un plaisir de soustraire ces 21,35 euros de ma prochaine facture d’électricité.

J’ai finalement pu m’entretenir directement avec mon propriétaire et je lui ai signifié que si une telle mésaventure arrivait avec l’électricité je le trainerais immédiatement en justice, je connais en effet un très bon avocat qui parle fort heureusement anglais. Quand on sait que la compagnie des eaux se résigne à couper l’eau après six mois d’impayés, il y a quelques questions à se poser surtout quand on est un « pauvre » locataire de meublé étranger et qu’on s’adresse à un loueur qui ne loue qu’à des étrangers pour ne pas avoir de problèmes d’impayés ! C’est renversant … Autre nouvelle, j’ai reçu un mail du consulat de France à Madrid m’informant qu’un nouveau consulat va ouvrir à Santa Cruz (l’ancien consul a disparu de la circulation parce qu’il avait « oublié » de payer les charges sociales de sa société impliquée dans l’énergie dite verte, on a parlé de plusieurs centaines de milliers d’euros. Je ne sais pas comment les consuls sont rémunérés pour leur représentativité aléatoire, mais ça fait mauvais effet. Ce message m’indiquait que si je devais renouveler mon passeport je devrais aller à Madrid. C’est bon ! Un aller-retour (125 euros pour les résidents canariens) et le timbre fiscal, ça le fait ! Ce mail m’a tout de même rappelé que je m’étais fait voler mon précédent passeport en Thaïlande en 2005 et je me suis demandé si lors de mon prochain embarquement pour le Japon je ne vais pas demander à la fille du check-in si mon passeport est bien authentique. Il serait tout de même logique que les agences de voyage comme toutes les compagnies aériennes soient connectées à la base de données d’Interpol qui tient à jour plus de 40 millions de passeport volés ou perdus. Triste perspective puisque je sais selon mon billet d’avion que je volerai de Rome à Narita dans un Boeing 777 d’Alitalia, un avion très confortable au demeurant … Comme quoi une banale coupure d’eau vous égare.

Fracking ?

Le fracking est interdit en France jusqu’à nouvel ordre, tel en avait décidé le gouvernement de la précédente législature à des fins purement électoralistes dans le but d’attirer quelques voix des électeurs écolo-sympathisants de droite avant les élections présidentielle et municipales. Las ! La droite a perdu les élections et la gauche, épaulée par les écolo-sympathisants de tendance crypto-trotskyste plutôt que raisonnablement verte et responsable, n’a pas remis en question cette décision sarkozienne alors que de nombreuses autres lois, décrets et autres comités truc-muche institués par la droite ont été purement et simplement supprimés, sans parler des affaires pseudo-judiciaires. (Fin de l’aparté politique …)

 

L’un des arguments spécieux des écologistes pour interdire le fracking en France est « l’énorme » consommation d’eau que requiert cette technique, les risques de tremblement de terre induits et la pollution des nappes dites phréatiques. Pour ce qui concerne les nappes phréatiques, celles-ci sont pour la plupart très proches de la surface du sol et sont atteintes le plus souvent grâce à des puits creusés par nos ancêtres à la sueur de leur front ne dépassant que rarement la trentaine de mètres. A ne pas confondre avec les aquifères profonds tels ceux de l’Ile de France où on y puise de l’eau avec des puits de forage sensiblement identiques aux forages pétroliers de la même région, en Seine-et-Marne pour être plus précis, l’eau remontant à la surface par simple effet hydrostatique. On n’a encore jamais entendu parler de pollution de cet aquifère par les nombreux forages pétroliers effectués en région parisienne. Les pollutions enregistrées aux USA au cours des premières tentatives de fracking furent occasionnées par des rejets non contrôlés des eaux remontant au niveau des sites de forage qui n’étaient pas gérés de manière satisfaisante, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Pour les risques de tremblement de terre, on a effectivement noté des secousses à peine perceptibles dans le sud-ouest de l’Angleterre qui n’ont occasionné aucun dommage matériel. Ces secousses sont le résultat du réarrangement de micro-failles préexistantes ou induites par le fracking mais en aucun cas elles peuvent conduire à des effets dévastateurs comme le grand tremblement de terre du Kanto au Japon le 11 mars 2011, durablement présent dans les esprits, en tous les cas dans ma mémoire puisque quelques jours plus tard, me trouvant à Tokyo, j’ai ressenti une réplique d’intensité 6,9, un niveau considéré comme invraisemblable par les spécialistes en ce qui concerne le fracking, tout simplement parce que l’énergie nécessaire pour entrainer une telle secousse est hors d’atteinte. Mais revenons à l’eau. Au Texas et en Arizona, l’eau utilisée pour le fracking va être majoritairement une eau saumâtre existant en profondeur dans le bassin Permien riche en gaz et pétrole de schiste. Une étude récente émanant d’une agence indépendante, le CERES (http://www.ceres.org/about-us/who-we-are), non inféodée aux grands groupes pétroliers ni contrôlée par les politiciens ou de quelconques idéologues mais orientée professionnellement vers le développement durable avec notamment la « Union of Concerned Scientists », a conclu que les idées reçues sont souvent complètement éloignées de la réalité. Pour prendre l’exemple du Texas, le fracking qui a créé des dizaines de milliers d’emplois nouveaux dans cet Etat ces dernières années, augmenté de 14 % la production de pétrole et multiplié par six la production de gaz naturel consomme vingt fois moins d’eau que l’arrosage des pelouses des particuliers devant leur maison, ce qu’on appelle le « front-yard », pour satisfaire une obsession esthétique, et près de deux fois moins que ce que font partir en vapeur les 18 centrales électriques de l’Etat. De plus, cette eau est souvent impropre à la consommation et à l’arrosage puisqu’elle est souvent (au moins 25% pour le moment) saumâtre étant considéré que le bassin Permien du Texas renferme l’une des plus importantes réserves d’eau saumâtre des USA. Quand observera-t-on une telle objectivité en France ? On peut toujours rêver …

 

Source : CERES (voir le lien) via Forbes