Incroyable mais vrai, des drones-taxis … à Dubai.

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À Dubai, semble-t-il, les pétro-dollars coulent à flot et toutes les extravagances sont donc permises. À tel point que ces petits émirats défient le bon sens commun. Les usines de dessalage permettent à l’eau douce de couler à flot – il y a tellement de pétrole que cette eau ne coûte pratiquement rien – et on se croirait en plein désert verdoyant comme si on se trouvait dans la Silicon Valley. Cet endroit veut devenir avec ses dollars qui dégoulinent comme le pétrole des puits un hub régional de la high-tech et tout est permis y compris les projets les plus fous comme par exemple ce drone-taxi, le « Volocopter », de fabrication allemande comme il se doit, qui va décongestionner les rues de la ville car il servira de taxi pour deux personnes qui le réserveront avec leur téléphone portable. Cet engin futuriste est équipé de 18 rotors, de toute une série d’équipements annexes de sécurité comme un parachute qui se déploie en cas de panne pour que les deux passagers privilégiés touchent le sol en toute sécurité ainsi que des batteries additionnelles lui permettant une autonomie de 30 minute si le système calé sur le GPS ne permettait pas à l’ordinateur de transporter automatiquement les deux passagers à bon port.

Les deux « clients » plutôt aventureux ont en effet confié leur sort à un drone qui en d’autres lieux sert à assassiner des innocents, pas très loin de Dubai d’ailleurs, mais c’est une autre histoire … La société Volocopter a mis le paquet (https://www.volocopter.com/en/) et décroché ce contrat juteux avec la ville de Dubai pour transporter comme n’importe quel taxi Uber des clients fortunés. L’histoire ne dit pas quel est le prix du transport de l’aéroport à un hôtel en centre-ville ni si les passagers n’ont pas éprouvé la plus grande peur de leur vie que de se trouver dans un hélicoptère étrange sans pilote, en quelque sorte livrés à eux-mêmes. J’éprouve déjà la plus grande peine à comprendre l’intérêt des voitures, des camions et maintenant des bateaux sans pilote, là j’avoue que je suis complètement bluffé par l’inquiétante dérive dans laquelle l’humanité s’engouffre – encore faut-il être assis sur des matelas de pétro-dollars pour ce faire et la firme allemande qui a répondu à l’appel d’offre de Dubai va réaliser de substantiels chiffres d’affaire, merci pour eux.

Des drones au secours des agriculteurs, mais c’est vrai !

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L’agriculture « raisonnée », un concept signifiant que la gestion des intrants est mieux contrôlée, existe depuis un certain nombre d’années et a été promue auprès du monde agricole par les grandes sociétés impliquées dans la protection des cultures, en d’autres termes les chimistes produisant des pesticides variés et parfois aussi des engrais. Il s’agit d’optimiser les apports en engrais, en eau pour les cultures qui le nécessitent comme par exemple le maïs, et en pesticides pour lutter contre les ravageurs. Or qui dit agriculture à haut rendement suppose une gestion optimale de ces intrants et l’agriculteur, un véritable entrepreneur soucieux de réaliser des profits, n’a plus le temps d’aller inspecter ses champs. Il possède un ordinateur avec lequel il consulte la météo, les cours des céréales ou des pommes de terre, le prix du lait et son tracteur est muni d’un localisateur GPS. Le producteur de céréales ne va plus préparer son champ avec une faux avant la moisson, ce temps là est révolu depuis longtemps, il loue les services d’une entreprise spécialisée qui possède de grosses machines et ses moissons sont terminées avant même qu’il ne l’ait réalisé et il ne voit même pas le grain que ses champs ont produit. Puisqu’il n’a plus de temps à consacrer pour se rendre compte de l’état de santé de ses cultures, qu’à cela ne tienne, une entreprise canadienne commercialise un petit avion muni de caméras spécialisées dans la détection aérienne de tous les stress que peuvent subir les cultures. Il s’agit d’équipements réalisant des clichés en haute résolution à diverses longueurs d’onde et les signaux sont envoyés par wi-fi à la ferme et depuis son ordinateur l’exploitant agricole peut non seulement piloter le drone d’un mètre d’envergure bourré d’électronique sophistiquée et faire une analyse en temps réel des clichés transmis par celui-ci volant à une altitude de 120 mètres mais prendre immédiatement les décisions adéquates que lui aura indiqué un logiciel dédié pour ce type d’application.

Parfaitement localisée sur l’ordinateur, l’évolution du drone détecte par exemple un déficit hydrique conséquent sur une légère proéminence d’un champ et au contraire le développement de rouille dans une zone en creux du même champ. L’analyse spectrale réalisée en temps réel à partir des données transmises par le drone permet de détecter l’état phytosanitaire des cultures, les carences en azote ou en potassium, la présence de ravageurs et bien d’autres paramètres que l’agriculteur pourra apprécier pour prendre ainsi une décision rapide d’intervention.

La société Precision Hawks met donc à la disposition de l’agriculteur un outil d’observation d’une précision et d’une versatilité inestimables venant en soutien des prises de décision nécessaires pour permettre d’optimiser les rendements et la santé des cultures. Il est probable qu’un jour les interventions sur le terrain seront faites par des machines sans conducteur, des robots, et le monde agricole qui représentait encore 60 % de la population au début du XXe siècle et maintenant à peine 5 % sera remplacé par des machines. Pour ce qui concerne ces drones pacifiques d’un genre nouveau reste à savoir si les autorisations de vol seront accordées par les autorités compétentes sachant qu’un groupe d’adolescents de Nancy a été condamné pour avoir fait voler un drone au dessus de la ville sans autorisation préalable il y a quelques mois. Peut-être que dans la Saône-et-Loire profonde du ministre du redressement agricole il sera plus facile d’obtenir un permis de voler à une centaine de mètres d’altitude sans rendre les autorités civiles et militaires trop nerveuses !!!

Source : http://precisionhawk.com/index.html

Nouvelles de Fukushima

Fukushima

Pendant que les opérations de décontamination des eaux de refroidissement des réacteurs endommagés suivent leur cours, parfois agrémentées d’incidents, la presse friande de nouvelles alarmantes monte en exergue le moindre petit problème de becquerels rejetés dans une mer naturellement radioactive comme d’ailleurs les granits de Bretagne, du Limousin ou du Morvan en France et aussi le sol volcanique du Japon. Bref, comme les techniciens n’ont pas toujours le temps d’effectuer des mesures exactes de la radioactivité de l’endroit ni des régions qui ont été contaminées par les émanations de césium après les explosions suite au tsunami du 11 mars 2011, le meilleur moyen de cartographier ces poches de radioactivité résiduelle et fluctuante est d’utiliser des moyens aériens.

Pour ce faire, un drone de fabrication japonaise est maintenant utilisé en routine. Il est basé à quelques kilomètres de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima-Daiichi et permet de mesurer l’évolution des niveaux de radioactivité de la région contaminée ainsi que ceux du site lui-même, ce qui constitue un renseignement précieux pour les personnels y travaillant. Le drone est basé dans la ville de Naime à quelques kilomètres de la centrale et envoie en temps réel les informations collectées au centre de décision du site. Il s’agit d’un engin développé conjointement par l’agence japonaise de l’énergie atomique et l’agence japonaise de l’exploration spatiale. Les relevés effectués sont plus précis que ceux obtenus par hélicoptère car ces derniers ne sont pas autorisés à descendre en dessous d’une altitude de 1000 pieds au dessus des zones « chaudes ». Les prochaines missions de ce drone permettront de réduire la surface des zones encore interdites permettant ainsi à une partie de la population de retourner dans ses foyers sans danger.

Source et illustration : Japanese Atomic Energy Agency (JAEA)